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	<title>Archives des Cyril Bothorel - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Cyril Bothorel - Journal Zebuline</title>
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		<title>Feydeau, la tête dans le sable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 15:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Anaïs Muller]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>M. Pinglet, mécontent en mariage, fait des avances à la femme de son ami, Mme Paillardon, qui se sent également délaissée par son mari. Ensemble, ils décident de se rendre dans un hôtel de passe pour y avoir une liaison. Mais malheur ! Ils y croisent M. Paillardon, son neveu, une domestique, un ami bavard [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">M. Pinglet, mécontent en mariage, fait des avances à la femme de son ami, M<sup>me</sup> Paillardon, qui se sent également délaissée par son mari. Ensemble, ils décident de se rendre dans un hôtel de passe pour y avoir une liaison. Mais malheur ! Ils y croisent M. Paillardon, son neveu, une domestique, un ami bavard et ses quatre filles… <em>L’Hôtel du Libre-Échange </em>est un Feydeau des plus classiques, avec ses personnages et ses enjeux d’un autre temps. On peut alors se demander ce qu’y trouve <strong>Stanislas Nordey</strong>, plus connu pour son travail sur des textes contemporains. « <em>Feydeau inventait des machines, ce sont le démontage et l</em>’<em>assemblage de ces mécanismes qui m</em>’<em>intéressent&nbsp;</em>», écrivait-il en 2004 à propos de sa mise en scène de <em>La Puce à l’oreille</em>. Vingt plus tard, son approche semble inchangée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son Feydeau tient de l’exercice formel : sans altérer le texte, ni chercher à en moderniser le sens, il en décale l’interprétation. À rebours des conventions, cet <em>Hôtel du Libre-Échange</em> est porté davantage sur le texte que sur les péripéties. Ce parti pris a un impact évident sur le rythme, bien moins enlevé qu’il n’est d’usage. Mais cela est contre-balancé par les ingénieux choix formels de Nordey. La sobriété du décor – peu de meubles, des murs blancs couverts d’indications de Feydeau – et le jeu brillamment incohérent des comédien·nes, dont aucun·e ne semble jouer dans la même pièce, renforce sans lourdeur l’absurde de la situation. <strong>Cyril Bothorel </strong>(Pinglet), est particulièrement marquant avec son jeu sur-expressif qui rappelle le personnage de dessin animé <em>La Linea</em>. L’hilarante <strong>Anaïs Muller </strong>propose pour Victoire (domestique du couple Pinglet) une interprétation si cérémonieuse qu’elle en devient intimidante – renversant les rapports de pouvoir jamais remis en question par Feydeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Autruches de la farce</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absurdité de cette version repose également sur son humour au premier degré très assumé, en particulier au cours du deuxième acte, qui se déroule dans le fameux Hôtel du Libre-Échange, où se retrouvent accidentellement la majorité des personnages. Tous sont vêtus du même accoutrement, une grosse robe en plume qui laisse leurs jambes nues, leur donnant l’air de grosses autruches. Et si l’analogie n’était pas assez claire, Nordey décide à plusieurs moments de projeter la photo d’une autruche en fond de scène, suggérant que peut-être les quiproquos qui se succèdent tiennent en partie du refus de la part de ces drôles d’oiseaux de voir l’évidence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Hôtel du Libre-Échange</em> a été donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 au 19 décembre</mark> à La Criée, théâtre national de Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était </em>ici </a></p>
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		<title>Iago, l’âme noire d’Othello</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Oct 2023 07:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Adama Diop]]></category>
		<category><![CDATA[Cyril Bothorel]]></category>
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		<category><![CDATA[Occitanie]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra Comédie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra Comédie s’ouvre au théâtre et accueille un des spectacles les plus formidables de l’année. Un classique du 16e siècle qui, par la pertinence des choix de mises en scène, répond aux interrogations actuelles sur le patrimoine et le répertoire. Faut-il monter Shakespeare&#160;? Son racisme est systémique. Il croit, comme beaucoup d’hommes de son temps, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’Opéra Comédie s’ouvre au théâtre et accueille un des spectacles les plus formidables de l’année. Un classique du 16<sup>e</sup> siècle qui, par la pertinence des choix de mises en scène, répond aux interrogations actuelles sur le patrimoine et le répertoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il monter Shakespeare&nbsp;? Son racisme est systémique. Il croit, comme beaucoup d’hommes de son temps, que les êtres vivants sont gouvernés par leurs «&nbsp;humeurs&nbsp;», entendez leurs liquides intérieurs, bile pour les atrabilaires, sang pour les sanguins, lymphe pour les lymphatiques… Que leur caractère en dépend, que leurs actes en découlent, que leur&nbsp;«&nbsp;race&nbsp;» et leur&nbsp;«&nbsp;sexe&nbsp;» déterminent sans libre arbitre les comportements&nbsp; humains. <em>Le Marchand de Venise</em>, juif, est naturellement avare et cruel. Les femmes fortes doivent être dressées (<em>La Mégère apprivoisée</em>), les Ecossais sont cupides, les Gallois malins et les Maures sanguins. Shakespeare n’est pas suprémaciste, il n’établit pas de hiérarchie, mais il catégorise nettement. Faut il pour autant se passer de son génie dramatique et de ce répertoire qui nous appartient&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Magistral </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de <strong>Jean-François Sivadier </strong>est magistrale. Othello doit-il être joué par un Noir&nbsp;? Evidemment oui, mais le meurtrier ne peut pas être le seul Noir. En faisant jouer le Doge de Venise et Emilia, épouse de Iago qui incarne la raison, par <strong>Jisca Calvanda</strong>, Jean-François Sivadier dynamite de l’intérieur la caractériologie raciste et sexiste shakespearienne. En inventant un «&nbsp;<em>whiteface</em>&nbsp;» génial (<strong>Adama Diop</strong>, au moment de tuer sa femme, s’enduit le visage de peinture blanche), il va au bout du processus&nbsp;: Othello, rendu fou par Iago, devient celui qu’on le pousse à être&nbsp;: un Noir colonisé de l’intérieur, glorifié pour sa force et sa puissance, poussé à la violence, devenu le pantin des Blancs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le féminicide n’est à aucun moment minimisé. Acte extrême, il met fin à toutes les vies, toutes les ambitions, tous les désirs. Le spectacle haletant et déchirant s’écroule… et rien ne reste de la joie comique des premières scènes, où le père suprémaciste (<strong>Cyril Bothorel</strong>) est hautement ridicule, ni du plaisir que l’on peut prendre aux mensonges et manipulations de Iago&nbsp;: <strong>Nicolas Bouchaud</strong>, acteur fétiche de Sivadier, parvient à l’exploit sidérant de séduire et répugner à la fois. Par son intelligence visible, et sa cruauté ludique, et fatale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Othello</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 au 6 octobre<br></mark>Opéra Comédie, Montpellier<br><a href="http://domainedo.fr">domainedo.fr</a></pre>
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