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	<title>Archives des Espagne - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Espagne - Journal Zebuline</title>
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		<title>Maryam Touzani à cœur ouvert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 14:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une histoire de transmission Ma mère n&#8217;avait pas pu voir mon film précédent Le Bleu du caftan, parce qu&#8217;elle est décédée juste avant la sortie, de manière totalement inattendue. C&#8217;est de cette blessure qu&#8217;est sortie l&#8217;écriture de Rue Malaga. Ma mère était à moitié espagnole et j&#8217;ai grandi en parlant espagnol. Et quand ma mère [&#8230;]</p>
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<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Une histoire de transmission</strong></mark></p>



<p>Ma mère n&rsquo;avait pas pu voir mon film précédent <em>Le Bleu du caftan</em>, parce qu&rsquo;elle est décédée juste avant la sortie, de manière totalement inattendue. C&rsquo;est de cette blessure qu&rsquo;est sortie l&rsquo;écriture de <em>Rue Malaga.</em> Ma mère était à moitié</p>



<p>espagnole et j&rsquo;ai grandi en parlant espagnol. Et quand ma mère est partie, j&rsquo;ai cherché à garder cette conversation avec elle à&nbsp;travers la langue, inconsciemment. C&rsquo;est pour ça que ce film est en espagnol. C&rsquo;est mon premier film en espagnol. Le film est dédié aussi à ma grand-mère parce qu&rsquo;il y a cette histoire de transmission qui, pour moi, est primordiale. Pour moi, cette transmission est une chose qui est vitale, que j&rsquo;ai envie de raconter. C’est une manière de garder vivantes ces personnes qui ne sont plus là.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les objets dans le film</strong></mark></p>



<p>C&rsquo;est vrai que je suis attachée aux objets. J&rsquo;ai la sensation que les objets n’ont pas une âme certes mais sont les témoins de notre vie. Dans la vie de Maria Ángeles c&rsquo;est clairement cela. Ce sont comme des marqueurs de sa vie, un ancrage. Ils font partie de son identité. Et quand elle est dépossédée de tous ces objets, &nbsp;c&rsquo;est comme si on lui arrachait une partie de sa vie et de son passé. Et j&rsquo;avais justement envie de mettre la lumière sur ces objets-là et sur ce qu&rsquo;ils peuvent représenter pour certains, pas pour tous. C&rsquo;est comme les lieux, c&rsquo;est comme les maisons. Quand Clara dit à sa mère, ce ne sont que des murs, pour Marie-Angela, ce ne sont pas que des murs, ils sont témoins de toute une vie&nbsp;: ils ont tout vu, ils ont tout entendu, ils ont tout observé et ils font partie de qui elle est. Moi, je me sens beaucoup comme cela. D&rsquo;où l&rsquo;importance quand, petit à&nbsp; petit, elle peut les&nbsp; retrouver et remeubler sa maison. c&rsquo;est une reconstruction,&nbsp; une reprise en main de sa vie, de son identité</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>L’&rsquo;immigration espagnole.</strong></mark></p>



<p>Ma grand-mère est née&nbsp; en 1910, en Andalousie. Elle est venue au Maroc. Elle avait sept ans. Ses parents y sont restés Elle a épousé un Espagnol et a eu trois enfants&nbsp;…, J’ai grandi dans cette famille avec deux cultures. Le regard des autres vis-à vis de ma grand-mère &nbsp;était qu’ils la voyaient comme une étrangère et elle ne se sentait pas étrangère. Et pour moi, déjà, petite, je me suis posé beaucoup de questions sur l&rsquo;identité, &nbsp;sur la manière dont on nous voit de l’extérieur. Ma grand-mère &nbsp;avait des yeux bleus, on voyait très &nbsp;clairement qu&rsquo;elle était étrangère et souvent, on parlait arabe à côté d’elle en pensant qu&rsquo;elle ne comprenait pas. Mais elle comprenait tout, en fait&nbsp;!</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La ville de Tanger et la mer</mark></strong></p>



<p>J’apprends à me connaître à travers mes films&nbsp;; une fois qu&rsquo;ils sont écrits&nbsp; et même une fois qu&rsquo;ils sont tournés. J’ai besoin de la mer. J&rsquo;ai besoin de voir la mer. J&rsquo;ai besoin de cette proximité à l’Océan.&nbsp; Et je crois que ce n&rsquo;est pas anodin que cela revienne à chaque fois de différentes manières. Dan <em>Le Bleu du Caftan,</em> il y avait déjà l&rsquo;odeur de la mer qui venait dans les narines de ces deux hommes et qui racontait pour moi ce désir de mer, ce désir de liberté aussi</p>



<p>Et à Tanger, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on est à 14 kilomètres de l&rsquo;Espagne et que de notre maison, on voit Cadiz juste en face. C&rsquo;est vrai que j&rsquo;ai toujours grandi avec ces souvenirs par procuration de ma grand-mère, de sa petite ville de Jimena de la Frontera..C&rsquo;est une ville de fusion. C&rsquo;est une ville où il y a toujours eu un vivre-ensemble. Moi, j&rsquo;ai grandi là-dedans et j&rsquo;avais aussi envie de pouvoir raconter ça</p>



<p>Toutes ces cultures qui vivaient ensemble, dans le respect des religions les unes des autres, de la différence. Et c&rsquo;était avant tout une richesse. Moi, je me rappelle justement l&rsquo;Académia Malaga parce que ma mère a vécu là avec ma grand-mère.&nbsp; Et je me rappelle tous les récits, toutes ces cultures différentes qui vivaient ensemble&nbsp; des musulmans, des juifs et des chrétiens, des échanges de nourriture différentes. C’était important de raconter aussi la rue avec ses odeurs, avec ses sens, de sentir le cœur aussi de cette ville, de comprendre l&rsquo;attachement de cette femme à cette ville mais de manière organique, pas de manière intellectuelle. Et quelque part de rendre hommage aussi à cette génération qui est en train de disparaitre. Parce que le cimetière qu’on voit, &nbsp;c&rsquo;est là où¹ ma grand-mère est enterrée. On peut y aller passer toute une journée et ne voir personne. La majorité des gens sont partis. C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Garder la mémoire vivante&nbsp;: je pense que le cinéma peut faire cela. Je crois que c&rsquo;est important de ne pas oublier le passé, surtout quand il est beau.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La scène d’amour</strong></mark></p>



<p>Cette scène d&rsquo;amour était&nbsp; pour moi primordiale. Parce que j&rsquo;avais envie justement de montrer … comment dire&#8230; Je trouve qu&rsquo;il y a tellement d&rsquo;attentes, d&rsquo;injonctions de la société par rapport à la &nbsp;manière dont on doit vieillir, par rapport à la manière dont l’amour, le désir doit &nbsp;évoluer. Déjà très jeune, c&rsquo;est quelque chose qui me touchait beaucoup parce que je me suis toujours dit&nbsp;:je suis la personne que je suis à l’intérieur. Quand j&rsquo;aurai 70 ans, 75 ans, 80 ans, je vais continuer à être la même &nbsp;personne. Donc, si la société nous renvoie une image différente, parce que c&rsquo;est l&rsquo;image qu&rsquo;elle voit en moi, comment faire concilier ces deux choses&nbsp;? Il faut avoir beaucoup de force de caractère parfois pour pouvoir continuer à être qui on est à l’intérieur.</p>



<p>La sexualité et l&rsquo;amour, sont quelque chose de sain, de beau quand on est jeune. Et puis, on arrive à un certain âge, ça commence à devenir quelque part limite, à&nbsp; la limite du respectable comme si c’était &nbsp;quelque chose de moche, dont&nbsp; on ne pourrait pas parler ouvertement. C&rsquo;est quelque chose qui me heurte et qui me blesse, mais vraiment. Et donc, j&rsquo;avais envie de célébrer ces corps, leur sensualité, leur rythme, ces corps vieillissants que je trouve magnifiques. On a vécu, nos corps se sont transformés. On a ressenti des choses<em>. </em>Et je n&rsquo;ai pas envie de cacher. J’ai envie de montrer cela et de le sublimer. C&rsquo;est ce que j&rsquo;avais envie de faire avec ces scènes -là&nbsp;: montrer qu&rsquo;on est capable encore d&rsquo;aimer et qu&rsquo;on doit avoir la liberté de pouvoir désirer. &nbsp;Il n&rsquo;y a pas un moment où ¹ la vie s&rsquo;arrête.</p>



<p>Du coup, j&rsquo;avais envie que Marie-Angela puisse briser toutes ses chaînes, se libérer &nbsp;de tout et se dire &nbsp;et dire&nbsp;: «&nbsp;<em>Voilà, je suis une femme de 80 ans, mon corps est comme il est, il est magnifique comme il est, je choisis de le montrer, je choisis des habiller &nbsp;cet homme, de me déshabiller, de me montrer</em>&nbsp;!&nbsp;» Je trouve que la vieillesse est une vraie force. J&rsquo;avais envie vraiment qu&rsquo;on puisse ressentir cela comme une caresse. J&rsquo;avais envie d&rsquo;être dans un vrai respect des corps, dans un vrai respect de l&rsquo;instant et que la caméra arrive sur le corps juste comme une caresse, sans jamais trop s&rsquo;attarder, sans jamais trop montrer, mais juste pouvoir balayer du regard comme un toucher qu&rsquo;on ressent, qui est là. Et c&rsquo;est complètement éloigné du male gaze, Cela n&rsquo;a rien à voir. Quand Maria Ángeles enlève ses habits, c&rsquo;est vraiment une mise à nu de l’âme, ce n’est pas que du corps.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Travailler avec des femmes</mark></strong></p>



<p>C’est important pour moi de travailler avec des gens qui me comprennent et qui ont la sensibilité que je recherche. Et cette sensibilité-là, j&rsquo;ai pu la trouver chez des hommes comme j&rsquo;ai pu la trouver chez des femmes. Mais c&rsquo;est important pour moi de faire les bons choix et de m&rsquo;entourer de &nbsp;personnes avec lesquelles je me sens alignée, avec qui je me sens en harmonie et qui ont la même vision des choses. Il y &nbsp;ici une équipe féminine, avec des femmes âgées comme&nbsp; la coiffeuse la coiffeuse Romana, qui avait dans les 76 ans et des jeunes. Je choisis en fait les membres de mon équipe par leur talent, par leur humanité et ce que je sens.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le personnage de Josépha</strong></mark></p>



<p>C&rsquo;est un personnage très important&nbsp;; les dialogues avec Josépha qui n&rsquo;en sont pas, puisqu’ en fait, Marie-Angeles fait tout, les questions et les réponses. &nbsp;Pour Josépha &nbsp;ce fut un casting assez long, parce que je voulais raconter toutes ces expressions- tout ce qu&rsquo;elle exprime. J’avais envie d&rsquo;un visage, d&rsquo;une comédienne qui puisse exprimer tout ça rien qu&rsquo;à travers son regard, à&nbsp;travers ses grimaces et je cherchais un visage qui porte les années qu&rsquo;il a. Pour moi, les rides qui traversent le visage de Josépha dans le film, c&rsquo;est comme des rivières, c&rsquo;est beau, Quand je suis tombée sur <strong>Maria Alfonsa Rosso</strong>, je suis tombée amoureuse d&rsquo;elle. C&rsquo;est une femme qui a une telle énergie&nbsp; de vie aussi, qui est magnifique, très douce, Elle était vraiment la Josépha que j&rsquo;avais imaginée et qui me rappelait des souvenirs d’enfance. Pendant que j&rsquo;écrivais, je n&rsquo;avais pas imaginé le personnage de Josépha, mais je pense aussi que c&rsquo;est venu parce que cette écriture &nbsp;pour moi était très dure, douloureuse aussi, parce que c’était me confronter à l&rsquo;absence de ma mère, à la douleur et tout, donc j&rsquo;ai écrit beaucoup dans les larmes, mais j&rsquo;avais aussi besoin de rire, et donc inconsciemment, je pense que ces dialogues-là ont pris cette tournure- parce que j&rsquo;avais besoin de ça&nbsp;; je me retrouvais à rire en milieu de la nuit, pendant que je me laissais porter par ces conversations-là..</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Carmen Maura</mark></strong></p>



<p>Carmen Maura, elle est capable de tout. Je n&rsquo;avais pas écrit avec Carmen en tète Et quand j&rsquo;e l’ai rencontrée, elle a lu le scenario, elle a adoré &nbsp;le personnage, elle est vraiment tombée &nbsp;amoureuse de Marie-Angéla. Et moi, je suis tombée amoureuse d’elle. Elle a des yeux tellement expressifs. Elle peur raconter tellement sans parler, elle aussi&nbsp;! L&rsquo;émotion, chez elle, est quelque part, elle est présente&nbsp;; dès qu&rsquo;on la touche, elle apparait Et puis elle a cette joie de vivre, cette énergie&nbsp; aussi qui m&rsquo;a beaucoup touchée. Après&nbsp; avoir discuté avec elle pendant quelques heures, j&rsquo;étais certaine qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait que Carmen pour interpréter ce rôle-là, pour lui donner chair et la dimension que j&rsquo;avais imaginée&nbsp;; elle traverse tellement d&rsquo;états différents&nbsp;! Quand elle revient chez elle et qu&rsquo;elle se retrouve dans cette maison vide, ce qu&rsquo;on voit dans ses yeux n&rsquo;a absolument rien à voir avec d&rsquo;autres moments. Il fallait qu&rsquo;elle puisse aussi être tellement proche de ses émotions.</p>



<p>Et ça commence avec la coiffeuse. On veut l’obliger à&nbsp; couper des cheveux. Là elle a un déclic et elle dit non&nbsp;; c&rsquo;est un truc qui m&rsquo;agace vraiment quand on se met à infantiliser les personnes âgées&nbsp; C&rsquo;est un truc qui me met hors de moi&nbsp;! Pour moi, cette séquence est vraiment un turning point&nbsp;!</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>&nbsp;Renaissance</strong></mark></p>



<p>La vie ne nous donne pas toujours que de belles choses. C&rsquo;est se reconstruire. C&rsquo;est se repenser.&nbsp; C&rsquo;est aller chercher des ressources qu&rsquo;on ne pense pas. On a en nous parfois&#8230; Marie-Angeles est &nbsp;une femme pleine de vie. Elle va aller chercher d&rsquo;autres ressources. On la voit rajeunir quelque part en se reprenant en main. Et parce qu&rsquo;elle prend conscience du fait qu&rsquo;elle est là, qu&rsquo;elle est encore vivante. Et qu&rsquo;on veut lui enlever des choses. Et elle va redécouvrir l&rsquo;amour physique.</p>



<p>, Clara, sa fille,&nbsp; ne se rend pas compte. Pour elle, la vie de sa mère est derrière&nbsp;: elle devrait accepter d&rsquo;aller s&rsquo;installer avec elle à Madrid.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La couleur rouge</strong></mark></p>



<p>Ma mère &nbsp;aimait beaucoup le rouge et adorait les fleurs. Je n’ai pas écrit avec cela en tête mais en revoyant le film, et même en l’imaginant car quand j’écris, c’est toujours très visuel, j’avais besoin de revoir ces fleurs&nbsp;; je prenais toujours des photos de ma mère entre les fleurs. Mais je trouve que le rouge s’est installé dans ce film aussi parce qu&rsquo;il a du sens, parce que le rouge est une couleur de vie,&nbsp; qui peut être violente parce que c&rsquo;est la couleur du sang mais c&rsquo;est aussi une couleur pleine de désir de vie</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des séquence comme des refrains</mark></strong></p>



<p>Les scènes dans le cimetière et les visites à Josépha sont des repères, des parenthèses obligatoires, un équilibre entre la vie et la mort. Une vie faite de routine jusqu’au moment où tout bascule. Une énergie nouvelle et un rapport nouveau à son quartier. L’énergie de la vie rentre chez elle&nbsp;!</p>



<p>Propos recueillis au dernier CINEMED par Annie Gava</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lire <a href="https://journalzebuline.fr/cinemed-rue-malaga/" type="link" id="https://journalzebuline.fr/cinemed-rue-malaga/">ICI </a>la critique du film</strong></mark></p>



<p></p>
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		<title>Direction l’Espagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2025 09:01:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maël Piriou est d’abord un écrivain, de pièces de théâtre, de scenarios. Il a également fait une quinzaine de making of, ce qui lui a donné envie de se lancer dans la réalisation. Aussi accepte-t-il la proposition du producteur Vincent Roget&#160;: faire le remake d’un film flamand, écrit à partir d’un documentaire anglais sur Asta [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Maël Piriou</strong> est d’abord un écrivain, de pièces de théâtre, de scenarios. Il a également fait une quinzaine de <em>making of</em>, ce qui lui a donné envie de se lancer dans la réalisation. Aussi accepte-t-il la proposition du producteur <strong>Vincent Roget</strong>&nbsp;: faire le remake d’un film flamand, écrit à partir d’un documentaire anglais sur Asta Philpot, <em>Hasta la Vista </em>de Geoffrey Enthoven: trois jeunes d’une vingtaine d’années, handicapés, aimant le vin et les femmes se décident à aller en Espagne en voiture perdre leur virginité dans un bordel qui offre des services adaptés.</p>



<p>Mais il ne va pas faire vraiment un remake&nbsp;: il va conserver la camionnette, le but du voyage et la maladie d’un des personnages. Il aime écrire et c’est à partir de l’acteur <strong>Grégory Gadebois</strong> qu’il construit un des personnages, Lucas, qui va permettre à deux jeunes trentenaires, Mélanie (<strong>Julia Piaton</strong>) et Benjamin (<strong>Quentin Dolmaire</strong>) d’entreprendre ce voyage vers le «<em>&nbsp;bordel inclusif&nbsp;</em>»<em>.</em><em></em></p>



<p>Le film commence à l’hôpital où une jeune femme passe un scanner dont les résultats ne sont pas très positifs. Mélanie, une avocate en fauteuil roulant, a besoin d’espace, de voir son horizon s’élargir, de faire enfin l’amour, elle dont «&nbsp;<em>on n’a jamais caressé les seins</em>&nbsp;» Son ami Benjamin, dont la famille fête les 30 ans, tétraplégique, après un accident de plongeon, vit au ralenti. Sa mère voudrait bien que son oiseau sorte du nid, prenne enfin son envol. Mélanie doit arriver à le convaincre de partir avec elle en Espagne dans un bordel fait pour eux. Il lui reste à trouver un accompagnateur, chauffeur, infirmier. Ce sera Lucas, un accusé qu’elle défend, avec qui elle passe un deal&nbsp;: il les conduit en Espagne et il ne paiera pas ses honoraires.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color"><strong>En route</strong></mark></p>



<p>Commence alors un road movie étonnant&nbsp;dans un van orange rempli d’un tas de choses dont un chat naturalisé. Le travail de Lucas n’est pas de tout repos&nbsp;: il découvre que la vie quotidienne est compliquée pour des gens en fauteuil roulant. Et il s’attache à eux, même si parfois il pique une colère devant Mélanie plus impatiente que Benjamin d’arriver à destination. &nbsp;</p>



<p>Rencontres improbables, scènes surprenantes, confidences, le voyage ne manque pas de surprises. L’arrivée dans la région de Bardenas Reales, une terre aride, superbement filmée par le directeur de la photo <strong>Guillaume Schiffman</strong>, fait penser à une scène de western. «&nbsp;<em>C’est un décor incroyable où Terry Gilliam voulait tourner son Don Quichotte et où se déroule Lost in La Mancha&nbsp;</em>» a précisé le réalisateur qui tenait à ces paysages.</p>



<p>Certes le film n’est pas très original mais il fait du bien et les acteurs sont excellents, aussi bien Grégory Gadebois dans ce rôle d’un «&nbsp;méchant&nbsp;» bourru, qui devient gentil et apprend à être utile, que Quentin Dolmaire dans celui de cet homme, taiseux, dont le visage exprime délicatement les émotions. Une séquence à Saint-Jean-de-Luz avec eux dans l’eau est très émouvante. Quant à Julia Piaton, elle incarne à merveille cette femme à la fois déterminée, battante et parfois fragile.</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color"><em>Une Pointe d’amour</em> en salles le 30 avril</mark></strong></p>



<p><em> </em></p>
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		<title>Un été difficile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la Berlinale 2023, la jeune Sofia Otero avait obtenu  l’Ours d’Argent de la meilleure interprétation, non genré, pour 20 000 espèces d’abeilles de l’Espagnole Estibaliz Urresola Solaguren. En parfaite adéquation avec le personnage qu’elle incarne, Aitor, surnommé Cocó, un jeune garçon qui se sent fille, une petite fille dans un corps  de garçon. « Je [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la Berlinale 2023, la jeune <strong>Sofia Otero</strong> avait obtenu  l’Ours d’Argent de la meilleure interprétation, non genré, pour <em>20 000 espèces d’abeilles </em>de l’Espagnole <strong>Estibaliz Urresola Solaguren</strong>. En parfaite adéquation avec le personnage qu’elle incarne, Aitor, surnommé Cocó, un jeune garçon qui se sent fille, une petite fille dans un corps  de garçon. « <em>Je ne veux pas être comme mon père quand je serai grand !</em> » La mère, Ane (<strong>Patricia López Arnaiz</strong>) et ses trois enfants vont passer les vacances au Pays basque espagnol dans la maison familiale et retrouver oncles, tantes, cousins qui préparent le baptême du dernier né.</p>



<p>Tout est difficile pour Aitor, les sorties à la piscine, les achats dans les magasins, les repas familiaux. Son malaise s’accroit au fur et à mesure que tous, en particulier sa grand-mère, exigent qu’il se comporte comme un garçon. Sa mère, préoccupée par ses problèmes personnels, de couple et de carrière, considère qu’iel se cherche mais n’accepte pas ce qui est évident. Seule la grande tante, Lourdes (<strong>Ane Gabarain</strong>) apicultrice, qui soigne les gens du village avec les abeilles, va lui permettre de respirer et de sortir de cet étouffement. Comment ne pas réagir devant un enfant de neuf ans qui dit : « <em>je n’ai pas de nom</em> » ou « <em>pourrais-je mourir et renaître en petite fille ?</em> » Et Lourdes va agir, pensant aussi sans doute à sa propre enfance <em>« tu peux regarder ce qu’il se passe ou agir comme ta mère et fermer les yeux </em>», lance-t-elle à Ane… Aitor deviendra Lucia.</p>



<p>Annie Gava</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>20 000 espèces d’abeilles </em>d'<strong>Estibaliz Urresola Solaguren</strong><em> </em><br>En salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 février</mark></pre>
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		<title>La justice des sentiments</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2022 15:46:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Blanca Portillo]]></category>
		<category><![CDATA[Cinehorizontes]]></category>
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<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un sujet sensible</mark></strong></p>



<p><em>Les Repentis (</em>titre espagnol&nbsp;:<em> Maixabel</em>), neuvième film d’<strong>Icíar Bollaín</strong>, revient sur les années de plomb au Pays basque et en Espagne, peu avant la dissolution en 2018 de l’organisation indépendantiste, E.T.A (Euskadi Ta Askatasuna). Ce mouvement, à l’origine antifranquiste, avait choisi la lutte armée pour faire triompher ses idées, dérivant vers une radicalité responsable de plus de 800 exécutions, des mutilations par centaines, des enlèvements, des extorsions de fonds et un climat de guerre civile larvée entretenu au sein des villes et villages. Le cinéma s’est déjà emparé du sujet et la série TV <em>Patria</em>, adaptée du best-seller de Fernando Aramburu, traitait déjà de la confrontation des victimes et de leurs bourreaux. Icíar Bollaín innove ici en partant d’une expérience moins connue et controversée, initiée en 2011 par les autorités : organiser des rencontres entre les prisonniers repentis et les familles de leurs victimes.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Partir de la fin</mark></strong></p>



<p>Pays basque espagnol. Commémoration de la mort de Juan Maria Jauragui, ex-gouverneur de la province de Guipuzcoa, proche du gouvernement socialiste de Felipe Gonzáles, assassiné onze ans auparavant par l’Eta, dans un café de Tolosa. Autour de sa stèle se sont rassemblés ses amis politiques, victimes pour certains de la même organisation terroriste, sa famille, sa fille (<strong>Maria Cerezuela</strong>), sa veuve Maixabel Lasa (<strong>Blanca Portillo</strong>). Et, conduit par cette dernière, Ibon Etxezarreta (<strong>Luis Tosar</strong>), un des assassins de Juan. Le « repenti » tient un bouquet. Dix fleurs rouges pour le passé, une blanche pour le futur. Peu à peu, tous entonnent une chanson populaire basque, hommage à un ami disparu…Evoquer cette poignante scène finale, superbement mise en scène, ce n’est pas déflorer un scénario qui reprend fidèlement des faits avérés et se nourrit de souvenirs plus intimes de la vraie Maixabel Lasa. C’est partir de cet impensable dénouement vers lequel tend tout le  film, qui en deux heures, réussit à nous faire penser cet impensable-là.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une longue insomnie</mark></strong></p>



<p>La réalisatrice part du traumatisme initial, l’assassinat sauvage, la joie des meurtriers et l’onde de choc dans le cercle familial. Revient rapidement sur le procès de ceux qu’on a pu arrêter, qui tambourinent à la cage de verre les séparant de la salle d’audience, et invectivent des autorités qu’ils ne reconnaissent pas. Puis, par une ellipse temporelle, nous projette dix ans plus tard. On retrouve Maixabel Lasa, les cheveux blancs, encore responsable du bureau d’aide aux victimes du terrorisme (Gal et Eta), sa fille, devenue mère à son tour, et un pays toujours divisé et blessé. En parallèle, on entre dans les prisons où sont détenus des membres de l’Eta. Certains ont changé. Il y a dissension entre ceux qui, hantés par les crimes qu’ils ont commis, ont pris conscience de l’engrenage qui les a happés, et ceux qui persistent à croire que ce qu’ils ont fait était juste, terrorisés à leur tour par les représailles possibles pour leur famille s’ils «&nbsp;trahissent&nbsp;» la cause en faisant amende honorable. Rien n’est oublié. Victimes et assassins sont dans une longue insomnie sans repos. La réalisatrice va analyser les processus parallèles qui conduisent Maixabel aux tueurs de Juan et les tueurs de Juan à Maixabel.<br>L’homme peut-il changer&nbsp;? Se repentir sincèrement&nbsp;? Et ce repentir peut-il être reçu par la victime&nbsp;? Peut-on pardonner à quelqu’un qui vous a volé votre vie&nbsp;? <em>Je préfère être la femme de celui que vous avez tué plutôt que votre mère</em> dit Maixabel à Ibon. Elle ne pardonne pas mais trouve un semblant de paix en reconnaissant l’humanité d’Ibon et en refusant de le haïr.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Montrer sans démontrer</mark></strong></p>



<p>Si le film d’Icíar Bollaín fait entendre les arguments de chacun, le discours n’est jamais ni pesant ni suffisant. L’expression des visages saisis en gros plans, les regards, les silences maintiennent une tension constante. La réalisatrice montre sans démontrer. Classicisme et sobriété. Pas d’exubérance dans un chagrin qui devient consubstantiel aux personnages. La terreur ne peut être qu’aveugle. Dès qu’on lui donne visage et corps, elle perd sa pureté idéologique. Camus déjà la condamnait sans appel affirmant qu’il préférerait toujours sa mère à la justice. Ibon a trahi sa famille, détruit ceux qui l’aimaient, ceux qui aimaient ses victimes et s’est détruit lui-même. Pour autant le monstre est un homme.<br>Contre la loi du Talion s’affirme l’état de droit, auquel le film rend hommage. Les criminels, malgré la gravité de leurs actes, ont accès à un procès, à un traitement digne. La justice fait de la rédemption, un objectif.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Blanca <strong>Portillo</strong></strong> <strong>est Maixabel </strong></mark></p>



<p>De ce film intense nous reste le portrait d’une femme d’un courage hors du commun. Droite dans sa vie et ses principes. Interprétée admirablement par <strong>Blanca Portillo,</strong> Goya de la meilleure actrice 2022. Une des séquences la suit marchant le long d’une plage. Encore menacée par l’Eta, elle est accompagnée par deux gardes du corps qui se maintiennent derrière elle, à distance. Sur l’horizontalité du paysage, sa fragile verticalité exceptionnellement saisie de loin devient l’image d’une force qui va et nous bouleverse.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse">Actuellement en salle
Projeté au cinéma Le Prado, à Marseille, le 17 novembre, dans la section Panorama de la 21<sup>ème</sup> édition du festival <em>CineHorizontes </em>(12 au 24 novembre).
<a href="http://cinehorizontes.com">cinehorizontes.com</a></pre>
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