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	<title>Archives des Pierre Dharréville - Journal Zebuline</title>
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		<title>Audiovisuel public : La télé, un bien commun ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 10:03:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel [&#8230;]</p>
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<p>Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel français.</p>



<p>Informer, cultiver divertir sont les trois missions de l’audiovisuel public. Si les restrictions imposées à la création audiovisuelle sont inquiétantes (voir encadré I-a ci-dessous), celles sur l’information mettent en danger la démocratie, a magistralement rappelé <strong>Dominique Pradalié</strong>, présidente de la Fédération Internationale des Journalistes, et ancienne secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ). Or France Télévision ne dispose plus de moyens suffisants pour produire une information vérifiée et pertinente. Elle constate que les médias privés ne respectent pas leur obligation de pluralisme interne (voir encadré II-a ci-dessous), que l’Arcom (ex-CSA) ne joue pas son rôle de régulateur, et que le ministère exempte les chaînes privées de cette obligation, pourtant inscrite dans les lois de l’audiovisuel.<em> </em></p>



<pre class="wp-block-verse"><em>I-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Impact sur la création</mark></strong><br>France Télévisions est le premier financeur de la création audiovisuelle, et un important financeur du cinéma français et européen. Les 80 millions d’économie qui devront s’opérer en 2026 impacteront directement les œuvres et leurs auteurs, en particulier les créations régionales, les documentaires et magazines, et les œuvres de fiction : il est d’ores et déjà prévu 80 épisodes de fiction en moins. Quant au cinéma, la baisse de financement de France Télévisions va le toucher gravement : il devra éponger 10 millions en moins (sur 80 que France Télévisions consacre chaque année au cinéma), avec un financement qui cible le cinéma indépendant, préfinance au moins 60 films par an. Bien loin du financement de Canal+ et Bolloré. A.F.</pre>



<p><strong>Pauline Amiel</strong>, directrice de l’EJCAM (école de journalisme et de communication d’Aix Marseille) expose avec brio les cadres législatifs mais aussi l’histoire des journalistes de l’audiovisuel, et rappelle l’importance des antennes régionales et locales&nbsp;«&nbsp;<em>qui sont les premières à disparaître alors qu’elles sont nécessaires à l’égalité territoriale et à la démocratie locale&nbsp;</em>».</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>II-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme externe, pluralisme interne</mark></strong><br>Les décisions du Conseil constitutionnel de septembre 1986, relatives à la liberté de communication, fondent et fixent la notion de « pluralisme » de la presse : hors audiovisuel, une autorité de régulation publique doit veiller au « pluralisme externe », c’est à dire à « <em>la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents</em> ». La concentration actuelle des propriétaires de presse contredit manifestement ce pluralisme. Quant au « pluralisme interne », il est réservé aux médias audiovisuels. Il ne s’agit pas pour eux, publics ou privés, d’être neutre vis à vis de l’information, mais chaque média audiovisuel doit « <em>respecter l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion dans les programmes, en particulier pour les émissions d'information politique et générale. </em>» Y compris Cnews, que l’Arcom pourtant ne sanctionne pas, malgré l’enquête menée par Reporters sans frontières. Arnaud Froger, responsable du bureau investigation dénonce des « <em>rattrapages nocturnes des temps de parole, traitement univoque des sujets controversés, couverture abondante d’une poignée de sujets[...] CNews est la seule chaîne à s’éloigner autant des critères établis par l’Arcom pour faire respecter le pluralisme à l’antenne. Ce grand contournement de la loi et des règles fixées s’opère en toute impunité</em>. » Or les radios et chaînes privées sont soumises aux mêmes obligations de « pluralisme interne » que l’audiovisuel public, contrairement à ce qu’a dit Delphine Ernotte, présidente de Fance Télévisions qui estime que l’audiovisuel privé peuvent être des « médas d’opinion ». A.F.</pre>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pas de gabegie, des records d’audience</mark></strong></p>



<p>Dominique Pradalié enchaîne et décrit «&nbsp;<em>ce qui s’apparente à une mise à mort en cours depuis des années&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>depuis le démantèlement de l’ORTF&nbsp;</em>»<em>, </em>la disparition de la redevance «&nbsp;<em>qui permettait d’ assurer un budget plancher et une indépendance vis à vis du pouvoir en place&nbsp;»</em>, la «&nbsp;<em>publicité prohibée après 20 h&nbsp;</em>» qui a entraîné une perte de recettes considérable au profit des chaînes privées, la fin des JT de nuit et des décrochages régionaux, ainsi que des «&nbsp;<em>services&nbsp;</em>»&nbsp;(social, international, culture, santé…) qui garantissaient une «&nbsp;<em>information informée et de qualité&nbsp;</em>».</p>



<p>Ces attaques successives «&nbsp;<em>sous prétexte de gabegie</em>&nbsp;», <strong>Pierre Mouchel </strong>(CGT France TV) les souligne également, expliquant qu’en 2026 France TV, qui doit économiser 80 millions supplémentaires, ne peut que basculer ans la crise budgétaire ouverte. «&nbsp;<em>L’audiovisuel public français est économe, il coûte 4,3 milliards aux Français, alors que l’audiovisuel allemand coûte plus de 10 milliards…&nbsp;</em>»Il souligne aussi, comme tous les intervenants, les records d’audience de France TV et Radio France, «&nbsp;<em>malgré les décisions hâtives sur les grilles de la direction, parce que le personnel tient bon</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Gouvernement marâtre</mark></strong></p>



<p>Car, le martèlera ensuite <strong>Sylvie Robert</strong>, vice-présidente du Sénat (PS) et membre de sa commission culture, le procès fait à l’audiovisuel public par Rachida Dati relève d’une campagne de dénigrement. « <em>Le gouvernement ne soutient pas l’audiovisuel public, alors qu’il en est la tutelle</em> ». La sénatrice rappelle que depuis le 20 mai 2025 le règlement européen sur la liberté des médias oblige les États membres à financer l’audiovisuel public (voir encadré III-a ci-dessous). </p>



<pre class="wp-block-verse"><em>III-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’Europe et la redevance</mark></strong><br>Le <em>Media Freedom Act</em> adopté par l'Union européenne, est d'application directe en France. Son article 5 dispose que :<br>«<em> Les États membres veillent à ce que les procédures de financement des fournisseurs de médias de service public soient fondées sur des critères transparents et objectifs préalablement établis. Ces procédures de financement garantissent que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes, durables et prévisibles correspondant à l'accomplissement de leur mission de service public et leur permettant de se développer dans le cadre de celle-ci. Ces ressources financières sont de nature à permettre que l'indépendance éditoriale des fournisseurs de médias de service public est préservée</em>. »<br>Pour garantir des ressources financières « <em>suffisantes, durables et prévisibles</em> » Sylvie Robert préconise « <em>le rétablissement de la redevance</em>», outil « <em>socialement juste et fiscalement efficace</em> ». La généralisation de la redevance télé à une redevance « écran » diffusant l’audiovisuel, est également discutée. <em>A.F.</em></pre>



<p>Mais pour quel audiovisuel public ? <strong>Daniel Schneidermann</strong>, créateur d’<em>Arrêts sur Images</em> souligne avec humour le paradoxe de sa présence à ces tables rondes : « <em>J’ai été viré par Patrick de Carolis et j’ai dû externaliser la critique interne… L’audiovisuel public a renoncé à l’enquête, à la critique des médias</em> ». L’Arcoma déclaré le 28 novembre 2025 qu’ «<em> il n’y a pas d’atteinte au pluralisme sur CNews</em> » et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les médias « <em>a importé le maccarthysme dans les murs de la république </em>». </p>



<p>Un bilan pessimiste ? Rachida Dati n’est plus ministre, sa loi sur l’audiovisuel n’a pas été votée, mais France TV, Radio France et l&rsquo;INA, privés de redevance et de recettes publicitaires, doivent répercuter 86 millions de réductions, dont 80 millions pour la seule France Télévisions. Vous feriez comment ? </p>



<p>Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>« La dynamique culturelle publique d’un pays est essentielle »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 08:10:00 +0000</pubDate>
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<p><strong>Zébuline. Pourquoi ce projet de loi sur le statut des artistes-auteurs&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Pierre Dharréville.</strong> C’est évident, la création n’existe pas sans eux, et ils n’ont aucune garantie chômage. Depuis plusieurs mois nous menons une réflexion concrète sur la continuité de leur revenu avec les différents partenaires et représentants de ces professions. Les interprètes et les techniciens sont protégés par les annexes 8 et 10 mais l’acte d’écriture, de création, n’est rémunéré que par le patrimoine qu’il crée, c’est-à-dire le droit d’auteur. Ces professions ont le droit d’être reconnues comme un travail.</p>



<p><strong>De quelles professions est-il question&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Elles sont diverses. Les photographes, les plasticiens et plasticiennes, peintres, designers, les paroliers, compositeurs et compositrices, les autrices et auteurs, les traductrices, bédéistes, chorégraphes, scénographes… Il s’agit de 350 000 personnes selon les chiffres officiels. Ce sont des professions assez invisibles, à qui on demande généralement de faire autre chose ailleurs.</p>



<p><strong>Sur quels critères seraient-ils reconnus comme artistes-auteurs&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Évidemment il s’agit de fixer un seuil, on ne s’autoproclame pas artiste-auteur. Nous allons proposer une porte d’entrée au droit à l’indemnisation chômage, il faudra avoir perçu l’équivalent de 300 heures au Smic à l’année.</p>



<p><strong>Est-ce le même seuil que pour l’ouverture des droits maladie et maternité&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Non, même si ces seuils fixés pour la Sécurité sociale doivent aussi être discutés. Là, il s’agit de l’Unédic, de la continuité de revenu entre deux périodes d’activité. Beaucoup d’artistes sont de fait au RSA. Si on les oblige désormais à faire 15 heures d’activité par semaine c’est la création artistique qui va en pâtir. Il est facile de justifier de ce qu’on a perçu au titre d’un travail d’auteur, il n’y a pas de raison que ces professions soient traitées comme si elles ne travaillaient pas.</p>



<p><strong>Et comment financer ce dispositif&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p>La nécessité d’une loi c’est d’être juste, pas d’être financée. Mais l’Unedic est très bénéficiaire, et il faut bien sûr que les cotisations chômage augmentent et s’alignent, pour les artistes-auteurs, sur celles des autres professions. La proposition de loi est tout à fait pragmatique, et finançable, même s’il s’agit d’ouvrir aujourd’hui la discussion sur ses modalités d’application. C’est urgent, ces professions menacées aujourd’hui par l’émergence de l’intelligence artificielle sont fragilisées comme jamais. En réalité, si on n’a pas de protection des artistes-auteurs c’est le marché qui fait le tri. On sait, historiquement, que ceux que nous considérons comme de grands artistes aujourd’hui ont souvent eu peu de succès auprès des marchands. On ne peut pas laisser le marché réguler la création artistique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;La nécessité d’une loi c’est d’être juste, pas d’être financée&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>À l’heure où Rachida Dati veut fermer des écoles d’art, ne vous sentez-vous pas à contre-courant&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Du gouvernement peut-être&nbsp;! Quelle est cette idée&nbsp;? Avons nous trop d’écoles d’art, trop d’artistes&nbsp;? On a besoin de la création humaine, plus que jamais en ces périodes difficiles. J’ai été très choqué par cette déclaration. Dès l’annonce de réduction de budget par Bruno Le Maire, elle a déclaré qu’elle puiserait dans les fonds de réserve, ce qui est une illusion. Là elle veut fermer les écoles d’art publiques, alors même que les écoles privées se multiplient. Que les collectivités territoriales veuillent faire le compte de ce qu’elles dépensent dans les écoles supérieures d’art, cela se comprend. Mais l’enseignement supérieur, c’est de la responsabilité de l’État. Les collectivités territoriales vont de plus en plus mal, elles sont étranglées par les restrictions de leurs recettes et savent que cela va s’aggraver encore. Elles mettent l’État face à ses responsabilités dans la formation supérieure des artistes, et la réponse est la fermeture&nbsp;? C’est inacceptable. On sait que les politiques culturelles trinquent en premier lorsque les collectivités territoriales font face à des restrictions budgétaires. Aujourd’hui la question est&nbsp;: veut-on la disparition de la création artistique&nbsp;?</p>



<p><strong>Quelle solution envisagez-vous pour financer cette baisse de budget de plus de 205 millions annoncée par Bruno Le Maire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est incroyable. Le gouvernement est en train d’amender un budget qu’il a écrit tout seul et imposé tout seul sans même en discuter avec les députés&#8230; Il faut donc porter le combat, et je me ferai le relais des aspirations que porte le secteur mais qui nous concernent tous. La dynamique culturelle publique d’un pays est essentielle.&nbsp;</p>



<p><strong>Certains parlent de récupérer pour la création les 273 millions consacrés au Pass culture, qu’en pensez-vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>D’abord, il ne s’agit pas d’accepter cette baisse de 204 millions&nbsp;! Mais oui, effectivement, nous n’avons jamais été des défenseurs du Pass culture, qui n’atteint pas sa cible. Évidemment certains en font un usage intelligent, les librairies en particulier bénéficient du dispositif, mais il est globalement inefficace. Le dernier rapport documenté fait état de deux choses&nbsp;: ceux qui s’en servent ont déjà des pratiques culturelles. Et&nbsp;: il vient essentiellement alimenter un marché, c’est à dire les produits culturels des industries. L’argent public finance le privé et restreint le service public de la culture… Cette marchandisation s’accompagne d’une uniformisation des contenus, et l’ordre du divertissement triomphe.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Il faut que les inégalités territoriales cessent&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>Qu’opposez-vous au divertissement, qu’est ce qui devrait triompher&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Le divertissement est nécessaire, mais la culture est aussi émancipatrice, créative, subversive. Elle appelle au partage, à l’échange, au dépassement de soi. Il y a peu de chances que le marché parie sur ces valeurs-là, et c’est pour cela que les politiques culturelles publiques sont nécessaires. L’autre point d’alerte, c’est la cohésion de la nation. Il faut que les inégalités territoriales cessent et que la politique culturelle de l’État ne soit pas essentiellement captée par Paris. Qu’il y ait des charges de centralité, c’est normal, mais pas au point où nous le vivons. Les collectivités territoriales ne peuvent plus assumer presque seules la vie culturelle de leur territoire. À ces déséquilibres, Rachida Dati répond par un plan pour la ruralité, méconnaissant le fait que la majorité des Français ne vit ni à Paris, ni en ruralité, mais dans des moyennes ou grandes villes que l’État délaisse. Il ne s’agit pas d’enlever des crédits culturels aux établissements parisiens, donc si on veut rééquilibrer il faut investir plus, pas moins. En fait, il s’agit simplement de savoir si nous voulons rester une grande nation culturelle.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>
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