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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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		<title>Saison Méditerranée : Du grand spectacle sur le grand port</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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		<category><![CDATA[Alexis Nys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la Saison Méditerranée dans le Grand port de Marseille est-elle née&#160;? &#160; Alexis Nys. C’est la première fois qu’une Saison ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la <em>Saison Méditerranée</em> dans le Grand port de Marseille est-elle née&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexis Nys.</strong> C’est la première fois qu’une <em>Saison</em> ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y avoir dans cette ville, en lien avec la Méditerranée. Elle a voulu profiter de cet événement pour se mettre face à la mer, et construire un grand événement dans cet espace qui est d’ordinaire fermé aux Marseillais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La particularité de cet espace, fermé au public, n’a pas été trop contraignant pour vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em><a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée</a></em> est impulsée par l’État, et le <a href="https://www.marseille-port.fr/actualites/le-port-souvre-la-saison-mediterranee">Grand Port maritime de Marseille</a> (GPMM) relève lui aussi de l’État, donc il y a eu une fluidification des contacts. On a eu en juin dernier un rendez-vous avec Christophe Castaner [<em>président du conseil de surveillance du port, ndlr</em>], qui nous a affiché son souhait de participer à cet événement et d’ouvrir le port. Assez vite, le GPMM nous a proposé un espace, le Port Center [<em>entre le J4 et le J1, il peut accueillir 5000 personnes, ndlr</em>]. On y a vu une scénographie sur laquelle on pouvait travailler. La difficulté est sur l’artistique, c’est à dire de trouver des compagnies qui sont capables de travailler sur des formats de cette envergure-là. On a pensé à la compagnie Mécanique Vivante – et ses sirènes de pompiers qui évoquent les sirènes de bateaux –, et on a proposé au Conservatoire de Marseille de construire une forme sur-mesure, participative, en mobilisant plus de 200 musiciens amateurs qui vont intervenir pour ce moment-là [lire ci-dessous]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y aura de la musique mais pas seulement.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de <a href="https://www.lieuxpublics.com/fr">Lieux Publics</a> est d’être pluridisciplinaire. On embrasse tout le spectre des disciplines à condition que ca ne se joue pas dans un théâtre. Il y aura de la danse avec <em>Danser ma ville</em> et <em>Tarab</em>, du théâtre avec Sébastien Kheroufi sur la digue du Large, et deux grandes installations plastiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parmi les œuvres plastiques, il y a <em>Re-Lighthouse</em>, un phare qui va prendre place au bout du J4. Que pouvez-vous nous dire sur cette installation&nbsp;?&nbsp;</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="696" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136560" style="width:286px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1024%2C1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1068%2C1068&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?w=1080&amp;ssl=1 1080w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Shareef Sarhan</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">C’est une œuvre de Shareef Sarhan qu’on&nbsp; accueille depuis un an à la Cité des arts de la rue avec le programme Pause [<em>programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil</em>]. Il vient de Gaza, mais il a eu la «&nbsp;chance&nbsp;» de ne pas y être au moment du 7-Octobre et de la réponse israélienne. Avec l’aide du collectif marseillais Maam for Gaza artists, on a ciblé Shareef car il avait envie de travailler dans l’espace public. Il avait construit ce phare à Gaza, qui avait été une «&nbsp;illumination&nbsp;» pour lui. Lui qui travaillait habituellement en galerie – pour de la photo notamment –, il a découvert la puissance de l’art en espace public. L’accueillir à la Cité des arts de la rue nous a permis de lui donner plus d’ouvertures sur les possibles de cette pratique, et de l’emmener vers la reconstruction de ce phare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un phare qui a été détruit par des chars israéliens sur le port de Gaza. On imagine l’émotion pour lui de le voir s’ériger à nouveau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il dit qu’il se reconstruit lui-même en même temps qu’il reconstruit ce phare. Le projet c’est ensuite de le démonter et de le déplacer à Bordeaux et Montpellier cet automne, l’exposer à la Cité des arts de la rue, et un jour, quand ce sera possible, on l’emmènera à Gaza. Ce phare porte un récit puissant&nbsp;: l’art peut reconstruire, et il est plus fort que la guerre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Une nuit au Grand Port<br></strong>Ce sera le point d’orgue de la séquence d’ouverture de la <em>Saison Méditerranée</em> à Marseille. Le 23 mai, le port se transforme en une grande scène où se mêleront spectacle vivant, danse et rencontres culinaires. Les mythiques carrioles de la Friche investissent le Grand Port afin d’offrir au public des créations culinaires venues des rives méditerranéennes : slata méchouïa, beignets d’anchois et autres délices. <br>Les arts vivants feront aussi partie intégrante de la fête. L’alliance de <a href="https://www.campusartmediterranee.fr">Campus Art Méditerranée</a> et de la <a href="https://mecanique-vivante.com">compagnie Mécanique Vivante</a> présenteront leur<em> Symphonie portuaire</em>, une «<em> ode à la mer</em> »dans une création musicale plurielle où fanfare intergénérationnelle, orchestre polyphonique, musicien·nes solistes, percussionnistes composent un grand tableau vivant. <br>La soirée se clôturera avec <em>Tarab</em>, de la compagnie Shōnen, réunissant le compositeur Rayess Bek et huit danseur·euses originaires d’Égypte, du Liban et de Palestine. Pas question de rester assis : des danseur·euses complices (ils sont 200 !) embarqueront le public dans des danses sociales participatives, de la dabkeh à la taa’kib, jusqu’au bout de la nuit. C.L.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 mai</mark><br><strong>Grand Port Maritime de Marseille</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136561" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Symphonie portuaire © Jeremie Bernard</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Taoufiq Izzediou va faire danser la ville</strong><br>Le chorégraphe Taoufiq Izzediou est un pionnier de la danse contemporaine au Maroc, son pays natal. Dans le cadre de la Saison Méditerranée, le Théâtre Joliette et Lieux Publics l’invitent à recréer son projet participatif <em>Danser ma ville</em>, créé à l’occasion de la dernière édition de <em>On Marche</em> à Marrakech, cette fois à Marseille et avec des Marseillais·es.  <br>Une création dans l’espace public grand format, puisqu’il réunit près d’une centaine de personnes, de tout âge, toutes origines et tous types de corps sur l’esplanade Gisèle Halimi (à proximité du Mucem). <em>C.M.</em><br><br>16 mai<br><strong>Esplanade Gisèle Halimi</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="463" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136562" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1024%2C681&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1068%2C710&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=632%2C420&amp;ssl=1 632w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">DANSER MA VILLE © Gabriela Carvalho</figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>« L’art est plus fort que la guerre »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:23:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ouverture de la Saison Méditerranée à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&#160;saisons&#160;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture de la <a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée </a>à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&nbsp;saisons&nbsp;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. À cette date, Emmanuel Macron déclarait à Marseille qu’il voulait «&nbsp;<em>mettre en valeur la jeunesse et les diasporas de toutes les rives&nbsp;</em>» de la Méditerranée. &nbsp; Aujourd’hui il s’agit, par des moyens diplomatiques, de maintenir ou rétablir un horizon de paix dans un monde qui s’est enflammé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette « Méditerranée » est devenue un euphémisme :  cette Saison a prévu dès son origine de programmer des artistes venus de la rive arabophone de la Méditerranée. Plus précisément du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte et du Liban, c’est-à-dire des pays qui ont un lien historique avec la langue française. Mais depuis le 7-Octobre et la sanglante riposte israélienne, depuis les tensions avec l’Algérie, ou entre l’Algérie et le Maroc, et les violences commises par la Tunisie contre les migrants subsahariens… la question des solutions diplomatiques se pose avec une acuité nouvelle. Plus encore depuis que le sud du Liban subit les représailles disproportionnées et aveugles de l’armée israélienne. Comme le dit Alexis Nys [<a href="https://journalzebuline.fr/saison-mediterranee-du-grand-spectacle-sur-le-grand-port/">Lire ici]</a>, comme l’espère Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison, le dialogue des cultures et des arts est un outil puissant sinon pour arrêter les guerres, du moins pour soigner les sentiments des peuples. </p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Méditerranée est ici</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste est donc politique, et c’est d’ailleurs la première fois qu’une Saison ouvre ailleurs qu’à Paris. La Ville de Marseille participe donc au financement de l’ouverture de cet événement «&nbsp;populaire et festif&nbsp;» qui ne s’attache pas aux artistes de la région, pourtant eux aussi méditerranéens. Les Corses, les Espagnols, les Italiens de Marseille sont aussi des Méditerranéens, comme les Provençaux et différents parleurs marseillais. Et les autres diasporas de Marseille, subsahariennes, iliennes, séfarades, ashkénazes, comoriennes, tchétchènes ou arméniennes, russes ou ukrainiennes, sont aussi méditerranéennes quand elles s’installent sur nos rives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, c’est d’ailleurs cela, la Méditerranée. Un espace où les particularismes s’expriment mais où les communautés ont su, souvent,&nbsp; s’entendre et se fondre. Un espace avec ses circulations, ses rencontres, ses échanges de poésie, d’artisanat, d’ornements et de musiques. Sur toutes ses rives, ses terres arides nourrissent difficilement, mais produisent des saveurs et des parfums charpentés et inoubliables.&nbsp; Car cette mer qui ne reflue pas, découpe les côtes en calanques et dessine chacun de nos horizons avec un bleu constant qui rejoint, sans vague, celui du ciel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Méditerranée commune, séculaire et offerte à tous ceux qui la rejoignent, est aujourd’hui une mer de mort, de bombes et de déchirements. De génocide, de noyade de masse, de guerres sans fin. Un espace qui divise violemment les peuples qui la constituent, qui la traversent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais&#8230; peut-être que les artistes, et tous les exilés de Marseille, peuvent construire ensemble une réponse aux impasses des guerres. Et le Fort Saint Jean redevenir un phare, pour Gaza.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">PS. Je finis d’écrire cet édito dans le train qui me ramène vers ma ville. Au sortir du tunnel de l’Estaque la rade éclate, la découpe de ses îles, son eau soudaine et ses scintillements. Les genêts et les bruyères mêlent leur rose et or au vert des pins, les coquelicots s’imposent, et les tags sur les murs ocres se joignent aux couleurs inouïes du paysage. Une Américaine assise à mes cotés murmure&nbsp;: <em>It’s so beautiful</em>. Ici, la Méditerranée n’est pas qu’une saison.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/edito/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 08:57:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais aussi par les restrictions budgétaires imposées aux collectivités&nbsp;par le gouvernement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;<em>La création artistique est une nécessité pour inventer des récits communs</em>&nbsp;», affirme-t-il, tandis que Nicole Joulia, son homologue au Département 13, s’inquiète aussi de l’impasse budgétaire de la Métropole Aix-Marseille&nbsp;: «&nbsp;<em>Les Marseillais ont prouvé qu’ils pouvaient se lever contre ceux qui ne respectent pas les différences. Il faut que nous soyons prêts à défendre ensemble une culture publique ouverte, celle qui fait la richesse de notre territoire et de notre région.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une perspective d’alliance inédite&nbsp;? Allons-nous vers la possibilité d’un regroupement républicain d’urgence face à la double menace de l’extrême droite, qui censure et annule les festivals à tour de bras, et de l’extrême centre, qui impose aux collectivités territoriales d’annuler des événements et des subventions pour tenir leurs budgets&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vous dansiez ? j’en suis fort aise</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Jordan Bardella comme président de la République semble aujourd’hui probable. Plus seulement possible, probable. Le monde culturel s’y prépare avec effroi. Les élus attachés au bien commun et aux valeurs de la République aussi, se demandant quelles alliances nouvelles ils doivent tisser pour éviter le pire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est la sidération qui domine, empêchant l’action, empêchant de danser, empêchant d’affirmer que cela est impossible, qu’il faut se mobiliser… Car comment la patrie qui a inventé la démocratie moderne et les droits de l’Homme, les droits d’auteur et l’exception culturelle, le théâtre de service public, une politique publique du livre et du cinéma, peut-elle sombrer à ce point&nbsp;? Comment le pays d’Europe où vivent les plus grandes communautés musulmanes et juives, celui qui au sortir de la guerre a su adopter des lois sociales qui le structurent encore aujourd’hui, peut-il désirer renouer avec le régime et les valeurs de Vichy, le droit du sang et la préférence nationale, la défense inconditionnelle des forces de l’ordre même lorsqu’elles sombrent dans la violence&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, on sait que l’appauvrissement des classes populaires, l’absence de perspective des jeunes et la destruction progressive des services publics doit s’arrêter pour que le fascisme s’éloigne. Mais comment les fractures entre les partis permettraient-elles aujourd’hui une candidature unique, seule capable de se qualifier au second tour&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, les quelques-uns qui résistent au ciottisme et restent fidèles au gaullisme, les quelques-uns qui pourraient, dans un duel gauche-RN, faire barrage au fascisme, les quelques-uns qui ne cèdent pas au lavage de cerveau du système Bolloré, sont aujourd’hui hyper-minoritaires. Ce sont pourtant eux qui doivent comprendre, et faire comprendre à leur camp, que désespérer le peuple conduit soit au fascisme, soit à la révolution. De type sanglant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Et bien chantons maintenant</strong></mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet été de festivals qui s’annonce sera peut-être le dernier&nbsp;: un président d’extrême droite ne permettra pas cet espace de liberté et de démocratie. Déjà, à Avignon, le nouveau maire a choisi deux vice-présidents d’extrême droite, et critique la programmation d’un festival qu’il juge pro-palestinien. Déjà, les maires RN retirent les drapeaux LGBTQI, censurent les festivals et les maisons de théâtre. Déjà la commission parlementaire ciottiste a attaqué l’audiovisuel public, ciment essentiel à notre démocratie. Déjà les aides à la presse indépendante disparaissent, laissant le champ libre à la presse Bolloré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un peu plus d’un an. Il est temps de chanter ensemble, à pleins poumons. Sinon nous sommes perdus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Vous reprendrez bien une Bourbon ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 12:26:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&#160; Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et au prénom à consonance hébraïque qui s’embourbe un peu dans le Jourdain. Mais sa naissance roturière en Seine-Saint-Denis ne disqualifie pas ce chevalier si blanc et bien photoshopé, pas comme cet édile noir qui a ravi la sépulture des Bourbons aux Dionysiens de souche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, cette mésalliance avec un jeune homme sans sang bleu ni baptême n’est pas, pour la princesse, un inutile sacrifice : seul ce chef du parti national peut ramener les Bourbon sur le trône de France, pour humilier enfin ces mécréants révolutionnaires qui ont décapité le bon Louis, mettant fin à la si mirifique histoire du Royaume François.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement pour la gloire du Royaume et sa possible résurgence, princes charmants et princesses blondes aux longs cheveux lissés persistent dans les contes de nos enfances, les dessins animées et produits dérivés Disney, la presse people et Bolloré, et la frénésie de la communication TikTok.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monarchisme et extrême-droite</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-elle vraiment décapitée, d’ailleurs, cette France des rois ? À force de financer des parcs à thèmes contre-révolutionnaires, de confondre restauration du patrimoine avec opération Stéphane Bern pour touristifier églises et châteaux décatis, à force de chanter les louanges des familles royales du Rocher ou d’Albion, pourtant peu admirables, la République française cultive en douce la nostalgie de la France aristocratique. Celle-là même qui savait si bien trafiquer les esclaves, exploiter les serfs et cuisser les servantes, mépriser le travail et affamer le peuple. Celle-là même qui est historiquement liée à l’ultra-droite nationaliste et collaborationniste. Celle-là même qui nie une valeur fondamentale de notre constitution républicaine, l’égalité de droit des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais fi, que d’inutiles réserves ! Puisque la République française rend sans hésiter un hommage national à un facho patenté, pourquoi ne pas remonter sur le trône grâce à cette extrême droite certes roturière, mais si galamment prête à servir l’importance du sang, de la fortune et des valeurs héritées ? Allons-y, plus personne ne conteste les conséquences économiques du luxe dispendieux des familles royales et de leurs affidés. L’enclave monégasque et la monarchie anglaise sont glorifiées à longueur de séries populaires, de magazines people et de post consternants d’influenceuses, qui placent des produits de luxe auprès de jeunes consommatrices prisonnières de la mode et soumises aux it-girls. Pourquoi se gêner ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Luxe nauséabond</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la prétendue Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, dont la légitimité d’héritière du trône français est contestée par la famille royale d’Espagne, est en revanche, incontestablement, une influenceuse TikTok qui place des produits de luxe auprès de ses fans roturières. Ses parents reçoivent la «&nbsp;jet set&nbsp;» (dont Jeffrey Epstein, Woody Allen et Caroline Lang) dans leur appartement de la rue Montaigne. Ils lui ont attribué le titre «&nbsp;de courtoisie&nbsp;» de comtesse de Calabre et de Palerme (palabres et balivernes ?). Et ont même «&nbsp;aboli&nbsp;» la loi salique en 2016 pour elle ! Elle milite d’ailleurs sur ses réseaux pour la mémoire des Reines, «&nbsp;<em>ces oubliées de l’histoire&nbsp;</em>» auxquelles elle veut enfin «&nbsp;<em>rendre justice</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à sa fortune, elle vient de l’héritage de Camilio Crociani, son grand-père maternel vendeur d’armes, officier de Mussolini, collaborateur amnistié après la guerre, qui a fui au Mexique en 1976 après que la justice italienne a émis un mandat d’arrêt contre lui, suite aux pots-de-vin versés au gouvernement pour remporter des marchés militaires (affaire Lockheed).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’argent de l’aristocratie semble avoir moins d’odeur que celui de la bourbe, et la princesse peut sans complexe se pavaner en jet ski à Dubaï et étudier le luxe à Monaco sans que personne ne trouve cela scandaleux et indécent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les crapauds de l’histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, si dans les contes les crapauds se changent en princes charmants, les vieux autocrates de ce monde commencent à accumuler quelques revers. Pas sûr que les selfies de Marie Caroline avec Trump soient aujourd’hui une bonne publicité pour le petit prince brun du Rassemblement national. Le revers d’Orbán en Hongrie, le non au référendum de Meloni, les revers électoraux de Trump qui s’accumulent, semblent amorcer un recul possible de l’internationale d’extrême droite. Les masques tombent, et Princes et Princesses montrent enfin leurs vrais visages de batraciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Quelles valeurs actuelles ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:13:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&#160; Ce colonialisme décomplexé nie une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce colonialisme décomplexé nie une Histoire documentée, commençant par une conquête meurtrière, suivie d’une occupation violente, de tortures établies, de répression sanglante des immigrés en France et d’une guerre de libération meurtrière qui a tué 250 000 Algériens et en a déplacés 2 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Une raciste est passée inaperçue parce qu’elle coïncidait avec l’attaque tout aussi raciste et abjecte dont le nouveau maire dionysien a été victime. Mais la presse ne peut pas, à ce point, dire n’importe quoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à l’attaque grossière mais massive de Bally Bagayoko par des médias audiovisuels qui s’emballent et peuvent être aisément contredits, la Une de <em>Valeurs Actuelles</em> est construite, sinon subtile.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="974" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C974&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-135808" style="aspect-ratio:0.7148542816792913;width:201px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=732%2C1024&amp;ssl=1 732w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=215%2C300&amp;ssl=1 215w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=768%2C1074&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=150%2C210&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=300%2C420&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C973&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?w=991&amp;ssl=1 991w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Procédés illittéraires</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En haut à gauche, la caution intellectuelle, Boualem Sansal. Il est interviewé longuement (8 pages) avec Suzy Simon-Nicaise, responsable du Cercle Algérianiste, nostalgique de l’Algérie Française, défendant Bugeaud dans ses publications et dénonçant le «&nbsp;terrorisme et le séparatisme&nbsp;» des Algériens en France.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les titres, un euphémisme caractérisé : les 132 ans de colonisation deviennent 132 ans de «&nbsp;présence française&nbsp;». Et de belles ellipses : «&nbsp;santé, éducation, agriculture, énergie&nbsp;» ne mentionnent ni les essais nucléaires, ni la sous citoyenneté musulmane, ni l’exploitation extractive, ni pillage culturel, ni l’enrôlement forcé comme chair à canon des guerres françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins subtil, l’énoncé contrefacteur. De nombreux détails de la photo montrent qu’elle a été générée par une IA : les visages des deux hommes sont identiques, il manque une demie-bouche à la femme en mini-jupe qui a une palme en guise de main gauche, les voitures semblent de papier froissé… Le temps béni des colonies doit décidément inventer des images !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Instances de dérégulation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que fait l’Arcom ? Rien. L’Autorité est chargée par le Conseil d’Etat de réguler la communication audiovisuelle et numérique, mais le déferlement de négrophobie à l’encontre de l’édile de la « ville des rois morts et des peuples vivants » ne la choque pas. Elle ne défend même plus le principe, gravé pourtant dans la loi française, du pluralisme audiovisuel <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark></sup>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au pluralisme de la presse, il garantit au citoyen un accès égal à une pluralité d’opinion. La domination en nombre d’exemplaires et de titres des journaux d’extrême droite dans les réseaux de distribution d’extrême droite est contraire aux conclusions du Conseil d’État et de l’UE. Sans parler, évidemment, de l’incitation à la haine raciale qui est un crime, et de l’affirmation de fake news.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que la colonisation française a construit l’Algérie est un mensonge. Quelle instance pour réagir ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark>.</sup> « Il découle des stipulations de […] la Convention européenne […] une obligation de mettre en place […] un cadre juridique et administratif propre à garantir le pluralisme des médias, qui doit s’entendre tant du pluralisme externe entre les différents médias d’information que du pluralisme interne qui vise […] à assurer une expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, l’accès du public devant ainsi être garanti à des informations impartiales et exactes et à une pluralité d’opinions et de commentaires. » (Décision n° 463162 du Conseil d’État du 13 février 2024)</p>



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		<title>La disparition des castors</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 13:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette semaine où il est question de faire, ou non, barrage au RN, la famille des rongeurs architectes peut, du moins si l’on croit aux vertus des métaphores, nous fournir une image de certains mirages et effondrements. Ceux que l’humain, spéciste par nécessité vitale puis par instinct de domination, provoque lorsqu’il abandonne son esprit [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En cette semaine où il est question de faire, ou non, barrage au RN, la famille des rongeurs architectes peut, du moins si l’on croit aux vertus des métaphores, nous fournir une image de certains mirages et effondrements. Ceux que l’humain, spéciste par nécessité vitale puis par instinct de domination, provoque lorsqu’il abandonne son esprit de finesse et cherche des solutions simplistes aux menaces.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger RN est immédiat. Il est en passe de détruire les dernières digues de Provence, déjà emportées par la fascisation rapide et guerrière du monde, qui entraine l’humanité vers d’inédits néants. Dans cette tempête où l’on s’accroche à toute prise qui semble tenir un peu, une réflexion sur ce qui fait barrage ou mirage s’impose. Ou un détour animalier comme les aimaient Esope et la Fontaine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ceux qui nuisent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons plus que jamais besoin des castors. Les vrais. Pas les ragondins, pas les capybaras qui ne sont pas des architectes, même s’ils sont eux aussi des rongeurs sauvages semi-aquatiques à poils bruns, chassés depuis la préhistoire pour leur fourrure et la saveur de leur viande.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le castor est parfois confondu avec ces cousins qui savent comme lui nager à contre-courant. Mais les ragondins d’Europe construisent des terriers sous-marins qui affaiblissent les berges, les capybaras d’Amérique – sujets de <em>memes</em> pour toute une génération sur TikTok – sont de rongeurs paisibles mais fainéants, très peu constructeurs, porteurs de maladies qu’ils transmettent en s’approchant des troupeaux et des hommes. Et passant le plus clair de leur temps à marquer la végétation du produit odorifère de leurs glandes anales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ceux qui préservent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ragondins et capybaras n’ont pas la prétention de se faire passer pour des castors, mais nombreux sont les humains qui les croient capables de construire des refuges et des digues. Pourtant, une fois sortis de l’eau, la taille hors du commun du capybara et l’absence de queue plate du ragondin,&nbsp; interdisent toute imposture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc : sus au ragondin, bof au capybara, et gloire au castor ? Ce vegan précieux est un architecte  hors pair qui construit des barrages et des huttes, et préserve ainsi de la sècheresse en amont de son habitat, et des inondations en aval. Fortement menacé de disparition dans les années 1970, il est désormais protégé, réintroduit dans les rivières européennes et canadiennes pour aider à réguler les flux de cours d’eau de plus en plus intempestifs. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur quasi disparition à la fin du siècle dernier a laissé des traces : issues de très peu d’individus, les générations actuelles, sont équipées de puces (électroniques, et d’autres aussi parfois). Car l’inquiétude sur leur préservation demeure : ils sont plus nombreux qu’il y a 30 ans mais souffrent de consanguinité, et s’affaiblissent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rongeur d’horizon</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment construire des barrages solides avec des espèces raréfiées, concurrencées par des <em>memes</em> populaires voire des imposteurs nuisibles ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La métaphore a ses limites, mais toute fable a un sens politique multiple, variable et relatif. Chacun verra son ragondin, son capybara, son castor à sa porte. Et pourvu que le RN n’accède pas, dimanche, à la gouvernance de nos villes, tout rongeur semi-aquatique est bon à prendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semblerait qu’une fois encore les barrages républicains à Marseille, Toulon, Martigues… vont nous prémunir du pire. Mais jusqu’à quand ? Que vont devenir nos départements, notre région, notre pays ? Pour lutter contre l’inexorable montée des eaux brunes, les castors ne suffiront pas : il nous faut convaincre les électeurs, retrouver de véritables alternatives, des horizons désirables et des printemps joyeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNES FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Quand l’art est en situation irrégulière </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:49:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fulu Miziki est un groupe largement identifié de la diaspora africaine. Créé par six amis d’enfance à Kinshasa, il s’est fait connaître pour sa musique inclassable jouée sur des instruments fabriqués à partir de matériaux de récupération, avec un message explicitement écologique. Repérés en 2019 par la maison de production marseillaise Bi:Pole, ils arrivent en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Fulu Miziki est un groupe largement identifié de la diaspora africaine. Créé par six amis d’enfance à Kinshasa, il s’est fait connaître pour sa musique inclassable jouée sur des instruments fabriqués à partir de matériaux de récupération, avec un message explicitement écologique. Repérés en 2019 par la maison de production marseillaise <a href="Bi:Pole,">Bi:Pole,</a> ils arrivent en France deux ans plus tard avec un passeport « Talent ». Ces titres, introduits en 2016, sont destinés « <em>aux étrangers qui apportent une contribution au développement et au rayonnement de la France </em>» dans différents domaines, notamment artistique ou littéraire. Ils permettent d’entrer et de séjourner légalement sur le territoire français, mais n’équivalent pas à un titre de séjour de longue durée. Les Fulu Miziki, doivent donc, chaque année, demander le renouvellement de leur titre de séjour, et affronter les dysfonctionnements administratifs des services de l’immigration. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un système dysfonctionnel </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les artistes, comme toute personne souhaitant obtenir ou renouveler un titre de séjour, font face à des temps d’instruction de plus en plus longs, dépassant bien souvent les délais prévus et donc la validité de leurs attestations de prolongation d’instruction (API). Ces attestations, qui garantissent l’accès aux droits et l’autorisation de travailler dans un cadre légal, doivent en principe être délivrées et renouvelées automatiquement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce n’est souvent pas le cas, comme le dénonce une tribune intitulée <a href="https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050326/ne-suspendons-pas-la-vie-des-artistes-etrangers">« <em>Ne suspendons pas la vie des artistes étrangers !</em> »</a> publiée sur Mediapart le 5 mars et co-signée, entres autres, par Bi:Pôle et Friche La Belle de Mai. On peut y lire que la « <em>diversité, souhaitée par nos publics et encouragée par la diplomatie culturelle, est pourtant de plus en plus difficile à faire vivre</em> ». Ce 10 mars, c’est au tour du Syndicat Français des Artistes Interprètes et la CGT Spectacle d’interpeller l’administration dans un communiqué commun. Ils demandent notamment l’arrêt des radiations de France Travail et le renouvellement automatique des API.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de titre de séjour entraîne automatiquement une radiation de France Travail, et donc du régime de l’intermittence. Les artistes ne peuvent alors plus cumuler les heures de travail leur permettant d’accéder à leurs droits, et il n’est pas possible de récupérer rétroactivement ces heures une fois la situation régularisée. Par exemple, l’un des membres du collectif a reçu fin février la fameuse API qui lui manquait depuis janvier, ce qui lui permet de réintégrer le régime de l’intermittence, mais pas de déclarer les heures travaillées durant ces deux mois. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas possible non plus d’obtenir des visas pour voyager à l’étranger. Leur tournée à venir est donc compromise. Pour <strong>Sekembele</strong>, membre de Fulu Miziki, «<em>&nbsp;la France est l’un des meilleurs pays pour les artistes</em>&nbsp;» grâce au régime de l’intermittence, «&nbsp;<em>mais le problème c’est l’administration&nbsp;</em>». «&nbsp;<em>Quand on a plus les papiers, on perd nos droits automatiquement, mais quand tout est régularisé ça ne se remet pas en place automatiquement</em>.&nbsp;» renchérit&nbsp; <strong>Tché Tché</strong>, autre membre du groupe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les associations alertent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dysfonctionnements administratifs touchent toutes les personnes immigrées. Dans une lettre ouverte au préfet des Bouches-du-Rhône, La<a href="https://www.lacimade.org/regions/sud-est/"> Cimade Marseille</a> dénonce des « <em>situations kafkaïennes </em>[&#8230;] <em>du fait des dysfonctionnements de l’administration.</em> » Les personnes sont « <em>privées de documents attestant de la régularité de (leur) situation</em> », ce qui entraîne une incapacité à travailler légalement et à percevoir les droits sociaux, tels que l’assurance maladie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, les démarches administratives représentent une somme non-négligeable, car l’obtention ou le renouvellement d’un titre de séjour nécessite l’achat d’un timbre fiscal spécifique, et le prix de la carte en elle-même. Ce coût varie selon le type de titre de séjour, et une taxe peut s’y ajouter dans le cas d’une présence irrégulière sur le territoire (visa de régularisation). La loi de finance 2026 prévoit une augmentation de 50% de ces taxes et du droit de timbre. À compter du 1<sup>er</sup> mai, le prix d’un premier titre de séjour s’élèvera ainsi à 350 euros… dans le meilleur des cas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>On n’arrête pas la musique </strong><br>Ce 13 mars, un concert de soutien à Fulu Miziki est organisé au Petit Cab (Friche La Belle de mai), en début de soirée. L’occasion pour le groupe de lever des fonds et d’alerter sur leur situation, mais aussi de présenter de nouveaux morceaux sur lesquels ils travaillent depuis la fin de leur tournée en décembre dernier.<br>Ces nouveaux titres, qui devraient figurer sur un prochain album, sont justement inspirés par les différents groupes et sonorités qu’ils ont pu entendre dans les festivals internationaux auxquels ils ont participé. Ils ont donc innové, en fabriquant par exemple de nouveaux instruments, toujours avec la même démarche écologique qui a fait leur réputation. Car ils sont formels : leur message doit vivre malgré les difficultés qu’ils rencontrent actuellement. C.M.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 mars</mark><br><strong>Friche La Belle de mai</strong>, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La fluctuation des mairesses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:26:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aragon l’écrivait, Ferrat le chantait, La Femme est l’avenir de l’Homme… Vraiment ? Elle est, pour le coup, enfin devenue en partie son présent. Une femme, Julie Deliquet, prend enfin la direction de La Colline, un des six théâtres nationaux français. Sur nos scènes régionales, dans nos maisons d’édition, sur nos cimaises, les femmes s’imposent et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Aragon l’écrivait, Ferrat le chantait, <em>La Femme est l’avenir de l’Homme</em>… Vraiment ? Elle est, pour le coup, enfin devenue en partie son présent. Une femme, Julie Deliquet, prend enfin la direction de La Colline, un des six théâtres nationaux français. Sur nos scènes régionales, dans nos maisons d’édition, sur nos cimaises, les femmes s’imposent et tiennent un discours clairement féministe. Au Centre de la Photographie <em>Les femmes ont faim</em> réhabilitent l’appétit, à La Criée <em>L’Art de la joie</em> célèbre la jouissance féminine, au Théâtre Joliette les mères apprennent à leurs filles à porter des coups. Ici les femmes écrivent, chantent, dansent, revisitent les chefs-d’œuvre, remportent des Césars. Mais elles ne sont toujours pas têtes de listes aux municipales. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Parité insuffisante</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la loi sur la parité oblige à l’égalité stricte et à l’alternance H/F sur les listes, y compris aujourd’hui dans les communes de moins de 1000 habitants, rien n’oblige à avoir des mairEs. Qu’on ne sait toujours pas nommer, d’ailleurs. Madame la maire, madame le maire, les mairEs, les femmes maires ou les mairesses&nbsp;? Comment les écrit-on, comment les prononce-t-on&nbsp;? Leur dénomination n’est toujours pas fixée, et fluctue. Et assone, lorsqu’on le prononce sans l’écrire, avec les mamans de chacun·e.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait que le flou dans une dénomination incite à l’effacement dans le réel et que nommer correctement les choses, les gens, permet d’affirmer leur existence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fluctuation des mairesses est aussi le signe de leur effacement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire qu’elles représentent aujourd’hui, à la veille des élections municipales, 20&nbsp;% seulement des maires sortant·es. Selon le ministère de l’Intérieur, elles sont à peine plus nombreuses, 24,4&nbsp;%, à briguer pour le scrutin de dimanche la gouvernance des villes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ne devrait pas augmenter de 4,4&nbsp;points le nombre de mairesses&nbsp;: un autre phénomène, documenté par la chercheuse Régine Sénac (<em>La Parité, </em>PUF), consiste pour les partis à proposer des femmes têtes de listes dans les communes perdues d’avance. Ainsi sont-elles moins nombreuses à être élues que leur 24,4&nbsp;% de départ, la prime au sortant agissant au demeurant, pour 80&nbsp;%, en faveur des hommes…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi sur la parité n’oblige pas non plus à dégenrer les rôles, et les femmes sont le plus souvent adjointes à la santé, la jeunesse, la culture, le social, ou aux droits des femmes, qu’au budget, à l’entreprise ou à l’urbanisme. Et cela dans tous les partis&nbsp;: les listes de gauche font un peu mieux en pourcentage (30%) que celles du centre/droite (23,3%) et de l’extrême droite (22,6%), mais les mairies de gauche reproduisent ensuite les stéréotypes genrés dans l’attribution des délégations et dans les instances de prise de décisions. Les premières adjointes, à 80&nbsp;% des femmes puisque 80&nbsp;% des maires sont des hommes, sont souvent plus décoratives que réellement au cœur du pouvoir. C’est souvent le deuxième adjoint, un homme, qui compte…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À l’exception des héritières</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe bien sûr des exceptions à ces tendances, mais les femmes édiles, celles qui dirigent des partis (aucune, faut-il le rappeler, n’a jamais dirigé la Nation) sont souvent des héritières qui doivent leur notoriété à leur mari, leur père, leur frère. De façon générale, étant donnée la structure du pouvoir, les femmes politiques doivent leurs mandats à des hommes, qui les ont choisies, dans leur parti ou leur commune. Aucune n’a réellement conquis le pouvoir par les vertus de la sororité, et les femmes choisies par les hommes sont souvent les plus cruelles concurrentes de leurs consœurs et concurrentes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, aujourd’hui, ce que nous disent nos scènes, c’est la puissante nécessité de penser les politiques féministes, et de partager enfin le pouvoir. Au Zef, à La Garance de Cavaillon, les <em>Forteresses [voir ci-dessous]</em> disent ce que les hommes, depuis 50 ans, font aux femmes iraniennes. Ce que tous les tyrans au pouvoir font aux femmes et aux peuples. En les minorant, en les enfermant, en les violant, en excisant leur jouissance, en diabolisant leurs appétits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène et dans les rues les femmes crient, et finiront par se faire entendre, contre les pseudos féministes de Némésis et les Meloni du monde qui veulent assigner les autres femmes, trop étrangères, trop débordantes, pas assez blondes, à la maternité subie et à la féminité naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Audiovisuel public : La télé, un bien commun ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 10:03:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Informer, cultiver divertir sont les trois missions de l’audiovisuel public. Si les restrictions imposées à la création audiovisuelle sont inquiétantes (voir encadré I-a ci-dessous), celles sur l’information mettent en danger la démocratie, a magistralement rappelé <strong>Dominique Pradalié</strong>, présidente de la Fédération Internationale des Journalistes, et ancienne secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ). Or France Télévision ne dispose plus de moyens suffisants pour produire une information vérifiée et pertinente. Elle constate que les médias privés ne respectent pas leur obligation de pluralisme interne (voir encadré II-a ci-dessous), que l’Arcom (ex-CSA) ne joue pas son rôle de régulateur, et que le ministère exempte les chaînes privées de cette obligation, pourtant inscrite dans les lois de l’audiovisuel.<em> </em></p>



<pre class="wp-block-verse"><em>I-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Impact sur la création</mark></strong><br>France Télévisions est le premier financeur de la création audiovisuelle, et un important financeur du cinéma français et européen. Les 80 millions d’économie qui devront s’opérer en 2026 impacteront directement les œuvres et leurs auteurs, en particulier les créations régionales, les documentaires et magazines, et les œuvres de fiction : il est d’ores et déjà prévu 80 épisodes de fiction en moins. Quant au cinéma, la baisse de financement de France Télévisions va le toucher gravement : il devra éponger 10 millions en moins (sur 80 que France Télévisions consacre chaque année au cinéma), avec un financement qui cible le cinéma indépendant, préfinance au moins 60 films par an. Bien loin du financement de Canal+ et Bolloré. A.F.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Amiel</strong>, directrice de l’EJCAM (école de journalisme et de communication d’Aix Marseille) expose avec brio les cadres législatifs mais aussi l’histoire des journalistes de l’audiovisuel, et rappelle l’importance des antennes régionales et locales&nbsp;«&nbsp;<em>qui sont les premières à disparaître alors qu’elles sont nécessaires à l’égalité territoriale et à la démocratie locale&nbsp;</em>».</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>II-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme externe, pluralisme interne</mark></strong><br>Les décisions du Conseil constitutionnel de septembre 1986, relatives à la liberté de communication, fondent et fixent la notion de « pluralisme » de la presse : hors audiovisuel, une autorité de régulation publique doit veiller au « pluralisme externe », c’est à dire à « <em>la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents</em> ». La concentration actuelle des propriétaires de presse contredit manifestement ce pluralisme. Quant au « pluralisme interne », il est réservé aux médias audiovisuels. Il ne s’agit pas pour eux, publics ou privés, d’être neutre vis à vis de l’information, mais chaque média audiovisuel doit « <em>respecter l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion dans les programmes, en particulier pour les émissions d'information politique et générale. </em>» Y compris Cnews, que l’Arcom pourtant ne sanctionne pas, malgré l’enquête menée par Reporters sans frontières. Arnaud Froger, responsable du bureau investigation dénonce des « <em>rattrapages nocturnes des temps de parole, traitement univoque des sujets controversés, couverture abondante d’une poignée de sujets[...] CNews est la seule chaîne à s’éloigner autant des critères établis par l’Arcom pour faire respecter le pluralisme à l’antenne. Ce grand contournement de la loi et des règles fixées s’opère en toute impunité</em>. » Or les radios et chaînes privées sont soumises aux mêmes obligations de « pluralisme interne » que l’audiovisuel public, contrairement à ce qu’a dit Delphine Ernotte, présidente de Fance Télévisions qui estime que l’audiovisuel privé peuvent être des « médas d’opinion ». A.F.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pas de gabegie, des records d’audience</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dominique Pradalié enchaîne et décrit «&nbsp;<em>ce qui s’apparente à une mise à mort en cours depuis des années&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>depuis le démantèlement de l’ORTF&nbsp;</em>»<em>, </em>la disparition de la redevance «&nbsp;<em>qui permettait d’ assurer un budget plancher et une indépendance vis à vis du pouvoir en place&nbsp;»</em>, la «&nbsp;<em>publicité prohibée après 20 h&nbsp;</em>» qui a entraîné une perte de recettes considérable au profit des chaînes privées, la fin des JT de nuit et des décrochages régionaux, ainsi que des «&nbsp;<em>services&nbsp;</em>»&nbsp;(social, international, culture, santé…) qui garantissaient une «&nbsp;<em>information informée et de qualité&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques successives «&nbsp;<em>sous prétexte de gabegie</em>&nbsp;», <strong>Pierre Mouchel </strong>(CGT France TV) les souligne également, expliquant qu’en 2026 France TV, qui doit économiser 80 millions supplémentaires, ne peut que basculer ans la crise budgétaire ouverte. «&nbsp;<em>L’audiovisuel public français est économe, il coûte 4,3 milliards aux Français, alors que l’audiovisuel allemand coûte plus de 10 milliards…&nbsp;</em>»Il souligne aussi, comme tous les intervenants, les records d’audience de France TV et Radio France, «&nbsp;<em>malgré les décisions hâtives sur les grilles de la direction, parce que le personnel tient bon</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Gouvernement marâtre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car, le martèlera ensuite <strong>Sylvie Robert</strong>, vice-présidente du Sénat (PS) et membre de sa commission culture, le procès fait à l’audiovisuel public par Rachida Dati relève d’une campagne de dénigrement. « <em>Le gouvernement ne soutient pas l’audiovisuel public, alors qu’il en est la tutelle</em> ». La sénatrice rappelle que depuis le 20 mai 2025 le règlement européen sur la liberté des médias oblige les États membres à financer l’audiovisuel public (voir encadré III-a ci-dessous). </p>



<pre class="wp-block-verse"><em>III-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’Europe et la redevance</mark></strong><br>Le <em>Media Freedom Act</em> adopté par l'Union européenne, est d'application directe en France. Son article 5 dispose que :<br>«<em> Les États membres veillent à ce que les procédures de financement des fournisseurs de médias de service public soient fondées sur des critères transparents et objectifs préalablement établis. Ces procédures de financement garantissent que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes, durables et prévisibles correspondant à l'accomplissement de leur mission de service public et leur permettant de se développer dans le cadre de celle-ci. Ces ressources financières sont de nature à permettre que l'indépendance éditoriale des fournisseurs de médias de service public est préservée</em>. »<br>Pour garantir des ressources financières « <em>suffisantes, durables et prévisibles</em> » Sylvie Robert préconise « <em>le rétablissement de la redevance</em>», outil « <em>socialement juste et fiscalement efficace</em> ». La généralisation de la redevance télé à une redevance « écran » diffusant l’audiovisuel, est également discutée. <em>A.F.</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour quel audiovisuel public ? <strong>Daniel Schneidermann</strong>, créateur d’<em>Arrêts sur Images</em> souligne avec humour le paradoxe de sa présence à ces tables rondes : « <em>J’ai été viré par Patrick de Carolis et j’ai dû externaliser la critique interne… L’audiovisuel public a renoncé à l’enquête, à la critique des médias</em> ». L’Arcoma déclaré le 28 novembre 2025 qu’ «<em> il n’y a pas d’atteinte au pluralisme sur CNews</em> » et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les médias « <em>a importé le maccarthysme dans les murs de la république </em>». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un bilan pessimiste ? Rachida Dati n’est plus ministre, sa loi sur l’audiovisuel n’a pas été votée, mais France TV, Radio France et l&rsquo;INA, privés de redevance et de recettes publicitaires, doivent répercuter 86 millions de réductions, dont 80 millions pour la seule France Télévisions. Vous feriez comment ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>Aux Beaux-arts de Marseille : Le personnel partage ses inquiétudes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Campus Art Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[Conservatoire]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre-Laurent Cassière]]></category>
		<category><![CDATA[Politique Culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaël Imbert]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 15 janvier un mouvement social du personnel d’accueil a touché le Conservatoire, rejoint par d’autres revendications portées notamment par des personnels de l’école des Beaux arts – ils font partie du même établissement (Campus Art Méditerranée). Si dès le lendemain un accord a été trouvé pour les agents d’accueil du Conservatoire, plusieurs agents de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 15 janvier un <a href="https://journalzebuline.fr/mouvement-social-au-conservatoire-de-marseille-jean-marc-coppola-fait-le-point/">mouvement social du personnel d’accueil a touché le Conservatoire</a>, rejoint par d’autres revendications portées notamment par des personnels de l’école des Beaux arts – ils font partie du même établissement (Campus Art Méditerranée). Si dès le lendemain un accord a été trouvé pour les agents d’accueil du Conservatoire, plusieurs agents de l’école des Beaux arts rappellent que la situation est inchangée pour eux, et leur dialogue toujours aussi difficile avec la direction de Campus Art Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Conditions salariales dégradées</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>réductions des moyens alloués</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>blocages administratifs persistants</em>&nbsp;», ce sont les principaux griefs qui se sont retrouvés début janvier dans une pétition publiée par des membres du personnel de Campus Art Méditerranée, pour «&nbsp;<em>exprimer [leur] vive préoccupation quant à l’évolution de [leur] établissement public depuis la mise en place du projet Campus Art Méditerranée.</em>&nbsp;» Une pétition qui a rassemblé 75% des agents des Beaux-Arts selon les personnels de l’établissement que <em>Zébuline</em> a contactés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des dépenses en question</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier point d’achoppement entre la direction et les représentants du personnel, les arbitrages budgétaires réalisés par la direction depuis plusieurs années. «&nbsp;<em>Ils dépensent de l’argent pour des projets qui ne font pas partie des missions pédagogiques</em>&nbsp;», affirme Pierre-Laurent Cassière, enseignant aux Beaux-Arts et représentant du personnel au Comité Social Territorial de Campus Art Méditerranée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les dépenses qu’il pointe du doigt, les nombreux recrutements au secrétariat général de l’établissement, et une augmentation conséquente des salaires des catégories A, qui comprend les cadres de Campus Art Méditerranée*. «&nbsp;<em>On s’est doté comme c’était prévu lors de la création de l’EPCC de services qui étaient prévus au tableau des effectifs. Il n’y a pas de surprises, et ce n’est pas aux dépends des activités pédagogiques ou administratives</em>&nbsp;», répond Raphaël Imbert, directeur de Campus Art Méditerranée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre dépense visée, les travaux réalisés dans l’ancienne école architecture, désormais siège du secrétariat général de Campus Art Méditerranée. “<em>Depuis plusieurs années on réclame le renouvellement des équipements de l’amphithéâtre des Beaux-Arts, qui a été budgétisé à hauteur de 100 000 euros. Et au dernier CA on vient de voter une demande de subvention de 600 000 euros pour rénover celui de l’ancienne école d’architecture</em>&nbsp;», déplore un autre représentant du personnel, enseignant lui aussi aux Beaux-Arts/Ifamm.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Financer des nouveaux projets au détriment de l’existant, et des missions pédagogiques ? Raphaël Imbert «&nbsp;<em>s’inscrit en faux</em>&nbsp;», même s’il dit comprendre les inquiétudes du personnel. «&nbsp;<em>Peut-être qu’on a été pas assez à l’écoute… mais on a organisé de nombreux moments de dialogue, avec chaque instance au sein de l’établissement.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De la friture sur la ligne</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dialogue qui est mis en doute par les agents que <em>Zébuline</em> a contactés, notamment sur le projet global Campus Art Méditerranée que porte Raphaël Imbert. «&nbsp;<em>Ce projet n’a jamais été débattu ni même présenté. Les représentants du personnel siègent au conseil d’administration, mais c’est un endroit de validation, pas de débat. Si l’on est contre, ça passe quand même…</em>&nbsp;» explique Pierre-Laurent Cassière. Même son de cloche pour Denis Prisset, professeur aux Beaux-arts depuis 8 ans, qui voit dans l’établissement «&nbsp;<em>un fonctionnement erratique, avec des arbitrages assez illisibles</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces reproches, Raphaël Imbert explique avoir lancé une nouvelle phase de dialogue avec les différents services de l’établissement. «&nbsp;<em>On sait qu’il y a des choses à améliorer, on a mis en place des réunions, et des groupes de travail avec les différents services et les administrations des écoles concernées. On est dans un travail d’écoute et d’échanges.</em>&nbsp;»<em>&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si pour l’instant, certains membres du personnel espèrent trouver une issue favorable à la suite de ces discussions, tous soulignent les inquiétudes de voir les conditions d’enseignement aux Beaux-Arts se détériorer : «&nbsp;<em>L’alerte qui a été lancée peut paraître excessive, mais elle est surtout excessivement réelle. À la hauteur de la crainte d’une dégradation, comme d’autres Ecoles d’Art ont connu</em>&nbsp;», conclut Denis Prisset.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<p class="wp-block-paragraph">*Les rapports sociaux uniques (RSU) montrent une nette augmentation de la rémunération annuelle moyenne pour les emplois administratifs de catégorie A. Pour les titulaires, elle passe de 54 018 € à 63 425 €&nbsp;entre 2021 et 2024 ; pour les contractuels, de 48 907 € à 71 000 € sur la même période.&nbsp;</p>



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