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	<title>Archives des monstre - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des monstre - Journal Zebuline</title>
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		<title> Heroico, la fabrique du monstre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 06:13:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[David Zonana]]></category>
		<category><![CDATA[école militaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Heroico emprunte son titre au nom du  principal établissement militaire du Mexique, fleuron de la formation des futurs cadres de l’armée nationale : l’Heroico Colegio Militar. Interprété par d’anciens cadets, inspiré par leurs témoignages, Heroico s’ancre dans l’authenticité de ses sources pour proposer une vision stylisée, clinique et parfois hallucinée de la société mexicaine infusée par [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em> </em></strong><em>Heroico</em> emprunte son titre au nom du  principal établissement militaire du Mexique, fleuron de la formation des futurs cadres de l’armée nationale : l’Heroico Colegio Militar. Interprété par d’anciens cadets, inspiré par leurs témoignages,<em> Heroico</em> s’ancre dans l’authenticité de ses sources pour proposer une vision stylisée, clinique et parfois hallucinée de la société mexicaine infusée par la violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Luis, (<strong>Santiago Sandoval Carbajal</strong>) un jeune nahua de 18 ans, s’enrôle comme cadet d’infanterie dans la prestigieuse école, Comme pour la plupart de ses camarades, indigènes et pauvres, sa motivation est économique&nbsp;: «&nbsp; dehors, c’est le merdier&nbsp;». &nbsp;Il s’agit pour lui de bénéficier de l’assurance maladie militaire et de payer les dialyses de sa mère diabétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une sélection qui passe par un interrogatoire individuel intrusif et un examen collectif dégradant, le jeune homme va découvrir les lois de ce monde clos où il ne sera qu’un «&nbsp;poulain&nbsp;», tremblant sur ses pattes, à la merci de l’arbitraire des sergents. Le sien&nbsp; Sierra (<strong>Fernando Cuautie</strong> ) le prend sous son aile lui évitant le pire dans le cycle des bizutages, humiliations et brimades quotidiennes que subissent les nouveaux venus. Mais cette «&nbsp;protection&nbsp;» fait de Luis le complice des expéditions criminelles organisées par le sergent hors de l’école. &nbsp;On assiste au quotidien de Luis et de ses camarades&nbsp;qu’on pousse à la limite de leur force physique et de leurs ressources morales. Quand les discours officiels du général chantent les valeurs de la Patrie et la défense des droits du peuple, Sierra hurle&nbsp;à ses poulains&nbsp;: «&nbsp;On va faire de vous de vrais salauds, de vrais fils de pute&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">On assiste au fil des scènes à cette fabrique du monstre.&nbsp; Pour le doux Luis duquel on extirpe l’empathie&nbsp;, la réalité vire au cauchemar et on ne sait plus si ce qu’il vit n’est pas une extrapolation de son esprit vacillant.&nbsp; A chaque instant il peut devenir victime ou bourreau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Là, tout n’est qu’ordre et horreur</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel de l’action se déroule dans l’enceinte de l’établissement, figuré ici par le décor impressionnant de style néo-aztèque du centre cérémonial Otomi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entouré de montagnes, d’une architecture minimaliste, minérale, géométrique et monumentale, privilégiant la rigueur-raideur, la symétrie. Dominé par l’aigle de Huitzilopochtli, ce lieu semble sorti d’une dystopie et rappelle à la fois l’histoire d’une civilisation exterminée par les colons européens et l’univers fantasmagorique des dieux aztèques avides de sacrifices humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans larges en soulignent l’abstraction&nbsp;: les formations des cadets comme des carrés colorés. Les cadrages serrés le caractère oppressif&nbsp;: alignement de crânes rasés et de corps au garde à vous dans l’allée centrale du dortoir, file de ceux vulnérables, nus, pliés en deux, dans l’enfilade des douches. Rien de bien nouveau cinématographiquement dans ces scènes depuis le chef d’œuvre de Kubrick, <em>Full Metal Jacket</em> mais une réelle efficacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur maintient une tension permanente et fait entendre la violence quand on ne la voit pas. Cris de douleur des vidéos que des militaires rigolards regardent et dont on imagine l’origine, bruits des coups et hurlements d’un tabassage nocturne, coups de feu d’une exécution. Mais c’est sans doute la froideur qui s’installe dans le cœur de Luis, monstre en devenir, qui est la<a></a> plus terrible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Héroïco</em> de <strong>David Zonana</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sortie le  22 mai</strong></mark> © Paname <em>Distribution</em></p>
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		<title>Il y a quelque chose de pourri dans nos admirations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2023 10:37:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cas Depardieu nous place face à un effarement critique. Un de ces puits où comme dans un mauvais film de science-fiction on s’enfonce sans fin, contemplant en accéléré les scènes passées, les percevant sous un autre angle, avec un zoom cruel qui nous révèle son vrai visage, et met en doute ce que nos [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le cas Depardieu nous place face à un effarement critique. Un de ces puits où comme dans un mauvais film de science-fiction on s’enfonce sans fin, contemplant en accéléré les scènes passées, les percevant sous un autre angle, avec un zoom cruel qui nous révèle son vrai visage, et met en doute ce que nos émotions, nos instincts, nos désirs, nous avaient fait éprouver.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A-t-on aimé un monstre&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce gouffre ouvert, d’abord, on relativise. Présomption d’innocence, rien n’est jugé rien n’est prouvé, et l’effarant harcèlement qu’on le voit exercer dans <em>Complément d’enquête </em>sur son interprète coréenne ne prouve que sa monstruosité actuelle, maladive, pitoyable. Celui qu’on a aimé n’était pas un monstre encore, et c’est le milieu, le pouvoir, la complaisance servile, qui l’a fabriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et puis on se souvient.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les paroles des femmes, en particulier des petites mains du cinéma, sont concordantes, nombreuses et ne datent pas de son allégeance à Poutine. Depardieu se vantait en 1990 d’avoir participé à des viols collectifs. Quelle que soit la vérité de ces auto-accusations, comment a-t-on pu aimer un acteur qui se vantait de violer&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors les images défilent, à l’envers.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>Les Valseuses</em> son personnage, «&nbsp;décontracté du gland&nbsp;», «&nbsp;ramone&nbsp;» de tous les sexes féminins qui passent. Dans <em>Le Sucr</em>e il les baise en groupe, dans <em>Préparez vos mouchoirs</em> il ne supporte pas de ne pas faire jouir sa femme… Le cinéma masculin de l’époque fait l’apologie d’une&nbsp; libération sexuelle qui se passe du consentement, et on se demande à revoir ces images quel charisme on a pu trouver à ce loubard blond qui très vite pourtant est devenu difforme et gourd…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis on se souvient Danton, Marin Marais, Christophe Colomb, Obélix, tous ces héros qui ont aujourd’hui son visage, et parmi les 4 ou 5 films qu’il a tournés par an depuis 1970 il y a son incroyable curé dans <em>Sous le soleil de Satan</em>, tous les Pialat, tous les Truffaut, clairement moins contestables…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vraiment&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>La Femme d’à-côté</em> Fanny Ardant cède à ses avances dans un célèbre «&nbsp;<em>non non non&nbsp;</em>» qui se transforme en «&nbsp;<em>oui oui oui</em>&nbsp;», que Catherine Deneuve reprendra dans <em>Le Dernier métro</em> face au même désir qui l’emporte comme un ouragan. Fantasme masculin s’il en est, qui préside à la plupart des viols réels, que les prédateurs justifient par un désir inconscient de la victime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous l’aurions donc aimé parce qu’il incarnait des monstres.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que cette fragilité suppliante du regard dans ce corps si puissant, parce que ce désir irrépressible, décomplexé ou quémandant, parce que cette manière de prendre ce qui n’est pas donné, d’outrepasser, de violenter, ressemble dans nos imaginaires, et dans nos critiques, à ce que l’on appelle la présence, le charisme. Le talent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depardieu n’est pas le premier, mais il est pour beaucoup de Français, ceux qui sont assez vieux pour l’avoir aimé dès les années 1970, le plus frappant. Juste avant PPDA, son regard mouillé et son sourire en coin qui plaisaient tant aux Français qu’il a fallu qu’il quitte les écrans pour que la parole des victimes se libère, et soit entendue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grand acteur français, le journaliste préféré des Français. Il y a quelque chose de pourri dans nos admirations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>
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