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	<title>Archives des opera - Journal Zebuline</title>
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		<title>Les Labèque, en toute sororité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 11:55:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir de sentir une salle entière emportée par un récital ! À l’invitation de Marseille Concerts, Katia et Marielle Labèque captivent les mélomanes les plus avertis autant qu’un public moins familier du répertoire. Leur programme, d’une diversité réjouissante, ménage ses surprises. Ici, les découvertes des uns rejoignent les retrouvailles des autres. La fraternité commence [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quel plaisir de sentir une salle entière emportée par un récital ! À l’invitation de Marseille Concerts, <strong>Katia et Marielle Labèque</strong> captivent les mélomanes les plus avertis autant qu’un public moins familier du répertoire. Leur programme, d’une diversité réjouissante, ménage ses surprises. Ici, les découvertes des uns rejoignent les retrouvailles des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fraternité commence au clavier, lorsque les deux sœurs font dialoguer Fanny et Felix Mendelssohn. À quatre mains, elles donnent aux mélodies un même élan lyrique, une profondeur de chant qui semble venir du cœur de l’une autant que de l’autre. Leur toucher cristallin, cette signature immédiatement reconnaissable, donne à chaque voix sa lumière. Le chant circule entre les quatre mains, avec une générosité qui rend le rapprochement évident.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’écoute des femmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette égalité d’attention traverse tout le récital. L’<em>Étude n° 110</em> d’Hélène de Montgeroult, la <em>Valse n° 8</em> de Marie Jaëll révèlent des richesses dont les programmes nous privent encore trop souvent. Aux deux pianos, la Polonaise Grażyna Bacewicz côtoie Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, pianiste et compositrice éthiopienne devenue religieuse orthodoxe, que l’on découvre avec <em>The Song of Abayi</em>. Les Labèque défendent ces compositrices avec la même ferveur que Fauré ou Ravel : à l’écoute, on aimerait que davantage de récitals leur donnent raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis le programme danse, swingue, avec Margaret Bonds, Nina Simone et Bernstein. Ces échappées viennent heureusement assouplir un jeu dont l’extrême netteté pourrait parfois brider l’élan. <em>West Side Story</em> réveille les mémoires, donne des fourmis dans les jambes ; on surprend le public chantonnant « Mariiiiia ! » …</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La quadrature du cycle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre révélation, <em>How to Dance</em> de <strong>Bryce Dessner</strong> prolonge cet élan et cette histoire de fraternité : le compositeur l’écrit en hommage à sa sœur. <strong>Philip Glass</strong>, l’une de ses grandes influences, lui répond en bis. Dans ces musiques cycliques, les Labèque excellent : leur maîtrise technique et leur entente permettent ce lâcher-prise qui emporte la salle dans un même mouvement. Cinquante-cinq ans qu’elles font dialoguer des répertoires qu’on n’aurait pas songé à rapprocher. Leur art de musiciennes tient aussi à ces liens qu’elles inventent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>SUZANNE CANESSA</em><em></em></p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert a été donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>6 octobre</strong></mark> à l’<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Opéra de Marseille</mark></strong> dans le cadre de la saison Marseille Concerts<br>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/">musique ici </a></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Être une femme libre dans une société patriarcale, et ailleurs aussi ?</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/etre-une-femme-libre-dans-une-societe-patriarcale-et-ailleurs-aussi/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=etre-une-femme-libre-dans-une-societe-patriarcale-et-ailleurs-aussi</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Aug 2022 05:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
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		<category><![CDATA[Carla Nahadi Babelegoto]]></category>
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		<category><![CDATA[Kanako Abe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réinventer le langage pour parler des femmes, c’est un peu le sujet de la création mondiale Woman at Point Zero portée par quatre artistes, la compositrice Bushra El-Turk, la metteuse en scène Laila Soliman, l’écrivaine Stacy Hardy et la réalisatrice Aida Elkashef. Cet opéra de chambre inspiré du roman éponyme de Nawal El Saadawi (publié [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Réinventer le langage pour parler des femmes, c’est un peu le sujet de la création mondiale <em>Woman at Point Zero</em> portée par quatre artistes, la compositrice <strong>Bushra El-Turk</strong>, la metteuse en scène <strong>Laila Soliman</strong>, l’écrivaine <strong>Stacy Hardy</strong> et la réalisatrice <strong>Aida Elkashef</strong>. Cet opéra de chambre inspiré du roman éponyme de Nawal El Saadawi (publié en 1975) narre l’entretien en temps réel d’une prisonnière de la prison Qanatir, Ferdaous (la note d’intention rappelle que ce nom signifie «&nbsp;paradis&nbsp;» en arabe), et de l’autrice qui cherche à comprendre les motivations de cette femme qui a assassiné son souteneur en légitime défense et se refuse à toute révision de son procès alors qu’elle est condamnée à mort. La soprano et compositrice syrienne, <strong>Dima Orsho</strong>, incarne la prisonnière, désabusée, provocatrice, qui trouve dans son enfermement une liberté dont elle n’a jamais disposé au-dehors, exploitée, soumise à la domination masculine depuis son plus jeune âge. Jusqu’à la prostitution qu’elle a tenté de vivre indépendante, mais bien vite en proie aux souteneurs de toute espèce. C’est dans la prison qu’elle se sent enfin libre, choisissant la peine capitale, dernier lieu d’un libre arbitre qui n’a jamais été le sien. La voix passe du récitatif au ton de la conversation juste modulée, avant de s’emparer, superbement lyrique de l’or brut d’une mélodie. Elle pousse son interlocutrice dans ses derniers retranchements, ses réponses sont conditionnées à ce que l’autre lui livre, rétablissant une égalité dans l’échange qui, interrogatoire au départ, se mue en réel dialogue. Sama, la superbe mezzo-soprano <strong>Carla Nahadi Babelegoto</strong>, enquête, cherche à comprendre dans une démarche qui tient de l’ethnologie et de l’étude sociale, se voit peu à peu bousculée dans son rôle, doit s’ouvrir elle aussi, partager son vécu.&nbsp;</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color wp-block-paragraph" style="max-width:600px"><strong>L’action est actualisée</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Woman-at-Point-Zero-de-Bushra-El-Turk-%E2%80%93-creation-mondiale-%E2%80%93-direction-musicale-Kanako-Abe-%E2%80%93-mise-en-scene-Laila-Soliman-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Jean-Louis-Fernandez.jpeg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115257" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Woman-at-Point-Zero-de-Bushra-El-Turk-%E2%80%93-creation-mondiale-%E2%80%93-direction-musicale-Kanako-Abe-%E2%80%93-mise-en-scene-Laila-Soliman-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Jean-Louis-Fernandez.jpeg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Woman-at-Point-Zero-de-Bushra-El-Turk-%E2%80%93-creation-mondiale-%E2%80%93-direction-musicale-Kanako-Abe-%E2%80%93-mise-en-scene-Laila-Soliman-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Jean-Louis-Fernandez.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Woman-at-Point-Zero-de-Bushra-El-Turk-%E2%80%93-creation-mondiale-%E2%80%93-direction-musicale-Kanako-Abe-%E2%80%93-mise-en-scene-Laila-Soliman-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Jean-Louis-Fernandez.jpeg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Woman at Point Zero de Bushra El-Turk – création mondiale – direction musicale Kanako Abe – mise en scène Laila Soliman – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Ainsi le Printemps arabe est mentionné, mettant en évidence combien il fut difficile aux femmes d’être sur la place Tahir. Les «&nbsp;révolutionnaires&nbsp;» l’étant bien peu dans leur rapport à leurs homologues féminines et les prenant davantage comme proies, consentantes ou non que comme véritables partenaires de réflexion et de révolte. L’action prend aussi une dimension universelle grâce à la multiplicité des langages qui la servent. L’<strong>Ensemble Zar </strong>au complet sur scène, offre l’écrin d’un chœur aux deux solistes et convoque des instruments classiques de diverses origines. Daegeum, grande flûte traversière en bambou d’origine coréenne (<strong>Hyelim Kim</strong>), duduk, kaval, cromorne, fujara, flûte à bec (par <strong>Milos Milivojevic</strong>), sho, nom japonais de l’orgue à bouche chinois (<strong>Chatori Shimizu</strong>), kamânche, vièle à pique (<strong>Faraz Eshghi Sahraei</strong>), violoncelle (<strong>Hanna Kölbel</strong>). Cet instrumentarium puise dans les traditions musicales de l’Europe, de l’Asie, du Moyen-Orient, renoue avec le rôle du chœur tragique des pièces antiques dans son commentaire, ses réactions. <strong>Kanako Abe</strong> dirige avec finesse cet objet musical qui oscille entre théâtre, oratorio, performance, tenant elle-même presque un rôle de coryphée (déjà son entrée en martelant le sol de ses pas évoquent les sonorités de l’univers carcéral dans lequel l’action se déroule). Des vidéos (Bissane Al Charif et Julia König) viennent compléter le tout, projetées sur le mur de gaze du fond de scène, images de femmes voilées de blanc, extraits documentaires, visages, regards qui ancrent au cœur du réel cette tragédie à portée universelle dans une mise en scène minimaliste qui sait dessiner en épure les lignes de force du texte, symbolisant l’emprisonnement par des fils tendus apparaissant par intermittence, brillants sous les effets lumineux qui ourlent les ombres où se meuvent les personnages. Une pointe d’humour vient souligner la gravité du sujet. Une sororité responsable face aux violences faites aux femmes serait sans doute l’un des piliers d’une résistance qui semble encore bien impuissante à l’échelle de notre planète… </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size wp-block-paragraph" style="max-width:600px">La création mondiale de <em>Woman at Point Zero</em> a été donnée les 10 et 11 juillet, au Pavillon Noir, dans le cadre du <em>Festival d’Aix-en-Provence</em>.</p>
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