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	<title>Archives des Convention internationale de la flûte - Journal Zebuline</title>
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		<title>Trois vignettes flûtées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 10:10:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les quatre journées qui réunissaient la Convention internationale de la flûte foisonnaient de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres. Après l’éblouissement du concert d’ouverture, encore trois courtes vignettes, fragments volés à cette énorme machinerie. Esthétiques chambristes Bien évidemment, on avait envie de s’attarder aux concerts où jouait Emmanuel Pahud que l’on connaît [&#8230;]</p>
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<p>Les quatre journées qui réunissaient la <em><strong>Convention internationale de la flûte</strong></em> foisonnaient de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres. Après l’éblouissement du concert d’ouverture, encore trois courtes vignettes, fragments volés à cette énorme machinerie.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Esthétiques chambristes</mark></strong></p>



<p>Bien évidemment, on avait envie de s’attarder aux concerts où jouait <strong>Emmanuel Pahud</strong> que l’on connaît bien dans la région grâce au <em>Festival international de musique de chambre de Provence</em> dont il est l’un des fondateurs aux côtés d’Éric Le Sage et Paul Meyer. Le musicien, première flûte de l’Orchestre philharmonique de Berlin (dès l’âge de vingt-deux ans), débutait le programme du concert de dix-sept heures du 28 octobre (baptisé concert autour d’Emmanuel Pahud) par sa transcription pour flûte et piano de la <em>Sonate pour violon et piano n° 8 en sol majeur</em> de Beethoven (qu’il a enregistrée en 2021). Les articulations et tremolos du violon prennent des tours ébouriffants à la flûte qui virevolte, devient oiseau, s’étire, se nuance, joue sur le fil du souffle, prend son envol, brille, pailletée d’émotions multiples, colore les sons, vibre, s’élance, s’assombrit, s’illumine. Chaque note y est un univers plein, finement accompagné par la pianiste <strong>Sophie Labandibar</strong>. Le subtil interprète offrait la scène à ses comparses, <strong>Sandrine François</strong> au cours d’un <em>Duo en fa majeur</em> de Mozart empli d’une joie primesautière et dansante, <strong>Olivier Girardin</strong> et la somptueuse <em>Sonata Appassionata pour flûte seule</em> de Sigfrid Karg-Elert, <strong>András Adorján</strong> et le <em>Ungarischer Hirtengesang (chant pastoral hongrois) pour deux flûtes et un piano</em> de Franz et Carl Doppler. Les quatre flûtistes se retrouvaient sur <em>le Quatuor op. 19 pour 4 flûtes</em> d’Anton Reicha, triomphe de l’écoute bienveillante de chacun dans un équilibre parfaitement orchestré.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De la flûte au triangle au cœur du grand orchestre</mark></strong></p>



<p>Le soir-même, le bel <strong>Orchestre de l’Opéra de Toulon</strong> dirigé par <strong>Philippe Bernold</strong> (lui aussi flûtiste qui rejoignit les solistes lors du bis festif répondant à l’enthousiasme de la salle) proposait un concert qui arpentait les époques et les styles, passant d’extraits d’Orphée de Gluck&nbsp;ou du Concerto en mi mineur de Benda à des pièces de Saint-Saëns (Romance pour flûte et orchestre, Odelette pour flûte et orchestre), de Mendelssohn (Songe d’une nuit d’été) et de Carl Reinecke (monumental <em>Concerto en ré majeur pour flûte et orchestre</em>). <strong>Philippe Pierlot</strong>, <strong>Juliette Hurel</strong>, <strong>Patrick Gallois</strong> officiaient tour à tour, déployant un jeu précis et éloquent en un dialogue soutenu avec un orchestre nuancé. Pas d’Emmanuel Pahud au programme&nbsp;? Qu’à cela ne tienne, le fantasque musicien tenait à écouter au plus près ses complices. L’auditoire hilare le vit se glisser au fond, à côté du percussionniste, s’emparer du triangle et en jouer la partie dans l’œuvre de Reinecke, suscitant des émois zygomatiques de la salle et ceux d’un orchestre stoïque et émerillonné.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pas une question de taille&nbsp;!</mark></strong></p>



<p>Le concert final conviait les flûtes de <strong>Kazumori Seo</strong>, <strong>Michel Moraguès</strong> et <strong>Ransom Wilson</strong> accompagnés du piano éloquent de <strong>Mélanie Bracale</strong> sur des pièces de Joachim Andersen, David Diamond (dont <em>la Sonate pour flûte et piano de 1986/87</em> avait été créée par son dédicataire, Jean-Pierre Rampal, à l’occasion de son 65<sup>e</sup> anniversaire) et François Borne. Le titre du concert, Belle époque, prenait un sens plus large que la période historique désignée, «&nbsp;<em>après tout, la belle époque est toujours celle que nous vivons</em>&nbsp;» sourit l’un des interprètes&nbsp;! À la fraîcheur d’Andersen, ses phrasés amples et poétiques répondait le rythme très allant de Diamond et la prodigieuse virtuosité de la <em>Fantaisie brillante su Carmen de Bizet </em>de Borne, «&nbsp;<em>bien plus difficile que l’original</em>&nbsp;» déclara avec une moue mutine Ransom Wilson. <strong>Jean-Louis Beaumadier</strong> (piccolo) rejoignait la scène avec la pianiste, compositrice et arrangeuse <strong>Véronique Poltz</strong> sur une <em>Scottish</em> espiègle de Vincenzo de Michelis, enchaînant les œuvres avec une inextinguible verve. Le piccolo, outre ses capacités dans les aigus, savait élargir les sons, leur accorder une ampleur surprenante, folâtrant parfois, musant au cœur des mélodies les pailletant de nuances. <strong>Raphaël Leone</strong> (piccolo) rejoignait les musiciens pour le <em>Sperl-Galopp &amp; Vergnügungszug pour deux piccolos et piano</em> de Johann Strauss, suscitant l’enthousiasme général.</p>



<p>La <em>Convention internationale de la flûte</em> avait dû quitter la région parisienne et trouver asile à Aix-en-Provence. Visiblement, l’entente est scellée, que ce soit par la qualité des propositions qui allaient bien au-delà des concerts et des créations, avec master-class, expositions, conférences, cartes blanches, ou un public venu en masse. On ne peut que souhaiter que la Convention décide de poser se bagages à Aix-en-Provence pour de longues années&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La <em>Convention internationale de la flûte</em> s&rsquo;est tenue du 26 au 30 octobre au Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence.</mark></p>
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