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	<title>Archives des Olivier Coulon-Jablonka - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Olivier Coulon-Jablonka - Journal Zebuline</title>
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		<title>Entre les lignes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 14:48:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">On sort du spectacle en ayant traversé un labyrinthe. <em>Non-lieu </em>agit moins comme une reconstitution que comme une expérience du doute, que la mise en scène déploie avec une rigueur clinique. Dès la première partie, nourrie d’archives, de cartographies et de bandes sonores, le plateau devient une chambre d’échos où les voix officielles semblent, un instant, parfaitement cohérentes. On se surprend même à croire à la bonne foi des autorités, avant que les premiers témoignages divergents n’introduisent une fêlure. Alors, le doute glisse, s’élargit : ces témoins sont-ils fiables ? Qui dit vrai ? Quel récit est tenu sous la vigilance d’une autorité ? Cette longue traversé a pourtant un sens : elle cherche à perdre le spectateur dans les détails et les discours sous-jacents, et y parvient efficacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cartographier les zones d’ombre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde partie, bien plus brève, renverse le dispositif. Une partie du public est placé sur le plateau comme un jury improvisé, cadré par deux tables qui figurent un tribunal. L’espace se réoriente, les plaidoiries se déroulent et les responsabilités, longtemps brouillées, reprennent forme. On comprend alors que <em>Non-lieu</em> ne veut pas résoudre l’affaire Fraisse, mais éclairer les rouages qui ont fabriqué son effacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a souvent insisté sur la dimension cinématographique et documentaire du travail de <strong>Sima Khatami</strong> et <strong>Olivier Coulon-Jablonka </strong>; il faut y ajouter la capacité des metteur·se en scène à activer l’imagination du spectateur. Durant tout le spectacle, une fois passée la violence de l’introduction, le lieu du drame, figuré par une terre labourée, reste hors de portée, comme tenu à distance par la machine judiciaire elle-même. Ce n’est qu’à la toute fin, lorsque surgit le panoramique de la forêt sauvée du barrage, porté par l’<em>Erbarme dich</em> de Bach &#8211; air à la fois paisible, résigné et déchirant &#8211; que l’on <em>voit </em>enfin. La vision frappe d’autant plus que le spectacle nous avait privés d’image : le paysage apparaît comme la révélation tardive d’un hors-champ moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Non-lieu </em>a été joué les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 et 29 novembre </mark>au <a href="https://www.theatrejoliette.fr">Théâtre Joliette</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes"><em>On y était</em> ici </a></p>
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		<title>Prégnance coloniale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 12:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mathieu (Charles Zevaco) et Kendy (Roberto Jean) se rencontrent le jour du concours de Sciences Po Paris. Le premier, banlieusard et fils d’un professeur d’histoire&#160;; le second, Haïtien venu étudier en France. L’un réussit l’épreuve, l’autre est recalé. Ce qui n’empêche pas une amitié quasi-fusionnelle, une intimité dont le degré reste flou, de s’installer entre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Mathieu (<strong>Charles Zevaco</strong>) et Kendy (<strong>Roberto Jean</strong>) se rencontrent le jour du concours de Sciences Po Paris. Le premier, banlieusard et fils d’un professeur d’histoire&nbsp;; le second, Haïtien venu étudier en France. L’un réussit l’épreuve, l’autre est recalé. Ce qui n’empêche pas une amitié quasi-fusionnelle, une intimité dont le degré reste flou, de s’installer entre les deux jeunes hommes qui finissent par cohabiter. Mathieu est animé par un idéal progressiste, à la fois républicain et internationaliste. Kendy ne cache pas son ambition d’échapper à l’existence à laquelle l’assignent ses origines. Dans un dialogue permanent d’où transparaissent les certitudes de chacun, la perception de l’Occidental va se heurter à la réalité historique, politique et sociale dont le Caribéen est l’héritier. Leurs divergences larvées éclatent au grand jour quand Mathieu envoie tout balader pour s’investir dans une mission humanitaire en Haïti.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Révolutions</mark></strong><br>À travers le récit passionné de son ami au téléphone, Kendy ne peut s’empêcher de voir la permanence des rapports de domination, plusieurs siècles après l’indépendance et l’abolition de l’esclavage, exercée par la France sur son ancienne colonie. Le Blanc sachant, bien que sincèrement altruiste, qui raconte les malheurs et dysfonctionnements – et croit pouvoir contribuer à les résoudre – de la pauvre île sur laquelle s’acharnerait le mauvais sort… Car bien que féru d’histoire, et semblant particulièrement au fait de celle de la Révolution française, Mathieu en ignore pourtant certains faits qui, à l’endroit de Kendy, et de la révolution de son propre pays, sont essentiels pour expliquer la situation actuelle de son peuple. Dans cette confrontation d’angles plus que de points de vue, les auteurs·trices <strong>Alice Carré</strong> et <strong>Carlo Handy Charles</strong> pointent les stigmates de l’histoire coloniale et esclavagiste dans le quotidien des Haïtien·nes. Mis en scène par <strong>Olivier Coulon-Jablonka</strong>, <em>Kap O Mond</em> tente de rendre possible l’écriture d’une Histoire commune, qui prône une forme d’égalité mémorielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LUDOVIC TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Kap O Mond</em> a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">30 novembre</mark> au Théâtre Joliette, à Marseille, dans le cadre des <em>Rencontres à l’échelle</em>.</pre>
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