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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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		<title>Où va-t-on quand on va au musée ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:22:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2024, 40% des Français·es ont visité au moins un musée ou une exposition. C’est, avec la visite des monuments historiques (64%) et de la sortie au cinéma (60%), la pratique culturelle la plus répandue des Français. Mais seuls 38% de ces visiteurs vont au musée de leur lieu de résidence&#160;: la visite d’exposition est [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2024, 40% des Français·es ont visité au moins un musée ou une exposition. C’est, avec la visite des monuments historiques (64%) et de la sortie au cinéma (60%), la pratique culturelle la plus répandue des Français. Mais seuls 38% de ces visiteurs vont au musée de leur lieu de résidence&nbsp;: la visite d’exposition est une pratique de villégiature, surtout dans le Sud, où les villes rivalisent de créativité pour attirer habitants et vacanciers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au type d’exposition visitée, il varie assez fortement selon l’âge&nbsp;: si les plus de 50 ans sont friands des musées des beaux-arts, leurs cadets préfèrent les musées scientifiques, archéologiques et ethnographiques. Quant aux expositions d’art contemporain, elles sont fréquentées par tous et toutes, quel que soit l’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre caractéristique transgénérationnelle, les visiteureuses savent peu quel type de musée ils visitent, qui les finance et quelles sont leurs règles, qui diffèrent pourtant fortement selon qu’ils sont privés ou publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monter les côtes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi les fondations privées, comme Luma à Arles ou Carmignac à Porquerolles, ne sont pas liées à des missions de service public&nbsp;: elles ne sont pas tenues à des objectifs pédagogiques ou de démocratisation, ni à des commandes d’artistes, ni au respect d’une parité, au soutien aux artistes locaux… même si, dans la pratique, les fondations privées sont souvent les premiers commanditaires d’art contemporain&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que, contrairement aux musées publics, les fondations font ce qu’elles veulent de leurs œuvres acquises&nbsp;: elles peuvent en particulier les revendre, après avoir fait monter leur côte… en les exposant. Les musées publics, eux, sont tenus au principe d’inaliénabilité du patrimoine public&nbsp;: toute œuvre acquise l’est définitivement. Les expositions publiques font monter les côtes des artistes qu’elles exposent mais ils ne peuvent revendre leur fonds et doivent assurer sa sécurité, son stockage et sa conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">National ou de France ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc important de connaitre le statut des musées que l’on visite&nbsp;: le Mucem est un musée national, financé entièrement par le ministère de la Culture. Les musées nationaux d’art de la région, dédiés à Chagall, Fernand Léger et Picasso, se concentrent sur la Côte d’azur (Nice, Biot, Antibes). Les Frac &#8211; Fonds régionaux d’art contemporain &#8211; sont financés conjointement par les Régions et par l’État – qui a eu tendance à se désengager depuis leur création par Jack Lang en 1982, mais continue à prescrire des missions d’acquisition, d’éducation artistique et de décentralisation des expositions sur l’ensemble des territoires régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les musées de France sont, quant à eux, très nombreux&nbsp;: ils ont un label de l’État, ils n’en reçoivent que peu de financement. Ce sont généralement des musées municipaux, départementaux ou métropolitains. Ce sont eux qui produisent le plus grand nombre d’expositions temporaires, eux aussi qui mènent à l’année des actions d’éducation culturelle et artistique. Ils collaborent, se prêtent des œuvres de leurs fonds pour élaborer des expositions temporaires qui tournent, parfois, d’un musée de France à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel des musées, labellisés ou non Musées de France, sont donc financés par les municipalités. Certaines comme Avignon, Martigues ou Marseille, ont fait le choix de la gratuité d’entrée et des ateliers de pratique. Elles ont ainsi réussi à notablement augmenter la fréquentation de leurs musées hors temps estival&nbsp;: par leurs citoyens, qui poussent désormais la porte de leur musée pour y fréquenter une œuvre, quelques minutes, à la pause déjeuner. Au fond, si notre m/patrimoine est inaliénable, c’est parce qu’il est à nous&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Les chiffres de fréquentation sont ceux du ministère de la culture pour l’année 2024 (pratiques culturelles), et 2022 (répartition des visiteurs par tranche d’âge)</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>
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		<title>Scènes et cinés sur le fil métropolitain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole&#160;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole</em>&nbsp;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie culturelle&nbsp;«&nbsp;<em>dépend à 80%, tout budget confondu, des contributions financières de la métropole</em>&nbsp;». En effet les villes du SAN (Syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence), créé en 1972, ont délégué leurs compétences culturelles au Territoire Ouest Provence en 2006, puis à la Métropole quand les territoires ont disparu en 2015, fondus dans les presque 2 millions d’habitants d’Aix-Marseille-Provence. Une métropole désormais présidée par Nicolas Isnard, maire de Salon-de Provence qui, étant donné les difficultés budgétaires dont il héritait, l’a placée sous tutelle de l’État. Sans pour cela obtenir le rattrapage budgétaire qu’il espérait pour maintenir la collectivité à flot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Constatant «&nbsp;<em>les restrictions budgétaires particulièrement rudes souhaitées par le préfet</em>&nbsp;», Daniel Gagnon rappelle que «<em>&nbsp;les lignes budgétaires visées par la Chambre régionale des comptes et ensuite par le Préfet ont un impact immédiat sur les financements des structures culturelles du territoire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C’est tout un écosystème culturel et artistique qui va être fragilisé avec ces demandes d’économies drastiques imposées par l’État </em>». Et autour de l’étang, entre ciel, fleuve et mer, parc naturel et industrie pétrolière, on sait combien les équilibres des écosystèmes sont fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Toute une histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Istres, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Miramas, Grans et Cornillon-Confoux. Depuis plus de 50 ans ces communes de taille variable se sont alliées pour le meilleur et pour le pire, menant ensemble un projet culturel cohérent et ambitieux depuis 20 ans, à destination des habitant·es. Chaque ville est équipée d’un théâtre et d’un cinéma, ou d’une salle accueillant les deux, et l’ensemble est labellisé par l’État à deux titres&nbsp;: scène conventionnée, cinéma art et essai. À ces équipements s’ajoutent L’Usine, scène de musiques actuelles à Istres, un réseau de 7 médiathèques, des conservatoires et écoles de musique …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces équipements sont plébiscités par les 100 000 habitant·es&nbsp;des 6 communes : 20% sont inscrit·es aux médiathèques, les abonné·es sont fidèles, les salles pleines. La programmation est artistiquement ambitieuse, l’éducation artistique ancienne et massive, et les tarifs très bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changements politiques</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les dernières élections municipales viennent remettre en cause les équilibres. Le maire de Fos-sur-Mer, contrairement à d’autres maires RN de la région est, d’après Daniel Gagnon, «&nbsp;<em>satisfait que Fos appartienne à Scènes et Cinés</em>&nbsp;». Il fait désormais partie du Conseil d’Administration de la régie culturelle avec son adjoint à la culture, au même titre que les 5 autres maires et adjoints.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, le changement politique à Istres a immédiatement bouleversé la donne. François Bernardini régnait depuis 2001 sur la sous-préfecture. Il attend désormais le résultat de son procès (délibéré le 7 octobre) pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Le Parquet a requis 2 ans ferme, son avocat Michel Pezet a plaidé la relaxe. La Ville d’Istres s’est portée partie civile contre son ancien édile. Continuera-t-elle sa politique culturelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Istres, capitale culturelle de l’Ouest</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville de 470 00 habitants concentre la plus grande part des équipements&nbsp; culturels : un cinéma art et essai, la formation professionnelle Coline, un musée d’art contemporain, Polaris, la salle de musique actuelle L’Usine, la médiathèque René Char récemment ouverte qui s’ajoute à celle du quartier d’Entressen, le Festival les Élancées, essentiel dans le circuit des «&nbsp;arts du geste&nbsp;», et le Théâtre de l’Olivier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construit dans les années 1970 ce théâtre, vétuste, inadapté, contenait de l’amiante. Quand la Ville d’Istres s’est attelée à sa rénovation, l’État a conseillé de le détruire, pour construire un équipement neuf. Les travaux, au départ estimés à 17 millions, s’élèvent désormais à plus de 43 millions, et ont pris du retard, en raison, entre autres, de la défaillance d’une des entreprises, en charge de la plomberie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un coût que le nouveau maire, Robin Prétot, estime démesuré, tout comme Nicolas Isnard, nouveau président de la métropole. Mais les budgets et les travaux sont engagés, et Thierry Pariente, le nouveau directeur de Scènes et Cinés, assure que «&nbsp;<em>le nouveau théâtre ouvrira, ce n’est pas une option, mais une certitude&nbsp;</em>». Son ouverture est prévue en octobre 2028. Et le bâtiment conçu par l’agence d’architectes Wilmotte &amp; associés, est beau, tout en courbes et en ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne peut que se féliciter de la réouverture d’un théâtre, dans un contexte où certains ferment. Ce sera un magnifique équipement, avec une grande salle modulable et insonorisée, plus une petite salle, un restaurant…</em>&nbsp;» Mais un équipement ambitieux nécessite un financement de fonctionnement à la hauteur. Thierry Pariente rappelle que «<em>&nbsp;le budget du Théâtre de l’Olivier existe&nbsp;</em>»et que la régie«<em>&nbsp;a toujours maintenu, pendant les années de fermeture, une programmation hors les murs, qui est financée.</em>&nbsp;» Cela suffira-t-il au fonctionnement annuel du nouvel équipement, dans un contexte de crise ouverte à la Métropole&nbsp;et à la Ville ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Il nous faudra trouver un nouveau fonctionnement</em>&nbsp;», explique Daniel Gagnon. «&nbsp;<em>La métropole a constitué un groupe inter services en lien avec la direction de la régie pour explorer toutes les pistes qui permettront d’assurer son fonctionnement</em>&nbsp;». Une délégation de service public à un opérateur privé&nbsp;? «&nbsp;<em>C’est une option qui a été évoquée, mais nous voulons garder le Théâtre de l’Olivier dans le réseau de Scènes et Cinés</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Remunicipaliser ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est pourtant pas à une augmentation des budgets métropolitains. Et la remunicipalisation des équipements culturels est, d’après Daniel Gagnon, impossible. «&nbsp;<em>La médiathèque de Cornillon-Confoux n’a que 5 000 documents, elle n’existe que parce qu’elle est en réseau avec les autres</em>&nbsp;». Quant à L’Oppidum, salle modulable de 100 places créée en 2019 dans sa petite ville de 1 600 habitants, il ne pourrait fonctionner sans la dynamique de Scènes et cinés, et le financement de la Métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On pourrait peut-être envisager de récréer les Territoires</em>&nbsp;», avance en souriant le maire, sous couvert de plaisanterie, ou de test. Il n’est pas inutile de rappeler qu’avant la Métropole la vie culturelle des villes et des territoires fonctionnait plutôt mieux…</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>La conférence de presse de Scènes et Cinés s’est tenue<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 22 juin</mark></strong> au Château des Baumes, à Istres, au dernier jour, pure coïncidence, du procès de François Bernardini à Paris.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Saison Méditerranée : Du grand spectacle sur le grand port</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la Saison Méditerranée dans le Grand port de Marseille est-elle née&#160;? &#160; Alexis Nys. C’est la première fois qu’une Saison ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la <em>Saison Méditerranée</em> dans le Grand port de Marseille est-elle née&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexis Nys.</strong> C’est la première fois qu’une <em>Saison</em> ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y avoir dans cette ville, en lien avec la Méditerranée. Elle a voulu profiter de cet événement pour se mettre face à la mer, et construire un grand événement dans cet espace qui est d’ordinaire fermé aux Marseillais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La particularité de cet espace, fermé au public, n’a pas été trop contraignant pour vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em><a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée</a></em> est impulsée par l’État, et le <a href="https://www.marseille-port.fr/actualites/le-port-souvre-la-saison-mediterranee">Grand Port maritime de Marseille</a> (GPMM) relève lui aussi de l’État, donc il y a eu une fluidification des contacts. On a eu en juin dernier un rendez-vous avec Christophe Castaner [<em>président du conseil de surveillance du port, ndlr</em>], qui nous a affiché son souhait de participer à cet événement et d’ouvrir le port. Assez vite, le GPMM nous a proposé un espace, le Port Center [<em>entre le J4 et le J1, il peut accueillir 5000 personnes, ndlr</em>]. On y a vu une scénographie sur laquelle on pouvait travailler. La difficulté est sur l’artistique, c’est à dire de trouver des compagnies qui sont capables de travailler sur des formats de cette envergure-là. On a pensé à la compagnie Mécanique Vivante – et ses sirènes de pompiers qui évoquent les sirènes de bateaux –, et on a proposé au Conservatoire de Marseille de construire une forme sur-mesure, participative, en mobilisant plus de 200 musiciens amateurs qui vont intervenir pour ce moment-là [lire ci-dessous]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y aura de la musique mais pas seulement.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de <a href="https://www.lieuxpublics.com/fr">Lieux Publics</a> est d’être pluridisciplinaire. On embrasse tout le spectre des disciplines à condition que ca ne se joue pas dans un théâtre. Il y aura de la danse avec <em>Danser ma ville</em> et <em>Tarab</em>, du théâtre avec Sébastien Kheroufi sur la digue du Large, et deux grandes installations plastiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parmi les œuvres plastiques, il y a <em>Re-Lighthouse</em>, un phare qui va prendre place au bout du J4. Que pouvez-vous nous dire sur cette installation&nbsp;?&nbsp;</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="696" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136560" style="width:286px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1024%2C1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1068%2C1068&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?w=1080&amp;ssl=1 1080w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Shareef Sarhan</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">C’est une œuvre de Shareef Sarhan qu’on&nbsp; accueille depuis un an à la Cité des arts de la rue avec le programme Pause [<em>programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil</em>]. Il vient de Gaza, mais il a eu la «&nbsp;chance&nbsp;» de ne pas y être au moment du 7-Octobre et de la réponse israélienne. Avec l’aide du collectif marseillais Maam for Gaza artists, on a ciblé Shareef car il avait envie de travailler dans l’espace public. Il avait construit ce phare à Gaza, qui avait été une «&nbsp;illumination&nbsp;» pour lui. Lui qui travaillait habituellement en galerie – pour de la photo notamment –, il a découvert la puissance de l’art en espace public. L’accueillir à la Cité des arts de la rue nous a permis de lui donner plus d’ouvertures sur les possibles de cette pratique, et de l’emmener vers la reconstruction de ce phare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un phare qui a été détruit par des chars israéliens sur le port de Gaza. On imagine l’émotion pour lui de le voir s’ériger à nouveau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il dit qu’il se reconstruit lui-même en même temps qu’il reconstruit ce phare. Le projet c’est ensuite de le démonter et de le déplacer à Bordeaux et Montpellier cet automne, l’exposer à la Cité des arts de la rue, et un jour, quand ce sera possible, on l’emmènera à Gaza. Ce phare porte un récit puissant&nbsp;: l’art peut reconstruire, et il est plus fort que la guerre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Une nuit au Grand Port<br></strong>Ce sera le point d’orgue de la séquence d’ouverture de la <em>Saison Méditerranée</em> à Marseille. Le 23 mai, le port se transforme en une grande scène où se mêleront spectacle vivant, danse et rencontres culinaires. Les mythiques carrioles de la Friche investissent le Grand Port afin d’offrir au public des créations culinaires venues des rives méditerranéennes : slata méchouïa, beignets d’anchois et autres délices. <br>Les arts vivants feront aussi partie intégrante de la fête. L’alliance de <a href="https://www.campusartmediterranee.fr">Campus Art Méditerranée</a> et de la <a href="https://mecanique-vivante.com">compagnie Mécanique Vivante</a> présenteront leur<em> Symphonie portuaire</em>, une «<em> ode à la mer</em> »dans une création musicale plurielle où fanfare intergénérationnelle, orchestre polyphonique, musicien·nes solistes, percussionnistes composent un grand tableau vivant. <br>La soirée se clôturera avec <em>Tarab</em>, de la compagnie Shōnen, réunissant le compositeur Rayess Bek et huit danseur·euses originaires d’Égypte, du Liban et de Palestine. Pas question de rester assis : des danseur·euses complices (ils sont 200 !) embarqueront le public dans des danses sociales participatives, de la dabkeh à la taa’kib, jusqu’au bout de la nuit. C.L.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 mai</mark><br><strong>Grand Port Maritime de Marseille</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136561" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Symphonie portuaire © Jeremie Bernard</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Taoufiq Izzediou va faire danser la ville</strong><br>Le chorégraphe Taoufiq Izzediou est un pionnier de la danse contemporaine au Maroc, son pays natal. Dans le cadre de la Saison Méditerranée, le Théâtre Joliette et Lieux Publics l’invitent à recréer son projet participatif <em>Danser ma ville</em>, créé à l’occasion de la dernière édition de <em>On Marche</em> à Marrakech, cette fois à Marseille et avec des Marseillais·es.  <br>Une création dans l’espace public grand format, puisqu’il réunit près d’une centaine de personnes, de tout âge, toutes origines et tous types de corps sur l’esplanade Gisèle Halimi (à proximité du Mucem). <em>C.M.</em><br><br>16 mai<br><strong>Esplanade Gisèle Halimi</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="463" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136562" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1024%2C681&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1068%2C710&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=632%2C420&amp;ssl=1 632w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">DANSER MA VILLE © Gabriela Carvalho</figcaption></figure>



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		<title>« L’art est plus fort que la guerre »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:23:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’ouverture de la Saison Méditerranée à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&#160;saisons&#160;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture de la <a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée </a>à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&nbsp;saisons&nbsp;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. À cette date, Emmanuel Macron déclarait à Marseille qu’il voulait «&nbsp;<em>mettre en valeur la jeunesse et les diasporas de toutes les rives&nbsp;</em>» de la Méditerranée. &nbsp; Aujourd’hui il s’agit, par des moyens diplomatiques, de maintenir ou rétablir un horizon de paix dans un monde qui s’est enflammé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette « Méditerranée » est devenue un euphémisme :  cette Saison a prévu dès son origine de programmer des artistes venus de la rive arabophone de la Méditerranée. Plus précisément du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte et du Liban, c’est-à-dire des pays qui ont un lien historique avec la langue française. Mais depuis le 7-Octobre et la sanglante riposte israélienne, depuis les tensions avec l’Algérie, ou entre l’Algérie et le Maroc, et les violences commises par la Tunisie contre les migrants subsahariens… la question des solutions diplomatiques se pose avec une acuité nouvelle. Plus encore depuis que le sud du Liban subit les représailles disproportionnées et aveugles de l’armée israélienne. Comme le dit Alexis Nys [<a href="https://journalzebuline.fr/saison-mediterranee-du-grand-spectacle-sur-le-grand-port/">Lire ici]</a>, comme l’espère Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison, le dialogue des cultures et des arts est un outil puissant sinon pour arrêter les guerres, du moins pour soigner les sentiments des peuples. </p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Méditerranée est ici</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste est donc politique, et c’est d’ailleurs la première fois qu’une Saison ouvre ailleurs qu’à Paris. La Ville de Marseille participe donc au financement de l’ouverture de cet événement «&nbsp;populaire et festif&nbsp;» qui ne s’attache pas aux artistes de la région, pourtant eux aussi méditerranéens. Les Corses, les Espagnols, les Italiens de Marseille sont aussi des Méditerranéens, comme les Provençaux et différents parleurs marseillais. Et les autres diasporas de Marseille, subsahariennes, iliennes, séfarades, ashkénazes, comoriennes, tchétchènes ou arméniennes, russes ou ukrainiennes, sont aussi méditerranéennes quand elles s’installent sur nos rives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, c’est d’ailleurs cela, la Méditerranée. Un espace où les particularismes s’expriment mais où les communautés ont su, souvent,&nbsp; s’entendre et se fondre. Un espace avec ses circulations, ses rencontres, ses échanges de poésie, d’artisanat, d’ornements et de musiques. Sur toutes ses rives, ses terres arides nourrissent difficilement, mais produisent des saveurs et des parfums charpentés et inoubliables.&nbsp; Car cette mer qui ne reflue pas, découpe les côtes en calanques et dessine chacun de nos horizons avec un bleu constant qui rejoint, sans vague, celui du ciel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Méditerranée commune, séculaire et offerte à tous ceux qui la rejoignent, est aujourd’hui une mer de mort, de bombes et de déchirements. De génocide, de noyade de masse, de guerres sans fin. Un espace qui divise violemment les peuples qui la constituent, qui la traversent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais&#8230; peut-être que les artistes, et tous les exilés de Marseille, peuvent construire ensemble une réponse aux impasses des guerres. Et le Fort Saint Jean redevenir un phare, pour Gaza.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">PS. Je finis d’écrire cet édito dans le train qui me ramène vers ma ville. Au sortir du tunnel de l’Estaque la rade éclate, la découpe de ses îles, son eau soudaine et ses scintillements. Les genêts et les bruyères mêlent leur rose et or au vert des pins, les coquelicots s’imposent, et les tags sur les murs ocres se joignent aux couleurs inouïes du paysage. Une Américaine assise à mes cotés murmure&nbsp;: <em>It’s so beautiful</em>. Ici, la Méditerranée n’est pas qu’une saison.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/edito/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 08:57:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais aussi par les restrictions budgétaires imposées aux collectivités&nbsp;par le gouvernement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;<em>La création artistique est une nécessité pour inventer des récits communs</em>&nbsp;», affirme-t-il, tandis que Nicole Joulia, son homologue au Département 13, s’inquiète aussi de l’impasse budgétaire de la Métropole Aix-Marseille&nbsp;: «&nbsp;<em>Les Marseillais ont prouvé qu’ils pouvaient se lever contre ceux qui ne respectent pas les différences. Il faut que nous soyons prêts à défendre ensemble une culture publique ouverte, celle qui fait la richesse de notre territoire et de notre région.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une perspective d’alliance inédite&nbsp;? Allons-nous vers la possibilité d’un regroupement républicain d’urgence face à la double menace de l’extrême droite, qui censure et annule les festivals à tour de bras, et de l’extrême centre, qui impose aux collectivités territoriales d’annuler des événements et des subventions pour tenir leurs budgets&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vous dansiez ? j’en suis fort aise</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Jordan Bardella comme président de la République semble aujourd’hui probable. Plus seulement possible, probable. Le monde culturel s’y prépare avec effroi. Les élus attachés au bien commun et aux valeurs de la République aussi, se demandant quelles alliances nouvelles ils doivent tisser pour éviter le pire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est la sidération qui domine, empêchant l’action, empêchant de danser, empêchant d’affirmer que cela est impossible, qu’il faut se mobiliser… Car comment la patrie qui a inventé la démocratie moderne et les droits de l’Homme, les droits d’auteur et l’exception culturelle, le théâtre de service public, une politique publique du livre et du cinéma, peut-elle sombrer à ce point&nbsp;? Comment le pays d’Europe où vivent les plus grandes communautés musulmanes et juives, celui qui au sortir de la guerre a su adopter des lois sociales qui le structurent encore aujourd’hui, peut-il désirer renouer avec le régime et les valeurs de Vichy, le droit du sang et la préférence nationale, la défense inconditionnelle des forces de l’ordre même lorsqu’elles sombrent dans la violence&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, on sait que l’appauvrissement des classes populaires, l’absence de perspective des jeunes et la destruction progressive des services publics doit s’arrêter pour que le fascisme s’éloigne. Mais comment les fractures entre les partis permettraient-elles aujourd’hui une candidature unique, seule capable de se qualifier au second tour&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, les quelques-uns qui résistent au ciottisme et restent fidèles au gaullisme, les quelques-uns qui pourraient, dans un duel gauche-RN, faire barrage au fascisme, les quelques-uns qui ne cèdent pas au lavage de cerveau du système Bolloré, sont aujourd’hui hyper-minoritaires. Ce sont pourtant eux qui doivent comprendre, et faire comprendre à leur camp, que désespérer le peuple conduit soit au fascisme, soit à la révolution. De type sanglant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Et bien chantons maintenant</strong></mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet été de festivals qui s’annonce sera peut-être le dernier&nbsp;: un président d’extrême droite ne permettra pas cet espace de liberté et de démocratie. Déjà, à Avignon, le nouveau maire a choisi deux vice-présidents d’extrême droite, et critique la programmation d’un festival qu’il juge pro-palestinien. Déjà, les maires RN retirent les drapeaux LGBTQI, censurent les festivals et les maisons de théâtre. Déjà la commission parlementaire ciottiste a attaqué l’audiovisuel public, ciment essentiel à notre démocratie. Déjà les aides à la presse indépendante disparaissent, laissant le champ libre à la presse Bolloré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un peu plus d’un an. Il est temps de chanter ensemble, à pleins poumons. Sinon nous sommes perdus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL&nbsp;</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Vous reprendrez bien une Bourbon ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 12:26:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&#160; Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et au prénom à consonance hébraïque qui s’embourbe un peu dans le Jourdain. Mais sa naissance roturière en Seine-Saint-Denis ne disqualifie pas ce chevalier si blanc et bien photoshopé, pas comme cet édile noir qui a ravi la sépulture des Bourbons aux Dionysiens de souche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, cette mésalliance avec un jeune homme sans sang bleu ni baptême n’est pas, pour la princesse, un inutile sacrifice : seul ce chef du parti national peut ramener les Bourbon sur le trône de France, pour humilier enfin ces mécréants révolutionnaires qui ont décapité le bon Louis, mettant fin à la si mirifique histoire du Royaume François.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement pour la gloire du Royaume et sa possible résurgence, princes charmants et princesses blondes aux longs cheveux lissés persistent dans les contes de nos enfances, les dessins animées et produits dérivés Disney, la presse people et Bolloré, et la frénésie de la communication TikTok.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monarchisme et extrême-droite</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-elle vraiment décapitée, d’ailleurs, cette France des rois ? À force de financer des parcs à thèmes contre-révolutionnaires, de confondre restauration du patrimoine avec opération Stéphane Bern pour touristifier églises et châteaux décatis, à force de chanter les louanges des familles royales du Rocher ou d’Albion, pourtant peu admirables, la République française cultive en douce la nostalgie de la France aristocratique. Celle-là même qui savait si bien trafiquer les esclaves, exploiter les serfs et cuisser les servantes, mépriser le travail et affamer le peuple. Celle-là même qui est historiquement liée à l’ultra-droite nationaliste et collaborationniste. Celle-là même qui nie une valeur fondamentale de notre constitution républicaine, l’égalité de droit des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais fi, que d’inutiles réserves ! Puisque la République française rend sans hésiter un hommage national à un facho patenté, pourquoi ne pas remonter sur le trône grâce à cette extrême droite certes roturière, mais si galamment prête à servir l’importance du sang, de la fortune et des valeurs héritées ? Allons-y, plus personne ne conteste les conséquences économiques du luxe dispendieux des familles royales et de leurs affidés. L’enclave monégasque et la monarchie anglaise sont glorifiées à longueur de séries populaires, de magazines people et de post consternants d’influenceuses, qui placent des produits de luxe auprès de jeunes consommatrices prisonnières de la mode et soumises aux it-girls. Pourquoi se gêner ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Luxe nauséabond</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la prétendue Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, dont la légitimité d’héritière du trône français est contestée par la famille royale d’Espagne, est en revanche, incontestablement, une influenceuse TikTok qui place des produits de luxe auprès de ses fans roturières. Ses parents reçoivent la «&nbsp;jet set&nbsp;» (dont Jeffrey Epstein, Woody Allen et Caroline Lang) dans leur appartement de la rue Montaigne. Ils lui ont attribué le titre «&nbsp;de courtoisie&nbsp;» de comtesse de Calabre et de Palerme (palabres et balivernes ?). Et ont même «&nbsp;aboli&nbsp;» la loi salique en 2016 pour elle ! Elle milite d’ailleurs sur ses réseaux pour la mémoire des Reines, «&nbsp;<em>ces oubliées de l’histoire&nbsp;</em>» auxquelles elle veut enfin «&nbsp;<em>rendre justice</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à sa fortune, elle vient de l’héritage de Camilio Crociani, son grand-père maternel vendeur d’armes, officier de Mussolini, collaborateur amnistié après la guerre, qui a fui au Mexique en 1976 après que la justice italienne a émis un mandat d’arrêt contre lui, suite aux pots-de-vin versés au gouvernement pour remporter des marchés militaires (affaire Lockheed).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’argent de l’aristocratie semble avoir moins d’odeur que celui de la bourbe, et la princesse peut sans complexe se pavaner en jet ski à Dubaï et étudier le luxe à Monaco sans que personne ne trouve cela scandaleux et indécent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les crapauds de l’histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, si dans les contes les crapauds se changent en princes charmants, les vieux autocrates de ce monde commencent à accumuler quelques revers. Pas sûr que les selfies de Marie Caroline avec Trump soient aujourd’hui une bonne publicité pour le petit prince brun du Rassemblement national. Le revers d’Orbán en Hongrie, le non au référendum de Meloni, les revers électoraux de Trump qui s’accumulent, semblent amorcer un recul possible de l’internationale d’extrême droite. Les masques tombent, et Princes et Princesses montrent enfin leurs vrais visages de batraciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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		<title>Quelles valeurs actuelles ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:13:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&#160; Ce colonialisme décomplexé nie une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce colonialisme décomplexé nie une Histoire documentée, commençant par une conquête meurtrière, suivie d’une occupation violente, de tortures établies, de répression sanglante des immigrés en France et d’une guerre de libération meurtrière qui a tué 250 000 Algériens et en a déplacés 2 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Une raciste est passée inaperçue parce qu’elle coïncidait avec l’attaque tout aussi raciste et abjecte dont le nouveau maire dionysien a été victime. Mais la presse ne peut pas, à ce point, dire n’importe quoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à l’attaque grossière mais massive de Bally Bagayoko par des médias audiovisuels qui s’emballent et peuvent être aisément contredits, la Une de <em>Valeurs Actuelles</em> est construite, sinon subtile.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="974" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C974&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-135808" style="aspect-ratio:0.7148542816792913;width:201px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=732%2C1024&amp;ssl=1 732w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=215%2C300&amp;ssl=1 215w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=768%2C1074&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=150%2C210&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=300%2C420&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C973&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?w=991&amp;ssl=1 991w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Procédés illittéraires</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En haut à gauche, la caution intellectuelle, Boualem Sansal. Il est interviewé longuement (8 pages) avec Suzy Simon-Nicaise, responsable du Cercle Algérianiste, nostalgique de l’Algérie Française, défendant Bugeaud dans ses publications et dénonçant le «&nbsp;terrorisme et le séparatisme&nbsp;» des Algériens en France.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les titres, un euphémisme caractérisé : les 132 ans de colonisation deviennent 132 ans de «&nbsp;présence française&nbsp;». Et de belles ellipses : «&nbsp;santé, éducation, agriculture, énergie&nbsp;» ne mentionnent ni les essais nucléaires, ni la sous citoyenneté musulmane, ni l’exploitation extractive, ni pillage culturel, ni l’enrôlement forcé comme chair à canon des guerres françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins subtil, l’énoncé contrefacteur. De nombreux détails de la photo montrent qu’elle a été générée par une IA : les visages des deux hommes sont identiques, il manque une demie-bouche à la femme en mini-jupe qui a une palme en guise de main gauche, les voitures semblent de papier froissé… Le temps béni des colonies doit décidément inventer des images !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Instances de dérégulation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que fait l’Arcom ? Rien. L’Autorité est chargée par le Conseil d’Etat de réguler la communication audiovisuelle et numérique, mais le déferlement de négrophobie à l’encontre de l’édile de la « ville des rois morts et des peuples vivants » ne la choque pas. Elle ne défend même plus le principe, gravé pourtant dans la loi française, du pluralisme audiovisuel <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark></sup>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au pluralisme de la presse, il garantit au citoyen un accès égal à une pluralité d’opinion. La domination en nombre d’exemplaires et de titres des journaux d’extrême droite dans les réseaux de distribution d’extrême droite est contraire aux conclusions du Conseil d’État et de l’UE. Sans parler, évidemment, de l’incitation à la haine raciale qui est un crime, et de l’affirmation de fake news.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que la colonisation française a construit l’Algérie est un mensonge. Quelle instance pour réagir ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark>.</sup> « Il découle des stipulations de […] la Convention européenne […] une obligation de mettre en place […] un cadre juridique et administratif propre à garantir le pluralisme des médias, qui doit s’entendre tant du pluralisme externe entre les différents médias d’information que du pluralisme interne qui vise […] à assurer une expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, l’accès du public devant ainsi être garanti à des informations impartiales et exactes et à une pluralité d’opinions et de commentaires. » (Décision n° 463162 du Conseil d’État du 13 février 2024)</p>



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		<title>La disparition des castors</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 13:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En cette semaine où il est question de faire, ou non, barrage au RN, la famille des rongeurs architectes peut, du moins si l’on croit aux vertus des métaphores, nous fournir une image de certains mirages et effondrements. Ceux que l’humain, spéciste par nécessité vitale puis par instinct de domination, provoque lorsqu’il abandonne son esprit [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En cette semaine où il est question de faire, ou non, barrage au RN, la famille des rongeurs architectes peut, du moins si l’on croit aux vertus des métaphores, nous fournir une image de certains mirages et effondrements. Ceux que l’humain, spéciste par nécessité vitale puis par instinct de domination, provoque lorsqu’il abandonne son esprit de finesse et cherche des solutions simplistes aux menaces.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger RN est immédiat. Il est en passe de détruire les dernières digues de Provence, déjà emportées par la fascisation rapide et guerrière du monde, qui entraine l’humanité vers d’inédits néants. Dans cette tempête où l’on s’accroche à toute prise qui semble tenir un peu, une réflexion sur ce qui fait barrage ou mirage s’impose. Ou un détour animalier comme les aimaient Esope et la Fontaine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ceux qui nuisent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons plus que jamais besoin des castors. Les vrais. Pas les ragondins, pas les capybaras qui ne sont pas des architectes, même s’ils sont eux aussi des rongeurs sauvages semi-aquatiques à poils bruns, chassés depuis la préhistoire pour leur fourrure et la saveur de leur viande.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le castor est parfois confondu avec ces cousins qui savent comme lui nager à contre-courant. Mais les ragondins d’Europe construisent des terriers sous-marins qui affaiblissent les berges, les capybaras d’Amérique – sujets de <em>memes</em> pour toute une génération sur TikTok – sont de rongeurs paisibles mais fainéants, très peu constructeurs, porteurs de maladies qu’ils transmettent en s’approchant des troupeaux et des hommes. Et passant le plus clair de leur temps à marquer la végétation du produit odorifère de leurs glandes anales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ceux qui préservent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ragondins et capybaras n’ont pas la prétention de se faire passer pour des castors, mais nombreux sont les humains qui les croient capables de construire des refuges et des digues. Pourtant, une fois sortis de l’eau, la taille hors du commun du capybara et l’absence de queue plate du ragondin,&nbsp; interdisent toute imposture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc : sus au ragondin, bof au capybara, et gloire au castor ? Ce vegan précieux est un architecte  hors pair qui construit des barrages et des huttes, et préserve ainsi de la sècheresse en amont de son habitat, et des inondations en aval. Fortement menacé de disparition dans les années 1970, il est désormais protégé, réintroduit dans les rivières européennes et canadiennes pour aider à réguler les flux de cours d’eau de plus en plus intempestifs. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur quasi disparition à la fin du siècle dernier a laissé des traces : issues de très peu d’individus, les générations actuelles, sont équipées de puces (électroniques, et d’autres aussi parfois). Car l’inquiétude sur leur préservation demeure : ils sont plus nombreux qu’il y a 30 ans mais souffrent de consanguinité, et s’affaiblissent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rongeur d’horizon</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment construire des barrages solides avec des espèces raréfiées, concurrencées par des <em>memes</em> populaires voire des imposteurs nuisibles ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La métaphore a ses limites, mais toute fable a un sens politique multiple, variable et relatif. Chacun verra son ragondin, son capybara, son castor à sa porte. Et pourvu que le RN n’accède pas, dimanche, à la gouvernance de nos villes, tout rongeur semi-aquatique est bon à prendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semblerait qu’une fois encore les barrages républicains à Marseille, Toulon, Martigues… vont nous prémunir du pire. Mais jusqu’à quand ? Que vont devenir nos départements, notre région, notre pays ? Pour lutter contre l’inexorable montée des eaux brunes, les castors ne suffiront pas : il nous faut convaincre les électeurs, retrouver de véritables alternatives, des horizons désirables et des printemps joyeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNES FRESCHEL</p>



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		<title>Quand l’art est en situation irrégulière </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:49:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fulu Miziki est un groupe largement identifié de la diaspora africaine. Créé par six amis d’enfance à Kinshasa, il s’est fait connaître pour sa musique inclassable jouée sur des instruments fabriqués à partir de matériaux de récupération, avec un message explicitement écologique. Repérés en 2019 par la maison de production marseillaise Bi:Pole, ils arrivent en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Fulu Miziki est un groupe largement identifié de la diaspora africaine. Créé par six amis d’enfance à Kinshasa, il s’est fait connaître pour sa musique inclassable jouée sur des instruments fabriqués à partir de matériaux de récupération, avec un message explicitement écologique. Repérés en 2019 par la maison de production marseillaise <a href="Bi:Pole,">Bi:Pole,</a> ils arrivent en France deux ans plus tard avec un passeport « Talent ». Ces titres, introduits en 2016, sont destinés « <em>aux étrangers qui apportent une contribution au développement et au rayonnement de la France </em>» dans différents domaines, notamment artistique ou littéraire. Ils permettent d’entrer et de séjourner légalement sur le territoire français, mais n’équivalent pas à un titre de séjour de longue durée. Les Fulu Miziki, doivent donc, chaque année, demander le renouvellement de leur titre de séjour, et affronter les dysfonctionnements administratifs des services de l’immigration. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un système dysfonctionnel </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les artistes, comme toute personne souhaitant obtenir ou renouveler un titre de séjour, font face à des temps d’instruction de plus en plus longs, dépassant bien souvent les délais prévus et donc la validité de leurs attestations de prolongation d’instruction (API). Ces attestations, qui garantissent l’accès aux droits et l’autorisation de travailler dans un cadre légal, doivent en principe être délivrées et renouvelées automatiquement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce n’est souvent pas le cas, comme le dénonce une tribune intitulée <a href="https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050326/ne-suspendons-pas-la-vie-des-artistes-etrangers">« <em>Ne suspendons pas la vie des artistes étrangers !</em> »</a> publiée sur Mediapart le 5 mars et co-signée, entres autres, par Bi:Pôle et Friche La Belle de Mai. On peut y lire que la « <em>diversité, souhaitée par nos publics et encouragée par la diplomatie culturelle, est pourtant de plus en plus difficile à faire vivre</em> ». Ce 10 mars, c’est au tour du Syndicat Français des Artistes Interprètes et la CGT Spectacle d’interpeller l’administration dans un communiqué commun. Ils demandent notamment l’arrêt des radiations de France Travail et le renouvellement automatique des API.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de titre de séjour entraîne automatiquement une radiation de France Travail, et donc du régime de l’intermittence. Les artistes ne peuvent alors plus cumuler les heures de travail leur permettant d’accéder à leurs droits, et il n’est pas possible de récupérer rétroactivement ces heures une fois la situation régularisée. Par exemple, l’un des membres du collectif a reçu fin février la fameuse API qui lui manquait depuis janvier, ce qui lui permet de réintégrer le régime de l’intermittence, mais pas de déclarer les heures travaillées durant ces deux mois. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas possible non plus d’obtenir des visas pour voyager à l’étranger. Leur tournée à venir est donc compromise. Pour <strong>Sekembele</strong>, membre de Fulu Miziki, «<em>&nbsp;la France est l’un des meilleurs pays pour les artistes</em>&nbsp;» grâce au régime de l’intermittence, «&nbsp;<em>mais le problème c’est l’administration&nbsp;</em>». «&nbsp;<em>Quand on a plus les papiers, on perd nos droits automatiquement, mais quand tout est régularisé ça ne se remet pas en place automatiquement</em>.&nbsp;» renchérit&nbsp; <strong>Tché Tché</strong>, autre membre du groupe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les associations alertent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dysfonctionnements administratifs touchent toutes les personnes immigrées. Dans une lettre ouverte au préfet des Bouches-du-Rhône, La<a href="https://www.lacimade.org/regions/sud-est/"> Cimade Marseille</a> dénonce des « <em>situations kafkaïennes </em>[&#8230;] <em>du fait des dysfonctionnements de l’administration.</em> » Les personnes sont « <em>privées de documents attestant de la régularité de (leur) situation</em> », ce qui entraîne une incapacité à travailler légalement et à percevoir les droits sociaux, tels que l’assurance maladie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, les démarches administratives représentent une somme non-négligeable, car l’obtention ou le renouvellement d’un titre de séjour nécessite l’achat d’un timbre fiscal spécifique, et le prix de la carte en elle-même. Ce coût varie selon le type de titre de séjour, et une taxe peut s’y ajouter dans le cas d’une présence irrégulière sur le territoire (visa de régularisation). La loi de finance 2026 prévoit une augmentation de 50% de ces taxes et du droit de timbre. À compter du 1<sup>er</sup> mai, le prix d’un premier titre de séjour s’élèvera ainsi à 350 euros… dans le meilleur des cas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>On n’arrête pas la musique </strong><br>Ce 13 mars, un concert de soutien à Fulu Miziki est organisé au Petit Cab (Friche La Belle de mai), en début de soirée. L’occasion pour le groupe de lever des fonds et d’alerter sur leur situation, mais aussi de présenter de nouveaux morceaux sur lesquels ils travaillent depuis la fin de leur tournée en décembre dernier.<br>Ces nouveaux titres, qui devraient figurer sur un prochain album, sont justement inspirés par les différents groupes et sonorités qu’ils ont pu entendre dans les festivals internationaux auxquels ils ont participé. Ils ont donc innové, en fabriquant par exemple de nouveaux instruments, toujours avec la même démarche écologique qui a fait leur réputation. Car ils sont formels : leur message doit vivre malgré les difficultés qu’ils rencontrent actuellement. C.M.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 mars</mark><br><strong>Friche La Belle de mai</strong>, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La fluctuation des mairesses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:26:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Aragon l’écrivait, Ferrat le chantait, <em>La Femme est l’avenir de l’Homme</em>… Vraiment ? Elle est, pour le coup, enfin devenue en partie son présent. Une femme, Julie Deliquet, prend enfin la direction de La Colline, un des six théâtres nationaux français. Sur nos scènes régionales, dans nos maisons d’édition, sur nos cimaises, les femmes s’imposent et tiennent un discours clairement féministe. Au Centre de la Photographie <em>Les femmes ont faim</em> réhabilitent l’appétit, à La Criée <em>L’Art de la joie</em> célèbre la jouissance féminine, au Théâtre Joliette les mères apprennent à leurs filles à porter des coups. Ici les femmes écrivent, chantent, dansent, revisitent les chefs-d’œuvre, remportent des Césars. Mais elles ne sont toujours pas têtes de listes aux municipales. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Parité insuffisante</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la loi sur la parité oblige à l’égalité stricte et à l’alternance H/F sur les listes, y compris aujourd’hui dans les communes de moins de 1000 habitants, rien n’oblige à avoir des mairEs. Qu’on ne sait toujours pas nommer, d’ailleurs. Madame la maire, madame le maire, les mairEs, les femmes maires ou les mairesses&nbsp;? Comment les écrit-on, comment les prononce-t-on&nbsp;? Leur dénomination n’est toujours pas fixée, et fluctue. Et assone, lorsqu’on le prononce sans l’écrire, avec les mamans de chacun·e.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait que le flou dans une dénomination incite à l’effacement dans le réel et que nommer correctement les choses, les gens, permet d’affirmer leur existence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fluctuation des mairesses est aussi le signe de leur effacement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire qu’elles représentent aujourd’hui, à la veille des élections municipales, 20&nbsp;% seulement des maires sortant·es. Selon le ministère de l’Intérieur, elles sont à peine plus nombreuses, 24,4&nbsp;%, à briguer pour le scrutin de dimanche la gouvernance des villes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ne devrait pas augmenter de 4,4&nbsp;points le nombre de mairesses&nbsp;: un autre phénomène, documenté par la chercheuse Régine Sénac (<em>La Parité, </em>PUF), consiste pour les partis à proposer des femmes têtes de listes dans les communes perdues d’avance. Ainsi sont-elles moins nombreuses à être élues que leur 24,4&nbsp;% de départ, la prime au sortant agissant au demeurant, pour 80&nbsp;%, en faveur des hommes…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi sur la parité n’oblige pas non plus à dégenrer les rôles, et les femmes sont le plus souvent adjointes à la santé, la jeunesse, la culture, le social, ou aux droits des femmes, qu’au budget, à l’entreprise ou à l’urbanisme. Et cela dans tous les partis&nbsp;: les listes de gauche font un peu mieux en pourcentage (30%) que celles du centre/droite (23,3%) et de l’extrême droite (22,6%), mais les mairies de gauche reproduisent ensuite les stéréotypes genrés dans l’attribution des délégations et dans les instances de prise de décisions. Les premières adjointes, à 80&nbsp;% des femmes puisque 80&nbsp;% des maires sont des hommes, sont souvent plus décoratives que réellement au cœur du pouvoir. C’est souvent le deuxième adjoint, un homme, qui compte…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À l’exception des héritières</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe bien sûr des exceptions à ces tendances, mais les femmes édiles, celles qui dirigent des partis (aucune, faut-il le rappeler, n’a jamais dirigé la Nation) sont souvent des héritières qui doivent leur notoriété à leur mari, leur père, leur frère. De façon générale, étant donnée la structure du pouvoir, les femmes politiques doivent leurs mandats à des hommes, qui les ont choisies, dans leur parti ou leur commune. Aucune n’a réellement conquis le pouvoir par les vertus de la sororité, et les femmes choisies par les hommes sont souvent les plus cruelles concurrentes de leurs consœurs et concurrentes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, aujourd’hui, ce que nous disent nos scènes, c’est la puissante nécessité de penser les politiques féministes, et de partager enfin le pouvoir. Au Zef, à La Garance de Cavaillon, les <em>Forteresses [voir ci-dessous]</em> disent ce que les hommes, depuis 50 ans, font aux femmes iraniennes. Ce que tous les tyrans au pouvoir font aux femmes et aux peuples. En les minorant, en les enfermant, en les violant, en excisant leur jouissance, en diabolisant leurs appétits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène et dans les rues les femmes crient, et finiront par se faire entendre, contre les pseudos féministes de Némésis et les Meloni du monde qui veulent assigner les autres femmes, trop étrangères, trop débordantes, pas assez blondes, à la maternité subie et à la féminité naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr"> <em>Société</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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