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	<title>Archives des Guslagie Malanda - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Guslagie Malanda - Journal Zebuline</title>
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		<title>Tisser le temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2024 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Bertrand Bonello]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cinéma peut convoquer les fantômes. Personnels et collectifs. C’est ce que fait le dernier long métrage de Bertrand Bonello, La Bête  La Bête est un film d’arrière-goût où l’on retrouve la passion du réalisateur pour le film de genre. Argento, Cronenberg, Fincher, De Palma, Kubrick, Ophüls et Lynch…Et un film d’avant-goût où s’annonce une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le cinéma peut convoquer les fantômes. Personnels et collectifs. C’est ce que fait le dernier long métrage de Bertrand Bonello, <em>La Bête</em> </mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Bête</em> est un film d’arrière-goût où l’on retrouve la passion du réalisateur pour le film de genre. Argento, Cronenberg, Fincher, De Palma, Kubrick, Ophüls et Lynch…Et un film d’avant-goût où s’annonce une catastrophe imminente qui a peut-être déjà commencé. Un film miroir et voyant, un peu extra-lucide, qui ne rassure pas – car l’explication se dérobe. Un film qui se fait écho de nos terreurs contemporaines. L’avènement d’un âge glaciaire pour l’humanité&nbsp;: la disparition des affects, la peur de s’engager dans une relation, le triomphe de l’intelligence artificielle, la confusion entre réel et virtuel. D’accès difficile, diront ceux qui cherchent le linéaire et le rationnel. Captivant, hypnotique et presque familier, répliqueront ceux qui acceptent de se laisser porter par la beauté des images. Guidés par les motifs récurrents. Conquis par l’interprétation vibrante de <strong>Léa Seydoux</strong> – saisie à fleur de peau, omniprésente – et par celle de l’acteur anglais <strong>Georges MacKay</strong>, lunaire et chimérique à souhait, tour à tour amoureux transi ou criminel sexuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bertrand Bonello, nous transporte dans un futur proche, aseptisé gris et sec, dominé par l’IA qui exige des humains briguant un emploi à responsabilité, une purification de leur ADN, afin d’annihiler tout affect perturbateur. Gabrielle, rongée par le doute, torturée par la peur, accepte tout de même le long process du «&nbsp;nettoyage&nbsp;» et retrouve ses vies et morts antérieures. Elle est la femme d’un fabricant de poupées, riche bourgeoise dans le Paris de 1910. Elle est cette actrice qui fait des castings, et garde une somptueuse maison californienne en l’absence des propriétaires à Los Angeles en 2014. Film en costumes, polar californien, film d’horreur et de science-fiction s’hybrident. Dans cette traversée de ce qui a abîmé Gabrielle, a fait couler ses larmes, entre les époques, les genres, les formes, la rencontre de ce même homme, Louis. Et ce risque d’aimer qu’aucun des deux ne veut prendre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Poupées russes </mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un univers à l’autre, les fils se tissent : le thème des poupées, si présent dans le fantastique. De porcelaine ou de celluloïd. Aux yeux fixes et bleus comme ceux de Gabrielle. Assemblées ou désarticulées comme dans un tableau de Bellmer. Poupée-robot domestique posée sur un canapé ou la poupée Kelly (<strong>Guslagie Malanda</strong>) nurse-androïde assistant Gabrielle dans le protocole de purification, l’aimant jusqu’à rêver d’elle, jusqu’à désobéir, déjà si humaine. Le thème de la voyance et un pigeon messager de malheur sautant les années, l’angoisse permanente de la bête prête à bondir. Un tissage poétique, l’eau et le feu dans une rêverie très bachelardienne. Jeux de symétries, de reflets&nbsp;: les dialogues s’inversent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n’est laissé au hasard par le réalisateur qui joue des écrans et des cadres comme il le fait pour des niveaux de réalité. Le film commence par un making-of sur fond vert, où il dirige son actrice pour une scène qu’on retrouvera plus tard dans l’illusion réaliste du décor. Le réalisateur affirme qu’il a choisi ce prologue pour dire&nbsp;: «&nbsp;<em>Voilà c’est Gabrielle mais c’est aussi Léa Seydoux</em>&nbsp;». Pour autant, le mystère et le charme restent entiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Bête</em>, de <strong>Bertrand Bonello</strong>
En salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 février</mark></pre>
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		<title>Des femmes noires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2022 17:55:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Diop]]></category>
		<category><![CDATA[Aurélia Petit]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Guslagie Malanda]]></category>
		<category><![CDATA[Kayije Kagame]]></category>
		<category><![CDATA[Oscars]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Omer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme noire s’avance dans la mer, un enfant dans les bras, la nuit alors que s’amplifie le bruit des vagues. Une femme s’éveille, regard tourmenté, après un cauchemar. Un amphi rempli d’étudiants, visages attentifs, tendus vers l’écran&#160;où défilent des images d’archives de femmes tondues à la Libération, accompagnées d’un extrait d’Hiroshima mon amour de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une femme noire s’avance dans la mer, un enfant dans les bras, la nuit alors que s’amplifie le bruit des vagues. Une femme s’éveille, regard tourmenté, après un cauchemar. Un amphi rempli d’étudiants, visages attentifs, tendus vers l’écran&nbsp;où défilent des images d’archives de femmes tondues à la Libération, accompagnées d’un extrait d’<em>Hiroshima mon amour </em>de Marguerite Duras… «&nbsp;<em>O douleur, je suis perdue dans la nuit</em>&nbsp;». Une professeure de littérature et romancière, Rama, part à Saint Omer assister au procès d’une femme accusée d’avoir tué sa fille de 15 mois. Ces images, comme mises en miroir dès le début du premier film de fiction d’<strong>Alice Diop</strong>, <em>Saint Omer</em>, en donnent un peu la clé. Regards de femmes sur des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Qu’est-ce qu’être mère&nbsp;?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alice Diop était connue jusqu’alors pour ses documentaires courts et longs dont <em>Nous,</em> prix du meilleur documentaire à la <em>Berlinale</em> 2021. Et c’est bien le réel qui a inspiré <em>Saint Omer</em>&nbsp;: une photo, d’abord, que la cinéaste a vue dans <em>Le Monde</em>, devenue une sorte d’obsession. Un cliché de Fabienne Kabou, sénégalaise comme elle. Elle va donc en 2016 assister au procès de cette femme qui a tué son enfant métisse. Fabienne Kabou devient Laurence Coly. Alice Diop a reconstitué son procès à partir de ces minutes mêmes&nbsp;; nous y assistons en même temps que Rama que bouleverse profondément la vie de cette femme. Qu’est-ce qu’être mère&nbsp;? De quelles douleurs, de quels non-dits héritons-nous&nbsp;? Le film se bâtit autour de ces deux personnages, celle qui ne sait pas pourquoi elle a tué son enfant, celle qui veut tenter de comprendre, si quelque chose peut être compris. Dans sa chambre d’hôtel, elle regarde, sur son ordinateur, Maria Callas tuant ses enfants dans le <em>Médée</em> de Pasolini… Au fil des heures, au fil des jours, au tribunal, des regards s’échangent. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Blessures intimes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le visage souvent impassible, Laurence Coly, interprétée magistralement par <strong>Guslagie Malanda</strong>, dans un langage soigné, évoque son adolescence, ses rêves, ses aspirations contrariées par sa famille, son amour pour un homme de 30 ans son ainé et surtout sa grande solitude. <strong>Kayije Kagame</strong> joue avec retenue Rama qui peu à peu change, prenant conscience de ses blessures intimes. Dans une mise en scène parfaite, la caméra de <strong>Claire Mathon</strong> capte les émotions de tous ceux qui témoignent, de ceux qui assistent, de celle qui dit et de celle qui écoute. Les plans du visage de Laurence Coly devant les boiseries ocres de la salle d’audience ont la beauté de tableaux. «&nbsp;<em>Les premières références que j’ai envoyées à Claire Mathon étaient des tableaux. Il y avait </em>La Ferronnière<em> de Léonard de Vinci, certains tableaux de Rembrandt, des modèles noirs peints par Cézanne, et puis un tableau qui m’a beaucoup frappé au MET, </em>Grape Wine <em>d’Andrew Wyeth, le portrait d’un</em> <em>vagabond noir, peint comme aurait pu l’être un tableau de Titien.</em>&nbsp;» Et c’est avec le visage d’<strong>Aurélia Petit </strong>(l’avocate) lors de la plaidoirie, face caméra, que nous quittons la salle de tribunal, bouleversés. Le film nous interroge, nous traverse et remet peut-être en question nos certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">En salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 novembre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Alice Diop présente <em>Saint-Omer</em> le vendredi 25 novembre à 20 heures aux Variétés</mark>, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille.</mark></p>
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