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	<title>Archives des Eleanor Lyons - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Eleanor Lyons - Journal Zebuline</title>
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		<title>Brahms réinventé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 11:00:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Surprise en début de concert : le baryton John Brancy s’avance seul sur scène et entame Wer nur den lieben Gott lässt walten de Bach. On comprend rapidement que ce choral protestant n’est pas un simple prélude au Requiem allemand de Brahms. Il pose d’emblée les fondations d’un concert conçu comme un dialogue entre deux [&#8230;]</p>
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<p>Surprise en début de concert : le baryton <strong>John Brancy</strong> s’avance seul sur scène et entame <em>Wer nur den lieben Gott lässt walten</em> de Bach. On comprend rapidement que ce choral protestant n’est pas un simple prélude au <em>Requiem allemand</em> de Brahms. Il pose d’emblée les fondations d’un concert conçu comme un dialogue entre deux luthériens, maîtres de musique.</p>



<p>Alors que nombre de programmations font précéder le <em>Requiem</em> de pages chorales de Brahms telles que <em>Le Chant du destin</em> ou <em>Nänie</em>, <strong>Laurence Equilbey</strong> opte pour un choix plus audacieux : insérer au cœur même du <em>Requiem</em> des pièces qui n’en sont pas issues. Ce sera le cas plus tard avec <em>Magdalena</em>, extrait des <em>Marienlieder</em>, composé par Brahms à 26 ans. De même, après la dernière note du <em>Requiem</em>, le baryton interprétera <em>O Welt, ich muss dich lassen</em>, choral du XVIᵉ siècle mis en musique aussi bien par Bach que par Brahms, refermant la boucle ouverte par le choral initial. Si cette proposition a pu déstabiliser les afficionados de l’œuvre, elle en révèle la cohérence : explorer le <em>Requiem</em> non comme une pièce isolée, mais comme l’aboutissement d’une tradition protestante traversant les siècles.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong><em>Ferveur collective</em></strong></mark></p>



<p>L’œuvre s’ouvre sur <em>Selig sind, die da Leid tragen</em>, austère et empreint d’humilité. Le manque de réverbération de la salle, s’il met parfois les sopranos à l’épreuve dans les passages les plus éthérés, devient paradoxalement un atout dans les fugues, où chaque ligne polyphonique se détache avec une netteté remarquable. Fidèle à sa rigueur, Equilbey dirige avec une précision minutieuse. Le cadre qu’elle impose à l’Ensemble <strong>Accentus</strong> et à <strong>Insula orchestra</strong> nourrit la densité du discours. L’intensité dramatique monte progressivement jusqu’à <em>Denn alles Fleisch ist wie Gras</em>, marche funèbre portée par un chœur de 36 chanteurs, chantant sans partition. Ce travail « par cœur », rare dans ce répertoire, témoigne d’une appropriation profonde de l’œuvre et renforce le lien visuel avec les interprètes. Les ténors, très engagés, s’y distinguent tout particulièrement.</p>



<p>Le solo du baryton sur <em>Herr, lehre doch mich</em> développe la méditation sur la fragilité humaine, reprise ensuite par le chœur avec une ferveur collective impressionnante. La fugue qui suit, lancée par les sopranos puis rejointe par les autres voix, est magistralement menée. Le contraste est total avec <em>Wie lieblich sind deine Wohnungen</em>, moment suspendu de grâce. L’insertion du <em>Marienlieder</em> a cappella libère alors les voix de l’emprise orchestrale, avant le retour au <em>Requiem</em> avec <em>Ihr habt nun Traurigkeit</em>, seul solo de soprano. L’Australienne <strong>Eleanor Lyons</strong> l’aborde dans une veine plus lyrique que sacrée, presque opératique, mais qui sert l’expression de la souffrance au cœur de l’œuvre.</p>



<p>Le second solo du baryton, <em>Denn wir haben hier keine bleibende Statt</em>, annonce la fugue jubilatoire <em>Herr, du bist würdig</em>. Le <em>Requiem</em> s’achève sur <em>Selig sind die Toten</em>, miroir du chœur initial, où Brahms déploie une écriture particulièrement riche pour les altos. Enfin, le dernier choral a cappella referme le concert dans une profonde sérénité.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Le concert s’est déroulé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 janvier</mark> au <a href="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence" type="link" id="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence">Grand Théâtre de Provence</a>, Aix-en-Provence.</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>
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		<title>Jour de gloire aux Chorégies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Aug 2022 10:52:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On sait combien le Théâtre antique d’Orange se prête aux symphonies monumentales. Plus encore peut-être qu’à l’opéra, et certainement plus qu’au récital soliste-orchestre, qui nécessite quasi systématiquement une légère amplification. L’effectif conséquent nécessaire pour la Missa Solemnis de Beethoven semblait ainsi tout indiqué pour les Chorégies et leur 14 juillet. Ce sont donc cinq chœurs [&#8230;]</p>
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<p>On sait combien le Théâtre antique d’Orange se prête aux symphonies monumentales. Plus encore peut-être qu’à l’opéra, et certainement plus qu’au récital soliste-orchestre, qui nécessite quasi systématiquement une légère amplification. L’effectif conséquent nécessaire pour la <em>Missa Solemnis </em>de Beethoven semblait ainsi tout indiqué pour les <em>Chorégies</em> et leur 14 juillet. Ce sont donc cinq chœurs qui ont uni leurs forces sous la direction de <strong>John Nelson&nbsp;</strong>: les formations universitaires du <strong>COGE</strong> et du <strong>COSU</strong>, le <strong>Chœur de Grenelle</strong>, et deux chœurs suisses (<strong>Le Motet </strong>genevois et le <strong>Laudate Deum </strong>de Lausanne). Cinq chœurs qui ont fait preuve d’une cohésion et d’une implication à toute épreuve tout au long du concert. Rythmiquement inattaquables, les voix choristes ont également déployé un sens du phrasé et une texture d’une rare richesse. Le mérite en revient de toute évidence aux interprètes eux-mêmes, mais aussi à l’attention toute particulière que semble leur avoir accordée le chef, dirigeant assis et à main nue là où d’autres ne ménagent pas leurs effets. Quitte à délaisser quelque peu l’<strong>Orchestre Nexus&nbsp;</strong>: la phalange, solide et à l’écoute, et ce malgré les acrobaties successives de la partition, sait retomber sur ses pattes, et mise à raison davantage sur l’expressivité que sur la rigueur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115581" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=1536%2C1022&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=2048%2C1363&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=1068%2C711&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?resize=1920%2C1278&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Missa-Solemnis-%C2%A9-Gromelle-3-scaled.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Missa Solemnis © Gromelle</figcaption></figure>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lyrisme redoutable</strong></mark></p>



<p>La <em>Missa Solemnis</em>, interprétée à la suite d’une <em>Marseillaise </em>en tutti aux petits oignons,est en effet d’un lyrisme redoutable. Composée conjointement à sa neuvième symphonie, qui fit entrer à grand fracas la voix humaine dans ce genre jusqu’alors exclusivement instrumental, elle place en son centre le registre vocal. Les voix solistes, traitées à égalité sur différents registres, brillent conjointement et tour à tour&nbsp;: la distribution, idéale, joue des contrastes et complémentarités. La soprano <strong>Eleanor Lyons </strong>conclut ainsi le <em>Gloria </em>sur un «&nbsp;Amen&nbsp;» puissant et solaire. Ses échanges avec le contralto plus aérien, souple et poignant de <strong>Marie-Nicole Lemieux </strong>sont d’une beauté à couper le souffle. Le <em>Credo </em>révèle notamment le timbre clair et du ténor <strong>Cyrille Dubois </strong>sur «&nbsp;Et homo factus est&nbsp;». L’<em>Agnus Dei </em>révèle un <strong>Nicolas Courjal </strong>tendre et ancré. Incarnation de l’espoir et de la foi renouvelée en l’humain, le chœur se fait lui aussi soliste le temps du «&nbsp;Quoniam&nbsp;», grand moment du<em> Gloria</em>, et orchestre le temps d’entrées fuguées époustouflantes, jusqu’à l’apaisé et émouvant «&nbsp;Dona Pacem, Pacem&nbsp;». Qui récoltera une longue ovation bien méritée.</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Joué au le 14 juillet au Théâtre antique d’Orange dans le cadre des <em>Chorégies</em>.</mark></sub></p>
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