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	<title>Archives des Oh les beaux jours ! - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Oh les beaux jours ! - Journal Zebuline</title>
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		<title>La belle semaine d’Oh les beaux jours</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:20:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nos larmes Séquence émotion du Festival que ce spectacle Nos Larmes imaginé par la chanteuse Maissiat. Les textes, fruits d’ateliers d’écriture organisés au Centre hospitalier Valvert, ont été restitués en musique par les patients eux-mêmes. À travers ces cascades de petites larmes, émouvantes ou cinglantes, on entend la tristesse mais aussi l’abandon, l’impuissance, la colère, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nos larmes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Séquence émotion du Festival que ce spectacle <em>Nos Larmes</em> imaginé par la chanteuse <strong>Maissiat</strong>. Les textes, fruits d’ateliers d’écriture organisés au Centre hospitalier Valvert, ont été restitués en musique par les patients eux-mêmes. À travers ces cascades de petites larmes, émouvantes ou cinglantes, on entend la tristesse mais aussi l’abandon, l’impuissance, la colère, le sentiment d’injustice, l’histoire qui se répète, la folie des guerres, les cris étouffés de ceux à qui on a répété «&nbsp;un homme ça ne pleure pas&nbsp;». Quand la lumière s’allume, les larmes ne sont plus seulement sur la scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Siestes acoustiques<br></mark></strong>Assister à une <em>sieste acoustique,</em> c’est entrer dans une bulle de douceur et comprendre combien, dans un monde devenu virtuel, nous avons besoin de liens, de proximité et de confiance en l’autre comme celle d&rsquo;accepter de s’endormir à côté d’un inconnu. Tandis qu’on ferme les yeux, Guillaume Poix – il vient d’obtenir le prix littéraire du barreau de Marseille – raconte la mer, les voiles et les criques du bord de mer, la journée qui commence, « <em>la joie qui n’a d’autres regards que le temps pur</em> ». Sa voix caresse les corps allongés dans la salle Billoud du Conservatoire Barbizet. Les musiciens Bastien Lallemant, Maissiat, JP Nataf, Maëva le Berre, illustrent en musique dans de doux Blues aux inspirations « bashungiennes ». Tiens, mais déjà certains ronflent et apportent une pulsation à l’ensemble. C’est chaleureux, enveloppant, consolant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les Voix de Camus</mark></strong><br>Fidèle à ses grands entretiens posthumes, le festival a choisi cette année de célébrer Albert Camus. Né en Algérie en 1913, l’enfant du quartier pauvre de Belcourt a puisé sur les rives méditerranéennes ce « tragique solaire » qui infuse sur toute son œuvre. Écrivain engagé, philosophe de l’absurde, Camus se définissait d’abord comme un artiste. C’est autour de cette vision que l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi (prix Goncourt 2008) et Rémi Baille (La Crique, éditions le Bruit du Monde) ont échangé. Ils nous ont parlé de « leur » Camus, découvert à l’adolescence mais qui les accompagne encore. L’occasion d’entendre la voix de l’écrivain grâce à des extraits radiophoniques et la lettre à son ancien instituteur Louis Germain, qu’il remercia, quelques jours après avoir appris qu&rsquo;il recevait le prix Nobel de Littérature, de lui avoir permis d’obtenir une bourse pour poursuivre ses études. Une gratitude profonde qui a donné lieu sur la scène de la Vieille Charité à la lecture d’écrits de jeunes lycéens « à la manière de… »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Delerm en point d’orgue<br></mark></strong>Adolescent, Vincent Delerm n&rsquo;aimait pas lire, au grand dam de son père Philippe, professeur qui venait tout juste de connaître le succès avec ses <em>Petites gorgées de bière</em>. Devenu adulte, pianiste et chanteur, Delerm film n&rsquo;a cessé depuis de se glisser dans les livres et d&rsquo;en faire des chansons qui ressemblent à des nouvelles. Pour cette soirée de clôture du festival, la nuit tombant sur le Fort Saint-Jean, Vincent a chanté son amour pour la littérature : celle qu&rsquo;on chine sur un étal de bouquiniste au bord de la Seine, celle des délicats Modiano et Holder. Une soirée pleine de douce ironie et de nostalgie qui le ramène – et nous avec lui – à ces vendredis soirs, aux côtés des parents devant le sacro-saint Apostrophes de Bernard Pivot.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><strong> Oh les beaux jours</strong> s’est tenu <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>du 26 au 31 mai</strong></mark> à Marseille.</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Verve aveyronnaise<br></mark></strong>Alain Guiraudie, bien connu pour son film L’inconnu du lac de 2013, a régalé le public avec sa verve aveyronnaise, son franc parler et les anecdotes cocasses sous lesquelles se cachent une « mâle gaité » et une profondeur d’une grande humanité. La conversation à bâtons rompus avec Chloë Cambreling a fait surgir des éclairages sur son œuvre qui passe sans arrêt du livre au film et inversement. Sa boulimie pour les mots et les histoires le fait imaginer des rencontres au cours d’errances des personnages, mélangeant rêve et réalité. Ainsi les fantasmes lui permettent de franchir des limites. Et il ne s’en prive pas. Il a été question des 1000 pages de Rabalaïre (2021) et de leur suite Pour les siècles des siècles (2024), avec un curé très particulier qui dort avec ses paroissiens, d’hommes nus dans les forêts… Et ce n’est pas fini. Notons que tous ses livres sont édités chez P.O.L. <br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Souvenirs d’enfance<br></mark></strong>Avale (Grasset), premier roman de Séphora Pondi, a déjà reçu 2 prix. Comédienne accomplie d’une grande intensité, le texte est tout autant ravageur que son jeu, repéré et inoubliable alors qu’elle était élève de l’Eracm à Marseille. Après son passage au TNS, elle est maintenant pensionnaire de la Comédie-Française. Soutenues par la musique d’Edgard Chenest, la voix et la langue se sont imposées. Deux personnages centraux, des souvenirs de l’enfance, des premières amitiés surgissent avec une certaine violence. Séphora a choisi de ne rien dévoiler sur le déroulement de l’intrigue et ne lit rien au-delà des cinquante premières pages. À découvrir. <br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ne pas oublier Shaïna<br></mark></strong>Une émotion mêlée de révolte a traversé la grande salle de La Criée pendant la lecture de Negar Haeri, avocate de la famille de Shaïna, adolescente poignardée et brûlée vive en 2017. Elle avait d’abord été victime de viols en réunion, de chantage. Enceinte, elle voulait garder l’enfant. Son violeur avait alors organisé sa mise à mort. Cinq procès ont été nécessaires pour arriver à la condamnation. Negar Haeri n’a pas connu Shaïna, mais elle s’adresse à elle dans un texte sobre, voulant que le livre offre à la jeune fille « un tombeau à l’abri de la violence du monde ». Son livre porte le titre La jeune fille et la mort, emprunté au quatuor à cordes de Shubert exécuté en live par quatre musiciens remarquables. C.B.<br></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>« Oh les beaux jours » ravive le souvenir d’Omar Sharif, et d’un monde disparu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 07:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre de la Saison Méditerranée et du programme Livres des deux rives, le festival Oh les beaux jours ! a réuni au fort Saint-Jean du Mucem cinq écrivain(e)s autour d&#8217;une invitation : monter sur scène avec un texte, une figure, un souvenir autour de la légende d’Omar Sharif. Ni spectacle, ni performance, cet [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de la Saison Méditerranée et du programme <em>Livres des deux rives</em>, le festival <em>Oh les beaux jours !</em> a réuni au fort Saint-Jean du Mucem cinq écrivain(e)s autour d&rsquo;une invitation : monter sur scène avec un texte, une figure, un souvenir autour de la légende d’Omar Sharif. Ni spectacle, ni performance, cet engagement dans une littérature vivante était mis en scène par <strong>Amine Adjina </strong>avec une inventivité remarquable. Omar Sharif est là, bien sûr. Il donne son nom à la soirée. Mais il n&rsquo;en est pas le seul héros. Plutôt le prétexte, le fil conducteur, la porte d&rsquo;entrée vers un monde arabe des années 1960 restitué dans toute sa complexité : radieux et politique, romanesque et douloureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marwan Chahine</strong>, alors qu’il est correspondant du journal <em>Libération</em> en Égypte, se souvient d’avoir croisé l’acteur dans un hôtel du Caire sans reconnaître le <em>«&nbsp;vieux moustachu en peignoir</em>&nbsp;». Ce ratage évolue vers un hommage à l’immense chanteuse Warda, «&nbsp;la Rose&nbsp;», qu&rsquo;il découvrira – pour avoir dû écrire sa nécrologie – le lendemain de sa mort, lui qui avait toute sa vie tenue à distance les mélodies arabes sirupeuses que son père libanais exilé en France écoutait avec mélancolie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écrivaine <strong>Nassera Tamer </strong>prête sa voix à Faten Hamama, l&rsquo;unique épouse du grand Omar pour laquelle il se convertit à l’Islam.&nbsp;On découvre dans un sublime monologue la passion de celle qui fut ignoré de ce côté de la Méditerranée, la seule pourtant à connaître, derrière le sourire «&nbsp;<em>large comme le Nil&nbsp;</em>» de l’acteur, le clinquant des palaces et des ovations, ses petites lâchetés, sa haine viscérale des injustices et sa blessure jamais guérie de la terre quittée : Alexandrie où il était né et Le Caire qu’il retrouva pour mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Époque nostalgisée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde arabe de ces années-là, c&rsquo;est aussi celui des mères et des enfants pauvres qui regardent les films égyptiens, seules fenêtres sur le monde. Le cinéaste et écrivain <strong>Abdellah Taïa</strong>, dans une prestation à la fois drôle, touchante et enthousiasmante s&rsquo;en souvient. Il fait revivre la petite pièce de la maison de Salé (Maroc) dans laquelle, Ommi (maman), ses sœurs et lui, l’enfant gay, entassés, se passionnent pour la ténébreuse Berlenti Abdel Hamid, éternellement en colère, qui voulait dominer les hommes et refusait la morale officielle de femme dévouée. Un hymne aussi à cette mère insolente et sauvage qui lui a appris à écrire, à résister et à crier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette époque dorée, nostalgisée porte aussi en elle ses propres trahisons. La Tunisienne <strong>Amira Ghenim</strong>,le dit avec force en arabe en convoquant Bourguiba&nbsp;: elle raconte le retour triomphal depuis Marseille et son fort Saint-Nicolas, les cinq premières années de cette immense révolution… Puis décrit le pouvoir qui s&rsquo;éternise et la déchéance&nbsp;: «&nbsp;<em>Pourquoi n&rsquo;as-tu pas été traitreusement assassiné. Tu serais parti comme un grand leader ?</em> » La question que son père murmure le matin du coup d’État de Ben Ali traverse l’espace comme une lame.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’éditrice algérienne <strong>Maya Ouabadi</strong> prolonge cette méditation sur les grandes causes et leurs ombres, en rendant hommage à deux femmes : l’écrivaine algérienne Assia Djebar et Josie Fanon, épouse française de Frantz, devenue militante algérienne. Elle se suicida à Alger en 1989, désillusionnée par le pays pour lequel elle avait tout donné. Sur fond de photos, de musique et d&rsquo;extraits de films, la soirée a porté le deuil d&rsquo;un monde qui fut, ou plus sûrement, de ce qu&rsquo;il aurait pu advenir : brillant, érudit, vivifiant.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br> La soirée s’est déroulée<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 21 mai </mark>au Fort Saint-Jean (Mucem).<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ça continue</mark></strong><br>Lectures musicales, rencontres, débats… Oh les Beaux jours continuent jusqu’au 31 mai.</pre>



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		<title>« Le test Elzéard », le plaidoyer pour la montagne de Laurine Roux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 10:18:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaissait Laurine Roux pour ses romans aux registres toujours renouvelés – fresque familiale, guerre civile espagnole, épopée médiévale – toujours menés avec la même maîtrise. Avec Le test Elzéard, elle réalise sa première enquête littéraire. Le livre s&#8217;ouvre sur Elzéard Bouffier, le berger de l’Homme qui plantait des arbres de Giono qui reboisa une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><a></a> On connaissait <strong>Laurine Roux</strong> pour ses romans aux registres toujours renouvelés – fresque familiale, guerre civile espagnole, épopée médiévale – toujours menés avec la même maîtrise. Avec <em>Le test Elzéard</em>, elle réalise sa première enquête littéraire. Le livre s&rsquo;ouvre sur Elzéard Bouffier, le berger de <em>l’Homme qui plantait des arbres </em>de Giono qui reboisa une forêt entière dans la solitude et l&rsquo;humilité sur les adrets désolés de Haute-Provence. Il est, pour l’auteur, cet&nbsp;homme exceptionnel, capable de mener une action dépouillée de tout égoïsme, de se montrer d&rsquo;une générosité sans exemple et ne cherchant nulle part sa récompense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laurine Roux s&#8217;empare de ce héros pour faire de cette façon d’être au monde une boussole éthique. Chaque projet humain ne devrait-il pas répondre à ces quatre questions. Est-il dépouillé de tout égoïsme ? L&rsquo;idée qui le dirige est-elle d&rsquo;une générosité sans exemple ? Ne cherche-t-il aucune récompense nulle part ? Rend-il le monde meilleur ? À cette aune, elle soumet les géants du photovoltaïque &#8211; Boralex, Sonnedix, Q Energy, Siemens &#8211; qui, aujourd’hui, dans les Alpes de Haute Provence, sur les terres mêmes de Giono, rasent les forêts pour y installer des centrales photovoltaïques à grande échelle. Face à eux des collectifs citoyens entrent en résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une enquête familiale et politique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat entre le pot de terre et le pot de fer qu’elle décrit, fait aussi écho à la mémoire familiale de Laurine. Née à Gap dans les Hautes-Alpes, elle a grandi à Veynes, dite « la Rouge », dans une famille de gauche radicale au sein de laquelle règne une figure tutélaire : Madeleine, grand-mère paternelle, militante communiste et pionnière du solaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est elle qui lisait à Laurine enfant <em>L&rsquo;homme qui plantait des arbres</em>. C&rsquo;est elle qui, en 1976, fit voter par le conseil municipal un projet de cité solaire, basé sur le développement de capteurs thermiques venant alimente piscines, serres horticoles et habitations, bien avant que le photovoltaïque industriel n&rsquo;existe. Pendant quelques années, Veynes, va devenir un laboratoire d’innovation. Mais le succès appelle les convoitises. Les manœuvres politiques eurent raison de la centrale de chauffe et Madeleine dut démissionner en 1983, laissant derrière elle les ruines d&rsquo;une belle utopie. Ce passé irrigue tout le livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La montagne arrachée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Laurine Roux arrive à Cruis et lit sur le panneau d&rsquo;entrée du village « Boralex dégage », c&rsquo;est Madeleine qui surgit, elle qui croyait dans l&rsquo;énergie solaire comme émancipation, jamais comme prédation capitaliste. Laurine Roux enquête, croise des militants, se frotte aux industriels, et navigue le long de la Durance pour suivre la bataille contre ce libéralisme drapé de vert. Elle raconte comment, le 19 septembre 2022 à six heures du matin, les bûcherons de Boralex coupèrent neuf cents arbres sur les parcelles de Cruis, alors que le Conseil national de la protection de la nature avait émis un avis défavorable. Des militants grimpèrent dans les arbres encore debout. Deux militantes écologistes âgées, allongées devant les engins furent menottées et arrêtées. L&rsquo;autrice décrit la stratégie qui consiste à étiqueter ces résistants d&rsquo;« écoterroristes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre se clôt sur une proposition : et si l&rsquo;on accordait une personnalité juridique à la montagne de Lure ? Dans le sillage du parlement de la Loire porté par l&rsquo;écrivain Camille de Toledo, ou de la démarche de Wendy Delorme pour l&rsquo;eau, Roux imagine un « parlement de Lure » où animaux, plantes, hommes et chimères pourraient voisiner. Que répondrait la montagne, si elle pouvait plaider, devant un tribunal, aux multinationales qui scarifient sa peau ?</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Le test Elzéard, de Laurine Roux<br>Julliard - 22 €<br><br>Laurine Roux sera présente au festival<a href="https://ohlesbeauxjours.fr/" type="link" id="https://ohlesbeauxjours.fr/"> Oh les beaux jours !</a> ce <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 mai</mark> pour la remise du Prix écriture et création Robert Fouchet dont elle est la présidente.</pre>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="879" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?resize=600%2C879&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136658" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?w=600&amp;ssl=1 600w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?resize=150%2C220&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?resize=300%2C440&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/couvtestelzeard.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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		<title>Omar Sharif : icône en partage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 07:41:38 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">En dix ans d’existence, <em><strong>Oh les beaux jours !</strong></em> s’est imposé comme l’un des rares festivals littéraires capables d’inventer, au-delà de la rencontre attendue, des formes scéniques singulières. Le livre sort de sa page, la voix se frotte à l’image, au son , au récit intime ; et ces moments uniques, conçus pour ne vivre qu’une seule fois, conservent édition après édition la grâce des apparitions. L’an dernier, la soirée d’ouverture consacrée à Mylène Farmer, avait ainsi intrigué et enthousiasmé un public d’habitués mais également de novices.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Mythe à facettes</em></mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, c’est à un autre mythe artistique et hautement populaire que le festival dédie ce format engageant : le comédien Omar Sharif. Soit le premier grand acteur égyptien, et l’un des premiers acteurs arabes projeté au rang de vedette internationale. Jeune premier incandescent, prince mélancolique, amoureux tragique, puis figure paternelle, voire grand-paternelle du cinéma d’auteur. Un visage passé de ciel en ciel, de <em>Lawrence d’Arabie </em>à <em>Docteur Jivago</em>, du cinéma égyptien engagé aux grandes machines hollywoodiennes, des romances grand public à un cinéma d’auteur plus confidentiel. Artiste fétiche du britannique David Lean comme de son compatriote Youssef Chahine, Omar Sharif aura également ravi la caméra d’Henri Verneuil, de Sidney Lumet ou de Jodorowsky, mais aussi de Blake Edwards, John McTiernan ou Valeria Bruni Tedeschi. On l’a aussi raconté joueur, polyglotte et séducteur&nbsp;: Dalida, Ava Gardner, Ingrid Bergman, Anouk Aimée … et même Barbra Streisand n’auraient pas résisté à ses charmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>D’une rive à l’autre</em></mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour explorer la réception d’un artiste devenu mythe pop et – pourquoi pas – littéraire, cinq auteurices&nbsp;partageront ici le devant de la scène. Le journaliste, scénariste et enseignant <strong>Marwan Chahine</strong>, qui a longuement enquêté sur les prémices de la guerre civile libanaise dans <em>Beyrouth, 13 avril 1975. Autopsie d’une étincelle</em>, y apportera sans doute son sens du récit historique et des zones d’ombre. <strong>Amira Ghenim</strong>, grande voix tunisienne dont <em>Le Désastre de la maison</em> <em>des notables</em> traverse plus d’un demi-siècle d’histoire nationale et de combats féminins, son goût de la mémoire à la fois politique et romanesque. <strong>Maya Ouabadi</strong>, éditrice algéroise, fondatrice des éditions Motifs, déplacera probablement l’hommage du côté des images et des transmissions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdellah Taïa</strong>, écrivain et cinéaste marocain, n’a cessé de faire de l’intime une force d’arrachement et de vérité ; sa présence promet d’ouvrir l’icône aux blessures de l’exil, de l’identité et du désir. Quant à <strong>Nassera Tamer</strong>, dont <em>Allô la Place</em> tente de renouer avec le darija, cette « langue-chimère » séparée par la mer autant que par l’empêchement, elle pourra faire entendre ce que la star réveille de langues perdues, fantasmées ou retrouvées. Mis en scène par Amine Adjina, accompagné par la musique de <strong>Fabien Aléa Nicol</strong> et la vidéo de <strong>Guillaume Mika</strong>, <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em> promet donc moins une célébration figée qu’un dispositif de résonances.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 mai<br></mark><a href="https://mucem.org/evenement/omar-sharif-ma-grand-mere-et-moi/" type="link" id="https://mucem.org/evenement/omar-sharif-ma-grand-mere-et-moi/">Mucem</a>, Marseille</pre>



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		<title>Oh la belle musique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 07:40:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><a></a> La musique est partout dans la programmation, pas en fond sonore, mais comme partenaire à part entière des auteur·rice·s, pour les emmener là où le texte seul n&rsquo;irait pas. On retrouve bien sûr les siestes acoustiques au Conservatoire Pierre Barbizet, un des moments les plus courus du festival. Le principe : s&rsquo;installer confortablement et se laisser porter par l&rsquo;alternance de chansons et de lectures. Autour des musiciens <strong>Bastien Lallemant</strong>, <strong>JP Nataf</strong> et <strong>Maëva Le Berre</strong>, la chanteuse <strong>Maissiat</strong> assure trois sessions au Conservatoire Pierre Barbizet. Chacune est construite autour d&rsquo;un auteur : Guillaume Poix (<em>Perpétuité</em>, Verticales), Kinga Wyrzykowska (<em>Princesse</em>, Seuil) et Laurence Potte-Bonneville (<em>Fossiles</em>, Verdier).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve Maissiat accompagnant l&rsquo;auteur <strong>Mathieu Simonet</strong> autour de son roman autobiographique <em>le grain de beauté</em> (Philippe Rey) mais aussi avec son propre projet, <em>Nos larmes</em>. La chanteuse a mené des ateliers d&rsquo;écriture avec des patients et soignants du Centre hospitalier Valvert. Le résultat monte sur scène à La Criée : des textes sur la colère, le chagrin et l&rsquo;apaisement, portés par les voix des participants eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D&rsquo;Odessa à Dakar</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival s&rsquo;ouvre en fanfare dans la cour de la Vieille Charité avec le sociologue <strong>Olivier Peyroux</strong> et le <strong>Marseyer Klezmer Klang</strong>, orchestre marseillais dirigé par <strong>Léa Platini</strong>. Ensemble, ils portent <em>Le Monde Yiddish</em>, lecture musicale qui fait revivre cette culture klezmer d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, emportée au XX<sup>e</sup> siècle, avec ses berceuses, ses chants domestiques et ses mélodies liturgiques. C&rsquo;est accessible à tous, et c&rsquo;est gratuit. La Vieille Charité accueille aussi <strong>La Cour des Contes</strong>, collectif qui aime autant les textes qu&rsquo;il aime les bousculer. De Giono à Voltaire, jusqu&rsquo;aux récits glanés autour de la Méditerranée, les histoires s&rsquo;enchaînent, détournées et réinventées avec humour, ponctuées par la musique de <strong>Max Beucher</strong> et les voix du duo Leï. À la bibliothèque de l&rsquo;Alcazar, <strong>Insa Sané</strong> compose un road trip entre Dakar et la France et où se croisent adolescents, galères et rêves d&rsquo;émancipation. La langue claque et se scande, l&rsquo;humour tient le réel à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La mort, la solitude, la mer</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À La Criée, la musique console, quand les mots sont difficiles à entendre. L&rsquo;avocate <strong>Negar Haeri</strong> lit son récit sur Shaïna, adolescente assassinée dont elle a défendu la famille, tandis qu&rsquo;un quatuor à cordes – <strong>Geneviève Laurenceau</strong>, <strong>Henri Demarquette</strong>, <strong>Adrien La Marca</strong> et <strong>Hugo Meder</strong> – joue <em>La Jeune Fille et la Mort</em>, de Schubert. <strong>Joann Sfar</strong>, lui, dessinera en direct pendant que des musiciens joueront autour de lui. Son <em>Terre de sang</em>, reportage dessiné en Cisjordanie, trouve dans le jazz manouche une résonance inattendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éric Reinhardt</strong>, quant à lui, a passé une nuit seul dans la Galerie Borghèse à Rome avec une couette glissée en douce dans sa valise pour se reposer auprès de l&rsquo;Hermaphrodite endormi du Bernin. De cette nuit naît <em>L&rsquo;Imparfait</em>, texte burlesque et sensuel, lu sur scène avec la comédienne <strong>Victoria Quesnel</strong> sur des nappes sonores de <strong>Kassel Jaeger</strong>. <strong>Séphora Pondi</strong>, pensionnaire de la Comédie-Française, amorcera la soirée de clôture au Mucem avec <em>Avale</em>, son premier roman doublement primé. Accompagnée par le musicien <strong>Edgard Chenest</strong>, elle racontera l’histoire de deux trajectoires qui se frôlent : un jeune homme aux pulsions de dévoration, une actrice qui explore ses failles sous hypnose. La musique creuse les silences, installe un climat nerveux. Une lecture à vif, avant de laisser place au concert littéraire doux et rêveur de <strong>Vincent Delerm</strong>. On y croisera des textes de Modiano, Carver et Carrère. Devant la mer, en fin de semaine, ça devrait faire son effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



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		<title>10 ans, et toujours à la page</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:46:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Fondé par la libraire Nadia Champesme et l&rsquo;éditrice Fabienne Pavia, <em><strong>Oh les beaux jours&nbsp;!</strong></em> fête ses dix ans. Et pour cet anniversaire, le festival littéraire ne se contente pas de souffler les bougies, il nous emmène au cœur de ce qui fissure, résiste, disparaît et renaît autour de six thématiques&nbsp;: de la «&nbsp;Désintégration&nbsp;»à la «&nbsp;Terra incognita&nbsp;», en passant «&nbsp;Par le corps&nbsp;» les «&nbsp;Contes et légendes modernes&nbsp;», «&nbsp;l&rsquo;Histoire en nous&nbsp;» et les «&nbsp;Vies secrètes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il quand les cadres cèdent, les systèmes sociaux et politiques se désintègrent ? <strong>François Bégaudeau</strong>, <strong>Guillaume Poix</strong>, <strong>Cédric Gerbehaye</strong>, <strong>Arno Bertina</strong> ou encore <strong>Clément Camar-Mercier</strong> et <strong>Loïc Hecht</strong> explorent les glissements – carcéraux, guerriers, numériques – d&rsquo;un réel de plus en plus instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la désintégration n&rsquo;est jamais séparable de ce qui lui résiste et en particulier le corps : <strong>Chowra Makaremi</strong> et <strong>Laurine Roux</strong> montrent comment les émotions et les liens affectifs deviennent des formes de résistance tandis que <strong>Nathacha Appanah</strong> et <strong>Negar Haeri</strong> offrent des mots à des corps révoltés, exposés à la violence extrême. <strong>Marwan Mohammed</strong> et <strong>François Beaune</strong> rappellent que par l&rsquo;éducation populaire – avec laquelle il est urgent de renouer –, d&rsquo;autres chemins d’intégration sont possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La littérature exhume</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre brisure, transmission et re-création traverse aussi la façon dont circule l&rsquo;Histoire en nous. De la déportation de Jorge Semprún au destin brisé de Kid Francis – jeune champion de boxe marseillais pris dans la tourmente des rafles du Vieux-Port –, des résonances contemporaines de la peste noire dont nous parle <strong>Patrick Boucheron</strong> à la révolte iranienne portée par Chowra Makaremi, c&rsquo;est cette mémoire blessée qui se raconte y compris par les voix de <strong>Pierre Singaravélou</strong>, <strong>Maylis de Kerangal</strong>, <strong>Neige Sinno</strong> ou <strong>Philippe Sands</strong>. À travers <strong>Marin Fouqué</strong> et <strong>Samira Negrouche</strong>, les héritages entre la France et l’Algérie trouvent une voix. Et c’est avec ses amis musiciens que <strong>Joann Sfar</strong> donne, par le dessin, forme et visage, à un passé en tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature a ce pouvoir singulier de faire surgir les non-dits, d&rsquo;exhumer. <strong>Véronique Le Normand</strong> réhabilite <strong>Hilma af Klint</strong>, peintre pionnière de l&rsquo;abstraction longtemps invisibilisée. <strong>Jakuta Alikavazovic</strong> et <strong>Christophe Boltanski</strong> sondent les parts d&rsquo;ombre dans les destins familiaux. <strong>Marie Richeux</strong> interroge la persistance des absents, en écho aux voix qu&rsquo;<strong>Amaury da Cunha </strong>fait surgir comme des fantômes, tandis que <strong>Mathieu Simonet</strong> tente de continuer à vivre après la disparition de son mari. Pour la soirée anniversaire, les auteurs·ices sont invité·e·s à dévoiler leurs lectures inavouables, ce moment où la littérature cesse d&rsquo;être une posture pour redevenir un plaisir honteux et vivifiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Apprendre à se perdre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Intemporel, le mythe, lui, irrigue toujours le présent même s’il prend de nouveaux visages. <strong>Marwan Chahine</strong>, <strong>Amira Ghenim</strong>, <strong>Abdellah Taïa</strong> et <strong>Nassera Tamer</strong> composent ensemble sur scène la performance <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em>, récit mêlant souvenirs et figures des deux rives. <strong>Atiq Rahimi</strong> transforme l&rsquo;exil en écriture qui sauve, <strong>Louise Rose</strong>, <strong>Kinga Wyrzykowska</strong> et <strong>Camille Potte</strong> déplacent les codes du conte vers des territoires féministes, <strong>Théo Casciani</strong> accède à son île intérieure guidé par la voix d&rsquo;<strong>Aurore Clément</strong>, et <strong>Anthony Martine</strong> transmute le conte en expérience scénique afro-queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire, c&rsquo;est aussi apprendre à se perdre : de la préhistoire arpentée par <strong>Marc Graciano</strong> et <strong>Pierre Schoentjes</strong> à la Malaisie de <strong>Tash Aw</strong>, de l&rsquo;Albanie de <strong>Marie Charrel</strong> aux labyrinthes intérieurs de <strong>Benoît Coquil</strong>, la Terra incognita est un graal pour les désirs qui cherchent une terre où se dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Côté scène, <strong>Vincent Delerm</strong> clôturera le festival entrelaçant chansons et livres de chevet. Le cabaret queer <strong>La Bouche</strong>, <strong>Maissiat</strong> et <strong>JP Nataf</strong> promettent des soirées mémorables. Les siestes acoustiques – très appréciées –, la bande dessinée, la littérature jeunesse la poésie, les lectures musicales et le prix du barreau de Marseille, complètent ce panorama déjà totalement enthousiasmant au sein duquel dans lequel – et c’est un scoop –, Albert Camus devrait venir faire une apparition. De bien beaux-jours en perspective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><a href="https://ohlesbeauxjours.fr/" type="link" id="https://ohlesbeauxjours.fr/">Oh les beaux jours !<br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 26 au 31 mai<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
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		<title>Éloge de la honte </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 08:16:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Amandine Maissiat]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[La Criée]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Simonet]]></category>
		<category><![CDATA[Oh les beaux jours !]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son projet littéraire Éloge de la honte, Mathieu Simonet s’intéresse depuis 2019 à cette émotion si universelle et pourtant si intime qu’est la honte. Il invite ainsi des anonymes à lui écrire des cartes postales dans lesquels iels répondent à une question simple : « De quoi avez-vous honte ? ».  L’auteur, habitué depuis une vingtaine d’années à inventer des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Avec son projet littéraire <em>Éloge de la honte</em>, <a href="https://www.mathieusimonet.com">Mathieu Simonet</a> s’intéresse depuis 2019 à cette émotion si universelle et pourtant si intime qu’est la honte. Il invite ainsi des anonymes à lui écrire des cartes postales dans lesquels iels répondent à une question simple : « <em>De quoi avez-vous honte ?</em> ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur, habitué depuis une vingtaine d’années à inventer des dispositifs littéraires collaboratifs, a posé cette même question à trois classes de lycées et de collège. Après des mois d’ateliers conduits par Simonet avec la complicité de la musicienne <a href="https://www.instagram.com/maissiatofficiel/?hl=fr">Amandine Maissiat</a>, les élèves présentent à La Criée le fruit de leur travail dans le cadre du festival <em>Oh les Beaux jours !</em> auquel l’auteur est invité pour deux projets [lire p.2]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>CHLOÉ MACAIRE</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">27 mai </mark><br><strong><a href="https://theatre-lacriee.com">La Criée</a></strong>, théâtre national de Marseille <br>Dans le cadre du festival <em><a href="https://ohlesbeauxjours.fr">Oh les Beaux jours !</a></em></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Toujours à la page</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 09:53:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[J.P. Nataf]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Oh les beaux jours !]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas B. Reverdy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des livres et des rencontres. Le festival marseillais Oh les beaux jours&#160;! s’est une nouvelle fois distingué par la richesse des échanges qu’il construit. C’était le cas avecColum McCann, auteur irlandais rapidement parti explorer le monde en tant que journaliste, et qui s’est lancé dans une œuvre empathique qui observe les troubles de notre société. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><a>Des livres et des rencontres. Le festival marseillais <em>Oh les beaux jours&nbsp;! </em>s’est une nouvelle fois distingué par la richesse des échanges qu’il construit<em>. </em>C’était le cas avec<strong>Colum McCann</strong></a>, auteur irlandais rapidement parti explorer le monde en tant que journaliste, et qui s’est lancé dans une œuvre empathique qui observe les troubles de notre société. Magnifiquement questionné par l’écrivain <strong>Christophe Ono-dit-Biot</strong>, il nous raconte comment lui sont venus le désir et l’obligation d’écrire l’histoire de James Foley, torturé et décapité par Daech, et de sa rencontre avec sa mère, Diane, qu’il a voulu accompagner au procès de son assassin. Il nous a montré une photo de James en train de lire un de ses livres dans sa prison&nbsp;: ça l’a décidé. Se pose pour lui le problème de ne pas être un voyeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un tout autre style, on a été séduit par la lecture que <a><strong>Thomas B. Reverdy</strong> </a>a donné de son texte mis en musique par <strong>J.P. Nataf</strong>. Style rythmé et voix chaleureuse sont au service d’une journée dans un lycée de Bondy&nbsp;: un écrivain doit intervenir dans une classe de français. Un événement vient perturber l’ordinaire, une émeute éclate. L’univers des banlieues avec une note d’espoir.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" data-id="124119" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124119" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ-2024-COULON-A.-Fournierbiville_.jpg?resize=631%2C420&amp;ssl=1 631w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" data-id="124120" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124120" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-MacCann-BD-2b-1-1.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" data-id="124122" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124122" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/OLBJ24-24-05-24-ReverdyNataf-BD-4-1-1.jpg?resize=631%2C420&amp;ssl=1 631w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La place des femmes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On adore retrouver <a><strong>Cécile Coulon</strong></a>, sa simplicité, son naturel, pour une histoire sauvage et intense. Dans son neuvième roman, un jeune guérisseur se rend pour la première fois au chevet d’un jeune malade et prend de la distance avec les enseignements de sa mère. Une histoire sans âge qui plonge au cœur des mystères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Louée soit <a><strong>Daphné Ticrizenis</strong> </a>qui a voulu raconter l’histoire de la littérature des femmes, les difficultés qu’elles ont eu à se faire entendre et qu’on s’est empressé d’oublier&nbsp;! Deux livres retracent leur histoire du Moyen Âge au XIX<sup>e</sup>. Le troisième, en préparation, couvrira le XX<sup>e</sup> siècle et le début du nôtre (attendu pour septembre). Des lectures ont été proposées, accompagnées de musique des mêmes époques interprétées par des élèves du Conservatoire. Au feu, les Lagarde et Michard&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Oh les beaux jours&nbsp;!</em> s’est tenu du 22 au 26 mai à Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le sens de la justice</strong><br><br>Parce que la littérature permet encore et toujours d’interroger la société, le festival conviait <strong>Joy Sorman</strong> et le magistrat-chercheur <strong>Denis Salas</strong> à une discussion sur le fonctionnement de l’institution judiciaire, le dimanche 26 mai à la bibliothèque de l’Alcazar. Dans le dernier roman de l’autrice, <em>Le Témoin</em>, un homme abandonne toute sa vie et part dans les entrailles du nouveau palais de justice de Paris pour « <em>vérifier que la justice est juste</em> ». Les observations du protagoniste sont celles réalisées par Joy Sorman durant le long travail documentaire qu’elle a réalisé dans ce même palais de justice, assistant à de nombreux procès sans entrer en contact avec les différentes parties. Selon elle, « <em>un procès, c’est une classe bourgeoise qui juge une classe prolétaire</em> », ce qui est notamment cristallisé par le cérémonial et le langage. Un point de vue qu’appuie Denis Salas pour qui la justice, parce qu’elle est censée exercer une contre-violence, est violente par définition.<br><br>CHLOÉ MACAIRE</p>
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