lundi 3 octobre 2022
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Jour de gloire aux Chorégies

En ce 14 juillet, il y avait du monde sur la scène du Théâtre antique d’Orange. Cinq chœurs ont été mis à l’ouvrage pour revisiter Missa Solemnis de Beethoven, sous la direction de John Nelson

On sait combien le Théâtre antique d’Orange se prête aux symphonies monumentales. Plus encore peut-être qu’à l’opéra, et certainement plus qu’au récital soliste-orchestre, qui nécessite quasi systématiquement une légère amplification. L’effectif conséquent nécessaire pour la Missa Solemnis de Beethoven semblait ainsi tout indiqué pour les Chorégies et leur 14 juillet. Ce sont donc cinq chœurs qui ont uni leurs forces sous la direction de John Nelson : les formations universitaires du COGE et du COSU, le Chœur de Grenelle, et deux chœurs suisses (Le Motet genevois et le Laudate Deum de Lausanne). Cinq chœurs qui ont fait preuve d’une cohésion et d’une implication à toute épreuve tout au long du concert. Rythmiquement inattaquables, les voix choristes ont également déployé un sens du phrasé et une texture d’une rare richesse. Le mérite en revient de toute évidence aux interprètes eux-mêmes, mais aussi à l’attention toute particulière que semble leur avoir accordée le chef, dirigeant assis et à main nue là où d’autres ne ménagent pas leurs effets. Quitte à délaisser quelque peu l’Orchestre Nexus : la phalange, solide et à l’écoute, et ce malgré les acrobaties successives de la partition, sait retomber sur ses pattes, et mise à raison davantage sur l’expressivité que sur la rigueur.

Missa Solemnis © Gromelle

Lyrisme redoutable

La Missa Solemnis, interprétée à la suite d’une Marseillaise en tutti aux petits oignons,est en effet d’un lyrisme redoutable. Composée conjointement à sa neuvième symphonie, qui fit entrer à grand fracas la voix humaine dans ce genre jusqu’alors exclusivement instrumental, elle place en son centre le registre vocal. Les voix solistes, traitées à égalité sur différents registres, brillent conjointement et tour à tour : la distribution, idéale, joue des contrastes et complémentarités. La soprano Eleanor Lyons conclut ainsi le Gloria sur un « Amen » puissant et solaire. Ses échanges avec le contralto plus aérien, souple et poignant de Marie-Nicole Lemieux sont d’une beauté à couper le souffle. Le Credo révèle notamment le timbre clair et du ténor Cyrille Dubois sur « Et homo factus est ». L’Agnus Dei révèle un Nicolas Courjal tendre et ancré. Incarnation de l’espoir et de la foi renouvelée en l’humain, le chœur se fait lui aussi soliste le temps du « Quoniam », grand moment du Gloria, et orchestre le temps d’entrées fuguées époustouflantes, jusqu’à l’apaisé et émouvant « Dona Pacem, Pacem ». Qui récoltera une longue ovation bien méritée.

Joué au le 14 juillet au Théâtre antique d’Orange dans le cadre des Chorégies.

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