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	<title>Archives des La femme qui a reconstitué le monde - Journal Zebuline</title>
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		<title>De l’infiniment petit à l’infiniment grand </title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jan 2024 10:42:47 +0000</pubDate>
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<p>Dans ce roman biographique, La femme qui a reconstitué le monde, Eva Tind définit le processus d’adhésion d’une chercheuse à son objet de recherche, à la fois «<em>&nbsp;utile&nbsp;</em>» et «<em>&nbsp;palpitant&nbsp;</em>» : les acariens de mousse, leur répartition géographique validant l’hypothèse de «<em>&nbsp;La dérive des continents comme une tectonique des plaques&nbsp;</em>»<em>.</em> Côté vie minuscule, viennent les descriptions précises des petits animaux, côté vie majuscule, celles des processus propres à la constitution du monde.</p>



<p>La focalisation sur le personnage de Marie se fait progressivement, depuis sa place dans la fratrie, avec sa sœur jumelle notamment. La passion de Marie pour les acariens est directement liée à un quotidien générateur d’expériences. Aussi, l’érudition scientifique se mêle-t-elle aux ressentis du personnage. L’appréhension du monde, chez Marie, est fondamentalement corporelle, sensorielle, et instinctive.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Règne animal et cause des femmes</mark></strong></p>



<p>La proximité de Marie avec la vie s’exprime dans son tropisme zoologique, mais aussi dans ses relations affectives et amoureuses. Le désir sexuel pour les hommes de sa vie s’exprime à l’état vif, tel une force magnétique&nbsp;: «<em>&nbsp;Son corps est une bête autonome, douée d’une volonté indomptable qui fait ce qu’elle veut d’elle&nbsp;</em>»<em>.</em>&nbsp;</p>



<p>L’échelle individuelle, celle de l’héroïne, est en permanence confrontée à l’échelle collective du monde patriarcal, y compris au Danemark, dans toutes ses dimensions, des plus intimes, telles que la passion ou la domesticité, aux plus publiques, telles que la profession ou la célébrité. Un féminisme d’époque est cerné, qui trouve, à la faveur de ses nombreux voyages, à s’articuler à la condamnation des agissements coloniaux. Ce roman restitue ainsi la dynamique complexe d’une vie de femme, pourtant oubliée, soumise aux forces conjointes de la passion et du défi.&nbsp;</p>



<p>FLORENCE LETHURGEZ</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La femme qui a reconstitué le monde</em>, de <strong>Eva Tind</strong><br>Traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen<br>Gallimard – 26 €</pre>
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