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	<title>Archives des Lyna Khoudri - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Du seul des les yeux », Sébastien Kheroufi regarde l’exil en face</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 09:13:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sébastien Kheroufi mène un projet au long cours, qui après Marseille se poursuivra au Théâtre national de la Colline avec la création de La mort du môme, puis trouvera son épilogue au Panthéon à l’automne 2026 avec la création des Enfants de la Patrie. Il s’agit de dessiner «&#160;une fresque politique, sociale et familiale&#160;» qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sébastien Kheroufi</strong> mène un projet au long cours, qui après Marseille se poursuivra au Théâtre national de la Colline avec la création de <em>La mort du môme</em>, puis trouvera son épilogue au Panthéon à l’automne 2026 avec la création des <em>Enfants de la Pa</em><em>trie</em>. Il s’agit de dessiner «&nbsp;<em>une fresque politique, sociale et familiale</em>&nbsp;» qui raconte, en ces temps où le racisme d’État veut s’installer, le vécu des Algériens partis en France, et de leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer en face, la ville dans le dos, les quelques centaines de privilégié·es venu·es par bateau sur la Digue du large, interdite d’accès depuis 25 ans, pour assister au premier volet de la saga, n’ont pas fait un voyage d’agrément. Même si le soleil et la mer étaient sublimes et les conditions d’accueil confortables, même si des stars du cinéma les attendaient loin du tapis rouge de Cannes, mais face à un horizon similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’exil est une mort</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un linceul commun qui les a recouverts à la fin, celui d’une mer qui tue, d’un trajet qui détruit, d’une arrivée qui plombe les exilés en les transformant en prolétaires épuisés, aussi peu désirés par la France que lorsqu’ils étaient colonisés. <em>Du Sel dans les yeux</em> dit la misère persistante, l’arrachement au pays, en huit nouvelles de huit auteurices aux écritures fortes, qui décrivent des histoires singulières, mais une expérience commune de l’exil. Le texte de <strong>Faïza Guène</strong>, chant incandescent d’une fille à son père, est magnifiquement porté par <strong>Lyna Khoudri</strong>, en véritable tragédienne. Face à elle <strong>Reda Kateb</strong> incarne ce père émigré, qui deviendra esclave du béton (<em>Tant que je suis sur le bateau je suis à l’a</em><em>bri</em>, d’<strong>Amine Adjina</strong>), et <strong>Soso Maness</strong> dit son propre texte, sur les fils, perdus dans le narcotrafic, parce que des récits n’ont pas été faits, des douleurs jamais soulagées&nbsp;: «&nbsp;<em>des enfants vides/des femmes veuves/ nos vies détruites</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Du Sel dans les yeux</em>, celui de la mer, celui des larmes, fait éclore les récits qui ont tant manqué à la société française post-coloniale, qui commence à peine à décoloniser ses imaginaires. La Saison Méditerranée et le Ville de Marseille, en produisant ce spectacle, ouvrent enfin les portes de ces ports où les émigrés ont tant perdu, tant abandonné. Il reste à attendre que ce port demeure ouvert à toustes, comme la Digue du Large. Et que les récits de ces Algériens appelés «&nbsp;indigènes&nbsp;» par la France coloniale, se complètent des autres récits qui leur ressemblent&nbsp;: ceux des prolétaires de tous les exils, de tous les continents, de toutes les îles.</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Du sel dans les yeux a été joué du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>21 au 23 mai </strong></mark>sur la Digue du Large, Marseille.<br><br>Le texte des huit nouvelles, édité aux éditions Tumultes, a été offert à chaque spectateur·ice.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>« Houria » : la danse brisée </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Mar 2023 20:23:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2019, Cannes saluait Papicha, premier long métrage de fiction de Mounia Meddour. Dans la foulée, le film décrochait le Prix Alice Guy et deux Césars&#160;: celui du meilleur premier film et du meilleur espoir féminin pour l’actrice principale Lyna Khoudri. On attendait donc avec impatience le deuxième opus de la réalisatrice franco-algérienne. Avec des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2019, Cannes saluait <em>Papicha</em>, premier long métrage de fiction de <strong>Mounia Meddour</strong>. Dans la foulée, le film décrochait le Prix Alice Guy et deux Césars&nbsp;: celui du meilleur premier film et du meilleur espoir féminin pour l’actrice principale <strong>Lyna Khoudri</strong>. On attendait donc avec impatience le deuxième opus de la réalisatrice franco-algérienne. Avec des thématiques voisines, quasiment la même équipe, la même interprète dans le rôle-titre et le même bonheur de filmer un collectif de femmes dans leur puissance vitale de résistance aux diktats mortifères et liberticides de la société algérienne, <em>Houria</em> arrive sur nos écrans aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cornes à cornes</mark></strong><br><em>Papicha</em> se déroulait dans le passé proche&nbsp;: les années 1990, au début de la décennie noire en Algérie. Montée de l’intégrisme religieux, guerre civile, attentats. <em>Houria</em> est au présent, dans l’&nbsp;«&nbsp;après&nbsp;». L’après des luttes, l’après des traumas, l’après aussi de l’amnistie nationale des terroristes. Des «&nbsp;repentis&nbsp;» protégés par l’inertie des autorités, recouvrant leur liberté de nuire, croisant parfois les familles d’anciennes victimes qui ne peuvent pardonner. Une Algérie du chômage où les jeunes «&nbsp;tiennent&nbsp;» les murs, s’enfuient vers l’Europe, y perdent souvent la vie. Un pays de rêves brisés et de potentiels gâchés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune Houria (Lyna Khoudri) est diplômée de sport. Pour gagner sa vie, elle fait des ménages dans un hôtel avec son amie Sonia (<strong>Hilda Amira Douaouda</strong>). Toutes deux pratiquent la danse classique dans l’école dirigée par Sabrina, la mère d’Houria (superbe <strong>Rachida Brakni</strong>) qui s’apprête à monter <em>le Lac des Cygnes</em>. Houria est belle, son prénom glorifie la liberté, et c’est librement qu’elle parcourt, la nuit tombée, un espace occupé par des hommes. Elle gagne de l’argent en pariant sur des béliers qu’on fait s’affronter. Passant de sa terrasse algéroise saturée de lumière aux ombres clandestines de la nuit. De la grâce des pliés et piqués, tête haute et bras en couronne à la violence bestiale du combat des mâles, cornes à cornes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Privées de parole</mark></strong><br>Un soir, elle est agressée par un mauvais perdant, ex-tueur du GIA gracié. Sa cheville cassée ne lui permettra plus de faire des pointes et le traumatisme la rend mutique. Mounia Meddour va suivre sa lente reconstruction au sein d’un groupe de femmes traumatisées comme elles, hantées par les fantômes de la guerre ou les violences patriarcales. Le processus de résilience s’enclenche, de l’anéantissement initial, «&nbsp;je suis déjà morte&nbsp;» dira Houria, à une réappropriation de son corps et de sa vie par la danse encore, l’amour de sa mère, l’amitié de Sonia et la force créative du nouveau groupe qui s’est créé. Des femmes sans hommes, privées de parole, qui s’expriment par leurs corps, leurs gestes et se reconstruisent collectivement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la charge symbolique trop appuyée alourdit souvent le scénario, si tout y est un peu attendu et si le rythme de l’ensemble souffre de la redondance des scènes de fête et de partage, le film offre toutefois des moments de grâce. La performance des comédiennes force l’admiration, et en premier lieu, éclairée par le chef opérateur <strong>Léo Lefèvre</strong>, Lyna Khoudri, qui a appris la langue des signes, a travaillé avec la chorégraphe <strong>Hajiba Graham</strong>, convaincante et bouleversante jusqu’au bout. Elle incarne à merveille le propos de Marie-Claude Pietragalla dans <em>Le Théâtre du corps</em> que Houria lit durant sa convalescence&nbsp;: «&nbsp;Dans la danse, l’art du ressenti, au-delà de la technique, capture les émotions et transcende nos vies.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI &nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Houria</em>, de <strong>Mounia Meddour</strong><br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 mars</mark>&nbsp;</pre>
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