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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Politique Culturelle - Journal Zebuline</title>
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		<title>Hip Hop Non Stop : La Ville dit stop</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 08:56:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 31 juillet sur le Vieux Port, le Rat Luciano, Rim K, ou Don Choa enflamment la scène flottante, face à la mairie de Marseille, et face à une foule composée de milliers de Marseillais et de touristes mélangés. La ferveur des images fait vite le tour des réseaux sociaux, et Marseille se voit une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce 31 juillet sur le Vieux Port, le Rat Luciano, Rim K, ou Don Choa enflamment la scène flottante, face à la mairie de Marseille, et face à une foule composée de milliers de Marseillais et de touristes mélangés. La ferveur des images fait vite le tour des réseaux sociaux, et Marseille se voit une fois encore en capitale incontestée du rap en France. Pourtant, quelques jours plus tôt, la Ville venait de saborder un des rendez-vous qui maillaient l’année hip-hop marseillaise, <em><a href="https://hiphop-nonstop.fr">Hip Hop Non Stop</a></em>. Une coupe sèche et tardive des subventions pour un événement qui prônait la gratuité, l’émergence et la parité dans sa programmation depuis 2021. Plusieurs semaines après l’annonce de cette annulation, <a href="https://urbanprod.net">Urban Prod,</a> l’association organisatrice, explique à <em>Zébuline</em> n’avoir toujours pas reçu d’explications concrètes sur les raisons de cette décision. <br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sixième édition de <em>HHNS</em> devait se tenir du 10 au 13 septembre, avec comme chaque année, un parcours dans plusieurs lieux de Marseille, principalement du centre ville et des quartiers Nord. Des concerts de rap, mais aussi de la danse, et du graff, le plus souvent portés par des jeunes talents et collectifs de Marseille et sa proche région. Mais cette promesse tenait grâce au soutien de la Ville, qui en assurait presque exclusivement le financement. Pour un budget de 145 000 €, 120 000 était abondé par la mairie centrale et plusieurs mairies de secteur (1/7, 2/3, 4/5 et 6/8).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les élections, cette même architecture devait être reconduite dans les grandes lignes pour l’édition 2026. «&nbsp;<em>On a fait une réunion avec toutes les mairies concernées en mai. Toutes sont présentes, à l’exception de la mairie des 2/3, qui ne vient pas. Quant à la mairie centrale, elle affiche son soutien a priori</em>&nbsp;», explique Cédric Claquin, directeur adjoint de l’association Urban Prod.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote de la subvention est prévu quelques semaines plus tard, le 26 juin, mais Cédric Claquin affirme n’avoir plus aucune nouvelle de la mairie, malgré ses relances. C’est finalement le 15 juillet qu’on lui indique que la subvention a été retirée du vote. Le sort de l’édition 2026 est scellé, malgré une programmation déjà largement ficelée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Allô Mairie </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En privé, on lui indique que la mairie «&nbsp;<em>se pose des questions&nbsp;</em>» sur le modèle économique original de cet événement, qui repose à la fois sur des subventions de la mairie centrale et des marchés des mairies de secteur. Original peut-être, mais rien d’illégal assure Cédric Claquin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En public, les raisons de ce retrait sont différentes. Après l’annonce de l’annulation de l’édition 2026 par <em>Hip Hop Non Stop</em> sur les réseaux sociaux, la presse demande une réaction à la Ville, qui se contente d’un communiqué de presse nébuleux. Il y est notamment écrit que «&nbsp;<em>comme à chaque début de mandature, les politiques publiques sont réévaluées afin de répondre aux nouvelles priorités fixées par la municipalité. Cette démarche conduit à faire évoluer les dispositifs de soutien : certains projets arrivent à leur terme, tandis que de nouvelles initiatives émergent pour accompagner les transformations du paysage culturel marseillais.</em> Ou, plus loin, que «&nbsp;<em>cette décision s’inscrit dans une volonté de réorienter les politiques en faveur des cultures urbaines afin de leur donner un nouvel élan&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Une réponse lénifiante dans la novlangue politique&nbsp;</em>»&nbsp;tacle Cédric Claquin, pour qui le communiqué n’est que du «&nbsp;<em>bullshit, qui donne les mauvaises raisons&nbsp;</em>». Pour lui, une des raisons est la défiance que porte la mairie centrale pour cet événement, lancé en début de première mandature par les mairies de secteur, et qu’elle ne contrôle donc pas, n’impulse pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le coup de fil du 15 juillet, Cédric Claquin n’a presque plus eu aucun contact avec la mairie, sinon une promesse de rendez-vous à la rentrée, déjà repoussé une fois. C’est d’ailleurs en lisantla presse, qui relaie le communiqué de la Ville, qu’il apprend que la mairie s’engage à payer les sommes déjà engagées. «&nbsp;<em>Ce qu’en privé on ne m’avait pas confirmé&nbsp;</em>», explique-t-il. Côté mairie, on joue du scratch, et le même communiqué paru dans la presse quelques semaines plus tôt est envoyé à <em>Zébuline</em>. Aucun élu ne prendra la parole jusqu’au moment où l’on écrit article.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Non stop ? </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que les nombreux messages de soutien reçus par Urban Prod les invitent à ne pas baisser les bras, et n’excluent pas un retour en 2027. «&nbsp;<em>Même si la Ville dit que “certains projets sont arrivés à leur terme”, nous on n’est pas arrivé à notre terme&nbsp;!&nbsp;</em>», poursuit Cédric Claquin, qui a déjà quelques idées pour le futur : «&nbsp;<em>On a un espace de mutualisation pour faire un truc, peut-être qu’en 2027, on peut arriver groupé à la mairie, et leur demander s’ils sont intéressés par le hip-hop&nbsp;?</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>À Riez, on dévore les journaux et les livres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aline Jaubert]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes-de-Haute-Provence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils ont ouvert leur Librairie Jaubert depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1er mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ils ont ouvert leur <a href="https://www.instagram.com/librairie_jaubert/">Librairie Jaubert</a> depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1<sup>er</sup> mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous les titres quotidiens, régionaux et nationaux accueillent le visiteur à l’entrée, tandis que toute la presse magazine s’étale dans la dernière salle. La troisième. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est consacrée à la littérature jeunesse et aux jeux. La première, la plus grande pièce, après quelques rayons papèterie, guides touristiques et cartes IGN, est le cœur battant de cette librairie apparemment ordinaire mais très particulière&nbsp;: des dizaines d’avis sur les livres sont suspendus au-dessus des ouvrages, écrits par Aline ou Pascal Jaubert. Qui lisent tout ce qu’ils vendent, soit 150 à 200 livres par an chacun. Jamais les mêmes, «&nbsp;<em>sauf si on veut confirmer un Coup de cœur.</em>&nbsp;» Les deux libraires décernent ce label, le leur, à quelques ouvrages qu’ils chérissent particulièrement et mettent en avant. «&nbsp;<em>Les gens viennent chez nous parce qu’ils savent qu’ils vont y trouver un conseil, qu’on va leur proposer des livres qu’on a choisi pour eux. On connait les gens qui vivent ici. Et ailleurs, nos clients font des kilomètres parfois pour venir à Riez faire leurs emplettes de littérature.</em>&nbsp;», explique Pascal Jaubert.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme et contact</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la longue pièce les titres se mélangent. Pas question ici de classement par genre&nbsp;: des policiers, des thrillers, des romans d’horreur, voisinent avec «&nbsp;<em>la blanche&nbsp;</em>», les poches avec les reliés et les brochés. Peu de beaux livres, de théâtre, de poésie&nbsp;: c’est le roman qui règne en maitre absolu des lieux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela marche&nbsp;: bien sûr Aline Jaubert souligne que les temps sont durs, mais elle dit aussi que les jeunes reviennent à la lecture, au livre, au papier, voire à la presse. Que quelque chose s’amorce depuis le Covid dans les Alpes-de-Haute-Provence, un autre rapport au réel et aux technologies, guidé par une volonté de contact. Et Pascal se prend à rêver d’un classement de ses livres «&nbsp;<em>par degré d’émotion, par sentiment</em>&nbsp;» et se réjouit surtout quand un lecteur «&nbsp;<em>tombe amoureux d’un livre qu’il n’aurait jamais pensé acheter</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant devenir libraires n’était pas pour lui une évidence. D’abord apiculteur, puis restaurateur, Pascal Jaubert était surtout un grand lecteur de presse. Comme son grand-père <em>«&nbsp;autodidacte qui allait chaque jour sur le tourniquet du marchand de presse et prenait tout, de</em> Présent <em>à</em> L’Huma<em>.</em> » Vendre la presse reste pour eux une priorité, et ils se réjouissent du retour de <em>La Marseillaise</em> dans les Alpes, déplorent de ne plus recevoir <em>Var Matin</em>, défendent un pluralisme régional qui ne peut selon eux «&nbsp;<em>se résumer à</em> La Provence&nbsp;».&nbsp;</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137914" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137914" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137913" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137913" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La lecture comme éblouissement</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Aline a toujours été une grande lectrice de romans, de tous types, et a refilé le virus à son mari, qui avoue que la lecture est devenue pour lui «&nbsp;<em>un éblouissement&nbsp;</em>». Leur salon annuel, qui a lieu le premier week-end d’août affiche des records de ventes&nbsp;: plus de 3 000 livres y sont vendus chaque année depuis 14 ans. Les trente auteurices présent·es ce en 2026 – dont René Frégni, Karine Giebel, Marcus Malte ou JR Ellory – ont vendu et dédicacé entre 50 et 300 romans chacun·e. Ce qui est exceptionnel lors d’un événement littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inscrire dans un réseau comme les libraires du Sud&nbsp;? Demander des subventions&nbsp;? Le couple y songe, mais reste jaloux de son indépendance, de ses choix de lecture assumés, subjectifs, émotifs, résolument romanesques. Guidés par le plaisir de lire. Ou plutôt&nbsp;: de dévorer&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"><em>Littérature</em> ici </a></p>
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		<title>L’esprit critique </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&#160; On peut aussi lire «&#160;critique&#160;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&#160;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/lesprit-critique/">L’esprit critique </a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut aussi lire «&nbsp;critique&nbsp;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&nbsp;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du réel perceptible. Émet des avis, des jugements, verbalise ce que le corps éprouve, rappelle ce que la mémoire sait, construit des analogies, compare, démonte, admire. Et transmet son avis, en parlant ou en écrivant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique est nécessaire à la démocratie. Les régimes autoritaires refusent la remise en cause politique. Ils écrivent, dans les «&nbsp;lois&nbsp;» qui les régissent, l’interdiction de critiquer le pouvoir, ceux qui le représentent, les décisions qu’ils prennent et les forces armées qui les défendent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comment peut-on « présumer légitime » ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’esprit critique est aussi l’ennemi des régimes démocratiques déclinants. Ainsi l’Assemblée nationale française a voté le 7 juillet une «&nbsp;<em>présomption d’usage légitime des armes</em>&nbsp;» par les policiers et les gendarmes. La gauche dénonce un «&nbsp;<em>permis de tuer</em>&nbsp;», et un rapport de la Cour des comptes publié le 20 juillet préconise plus de transparence, l’usage systématique des caméras piétons et le recours à des observateurs extérieurs aux forces de l’ordre lors de leurs déploiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des forces de l’ordre font l’objet de plus de 12 000 plaintes par an des Français, nombre en constante augmentation même si peu de plaintes aboutissent. Est-il revenu le temps, pas si lointain, où la censure effaçait des photos les policiers français raflant la population du Vieux-Port ou encadrant les internés du Camp des Milles&nbsp;? L’esprit critique, nécessaire aux démocraties, interdit l’idée de «&nbsp;soutien indéfectible&nbsp;» ou de «&nbsp;légitimité présumée&nbsp;». Tout gardien de l’ordre doit être soumis à la possibilité de la critique, à la remise en cause de la légitimité de ses actes au nom des principes de ceux qui arment son bras.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Piratage des esprits</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique nécessaire, encadré par les lois sur la liberté d’expression, souffre pourtant d’une autre menace active. Elle s’exerce sur des réseaux dits sociaux qui aspirent nos données et nous servent du pré-pensé en fonction d’études algorithmiques. Loin de permettre d’observer, de nuancer, de comprendre, d’établir des analogies, de déployer du sens complexe, ces réseaux exacerbent la binarité, le pour/contre figé dans des camps préétablis, et enferment chaque individu dans la caricature de lui-même, le poussant dans des retranchements d’autant plus insidieux qu’ils immiscent la vie publique dans la sphère privée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité peut transformer un adolescent peu sûr de sa virilité en masculiniste, une féministe de la première heure en transphobe patentée, une victime sociale en raciste vengeur, un décolonial en censeur aveugle, un fragile en suicidé. En suralimentant les esprits des idées qu’ils connaissent et des opinions qu’ils partagent, les réseaux algorithmiques produisent le contraire de l’esprit critique, tout en singeant ses règles et en prétendant défendre la liberté d’expression. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Critiques d’art</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ces temps de festivals, la réflexion sur la critique de spectacles s’est exposée dans des débats publics, à Avignon ou à Arles. Les mêmes maux guettent les journalistes qui s’y exercent&nbsp;: l’autocensure directe (difficile de critiquer la Fondation Louis Vuitton dans les médias de LVMH) et la censure économique (difficile de laisser de la place, dans des journaux en difficulté, à des articles qui défendent des artistes émergeants) peuvent se combattre, mais la concurrence avec une binarité réductrice est plus complexe à éviter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La critique d’art, née sous sa forme moderne, en France, avec Diderot et les Lumières, s’est développée à la fois dans les journaux et dans les universités. Dans des formes et des buts relativement proches au départ, relevant les spécificités, les nouveautés, les points forts et faibles d’une œuvre, permettant au lecteur de la contextualiser, à l’artiste de se confronter à un avis argumenté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques se sont abondamment plantés, fustigeant la Tour Eiffel, portant aux nues des œuvres médiocres, ignorant les femmes, trimballant d’immondes idées racistes sur le jazz… Mais des critiques comme Serge Daney, Thibaudat, Laure Adler, Rosita Boisseau ou Léonardini ont fait connaitre des artistes et des écrivains, fait comprendre des démarches, éclairé les programmateurs, les subventionneurs… et surtout le public ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-José Sirach, présidente du syndicat de la critique, journaliste à <em>L’Humanité</em>, expliquait lors de débats à Avignon que son rôle n’était ni de juger, ni de prescrire. Pas question de « j’aime/j’aime pas », pas question d’attribuer des notes ou un nombre d’étoiles comme pour un Airbnb ou un livreur Uber (pratique pitoyable par ailleurs). Il est question d’écrire des textes, de démêler des pensées, d’ouvrir des voies, des possibles, et de participer à la relation entre le public et les œuvres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un processus exactement inverse de celui des réseaux sociaux, qui piratent la sphère privée en la bombardant d’invisibles missiles&nbsp;: il s’agit de prendre le temps de la lecture, de l’écriture, pour que les expériences privées des artistes croisent celles des spectateurs, unis dans une collectivité qui les transforme, et les incite au véritable débat&nbsp;: pas ceux où on campe sur ses positions, mais ceux où on résout, dans la merveilleuse sensation d’une possible transformation personnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle que l’on cherche, au fond, au-delà du plaisir du divertissement, lorsqu’on ouvre un livre, ou qu’on pousse la porte des théâtres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Où va-t-on quand on va au musée ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:22:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2024, 40% des Français·es ont visité au moins un musée ou une exposition. C’est, avec la visite des monuments historiques (64%) et de la sortie au cinéma (60%), la pratique culturelle la plus répandue des Français. Mais seuls 38% de ces visiteurs vont au musée de leur lieu de résidence&#160;: la visite d’exposition est [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2024, 40% des Français·es ont visité au moins un musée ou une exposition. C’est, avec la visite des monuments historiques (64%) et de la sortie au cinéma (60%), la pratique culturelle la plus répandue des Français. Mais seuls 38% de ces visiteurs vont au musée de leur lieu de résidence&nbsp;: la visite d’exposition est une pratique de villégiature, surtout dans le Sud, où les villes rivalisent de créativité pour attirer habitants et vacanciers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au type d’exposition visitée, il varie assez fortement selon l’âge&nbsp;: si les plus de 50 ans sont friands des musées des beaux-arts, leurs cadets préfèrent les musées scientifiques, archéologiques et ethnographiques. Quant aux expositions d’art contemporain, elles sont fréquentées par tous et toutes, quel que soit l’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre caractéristique transgénérationnelle, les visiteureuses savent peu quel type de musée ils visitent, qui les finance et quelles sont leurs règles, qui diffèrent pourtant fortement selon qu’ils sont privés ou publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monter les côtes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi les fondations privées, comme Luma à Arles ou Carmignac à Porquerolles, ne sont pas liées à des missions de service public&nbsp;: elles ne sont pas tenues à des objectifs pédagogiques ou de démocratisation, ni à des commandes d’artistes, ni au respect d’une parité, au soutien aux artistes locaux… même si, dans la pratique, les fondations privées sont souvent les premiers commanditaires d’art contemporain&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que, contrairement aux musées publics, les fondations font ce qu’elles veulent de leurs œuvres acquises&nbsp;: elles peuvent en particulier les revendre, après avoir fait monter leur côte… en les exposant. Les musées publics, eux, sont tenus au principe d’inaliénabilité du patrimoine public&nbsp;: toute œuvre acquise l’est définitivement. Les expositions publiques font monter les côtes des artistes qu’elles exposent mais ils ne peuvent revendre leur fonds et doivent assurer sa sécurité, son stockage et sa conservation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">National ou de France ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc important de connaitre le statut des musées que l’on visite&nbsp;: le Mucem est un musée national, financé entièrement par le ministère de la Culture. Les musées nationaux d’art de la région, dédiés à Chagall, Fernand Léger et Picasso, se concentrent sur la Côte d’azur (Nice, Biot, Antibes). Les Frac &#8211; Fonds régionaux d’art contemporain &#8211; sont financés conjointement par les Régions et par l’État – qui a eu tendance à se désengager depuis leur création par Jack Lang en 1982, mais continue à prescrire des missions d’acquisition, d’éducation artistique et de décentralisation des expositions sur l’ensemble des territoires régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les musées de France sont, quant à eux, très nombreux&nbsp;: ils ont un label de l’État, ils n’en reçoivent que peu de financement. Ce sont généralement des musées municipaux, départementaux ou métropolitains. Ce sont eux qui produisent le plus grand nombre d’expositions temporaires, eux aussi qui mènent à l’année des actions d’éducation culturelle et artistique. Ils collaborent, se prêtent des œuvres de leurs fonds pour élaborer des expositions temporaires qui tournent, parfois, d’un musée de France à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel des musées, labellisés ou non Musées de France, sont donc financés par les municipalités. Certaines comme Avignon, Martigues ou Marseille, ont fait le choix de la gratuité d’entrée et des ateliers de pratique. Elles ont ainsi réussi à notablement augmenter la fréquentation de leurs musées hors temps estival&nbsp;: par leurs citoyens, qui poussent désormais la porte de leur musée pour y fréquenter une œuvre, quelques minutes, à la pause déjeuner. Au fond, si notre m/patrimoine est inaliénable, c’est parce qu’il est à nous&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Les chiffres de fréquentation sont ceux du ministère de la culture pour l’année 2024 (pratiques culturelles), et 2022 (répartition des visiteurs par tranche d’âge)</pre>



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		<title>Scènes et cinés sur le fil métropolitain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole&#160;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole</em>&nbsp;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie culturelle&nbsp;«&nbsp;<em>dépend à 80%, tout budget confondu, des contributions financières de la métropole</em>&nbsp;». En effet les villes du SAN (Syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence), créé en 1972, ont délégué leurs compétences culturelles au Territoire Ouest Provence en 2006, puis à la Métropole quand les territoires ont disparu en 2015, fondus dans les presque 2 millions d’habitants d’Aix-Marseille-Provence. Une métropole désormais présidée par Nicolas Isnard, maire de Salon-de Provence qui, étant donné les difficultés budgétaires dont il héritait, l’a placée sous tutelle de l’État. Sans pour cela obtenir le rattrapage budgétaire qu’il espérait pour maintenir la collectivité à flot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Constatant «&nbsp;<em>les restrictions budgétaires particulièrement rudes souhaitées par le préfet</em>&nbsp;», Daniel Gagnon rappelle que «<em>&nbsp;les lignes budgétaires visées par la Chambre régionale des comptes et ensuite par le Préfet ont un impact immédiat sur les financements des structures culturelles du territoire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C’est tout un écosystème culturel et artistique qui va être fragilisé avec ces demandes d’économies drastiques imposées par l’État </em>». Et autour de l’étang, entre ciel, fleuve et mer, parc naturel et industrie pétrolière, on sait combien les équilibres des écosystèmes sont fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Toute une histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Istres, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Miramas, Grans et Cornillon-Confoux. Depuis plus de 50 ans ces communes de taille variable se sont alliées pour le meilleur et pour le pire, menant ensemble un projet culturel cohérent et ambitieux depuis 20 ans, à destination des habitant·es. Chaque ville est équipée d’un théâtre et d’un cinéma, ou d’une salle accueillant les deux, et l’ensemble est labellisé par l’État à deux titres&nbsp;: scène conventionnée, cinéma art et essai. À ces équipements s’ajoutent L’Usine, scène de musiques actuelles à Istres, un réseau de 7 médiathèques, des conservatoires et écoles de musique …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces équipements sont plébiscités par les 100 000 habitant·es&nbsp;des 6 communes : 20% sont inscrit·es aux médiathèques, les abonné·es sont fidèles, les salles pleines. La programmation est artistiquement ambitieuse, l’éducation artistique ancienne et massive, et les tarifs très bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changements politiques</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les dernières élections municipales viennent remettre en cause les équilibres. Le maire de Fos-sur-Mer, contrairement à d’autres maires RN de la région est, d’après Daniel Gagnon, «&nbsp;<em>satisfait que Fos appartienne à Scènes et Cinés</em>&nbsp;». Il fait désormais partie du Conseil d’Administration de la régie culturelle avec son adjoint à la culture, au même titre que les 5 autres maires et adjoints.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, le changement politique à Istres a immédiatement bouleversé la donne. François Bernardini régnait depuis 2001 sur la sous-préfecture. Il attend désormais le résultat de son procès (délibéré le 7 octobre) pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Le Parquet a requis 2 ans ferme, son avocat Michel Pezet a plaidé la relaxe. La Ville d’Istres s’est portée partie civile contre son ancien édile. Continuera-t-elle sa politique culturelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Istres, capitale culturelle de l’Ouest</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville de 470 00 habitants concentre la plus grande part des équipements&nbsp; culturels : un cinéma art et essai, la formation professionnelle Coline, un musée d’art contemporain, Polaris, la salle de musique actuelle L’Usine, la médiathèque René Char récemment ouverte qui s’ajoute à celle du quartier d’Entressen, le Festival les Élancées, essentiel dans le circuit des «&nbsp;arts du geste&nbsp;», et le Théâtre de l’Olivier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construit dans les années 1970 ce théâtre, vétuste, inadapté, contenait de l’amiante. Quand la Ville d’Istres s’est attelée à sa rénovation, l’État a conseillé de le détruire, pour construire un équipement neuf. Les travaux, au départ estimés à 17 millions, s’élèvent désormais à plus de 43 millions, et ont pris du retard, en raison, entre autres, de la défaillance d’une des entreprises, en charge de la plomberie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un coût que le nouveau maire, Robin Prétot, estime démesuré, tout comme Nicolas Isnard, nouveau président de la métropole. Mais les budgets et les travaux sont engagés, et Thierry Pariente, le nouveau directeur de Scènes et Cinés, assure que «&nbsp;<em>le nouveau théâtre ouvrira, ce n’est pas une option, mais une certitude&nbsp;</em>». Son ouverture est prévue en octobre 2028. Et le bâtiment conçu par l’agence d’architectes Wilmotte &amp; associés, est beau, tout en courbes et en ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne peut que se féliciter de la réouverture d’un théâtre, dans un contexte où certains ferment. Ce sera un magnifique équipement, avec une grande salle modulable et insonorisée, plus une petite salle, un restaurant…</em>&nbsp;» Mais un équipement ambitieux nécessite un financement de fonctionnement à la hauteur. Thierry Pariente rappelle que «<em>&nbsp;le budget du Théâtre de l’Olivier existe&nbsp;</em>»et que la régie«<em>&nbsp;a toujours maintenu, pendant les années de fermeture, une programmation hors les murs, qui est financée.</em>&nbsp;» Cela suffira-t-il au fonctionnement annuel du nouvel équipement, dans un contexte de crise ouverte à la Métropole&nbsp;et à la Ville ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Il nous faudra trouver un nouveau fonctionnement</em>&nbsp;», explique Daniel Gagnon. «&nbsp;<em>La métropole a constitué un groupe inter services en lien avec la direction de la régie pour explorer toutes les pistes qui permettront d’assurer son fonctionnement</em>&nbsp;». Une délégation de service public à un opérateur privé&nbsp;? «&nbsp;<em>C’est une option qui a été évoquée, mais nous voulons garder le Théâtre de l’Olivier dans le réseau de Scènes et Cinés</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Remunicipaliser ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est pourtant pas à une augmentation des budgets métropolitains. Et la remunicipalisation des équipements culturels est, d’après Daniel Gagnon, impossible. «&nbsp;<em>La médiathèque de Cornillon-Confoux n’a que 5 000 documents, elle n’existe que parce qu’elle est en réseau avec les autres</em>&nbsp;». Quant à L’Oppidum, salle modulable de 100 places créée en 2019 dans sa petite ville de 1 600 habitants, il ne pourrait fonctionner sans la dynamique de Scènes et cinés, et le financement de la Métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On pourrait peut-être envisager de récréer les Territoires</em>&nbsp;», avance en souriant le maire, sous couvert de plaisanterie, ou de test. Il n’est pas inutile de rappeler qu’avant la Métropole la vie culturelle des villes et des territoires fonctionnait plutôt mieux…</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>La conférence de presse de Scènes et Cinés s’est tenue<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 22 juin</mark></strong> au Château des Baumes, à Istres, au dernier jour, pure coïncidence, du procès de François Bernardini à Paris.</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Saison Méditerranée : Du grand spectacle sur le grand port</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Nys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la Saison Méditerranée dans le Grand port de Marseille est-elle née&#160;? &#160; Alexis Nys. C’est la première fois qu’une Saison ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la <em>Saison Méditerranée</em> dans le Grand port de Marseille est-elle née&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexis Nys.</strong> C’est la première fois qu’une <em>Saison</em> ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y avoir dans cette ville, en lien avec la Méditerranée. Elle a voulu profiter de cet événement pour se mettre face à la mer, et construire un grand événement dans cet espace qui est d’ordinaire fermé aux Marseillais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La particularité de cet espace, fermé au public, n’a pas été trop contraignant pour vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em><a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée</a></em> est impulsée par l’État, et le <a href="https://www.marseille-port.fr/actualites/le-port-souvre-la-saison-mediterranee">Grand Port maritime de Marseille</a> (GPMM) relève lui aussi de l’État, donc il y a eu une fluidification des contacts. On a eu en juin dernier un rendez-vous avec Christophe Castaner [<em>président du conseil de surveillance du port, ndlr</em>], qui nous a affiché son souhait de participer à cet événement et d’ouvrir le port. Assez vite, le GPMM nous a proposé un espace, le Port Center [<em>entre le J4 et le J1, il peut accueillir 5000 personnes, ndlr</em>]. On y a vu une scénographie sur laquelle on pouvait travailler. La difficulté est sur l’artistique, c’est à dire de trouver des compagnies qui sont capables de travailler sur des formats de cette envergure-là. On a pensé à la compagnie Mécanique Vivante – et ses sirènes de pompiers qui évoquent les sirènes de bateaux –, et on a proposé au Conservatoire de Marseille de construire une forme sur-mesure, participative, en mobilisant plus de 200 musiciens amateurs qui vont intervenir pour ce moment-là [lire ci-dessous]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y aura de la musique mais pas seulement.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de <a href="https://www.lieuxpublics.com/fr">Lieux Publics</a> est d’être pluridisciplinaire. On embrasse tout le spectre des disciplines à condition que ca ne se joue pas dans un théâtre. Il y aura de la danse avec <em>Danser ma ville</em> et <em>Tarab</em>, du théâtre avec Sébastien Kheroufi sur la digue du Large, et deux grandes installations plastiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parmi les œuvres plastiques, il y a <em>Re-Lighthouse</em>, un phare qui va prendre place au bout du J4. Que pouvez-vous nous dire sur cette installation&nbsp;?&nbsp;</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="696" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136560" style="width:286px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1024%2C1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1068%2C1068&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?w=1080&amp;ssl=1 1080w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Shareef Sarhan</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">C’est une œuvre de Shareef Sarhan qu’on&nbsp; accueille depuis un an à la Cité des arts de la rue avec le programme Pause [<em>programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil</em>]. Il vient de Gaza, mais il a eu la «&nbsp;chance&nbsp;» de ne pas y être au moment du 7-Octobre et de la réponse israélienne. Avec l’aide du collectif marseillais Maam for Gaza artists, on a ciblé Shareef car il avait envie de travailler dans l’espace public. Il avait construit ce phare à Gaza, qui avait été une «&nbsp;illumination&nbsp;» pour lui. Lui qui travaillait habituellement en galerie – pour de la photo notamment –, il a découvert la puissance de l’art en espace public. L’accueillir à la Cité des arts de la rue nous a permis de lui donner plus d’ouvertures sur les possibles de cette pratique, et de l’emmener vers la reconstruction de ce phare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un phare qui a été détruit par des chars israéliens sur le port de Gaza. On imagine l’émotion pour lui de le voir s’ériger à nouveau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il dit qu’il se reconstruit lui-même en même temps qu’il reconstruit ce phare. Le projet c’est ensuite de le démonter et de le déplacer à Bordeaux et Montpellier cet automne, l’exposer à la Cité des arts de la rue, et un jour, quand ce sera possible, on l’emmènera à Gaza. Ce phare porte un récit puissant&nbsp;: l’art peut reconstruire, et il est plus fort que la guerre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Une nuit au Grand Port<br></strong>Ce sera le point d’orgue de la séquence d’ouverture de la <em>Saison Méditerranée</em> à Marseille. Le 23 mai, le port se transforme en une grande scène où se mêleront spectacle vivant, danse et rencontres culinaires. Les mythiques carrioles de la Friche investissent le Grand Port afin d’offrir au public des créations culinaires venues des rives méditerranéennes : slata méchouïa, beignets d’anchois et autres délices. <br>Les arts vivants feront aussi partie intégrante de la fête. L’alliance de <a href="https://www.campusartmediterranee.fr">Campus Art Méditerranée</a> et de la <a href="https://mecanique-vivante.com">compagnie Mécanique Vivante</a> présenteront leur<em> Symphonie portuaire</em>, une «<em> ode à la mer</em> »dans une création musicale plurielle où fanfare intergénérationnelle, orchestre polyphonique, musicien·nes solistes, percussionnistes composent un grand tableau vivant. <br>La soirée se clôturera avec <em>Tarab</em>, de la compagnie Shōnen, réunissant le compositeur Rayess Bek et huit danseur·euses originaires d’Égypte, du Liban et de Palestine. Pas question de rester assis : des danseur·euses complices (ils sont 200 !) embarqueront le public dans des danses sociales participatives, de la dabkeh à la taa’kib, jusqu’au bout de la nuit. C.L.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 mai</mark><br><strong>Grand Port Maritime de Marseille</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136561" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Symphonie portuaire © Jeremie Bernard</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Taoufiq Izzediou va faire danser la ville</strong><br>Le chorégraphe Taoufiq Izzediou est un pionnier de la danse contemporaine au Maroc, son pays natal. Dans le cadre de la Saison Méditerranée, le Théâtre Joliette et Lieux Publics l’invitent à recréer son projet participatif <em>Danser ma ville</em>, créé à l’occasion de la dernière édition de <em>On Marche</em> à Marrakech, cette fois à Marseille et avec des Marseillais·es.  <br>Une création dans l’espace public grand format, puisqu’il réunit près d’une centaine de personnes, de tout âge, toutes origines et tous types de corps sur l’esplanade Gisèle Halimi (à proximité du Mucem). <em>C.M.</em><br><br>16 mai<br><strong>Esplanade Gisèle Halimi</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="463" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136562" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1024%2C681&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1068%2C710&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=632%2C420&amp;ssl=1 632w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">DANSER MA VILLE © Gabriela Carvalho</figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>« L’art est plus fort que la guerre »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:23:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ouverture de la Saison Méditerranée à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&#160;saisons&#160;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture de la <a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée </a>à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&nbsp;saisons&nbsp;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. À cette date, Emmanuel Macron déclarait à Marseille qu’il voulait «&nbsp;<em>mettre en valeur la jeunesse et les diasporas de toutes les rives&nbsp;</em>» de la Méditerranée. &nbsp; Aujourd’hui il s’agit, par des moyens diplomatiques, de maintenir ou rétablir un horizon de paix dans un monde qui s’est enflammé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette « Méditerranée » est devenue un euphémisme :  cette Saison a prévu dès son origine de programmer des artistes venus de la rive arabophone de la Méditerranée. Plus précisément du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte et du Liban, c’est-à-dire des pays qui ont un lien historique avec la langue française. Mais depuis le 7-Octobre et la sanglante riposte israélienne, depuis les tensions avec l’Algérie, ou entre l’Algérie et le Maroc, et les violences commises par la Tunisie contre les migrants subsahariens… la question des solutions diplomatiques se pose avec une acuité nouvelle. Plus encore depuis que le sud du Liban subit les représailles disproportionnées et aveugles de l’armée israélienne. Comme le dit Alexis Nys [<a href="https://journalzebuline.fr/saison-mediterranee-du-grand-spectacle-sur-le-grand-port/">Lire ici]</a>, comme l’espère Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison, le dialogue des cultures et des arts est un outil puissant sinon pour arrêter les guerres, du moins pour soigner les sentiments des peuples. </p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Méditerranée est ici</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste est donc politique, et c’est d’ailleurs la première fois qu’une Saison ouvre ailleurs qu’à Paris. La Ville de Marseille participe donc au financement de l’ouverture de cet événement «&nbsp;populaire et festif&nbsp;» qui ne s’attache pas aux artistes de la région, pourtant eux aussi méditerranéens. Les Corses, les Espagnols, les Italiens de Marseille sont aussi des Méditerranéens, comme les Provençaux et différents parleurs marseillais. Et les autres diasporas de Marseille, subsahariennes, iliennes, séfarades, ashkénazes, comoriennes, tchétchènes ou arméniennes, russes ou ukrainiennes, sont aussi méditerranéennes quand elles s’installent sur nos rives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, c’est d’ailleurs cela, la Méditerranée. Un espace où les particularismes s’expriment mais où les communautés ont su, souvent,&nbsp; s’entendre et se fondre. Un espace avec ses circulations, ses rencontres, ses échanges de poésie, d’artisanat, d’ornements et de musiques. Sur toutes ses rives, ses terres arides nourrissent difficilement, mais produisent des saveurs et des parfums charpentés et inoubliables.&nbsp; Car cette mer qui ne reflue pas, découpe les côtes en calanques et dessine chacun de nos horizons avec un bleu constant qui rejoint, sans vague, celui du ciel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Méditerranée commune, séculaire et offerte à tous ceux qui la rejoignent, est aujourd’hui une mer de mort, de bombes et de déchirements. De génocide, de noyade de masse, de guerres sans fin. Un espace qui divise violemment les peuples qui la constituent, qui la traversent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais&#8230; peut-être que les artistes, et tous les exilés de Marseille, peuvent construire ensemble une réponse aux impasses des guerres. Et le Fort Saint Jean redevenir un phare, pour Gaza.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">PS. Je finis d’écrire cet édito dans le train qui me ramène vers ma ville. Au sortir du tunnel de l’Estaque la rade éclate, la découpe de ses îles, son eau soudaine et ses scintillements. Les genêts et les bruyères mêlent leur rose et or au vert des pins, les coquelicots s’imposent, et les tags sur les murs ocres se joignent aux couleurs inouïes du paysage. Une Américaine assise à mes cotés murmure&nbsp;: <em>It’s so beautiful</em>. Ici, la Méditerranée n’est pas qu’une saison.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/edito/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 08:57:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas si courant qu’un homme de droite cite cette phrase de Pina Bausch. Michel Bissière, vice-président de la Région Sud en charge de la culture, a adopté un ton grave lors de la conférence de presse du Festival de Marseille, rappelant à demi-mot que nos manifestations culturelles sont menacées par l’extrême droite, mais aussi par les restrictions budgétaires imposées aux collectivités&nbsp;par le gouvernement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;<em>La création artistique est une nécessité pour inventer des récits communs</em>&nbsp;», affirme-t-il, tandis que Nicole Joulia, son homologue au Département 13, s’inquiète aussi de l’impasse budgétaire de la Métropole Aix-Marseille&nbsp;: «&nbsp;<em>Les Marseillais ont prouvé qu’ils pouvaient se lever contre ceux qui ne respectent pas les différences. Il faut que nous soyons prêts à défendre ensemble une culture publique ouverte, celle qui fait la richesse de notre territoire et de notre région.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une perspective d’alliance inédite&nbsp;? Allons-nous vers la possibilité d’un regroupement républicain d’urgence face à la double menace de l’extrême droite, qui censure et annule les festivals à tour de bras, et de l’extrême centre, qui impose aux collectivités territoriales d’annuler des événements et des subventions pour tenir leurs budgets&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vous dansiez ? j’en suis fort aise</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Jordan Bardella comme président de la République semble aujourd’hui probable. Plus seulement possible, probable. Le monde culturel s’y prépare avec effroi. Les élus attachés au bien commun et aux valeurs de la République aussi, se demandant quelles alliances nouvelles ils doivent tisser pour éviter le pire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est la sidération qui domine, empêchant l’action, empêchant de danser, empêchant d’affirmer que cela est impossible, qu’il faut se mobiliser… Car comment la patrie qui a inventé la démocratie moderne et les droits de l’Homme, les droits d’auteur et l’exception culturelle, le théâtre de service public, une politique publique du livre et du cinéma, peut-elle sombrer à ce point&nbsp;? Comment le pays d’Europe où vivent les plus grandes communautés musulmanes et juives, celui qui au sortir de la guerre a su adopter des lois sociales qui le structurent encore aujourd’hui, peut-il désirer renouer avec le régime et les valeurs de Vichy, le droit du sang et la préférence nationale, la défense inconditionnelle des forces de l’ordre même lorsqu’elles sombrent dans la violence&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, on sait que l’appauvrissement des classes populaires, l’absence de perspective des jeunes et la destruction progressive des services publics doit s’arrêter pour que le fascisme s’éloigne. Mais comment les fractures entre les partis permettraient-elles aujourd’hui une candidature unique, seule capable de se qualifier au second tour&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, les quelques-uns qui résistent au ciottisme et restent fidèles au gaullisme, les quelques-uns qui pourraient, dans un duel gauche-RN, faire barrage au fascisme, les quelques-uns qui ne cèdent pas au lavage de cerveau du système Bolloré, sont aujourd’hui hyper-minoritaires. Ce sont pourtant eux qui doivent comprendre, et faire comprendre à leur camp, que désespérer le peuple conduit soit au fascisme, soit à la révolution. De type sanglant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Et bien chantons maintenant</strong></mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet été de festivals qui s’annonce sera peut-être le dernier&nbsp;: un président d’extrême droite ne permettra pas cet espace de liberté et de démocratie. Déjà, à Avignon, le nouveau maire a choisi deux vice-présidents d’extrême droite, et critique la programmation d’un festival qu’il juge pro-palestinien. Déjà, les maires RN retirent les drapeaux LGBTQI, censurent les festivals et les maisons de théâtre. Déjà la commission parlementaire ciottiste a attaqué l’audiovisuel public, ciment essentiel à notre démocratie. Déjà les aides à la presse indépendante disparaissent, laissant le champ libre à la presse Bolloré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un peu plus d’un an. Il est temps de chanter ensemble, à pleins poumons. Sinon nous sommes perdus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL&nbsp;</p>



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		<title>Vous reprendrez bien une Bourbon ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 12:26:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&#160; Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et au prénom à consonance hébraïque qui s’embourbe un peu dans le Jourdain. Mais sa naissance roturière en Seine-Saint-Denis ne disqualifie pas ce chevalier si blanc et bien photoshopé, pas comme cet édile noir qui a ravi la sépulture des Bourbons aux Dionysiens de souche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, cette mésalliance avec un jeune homme sans sang bleu ni baptême n’est pas, pour la princesse, un inutile sacrifice : seul ce chef du parti national peut ramener les Bourbon sur le trône de France, pour humilier enfin ces mécréants révolutionnaires qui ont décapité le bon Louis, mettant fin à la si mirifique histoire du Royaume François.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement pour la gloire du Royaume et sa possible résurgence, princes charmants et princesses blondes aux longs cheveux lissés persistent dans les contes de nos enfances, les dessins animées et produits dérivés Disney, la presse people et Bolloré, et la frénésie de la communication TikTok.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monarchisme et extrême-droite</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-elle vraiment décapitée, d’ailleurs, cette France des rois ? À force de financer des parcs à thèmes contre-révolutionnaires, de confondre restauration du patrimoine avec opération Stéphane Bern pour touristifier églises et châteaux décatis, à force de chanter les louanges des familles royales du Rocher ou d’Albion, pourtant peu admirables, la République française cultive en douce la nostalgie de la France aristocratique. Celle-là même qui savait si bien trafiquer les esclaves, exploiter les serfs et cuisser les servantes, mépriser le travail et affamer le peuple. Celle-là même qui est historiquement liée à l’ultra-droite nationaliste et collaborationniste. Celle-là même qui nie une valeur fondamentale de notre constitution républicaine, l’égalité de droit des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais fi, que d’inutiles réserves ! Puisque la République française rend sans hésiter un hommage national à un facho patenté, pourquoi ne pas remonter sur le trône grâce à cette extrême droite certes roturière, mais si galamment prête à servir l’importance du sang, de la fortune et des valeurs héritées ? Allons-y, plus personne ne conteste les conséquences économiques du luxe dispendieux des familles royales et de leurs affidés. L’enclave monégasque et la monarchie anglaise sont glorifiées à longueur de séries populaires, de magazines people et de post consternants d’influenceuses, qui placent des produits de luxe auprès de jeunes consommatrices prisonnières de la mode et soumises aux it-girls. Pourquoi se gêner ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Luxe nauséabond</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la prétendue Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, dont la légitimité d’héritière du trône français est contestée par la famille royale d’Espagne, est en revanche, incontestablement, une influenceuse TikTok qui place des produits de luxe auprès de ses fans roturières. Ses parents reçoivent la «&nbsp;jet set&nbsp;» (dont Jeffrey Epstein, Woody Allen et Caroline Lang) dans leur appartement de la rue Montaigne. Ils lui ont attribué le titre «&nbsp;de courtoisie&nbsp;» de comtesse de Calabre et de Palerme (palabres et balivernes ?). Et ont même «&nbsp;aboli&nbsp;» la loi salique en 2016 pour elle ! Elle milite d’ailleurs sur ses réseaux pour la mémoire des Reines, «&nbsp;<em>ces oubliées de l’histoire&nbsp;</em>» auxquelles elle veut enfin «&nbsp;<em>rendre justice</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à sa fortune, elle vient de l’héritage de Camilio Crociani, son grand-père maternel vendeur d’armes, officier de Mussolini, collaborateur amnistié après la guerre, qui a fui au Mexique en 1976 après que la justice italienne a émis un mandat d’arrêt contre lui, suite aux pots-de-vin versés au gouvernement pour remporter des marchés militaires (affaire Lockheed).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’argent de l’aristocratie semble avoir moins d’odeur que celui de la bourbe, et la princesse peut sans complexe se pavaner en jet ski à Dubaï et étudier le luxe à Monaco sans que personne ne trouve cela scandaleux et indécent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les crapauds de l’histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, si dans les contes les crapauds se changent en princes charmants, les vieux autocrates de ce monde commencent à accumuler quelques revers. Pas sûr que les selfies de Marie Caroline avec Trump soient aujourd’hui une bonne publicité pour le petit prince brun du Rassemblement national. Le revers d’Orbán en Hongrie, le non au référendum de Meloni, les revers électoraux de Trump qui s’accumulent, semblent amorcer un recul possible de l’internationale d’extrême droite. Les masques tombent, et Princes et Princesses montrent enfin leurs vrais visages de batraciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Quelles valeurs actuelles ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:13:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&#160; Ce colonialisme décomplexé nie une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La Une du journal d’extrême droite a inondé les réseaux de presse, soutenue par la filière de diffusion dominée par les Relay aux mains de Bolloré. Cette Une propose aux acheteurs, mais impose aux regards de tous·tes, une contre-vérité historique, raciste, qui ne devrait pas avoir place dans l’espace public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce colonialisme décomplexé nie une Histoire documentée, commençant par une conquête meurtrière, suivie d’une occupation violente, de tortures établies, de répression sanglante des immigrés en France et d’une guerre de libération meurtrière qui a tué 250 000 Algériens et en a déplacés 2 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Une raciste est passée inaperçue parce qu’elle coïncidait avec l’attaque tout aussi raciste et abjecte dont le nouveau maire dionysien a été victime. Mais la presse ne peut pas, à ce point, dire n’importe quoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à l’attaque grossière mais massive de Bally Bagayoko par des médias audiovisuels qui s’emballent et peuvent être aisément contredits, la Une de <em>Valeurs Actuelles</em> est construite, sinon subtile.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="974" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C974&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-135808" style="aspect-ratio:0.7148542816792913;width:201px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=732%2C1024&amp;ssl=1 732w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=215%2C300&amp;ssl=1 215w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=768%2C1074&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=150%2C210&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=300%2C420&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?resize=696%2C973&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/PHOTO-2026-03-27-11-37-00.jpg?w=991&amp;ssl=1 991w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Procédés illittéraires</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En haut à gauche, la caution intellectuelle, Boualem Sansal. Il est interviewé longuement (8 pages) avec Suzy Simon-Nicaise, responsable du Cercle Algérianiste, nostalgique de l’Algérie Française, défendant Bugeaud dans ses publications et dénonçant le «&nbsp;terrorisme et le séparatisme&nbsp;» des Algériens en France.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les titres, un euphémisme caractérisé : les 132 ans de colonisation deviennent 132 ans de «&nbsp;présence française&nbsp;». Et de belles ellipses : «&nbsp;santé, éducation, agriculture, énergie&nbsp;» ne mentionnent ni les essais nucléaires, ni la sous citoyenneté musulmane, ni l’exploitation extractive, ni pillage culturel, ni l’enrôlement forcé comme chair à canon des guerres françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins subtil, l’énoncé contrefacteur. De nombreux détails de la photo montrent qu’elle a été générée par une IA : les visages des deux hommes sont identiques, il manque une demie-bouche à la femme en mini-jupe qui a une palme en guise de main gauche, les voitures semblent de papier froissé… Le temps béni des colonies doit décidément inventer des images !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Instances de dérégulation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que fait l’Arcom ? Rien. L’Autorité est chargée par le Conseil d’Etat de réguler la communication audiovisuelle et numérique, mais le déferlement de négrophobie à l’encontre de l’édile de la « ville des rois morts et des peuples vivants » ne la choque pas. Elle ne défend même plus le principe, gravé pourtant dans la loi française, du pluralisme audiovisuel <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark></sup>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au pluralisme de la presse, il garantit au citoyen un accès égal à une pluralité d’opinion. La domination en nombre d’exemplaires et de titres des journaux d’extrême droite dans les réseaux de distribution d’extrême droite est contraire aux conclusions du Conseil d’État et de l’UE. Sans parler, évidemment, de l’incitation à la haine raciale qui est un crime, et de l’affirmation de fake news.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que la colonisation française a construit l’Algérie est un mensonge. Quelle instance pour réagir ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <sup><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1</mark>.</sup> « Il découle des stipulations de […] la Convention européenne […] une obligation de mettre en place […] un cadre juridique et administratif propre à garantir le pluralisme des médias, qui doit s’entendre tant du pluralisme externe entre les différents médias d’information que du pluralisme interne qui vise […] à assurer une expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, l’accès du public devant ainsi être garanti à des informations impartiales et exactes et à une pluralité d’opinions et de commentaires. » (Décision n° 463162 du Conseil d’État du 13 février 2024)</p>



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