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	<title>Archives des Mayura Torii - Journal Zebuline</title>
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		<title>L’art en dessin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 08:52:27 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Née à l’initiative du Château de Servières, dans le prolongement de <em>Paréidolie</em>, salon international du dessin contemporain à Marseille, <strong><em>La Saison du Dessin</em></strong> propose à différentes structures d’arts visuels du Sud de mettre en avant, à l’automne, pendant quelques jours ou quelques semaines, le dessin sous toutes ses formes. Elle se déroule à Marseille et sur «&nbsp;l’arc méditerranéen&nbsp;» de Cannes jusqu’à Perpignan. Une géographie qui se prolonge également au Nord, à travers le partenariat engagé depuis l’année dernière entre le Château de Servières et le Frac Picardie, <em>La Saison du Dessin Nord / Sud, résidences croisées</em>, qui permet cette année à la Marseillaise <strong>Mayura Torii</strong> d’exposer depuis le 4 octobre et jusqu’au 11 novembre à Amiens. Et au Picard <strong>Gabriel Folli</strong>,après une résidence à Marseille de trois semaines en septembre dernier, de montrer son travail depuis le 20 octobre jusqu’au 9 décembre au Château de Servières, à côté de la nouvelle exposition consacrée aux dessins de <strong>Dominique Angel</strong>.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Raccorder les paysages</mark></strong></p>



<p>Le paysage est l’une des sources d’inspiration des dessins aux techniques variées de Gabriel Folli. Des paysages qu’en l’occurrence il crée, prenant l’expression Nord/Sud au mot, en reliant de quelques traits, quelques ombres, Notre-Dame-de-la-Garde et la cathédrale Notre Dame d’Amiens, le Vieux-Port et le Chemin des dames, ou rapprochant un paysage de ruine aux États-Unis avec un autre au Moyen-Orient. Souvent réalisés au fusain à partir de photographies, ses dessins utilisent des supports variés ayant déjà été utilisés, bois, papiers peints, revers d’affiches, plans, de différents formats. Et accueillent des documents divers, qu’il conserve souvent de longues années, et qu’il colle&nbsp;: polaroïds, tickets Emmaüs, végétaux. Incrustant le passé dans le présent, cherchant à montrer les différentes étapes du processus de création d’une œuvre, sans rien camoufler. Son exposition se décline dans deux salles : dans la première, toute la diversité de ses recherches autour du dessin à travers 25 productions, dans la seconde un paysage panoramique se déployant en continu à l’horizontale sur quinze mètres et trois murs, fait de dessins grands formats en noir et blanc, mis bout à bout, entourant le visiteur, réalisés au fusain et à l’encre de Chine, mélangeant des vues d’Amiens et de Marseille, associant différentes échelles et différents points de vue. Chaque dessin étant raccordé à celui qui suit par peu de choses, du noir, des lignes d’architectures, alternant des parties très travaillées et d’autres laissées à l’état de croquis, laissant la possibilité d’être poursuivies, quelques jours, mois ou années plus tard.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Encombrements</mark></strong></p>



<p>L’espace principal du Château de Servières accueille sous le titre «&nbsp;Pièces supplémentaires&nbsp;» près de 80 dessins de Dominique Angel. Artiste dont la pratique principale est la sculpture, la plupart du temps en terre cuite ou crue, en plâtre, mais qui aime aussi faire de la vidéo, écrire, ou performer. La plupart des dessins exposés (crayon, fusain, pierre noire, pastels, aquarelles, encre, mine de plomb sur papier), bien que d’apparence aboutis, sont en fait des projets de sculptures ou d’installations – réalisées ou pas – couvrant les dernières 25 années. Ce sont des empilages, des entassements souvent encombrants de cônes, boules, cylindres, cubes, pleins ou creux, troués ou pas, accompagnés de formes moins reconnaissables, d’apparence semi-molles, et d’objets (nounours, pots, carafes, casseroles). Souvent à la limite de l’équilibre dans des assemblages verticaux, et de la saturation de l’espace dans les compositions horizontales. Des architectures (inhabitables), des paysages, des natures mortes. Sa façon de représenter le monde de l’art aujourd’hui, microcosme lui-même représentatif de l’état de la société actuelle. Parmi les dessins présentés, des projets de monuments, un grand panneau au sol constitué de plusieurs grands carreaux de plâtre sur lesquels apparaissent des dessins formés par de la rouille, une série de petits dessins, illustrations pour son roman <em>Des clopinettes</em> paru chez Images en manœuvre, un <em>Projet pour un arbre mort</em> réalisé en forêt avec le Cairn à Digne-les-Bains, des projets de sculptures avec le Cirva. Depuis quelques années, Dominique Angel réalise de très grandes œuvres, qu’il détruit lors de performances à la fin de l’exposition, des «&nbsp;destructions annoncées&nbsp;». Une façon supplémentaire pour lui de prendre acte d’un monde de l’art dans lequel si une œuvre n’est pas au musée, elle disparait.&nbsp;</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Pièces supplémentaires</em>, de <strong>Dominique Angel</strong><br><em>Le plaisir du travail</em>, de <strong>Gabriel Folli</strong>&nbsp;<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 9 décembre</mark><br>Château de Servières, Marseille<br><a href="http://chateaudeservieres.org">chateaudeservieres.org</a></pre>
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		<title>Paréidolie fait toujours bonne mine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2022 10:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du territoire Qu’est-ce qu’une poule ? Si la question ne vous est jamais venue à l’esprit, une réponse était néanmoins accrochée juste à l’entrée de Paréidolie, sous forme de deux grands dessins de Jean-Jacques Ceccarelli&#160;: une poule, c’est un rythme, dans une forme. Un hommage à cet artiste marseillais, décédé en 2017, par Territoires partagés, [&#8230;]</p>
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<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du territoire</mark></strong></h3>



<p>Qu’est-ce qu’une poule ? Si la question ne vous est jamais venue à l’esprit, une réponse était néanmoins accrochée juste à l’entrée de <strong><em>Paréidolie</em></strong>, sous forme de deux grands dessins de <strong>Jean-Jacques Ceccarelli</strong>&nbsp;: une poule, c’est un rythme, dans une forme. Un hommage à cet artiste marseillais, décédé en 2017, par <em>Territoires partagés</em>, l’une des deux galeries «&nbsp;du&nbsp;territoire&nbsp;» invitées du salon, en sus des quatorze internationales sélectionnées. L’autre étant <em>Polaris</em>, nouveau lieu d’art à Istres, qui montrait deux paysages imaginaires, réalisés à l’encre bleue, par <strong>Magali Daniaux</strong> et <strong>Cédric Pigot</strong>.</p>



<p>Également invitées «&nbsp;du territoire&nbsp;», deux artistes&nbsp;: la première, <strong>Mayura Torii</strong>, s’amusait à épuiser quelques supports à fantasmes ordinaires – couvertures de magazine de charme, jeux d’argent à gratter, tickets de caisse ; tandis que la seconde, <strong>Jeanne Susplugas</strong>, proposait un projet en «&nbsp;réalité virtuelle&nbsp;», où, muni d’un casque ad-hoc, on plongeait à l’intérieur d’un cerveau, dessiné par l’artiste.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De la figuration</mark></strong></h3>



<p>Même si l’on trouvait de l’abstraction (trames, géométries, calligraphies&#8230;) <em>Paréidolie </em>penchait plutôt, cette année encore, vers le dessin figuratif. Quelques exemples parmi d’autres, avec la galerie <em>Modulab</em> de Metz et <strong>Roxane Lumeret</strong>, auteure-illustratrice de BD et de livres jeunesse,&nbsp;présentant des tableaux aux scènes étranges, teintées de surréalisme, couronnées, à l’issue du salon, du prix Pébéo. Ou avec les œuvres, fragiles et précieuses, de la Marseillaise <strong>Karine Rougier</strong>, lauréate du prix Drawing Now 2022, représentée par deux galeries : <em>Espace à vendre</em> de Nice, avec de petites boîtes à images, accrochées au mur, et <em>Backslash</em> de Paris, des dessins autour de l’ésotérisme, des dieux, de la nature, du corps féminin, en dialogue délicat avec ceux, plus éthérés, d’<strong>Odonchimeg Davaadorj</strong>. La galerie parisienne <em>8+4</em> présentait les scènes sadiques imaginées par <strong>Amélie Barnathan</strong>, explorant, façon Jérôme Bosch, l’inconscient torturé de jeunes filles. Ou bien encore, présentés par la galerie Bernard Jordan, les dessins noirs, hantés, angoissants, d’<strong>Odile Maarek</strong>, se référant à des contes célèbres.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De l’humour</mark></strong></h3>



<p>Autre inclinaison du salon&nbsp;: l’humour. Et, mis à part l’ironie de Mayura Torii citée plus haut, un humour s’appuyant assez souvent sur des jeux textes-images : dans le stand de la galerie niçoise <em>Eva Vautier</em>, on pouvait par exemple rire (jaune) avec les décalages illustrations-légendes de <strong>Gérald Panighi</strong>, résonnant avec les petites ou grandes défaites de la vie. <em>Espace à vendre</em> proposait quelques propositions comiques de <strong>Thierry Lagalla</strong>, réalisant des «&nbsp;<em>self-vanity (slow version)</em>&nbsp;», affirmant que «&nbsp;<em>L’erreur est une naine</em>&nbsp;», ou examinant «&nbsp;<em>l’importance du retournement lors de l’épiphanie de la saucisse</em> ». Et, dans un registre plus pince-sans-rire, présentés par la galerie <em>Laurent Godin, </em>quelques œuvres de <strong>Claude Closky</strong>&nbsp;: le laconisme hilarant d’un «&nbsp;<em>Before &#8211; After&nbsp;</em>» en gommettes, ou celui de grilles de loto, cochées avec beaucoup d’application et de désinvolture.</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Paréidolie</em>, salon International du dessin contemporain s&rsquo;est tenu les 27 et 28 août, au Château de Servières, à Marseille.</mark></sub></p>
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