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	<title>Archives des Pedro Cabeleira - Journal Zebuline</title>
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		<title>ENTRONCAMENTO : Les yeux de Laura</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 08:14:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Entroncamendo est une toute petite ville du centre du Portugal à la croisée de deux lignes ferroviaires où les anciennes communautés ouvrières du chemin de fer ont vu arriver d’autres populations fuyant la cherté de Lisbonne. Le réalisateur y a grandi&nbsp;; il en fait le cadre et le substrat de son deuxième long métrage. Un lieu clos de tragédie où on n’échappe pas à son destin. Où s’exacerbent les tensions entre Portugais et Gitans – une guerre entre pauvres attisée par une extrême droite conquérante. Où les rivalités commerciales entre dealeurs se règlent à l’arme blanche, au coup de poing ou de feu. Et où, surtout, triomphent le conservatisme, les préjugés racistes, la misogynie, la masculinité toxique de gros durs sans cervelle. C’est là qu’arrive Laura (<strong>Ana Vilaça</strong>). Visage rond, moue boudeuse, un sourcil coupé et des yeux qui semblent en avoir trop vu. Une maturité qui lui fait voir les mâles du cru, tels qu’ils sont&nbsp;: des gosses inconséquents. Peu de mots. Pas d’effusions. Laura pratique la boxe et ne s’en laisse pas conter. Des ecchymoses sur le corps, entr’aperçues au miroir, laissent imaginer la violence récente qu’elle fuit. Elle est accueillie par son cousin Bruno ( <strong>Sergio Coragem</strong>), père d’une fillette, et séparé de la mère de l’enfant, Nadia ( <strong>Cleo Diára</strong>), une «&nbsp;Noire&nbsp;» qui s’est «&nbsp;mise&nbsp;» avec un Gitan, Gilinho (<strong>Henrique Barbosa</strong>). Le couple est ostracisé par le quartier tout entier, rejeté par leur propre famille. Nadia et Laura se rapprocheront inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la cité, tous dealent hasch ou coke. Cash compté à l’euro près, comptes-rendus aux boss et règlements de compte quand le compte n’y est pas. «&nbsp;<em>Tout est permis/La loi de la</em> <em>rue/une lame sur la nuque</em>&nbsp;» rapent les jeunes du quartier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laura essaie un travail « honnête » : magasinière dans un supermarché pour 450 € par mois. Bien vite elle rejoindra le trafic de la dope.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Immersion et distanciation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce sujet exploré par nombre de documentaires et de fictions, le jeune réalisateur de 33 ans, assume ses références&nbsp;: &nbsp;<em>Le Prophète</em> de Jacques Audiard, le <em>Shéhérazade</em> de Jean-Bernard Marlin, les plans de Cristian Mungiu et le cinéma guérilla, caméra à l’épaule, laissant une part d’improvisation. Il y apporte son expérience et sa singularité&nbsp;: <em>Entroncamendo</em> est un film de gangsters, sociologique et féministe, qui joue à la fois de l’immersion documentaire et de la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plongée dans la vie du quartier et de cette jeunesse portugaise se fait par le choix du&nbsp; casting mêlant pros et non pros, par la multiplication des trajectoires des personnages, par le réalisme des conversations ordinaires de bistrot ou de discothèque, xénophobes et sexistes. Le réalisateur précise que la présence de gitans sur les plateaux a dû parfois être cachée pour obtenir les autorisations du tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville se découvre surtout grâce à Laura, venue de l’extérieur. La mise en scène travaille les cadrages, fenêtres ou portes, dans des espaces resserrés. Ou ouvre la nuit interlope aux lumières diffuses. Beau travail de la chef op <strong>Leonor Teles</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend la musique des quartiers&nbsp;: techno, rap et morceaux populaires mais c’est Debussy qui accompagne la jeune femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entroncamento</em> de <strong>Pedro Cabeleira</strong> en salle le 1<sup>er</sup> juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Pluie de films à l’ACID</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 15:22:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
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		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;<em>Résister en donnant une vraie chance à tous les films d&rsquo;être vus.</em> »&nbsp;</strong>Ce mot d’ordre signé en 1991 par 180 cinéastes a donné naissance à l’ACID un an plus tard. Une section parallèle du Festival de Cannes de neuf long-métrages, fictions et documentaires, souvent sans distributeur, choisis par une quinzaine de cinéastes de l&rsquo;association. Depuis quelques années, Paris, Lyon et Marseille, puis Nantes, proposent en automne des reprises de cette sélection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année à Marseille ce sera aux cinémas Les Variétés, La Baleine et Gyptis que seront présentés du 3 au 5 octobre six films.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au programme</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, le 3 octobre à 20 h aux Variétés&nbsp;: <em>La Vie après Siham</em> de <strong>Namir Abdel</strong> <strong>Messeeh</strong>, un film sur l’apaisement, après un deuil&nbsp;; une histoire familiale entre l’Egypte et la France, avec le cinéma de Youssef Chahine comme compagnon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, trois films&nbsp;: à 16 h au Gyptis, <em>Drunken noodles</em> de <strong>Lucio Castro</strong>, une ode à la sensualité où l’on suit les pérégrinations d’Adnan, étudiant en art venu passer l’été en stage dans une galerie new-yorkaise, ses rencontres éphémères, artistiques et érotiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la Baleine à 18 h,<em> </em><em>Entroncamento </em>de<strong> Pedro Cabeleira</strong> où l’on accompagne Laura venue dans cette petite ville portugaise pour fuir son passé et se reconstruire même s’il n’est pas facile d’échapper au déterminisme lié à ses origines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À 21 h à la Baleine, <em>Laurent dans le vent</em> du trio de cinéastes <strong>Anton Balekdjian</strong>,<strong> Léo Couture</strong> et <strong>Mattéo Eustachon&nbsp;– </strong>qui avait réalisé <em>Mourir à Ibiza</em>. L’histoire de Laurent, 29 ans, qui, cherchant un sens à sa vie, atterrit dans une station de ski déserte hors-saison et rencontre des gens, solitaires, qui ne demandent qu’à parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir ce weekend cinématographique, le dimanche à 15 h aux Variétés, <em>La Couleuvre noire</em> d&rsquo;<strong>Aurélien Vernhes-Lermusiaux</strong>, un film tourné dans les paysages lunaires du désert de la Tatacoa, en Colombie. Et au Gyptis à 18 h, <em>Nuit Obscure – </em>«<em>&nbsp;Ain&rsquo;t I a child ?</em>&nbsp;», dernier volet de la trilogie de <strong>Sylvain George</strong>, qui montre le parcours de jeunes exilés dans les nuits d’un&nbsp; Paris en noir et blanc</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’occasion de voir des films dont certains ne sortiront peut-être pas en salles. Un seul regret, et pas des moindres, pas un seul film n’est signé par une réalisatrice&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La sélection de l’ACID</strong><br>Du 3 au 5 octobre<br>Cinémas Les Variétés, Gyptis, La Baleine<br>Marseille</p>
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