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	<title>Archives des Finnegan Oldfield - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Finnegan Oldfield - Journal Zebuline</title>
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		<title>Melpomène, le labyrinthe de la folie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un film-énigme, un film-traversée, un film funambule. Hypnotique, par la beauté de ses plans, la sensorielle partition musicale de Michel-Ange Merino, mélodique et dissonante, jouant avec les silences, les respirations et l’apnée. Lancinant comme la douleur qui mine l’héroïne,&#160; l’enlise lentement et dissout certitudes et réalité. La réalisatrice &#8211; qui produit son film et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un film-énigme, un film-traversée, un film funambule. Hypnotique, par la beauté de ses plans, la sensorielle partition musicale de <strong>Michel-Ange Merino,</strong> mélodique et dissonante, jouant avec les silences, les respirations et l’apnée. Lancinant comme la douleur qui mine l’héroïne,&nbsp; l’enlise lentement et dissout certitudes et réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalisatrice &#8211; qui produit son film et y incarne le rôle principal, déclare avoir voulu «&nbsp;<em>explorer les confins de la solitude existentielle</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marthe est une trentenaire, professeure d’Art à Paris. Elle a été opérée d’un cancer du sein. Trente ans auparavant, sa mère s’est suicidée dans des circonstances restées mystérieuses. Marthe part sur la&nbsp; Côte d’Azur et s’installe aux Roches Rouges. Elle revient sur les lieux du «&nbsp;crime&nbsp;» pour comprendre ce qui s’est réellement passé, ce que lui a caché sa famille de la haute bourgeoise corsetée, incarnée par son élégante grand-mère ( <strong>Marisa Berenson</strong>) . &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marthe rencontre l’inquiétant&nbsp; psychiatre de sa mère, le docteur Rozère ( <strong>Pascal Greggory</strong>). Un jeune patient rieur, Georges ( <strong>Finnegan Oldfield</strong>) qui disparaît inexplicablement. Hannah ( <strong>Anouk Grinberg)</strong> qui a bien connu la mère de Marthe et parle de son agitation, de ses «&nbsp;intuitions&nbsp;» et de ses hallucinations. Une sculptrice mystérieuse (<strong>Andie MacDowel</strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enquête catalyse les propres angoisses de Marthe, croise les thèmes de la filiation, du corps des femmes, du rapport social et politique à la folie, de la collusion du pouvoir médical et familial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charlotte Dauphin titre son film <em>Melpomène</em>, en référence à la mythologie grecque. Fille de Zeus et de Mnémosyne, Melpomène préside au chant, à l’harmonie et à la tragédie qui exprime la souffrance&nbsp; humaine à travers des destins funestes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thriller psychologique rejoint l’esprit tragique. Marthe semble se débattre en vain contre l’enfermement, épouser la schizophrénie diagnostiquée pour sa mère. On lui répète si souvent qu’elle lui ressemble trait pour trait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chœur de ceux qui ont connue la suicidée, voix supposées de la raison, lui devient hostile. Elle se heurte à leurs mots comme à leur silence. Dans le domaine où elle s’est réfugiée, les coups de fusil claquent à l’improviste. Les gardiens de l’ordre traquent, tuent, dépècent les sangliers, sauvages agents de désordre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sans angle droit</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film multiplie les allégories. Il se déroule presque entièrement à Théoule-sur-mer dans le Palais Bulles, racheté en 92 par Pierre Cardin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manifeste architectural signé <strong>Antti Lovag</strong> qui proscrit lignes et angles droits,&nbsp; s’inspirant de la morphologie humaine. Rotondité cellulaire, boyaux organiques et labyrinthiques qui effacent les rassurants repères orthonormés. Hublots s’ouvrant sur le bleu de la mer et du ciel, tandis que les rouges ocrés de l’Estérel, le sang de l’opération mammaire et les enduits terra cotta des bétons, s’affirment en motifs plastiques et symboliques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film trop «&nbsp;arty&nbsp;» , trop «&nbsp;conceptuel&nbsp;» ont reproché certains après sa projection cannoise. On se croirait par moments dans un épisode de la série culte des sixties <em>Le Prisonnier</em>. Ou chez Hitchcock. Ou chez Cocteau, la couleur en plus. Ou encore dans une proposition de Resnais avec des dialogues distancés à la Rohmer. Mais c’est bien un film de Charlotte Dauphin et un objet de cinéma identifié. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Melpomène</em> de <strong>Charlotte Dauphin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 30 septembre</p>
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		<title>« Brûle le sang », une cité entre anges et démons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 10:33:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des bandes criminelles qui se disputent les territoires de vente de la dope. Des mafias de l’Est aux méthodes brutales et définitives. Deux frères antagonistes qui se retrouvent pour l’enterrement du père assassiné. Et l’engrenage fatal de tout polar qui se respecte&#160;: a priori rien de neuf sous le soleil dans le synopsis de Brûle [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Des bandes criminelles qui se disputent les territoires de vente de la dope. Des mafias de l’Est aux méthodes brutales et définitives. Deux frères antagonistes qui se retrouvent pour l’enterrement du père assassiné. Et l’engrenage fatal de tout polar qui se respecte&nbsp;: a priori rien de neuf sous le soleil dans le synopsis de <em>Brûle le sang</em> du cinéaste franco-géorgien <strong>Akaki Popkhadze</strong>. Ce thriller, soutenu par les collectivités de sa région et par le CNC, lorgne sur les grands classiques du genre, de Coppola et Scorsese au James Gray de <em>Little Odessa</em>. Les anges et les démons de la Riviera, frères de sang de ceux de Los Angeles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entre dans le film par un enlèvement et une exécution de plein jour sur un chantier terreux qui n’est pas sans rappeler le désert californien. Puis dans un appartement modeste de cité, où s’est regroupée la communauté géorgienne exilée. Tristan (<strong>Florent Hill</strong>) aussi triste que son prénom, judoka et employé dans une jardinerie, se destine à la prêtrise orthodoxe. La mère donne des cours de piano. Le père est chauffeur d’un oligarque russe. Confondu avec son patron, il est abattu à la terrasse d’un café. Pour son enterrement, Gabriel, le frère aîné, incarné par un <strong>Nicolas Duvauchelle</strong> tatoué et hargneux, revient de Géorgie où il a été exilé après un séjour en prison, rejeté par sa famille et sa communauté. Il retrouve après 10 ans d’absence son ex-complice Marco (<strong>Finnegan Oldfield</strong>), dealeur défoncé en permanence, décérébré et survolté, neveu d’un parrain auquel <strong>Denis Lavant</strong> prête son inquiétante étrangeté. En quatre chapitres aux titres bibliques&nbsp;: «&nbsp;<em>Au nom du père&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>Vaincre le mal&nbsp;</em>» «&nbsp;<em>Tu ne tueras point&nbsp;</em>» «&nbsp;<em>Console ma peine&nbsp;</em>», s’accomplit la soif de vengeance de Gabriel, le frère maudit, entraînant le pieux Tristan dans la spirale du mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Finir dans une benne</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nice, ville dans laquelle le réalisateur vit depuis ses 15 ans, est filmée en contraste entre jour et nuit, entre lieux de plaisirs – plage, villas de luxe et clubs privés – et quartiers populaires avec leur lot de misère et de drames. Derrière l’affiche touristique de la promenade des Anglais placardée sur une vitre dans la première séquence, la réalité moins radieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur dit avoir désiré un «&nbsp;<em>film immersif&nbsp;</em>», sa caméra dansant autour des personnages. Il ajoute avoir voulu parler de sa famille, du milieu d’où il vient. Un monde de masculinité toxique – résumé par la mère (<strong>Ia Shugliashivili</strong>) seule figure féminine qui déclare avoir supporté tour à tour toutes les humeurs des mâles du foyer. Il dit encore avoir voulu rappeler que «&nbsp;<em>les hommes (qui se croient) forts finissent (souvent) dans des bennes à ordures.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Brûle le sang</em>, de <strong>Akaki Popkhadze</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 22 janvier</p>
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		<title>Paula, rester en apnée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 15:29:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Aline Hélan-Boudon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« La vie s’écoule dans l’espoir pour demain. D’une manière ou d’une autre, j’oublierai ton parfum, j’avancerai comme le fait la rivière droit devant, sans jamais retourner en arrière. Et comme chaque souffle nous rapproche de la mort, je resterai en apnée. » La chanson de Rebeka Warrior qui a composé la musique du premier [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>La vie s’écoule dans l’espoir pour demain. D’une manière ou d’une autre, j’oublierai ton parfum, j’avancerai comme le fait la rivière droit devant, sans jamais retourner en arrière. Et comme chaque souffle nous rapproche de la mort, je resterai en apnée.</em> » La chanson de <strong>Rebeka Warrior</strong> qui a composé la musique du premier film d’<strong>Angela Ottobah</strong>, <em>Paula,</em> fait écho aux espoirs du spectateur qui, pendant une heure et demie, a vécu à coté de cette petite fille de onze ans dans un huis clos en pleine nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence à Paris. Paula (<strong>Aline Hélan-Boudon</strong>) vit avec son père, Joseph, (<strong>Finnegan Oldfield</strong>) en convalescence, encore sous oxygène. Elle s’occupe des courses, en sortant du collège où elle s’ennuie et multiplie les bêtises. Ses seuls amis, Achille (<strong>Salomon Diallo)</strong> un jeune garçon et Moncoco, un doux lapin blanc. Pour les deux mois de vacances, son père lui réserve une surprise : une jolie maison dans un cadre idyllique au bord d’un étang. Une aubaine pour Paula qui fait de la plongée en apnée et aime la nature. Mais peu à peu, tout doucement, un malaise s’installe ; ils vont rester dans ce lieu perdu au delà de l’été. Ce père trop présent, trop proche, pris dans ses certitudes existentielles, éducatives, alimentaires, enferme sa fille dans un amour envahissant, exclusif, malade. Pas de lait, c’est pour les veaux ! Pas de sucre qui abime le cerveau ! Exercices physiques obligatoires. Il surveille tout, même les appels téléphoniques avec la mère, en mission en Corée. Il la coupe de tous, l’obligeant même à relâcher en pleine forêt son lapin blanc : elle lui est trop attachée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Amour fou</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, il l’embarque dans sa folie : la séquence où ayant décidé de se débarrasser de choses superflues, ils se mettent à tout casser, à faire un grand feu de joie, est hallucinante. La caméra de la talentueuse <strong>Lucie Baudinaud</strong> filme les deux corps qui dansent à la lueur des flammes et le visage de Laura souvent entre interrogation, amour pour son père malade ou peur. Car l’emprise grandit de jour en jour ; il lui vole même son espace, sa chambre, abattant les cloisons. Il l’a déscolarisée. C’est lui qui lui donnera des cours « elle a besoin d’un accompagnement spécialisé», affirme-t-il à l’assistante sociale venue contrôler. Il ne faut pas qu’elle lui échappe et il la forge telle qu’il le désire, prêt à écarter par les paroles ou la violence ceux qui pourraient aider Paula à sortir de cet amour envahissant et destructeur. Les deux acteurs, <strong>Aline Hélan-Boudon</strong> et <strong>Finnegan Oldfield</strong> sont parfaits. La caméra filme, souvent en plans serrés, la douceur insidieuse, les gestes tendres qui emprisonnent, le manque de la mère, la main de Paula qui caresse un silure au fond du lac ou son lapin blanc dont elle devra toucher les viscères, l’ayant retrouvé mort. On pense à <em>Répulsion </em>de Polanski, à <em>La Nuit du chasseur</em> de Laughton parfois. Les paysages, autour de l’étang de Taysse (en Corrèze) et les séquences sous l’eau sont superbement cadrés et la musique de Rebeka Warrior ajoute à l’ambiance de ce premier film, très fort, qui vous prend à la gorge et vous plonge en apnée dans les eaux troubles de la folie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Paula</em>, d’<strong>Angela Ottobah</strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En salles le 19 juillet</mark></strong></p>
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		<title>Le Bargy fait de la résistance </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2022 14:48:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans abandonner ses thèmes de prédilection et le «&#160;cinéma du réel&#160;», Gilles Perret choisit la comédie pour parler du décolletage dans la vallée de l’Arve dont il est originaire, ainsi que des hold-up opérés par les fonds de pension anglo-saxons sur cette industrie prospère. En 2006, il avait déjà abordé le sujet dans La Mondialisation [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sans abandonner ses thèmes de prédilection et le «&nbsp;cinéma du réel&nbsp;», <strong>Gilles Perret</strong> choisit la comédie pour parler du décolletage dans la vallée de l’Arve dont il est originaire, ainsi que des hold-up opérés par les fonds de pension anglo-saxons sur cette industrie prospère. En 2006, il avait déjà abordé le sujet dans <em>La Mondialisation</em> autour de la figure d’un chef d’entreprise, Yves Bontaz. Comme dans son travail documentaire, Gilles Perret part «&nbsp;du local pour raconter le global&nbsp;», et ce projet muri pendant six ans s’est élaboré à partir «&nbsp;d’une multitude d’histoires personnelles&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Coécrit avec <strong>Marion Grange</strong>, <strong><em>Reprise en main</em></strong> met en scène Cédric (<strong>Pierre Deladonchamps</strong>) qui vit et travaille où il est né, a étudié, s’est marié. Là où ses enfants grandissent, où il a toujours ses copains de lycée&nbsp;: dans cette vallée de Haute-Savoie, frontalière de la Suisse des banquiers en col blanc. Il est ouvrier qualifié dans l’usine de mécanique de précision Berthier où son père (<strong>Rufus</strong>), ancien syndicaliste retraité, «&nbsp;décolletait&nbsp;» déjà. Il aime la montagne, le Bargy tout proche, qu’il gravit en solitaire. Il est fier de son métier, de plus en plus difficile à cause de la gestion des valets du capital, de la pression des marchés et des actionnaires avides d’une rentabilité immédiate, au détriment de l’intérêt des hommes et de la survie des territoires. En passe d’être rachetée une deuxième fois par un fonds «&nbsp;vautour&nbsp;» avec le plan de licenciement qui accompagne ce genre de transaction, l’ex-usine familiale des Berthier est appelée à mourir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Un fondu de Ken Loach</strong><br></mark>Moins politisés que leurs aînés, Cédric et les autres vont pourtant refuser la fatalité, imaginer un plan de reprise en main original, dont on ne dévoilera pas ici la teneur, mais dont on peut dire qu’il utilise les mêmes armes que l’adversaire. Car voler des voleurs, trahir des traîtres, piéger des piégeurs, non seulement c’est moral mais c’est réjouissant. Les films sociaux au cinéma sont parfois plombants, ce n’est pas le genre de Gilles Perret qui joue ici sur les procédés comiques, la maladresse de ses personnages qui n’ont pas toujours tous les codes pour nager avec les requins. Comme Ken Loach qu’il admire, Perret filme l’humanité, la solidarité, l’amitié. Si <em>Reprise en main</em> documente le monde industriel – on apprend ce qu’est le décolletage, comment se gagnent les commandes avec des « méthodes de casino » et surtout ce qu’est le <em>leveraged buy-out</em> (LBO pour les initiés) – rien n’est jamais pesant. Pas même le symbole récurrent de la montagne à gravir – scènes d’escalades en montage alterné –    que le réalisateur arrive habilement à intégrer à son scénario. Servie par un beau casting (<strong>Lætitia Dosch</strong>, <strong>Grégory Montel</strong>, <strong>Finnegan Oldfield</strong>…), le film nous laisse entrevoir une liberté possible : celle de se reprendre en main. </p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Reprise en main</em> de <strong>Gilles Perret</strong>
Sorti le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 octobre</mark></pre>
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