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	<title>Archives des rencontres - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des rencontres - Journal Zebuline</title>
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		<title>Deux rives, une seule jeunesse méditerranéenne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Elisabeth Leuvrey, on vous connait comme réalisatrice (La Traversée, At Home) Aujourd’hui vous avez créé un dispositif TiLEM. Qu’est- ce que TiLEM&#160;? &#160;Tilem en arabe ancien signifie «&#160;le sillon&#160;»&#160;et c’est l’acronyme de Tiers Lieu en Méditerranée. Cela nous a été soufflé par un jeune Algérien qui gravitait autour du projet à son origine. C’est un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Elisabeth Leuvrey, on vous connait comme réalisatrice (</em>La Traversée, At Home<em>) Aujourd’hui vous avez créé un dispositif TiLEM. Qu’est- ce que TiLEM</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Tilem en arabe ancien signifie «&nbsp;le sillon&nbsp;»&nbsp;et c’est l’acronyme de Tiers Lieu en Méditerranée. Cela nous a été soufflé par un jeune Algérien qui gravitait autour du projet à son origine. C’est un programme de deux ans qui s’inscrivait après un précédent, <em>Le Champ des possibles</em>, financé par un fonds d’accès culture de l’Institut français à destination des pays d’Afrique dans lequel je m’étais investie, avec un grand désir de mieux connaitre la jeunesse algérienne, ouvrant une parenthèse sur mon chemin de cinéma. Envie de partager ce qu’on aime. Je leur avais proposé des actions autour du cinéma documentaire en les accompagnant sur des actions de programmation et des projets d’écriture de films. Ce projet s’est fait entre 2021 et 2023 en Algérie seulement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Donc, tout naturellement, vous avez imaginé TiLEM&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vis entre les deux rives et je me sens à l’aise dans l’entre- deux. J’ai eu envie de proposer des actions de médiation culturelle qui connecterait la jeunesse d’ici et la jeunesse algérienne&nbsp;; imaginer que l’espace méditerranéen pouvait être un espace de travail et de collaboration. La Méditerranée comme un espace mental, qui pouvait être investi émotionnellement, affectivement, qui nous permettrait de sortir &nbsp;des états, des nations. Un espace commun, apaisé. Face aux difficultés, à la politique, c’est un petit miracle de pouvoir se rencontrer sans se censurer, accompagné de manière très bienveillante</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pouvez- vous nous parles des lettres-vidéo&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un espace de partage numérique&nbsp;: se rencontrer avec le numérique. S’est imposée l’idée d’un cinéma avec le téléphone portable, un outil du quotidien vraiment intime. Les jeunes ont été accompagnés par des cinéastes. La 1<sup>e</sup> année, 5 jeunes en Algérie (Oran, Timimoun, Touggourt, Alger, Bejaia) ont travaillé sur la thématique «&nbsp;<em>Mon monde change</em>&nbsp;». Ils ont été accompagnés en Algérie à travers des résidences et il y a eu la même chose à Marseille, à La Friche. Puis dans un 2<sup>e</sup> temps, avec une résidence croisée en numérique. Une 3<sup>e</sup> session a permis d’inviter les Algériens lors des Rencontres d’AFLAM. Chacun a réalisé 2 vidéo-lettres. 20 petits films en 6 mois&nbsp;! Pour la 2<sup>e</sup> année, &nbsp;en perspective de la Saison Méditerranée, on a pensé à un moment de restitution de tous ces projets et on a eu envie d’ouvrir à un plus grand nombre de jeunes, leur proposant un travail de sélection de films. On a réuni des jeunes de 3 territoires différents, Belle de mai, quartiers Nord et Belsunce et on a groupé des villes algériennes. Ainsi on a formé 3 ateliers&nbsp;: ils ont regardé les mêmes films durant 4 samedis et se sont mis d’accord sur une sélection avec une thématique par atelier. Des thématiques très en lien avec la jeunesse et des problèmes concernant les 2 pays&nbsp;: <em>Place&nbsp;! Blaça&nbsp;!</em> pour Quartiers nord de Marseille / Oran des courts documentaires qui seront présentés à l’Alhambra le 21. <em>Échos et Reflets</em> présentés par Belle de Mai/ Sétif au Gyptis le 22 et <em>Port d’Attaches</em> par Belsunce/ Alger le 23 au Musée d’Histoire de Marseille. 28 jeunes en tout</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autant de filles que de garçons&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, on y a été attentif aussi bien en France qu’en Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment ce projet a-t-il été financé&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On a été aidé par la Mission Méditerranée de la Ville de Marseille, soutenu par TELEMMe de l’Université Aix Marseille et par de partenaires comme La Friche. La saison Méditerranée nous a labellisés</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>TiLEM va-t-il continuer en 2027&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour nous ces 3 jours sont un aboutissement. Nous avons tenu notre pari de travail de production de cinéma et de diffusion. Une chose importante : lors des 3 soirées, on va montrer des films, mais, surtout, les jeunes pourront faire part de leur expérience, de cette aventure. Le 20 on va tous se retrouver au Vidéodrome pour une journée de travail sur les 3 projections. On souhaiterait que chaque soir il y ait un temps de rencontres avec les spectateurs pour donner au public marseillais l’occasion de rencontrer la jeunesse algérienne. On se connait tellement peu ! On aura accompli notre mission. Début juin, il y aura une réunion en visio pour que les jeunes aient un retour et puissent voir que quelque chose existe même quand on est dispersé. Il y aura peut- être des suites ? Moi, je vais retrouver mon cinéma que j’avais mis en pause…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Elise Padovani et Annie Gava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Ecrans de Large Friche La Belle de Mai –Marseille</p>



<p class="wp-block-paragraph">La MaisonDAR&nbsp; 4, rue Aissaoui Boualem &#8211; quartier Meissonier 16000 Alger &#8211; Algérie</p>
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		<title>Jamal Ouazzani et Constant Spina : poésie et militantisme à la Biennale des écritures du réel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 07:28:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[Biennale des écritures du réel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin de la Biennale des écritures du réel 2026 était un feu d&#8217;artifice de mots. Notamment lors d&#8217;une rencontre-lecture organisée en librairie, avec une salle pleine d&#8217;auditeurs venus écouter deux écrivains, Jamal Ouazzani et Constant Spina. Intitulée Vers un militantisme poétique, elle a donné l&#8217;occasion de mesurer à quel point, lorsque les temps sont [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La fin de la <em><strong>Biennale des écritures du réel</strong></em> 2026 était un feu d&rsquo;artifice de mots. Notamment lors d&rsquo;une rencontre-lecture organisée en librairie, avec une salle pleine d&rsquo;auditeurs venus écouter deux écrivains, <strong>Jamal Ouazzani</strong> et <strong>Constant Spina</strong>. Intitulée <em>Vers un militantisme poétique</em>, elle a donné l&rsquo;occasion de mesurer à quel point, lorsque les temps sont difficiles –&nbsp;ou simplement intenses&nbsp;–, la poésie répond à des besoins humains essentiels&nbsp;: «&nbsp;<em>exprimer une vérité dans sa cruauté et sa crudité</em>&nbsp;» disait l&rsquo;un&nbsp;; «&nbsp;<em>savoir ce qu&rsquo;est et n&rsquo;est pas l&rsquo;amour</em>&nbsp;», disait l&rsquo;autre, «&nbsp;<em>et donc apprendre à poser ses limites</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Formuler la rage et le soin</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La poésie, c&rsquo;est inutile, mais pour qui&nbsp;?</em>&nbsp;», demandait Jamal Ouazzani, avant de répondre, comme une évidence&nbsp;: «&nbsp;<em>Pour le capitalisme</em>&nbsp;». Certes, elle n&rsquo;est pas rentable, mais demeure la meilleure manière de tirer tout le jus vital de notre capacité langagière. Et parfois, c’est tout ce qu&rsquo;il nous reste, «&nbsp;<em>quand tout brûle</em>&nbsp;», comme c&rsquo;est le cas à Gaza. «&nbsp;<em>Cela fait quelque chose. C&rsquo;est pour cela que les gens pleurent parfois en écoutant un poème de Mahmoud Darwich, mais pas le journal télévisé de 20 heures</em>&nbsp;». Constant Spina, à l&rsquo;origine du média Manifesto XXI, a tenu à y intégrer de la poésie, «&nbsp;<em>qui peut apporter quelque chose d&rsquo;intéressant au journalisme</em>&nbsp;». En recourant à «&nbsp;<em>des plumes énervées, contre l&rsquo;injonction de rester neutre. Comment rester neutre face à un génocide&nbsp;? À Donald Trump&nbsp;?</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;un comme pour l&rsquo;autre de ces auteurs, évoluant dans des milieux queers et progressistes, l&rsquo;écriture est politique, mais prend aussi une dimension de soin. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un «&nbsp;<em>cri impossible à ne pas pousser, un élan qui me sauve</em>&nbsp;», explique Jamal Ouazzani, frappé par des cycles de dépression grave. Constant Spina lui doit l&rsquo;acceptation de sa «&nbsp;<em>condition irréparable</em>&nbsp;» de personne handicapée. Son prochain essai portera sur le care, une notion invitant à admettre notre vulnérabilité plutôt que chercher à tout contrôler.</p>



<pre class="wp-block-verse">GAËLLE CLOAREC<br><br>La rencontre, animée par Roxana Hashemi, co-directrice de la revue poétique Muscle, a eu lieu <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 29 avril </mark>à la <a href="https://www.librairesdusud.com/portfolio-item/lhydre-aux-mille-tetes/" type="link" id="https://www.librairesdusud.com/portfolio-item/lhydre-aux-mille-tetes/">librairie L'Hydre aux mille têtes</a>, Marseille.</pre>



<pre class="wp-block-verse">À lire :<br><br>Amour - Révolutionner l'amour grâce à la sagesse arabe et/ou musulmane, Leduc Société<br><br>Feux de joie, Blast<br><br>Jamal Ouazzani<br><br>Manifeste pour une démocratie déviante : amours queers face au fascisme<br><br>Lettre infinie, Thésée en Sicile<br><br>Éditions trouble<br><br>Constant Spina</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/" type="link" id="https://journalzebuline.fr/category/litterature/">Littérature</a> ici.<a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/">  </a></p>
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		<title>Lætitia Bianchi, une autrice au MAAOA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 10:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Franco-mexicaine, écrivaine, éditrice et traductrice, Lætitia Bianchi tisse depuis plusieurs années un dialogue fécond entre littérature, arts populaires et mémoire visuelle. Son œuvre, nourrie par un séjour prolongé au Mexique entre 2013 et 2017, explore avec sensibilité les zones d’interpénétration entre imaginaire collectif, croyances populaires et héritages coloniaux. À l’occasion de cette rencontre, l’autrice proposera [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Franco-mexicaine, écrivaine, éditrice et traductrice, <strong>Lætitia Bianchi</strong> tisse depuis plusieurs années un dialogue fécond entre littérature, arts populaires et mémoire visuelle. Son œuvre, nourrie par un séjour prolongé au Mexique entre 2013 et 2017, explore avec sensibilité les zones d’interpénétration entre imaginaire collectif, croyances populaires et héritages coloniaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de cette rencontre, l’autrice proposera une conversation entre son écriture et la collection d’arts populaires mexicains du musée, un ensemble rare de sculptures, ex-voto, masques et objets votifs qui témoignent de la vitalité des traditions populaires et des continuités entre art et rituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son dernier roman, <em>Bonampak</em> (Verticales, 2025), revisite la découverte d’un site maya en donnant voix aux explorateurs mais aussi aux paysages et aux silences des peuples oubliés. Par une écriture à la fois documentée et poétique, elle interroge les naïvetés néocoloniales de l’archéologie et les imaginaires hérités des explorations scientifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mémoires des collections</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondatrice des éditions Mexico (2022), Lætitia Bianchi s’attache à redonner visibilité à l’imagerie populaire, du graveur mexicain José Guadalupe Posada aux <em>louboks</em> russes, tout en traduisant des textes fondateurs, comme <em>Les Oiseaux</em> d’Aristophane (Arléa, 2024).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre s’articule avec le processus de refondation du projet scientifique et culturel du MAAOA, mené par son directeur <strong>Benoît Martin</strong> et les équipes de conservation, de recherche et de médiation. Elle participe à une réflexion sur la manière dont les musées racontent aujourd’hui les objets hérités des collections coloniales notamment les artefacts amérindiens : parures de plumes, crânes rituels ou objets cérémoniels issus de dons historiques (Heckenroth, Gastaut). Plus que des curiosités, ces œuvres incarnent des usages spirituels et des liens vitaux avec les cultures d’origine, auxquels la littérature peut offrir une voie sensible de résonance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre écriture et ethnographie, fiction et mémoire, Lætitia Bianchi invite ici à repenser la relation entre récit, regard et restitution, un cheminement poétique au cœur des débats actuels sur la représentation des mondes autochtones et les communautés sources dans les musées.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 février,</mark><br>Centre de la Vieille Charité, Marseille</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/laetitia-bianchi-une-autrice-au-maaoa/">Lætitia Bianchi, une autrice au MAAOA</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>L&#8217;Histoire face aux politiques identitaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 08:25:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Iméra (Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université) a lancé cette année un cycle de rencontres, Ouvertures, qui s’adresse aux enseignants-chercheurs, aux doctorants et aux citoyens curieux. Le 12 février, une séance hors-les-murs se tenait au LaboFriche, laboratoire d&#8217;expérimentation de la Friche La Belle de Mai. Avec un panel d&#8217;historiens, rassemblés par Brian Sandberg, spécialiste des [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/lhistoire-face-aux-politiques-identitaires/">L&rsquo;Histoire face aux politiques identitaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’Iméra (Institut d’études avancées d’Aix Marseille Université) a lancé cette année un cycle de rencontres, <strong><em>Ouvertures</em></strong><strong>, qui</strong> s’adresse aux enseignants-chercheurs, aux doctorants et aux citoyens curieux. Le 12 février, une séance hors-les-murs se tenait au LaboFriche, laboratoire d&rsquo;expérimentation de la Friche La Belle de Mai. Avec un panel d&rsquo;historiens, rassemblés par <strong>Brian Sandberg</strong>, spécialiste des guerres de religion européennes, autour du thème <em>L&rsquo;Histoire contestée&nbsp;: les usages du passé et libertés académiques</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Points de résistance</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moderniste <strong>Jérémie Foa</strong>, animateur de la première session, passionnante, mettait d&#8217;emblée la discipline Histoire au cœur de guerres culturelles sans merci&nbsp;: «&nbsp;<em>mémoires concurrentes, récits identitaires, projets politiques, qui peuvent contourner ou nier le travail critique sur les sources</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Quelle réaction civique et intellectuelle pouvons-nous avoir&nbsp;?</em>&nbsp;», demandait-il à ses pairs. <strong>Thomas Glesener</strong>, intervenant sur l&rsquo;islamophobie savante, répondait que l&rsquo;offensive réactionnaire contemporaine a refait des universités des champs de bataille, «&nbsp;<em>où l&rsquo;on défend la pensée complexe auprès de jeunes cerveaux qui ne demandent qu&rsquo;à apprendre&nbsp;: on crée des points de résistance</em>&nbsp;». Pour <strong>Paulin Ismard</strong>, historien de l&rsquo;antiquité, «&nbsp;<em>affronter le danger fasciste en 2027, cela se passe ailleurs que dans nos milieux&nbsp;; dans la rue&nbsp;!</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à <strong>Clémence Revest</strong>, spécialiste du mouvement humaniste dans l&rsquo;Europe du XV<sup>e</sup> siècle, elle suggérait fort justement de «&nbsp;<em>se réunir, se mettre en réseau, se compter dans une dynamique de résistance avec les libraires, bibliothécaires, enseignants, musées. Nous pouvons aider à se déprendre de la mythologie des origines, poison fondamental.</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le public, Fabrice Denise, directeur du Musée d&rsquo;Histoire de Marseille, opinait&nbsp;: «&nbsp;<em>de plus en plus d&rsquo;établissements rejoignent la Charte des musées engagés initiée par le Musée national de l&rsquo;Histoire de l&rsquo;Immigration</em>&nbsp;». L&rsquo;Américain Brian Sandberg, tout du long, frémissait de rage en évoquant l&rsquo;assaut mené contre l&rsquo;Histoire publique par le gouvernement Trump. Aux USA comme de ce côté de l&rsquo;Atlantique, si une profession aussi pondérée que celle des historiens se mobilise, c&rsquo;est que l&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux atermoiements.</p>



<pre class="wp-block-verse">GAËLLE CLOAREC<br><br><strong>À venir<br></strong><br>Le prochain rendez-vous du cycle Ouvertures aura lieu le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 mars</mark>, avec les invités du sociologue Abdoulaye Gueye, pour revenir sur les libertés académiques.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici</a></p>
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		<title>Raconter l’Est</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Feb 2026 14:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Bulgarie]]></category>
		<category><![CDATA[Éditions le Bruit du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Joanna Elmy]]></category>
		<category><![CDATA[Librairie Les Arcenaulx]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman de Joanna Elmy suit le parcours de Yana, jeune bulgare exilée aux États-Unis, vivant dans la précarité. Elle y est témoin d&#8217;un accident mortel impliquant une réfugiée d&#8217;Europe de l&#8217;Est. Le choc fait ressurgir les voix de sa mère et de sa grand-mère. Entrelacées, elles forment la trame du récit sur trois générations. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le roman de <strong>Joanna Elmy</strong> suit le parcours de Yana, jeune bulgare exilée aux États-Unis, vivant dans la précarité. Elle y est témoin d&rsquo;un accident mortel impliquant une réfugiée d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Le choc fait ressurgir les voix de sa mère et de sa grand-mère. Entrelacées, elles forment la trame du récit sur trois générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Au départ, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une nouvelle pour laquelle j&rsquo;avais gagné une bourse</em> », explique l&rsquo;autrice. Le grand auteur Georgi Gospodinov, emballé par le texte de la jeune femme – elle n&rsquo;a alors que 26 ans –, estime qu&rsquo;il y a matière à un roman. « <em>Cela me semblait impossible. Mais j&rsquo;ai essayé. Deux ans plus tard, le roman était là.</em> » Et quel roman ! Publié en 2021 en Bulgarie, <em>Porter la faute</em> est aujourd&rsquo;hui traduit en quinze langues (<a href="https://journalzebuline.fr/la-liberte-ne-se-mange-pas/">Lire ici</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Il y a un peu de mon histoire personnelle</em> », poursuit Joanna. « <em>Je suis partie aux États-Unis en 2015, l&rsquo;année des élections entre Hillary Clinton et Trump. J&rsquo;observais à la télé cet homme aux cheveux orange qui racontait des choses folles. Cela a été le point de départ : comprendre pourquoi ce pays dont l&rsquo;Est rêvait basculait dans de tels extrêmes.</em> »<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Culpabilité en héritage</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Joanna veut aussi faire le récit de la génération des enfants de la transition, nés après la chute du Mur. « <em>On a pensé alors que tout serait “magnifique” comme à l&rsquo;Ouest. Mais les choses ont été bien compliquées : inflation monstrueuse, rayons vides dans les magasins. Mes parents ont connu une pauvreté que l&rsquo;on peut à peine imaginer.</em> » Le roman relate aussi la vie d&rsquo;Eva, la grand-mère, qui incarne la période du communisme&nbsp;: « <em>Je m&rsquo;intéresse à la violence, celle des hommes et celle de l&rsquo;État, elles se ressemblent beaucoup.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les personnages portent en eux une culpabilité héritée de la génération précédente&nbsp;; une transmission qui se reflète dans la forme même du roman : récit à plusieurs voix, éclaté. « <em>Je n&rsquo;arrive pas à penser une histoire de manière linéaire. Mon écriture est sans doute le reflet d&rsquo;une existence moderne où l&rsquo;on consomme l&rsquo;information en scrollant.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme son héroïne, Joanna fait partie d&rsquo;une génération qui a grandi « <em>avec l&rsquo;idée qu&rsquo;en Bulgarie, il n&rsquo;y avait pas de futur, que “réussir”, c&rsquo;était partir</em> ». Sur six millions de Bulgares, deux millions vivent à l&rsquo;étranger. Mais aux États-Unis aussi, «&nbsp;<em>où tout se compte en heures et en dollars</em>&nbsp;», la désillusion attend Yana : « <em>Les exilés y sont les petites mains du nettoyage, des restaurants&#8230; &nbsp;Difficile de s&rsquo;intégrer dans une société qui ne veut pas de vous.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce roman dense et intense, l’autrice brosse un portrait d’une Bulgarie méconnue&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;L&rsquo;Europe de l&rsquo;Est n&rsquo;est vue que sous l&rsquo;angle de la dictature. Il me semblait important de raconter une autre histoire qui ne se résume pas à la seule division entre libéraux et communistes.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse">La rencontre s’est déroulée le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">30 janvier,</mark> à la <a href="https://www.les-arcenaulx.com/la-librairie/">librairie des Arcenaulx</a>, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<em> </em><a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"><em>Livres </em>et<em> Littérature</em> ici </a></p>
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		<title>Passer de l’autre côté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:45:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Désertons&#160;! Sur sa couverture rouge et noire, le livre de Jeanne Mermet, co-édité par Wilproject et Les Liens qui Libèrent, brandit le poing de manière résolue. «&#160;Ce vocabulaire guerrier n&#8217;est pas venu tout de suite, raconte la jeune autrice. Moi, j&#8217;ai simplement dit, au départ, que je ne voulais pas travailler.&#160;» Pas, en tout cas, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Désertons&nbsp;!</em> Sur sa couverture rouge et noire, le livre de <strong>Jeanne Mermet</strong>, co-édité par Wilproject et Les Liens qui Libèrent, brandit le poing de manière résolue. «&nbsp;<em>Ce vocabulaire guerrier n&rsquo;est pas venu tout de suite</em>, raconte la jeune autrice.<em> Moi, j&rsquo;ai simplement dit, au départ, que je ne voulais pas travailler.</em>&nbsp;» Pas, en tout cas, dans la voie toute tracée par des études brillantes à l&rsquo;école Polytechnique. Comme d&rsquo;autres ingénieurs de sa génération, elle a décidé de «&nbsp;<em>bifurquer</em>&nbsp;», quitter une carrière prometteuse, mais qui l&rsquo;aurait menée «&nbsp;<em>à faire la guerre aux vivants</em>&nbsp;» en multipliant les technologies intrusives et polluantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Apprendre à ne pas</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeanne Mermet était censée modéliser des réseaux électriques trans-européens, au nom de politiques énergétiques clamant leur volonté de décarboner l&rsquo;économie. «&nbsp;<em>Je ne voulais pas contribuer à une transition qui n&rsquo;a d&rsquo;écologique que le nom. Car en vérité, on ne change pas les modes de production d&rsquo;énergie, on en rajoute, dans un système désastreux et colonialiste, basé sur l&rsquo;exploitation des ressources. Au Congo, par exemple, l&rsquo;extraction du coltan*, cobalt, et bientôt lithium se fait au prix de déplacement de populations, violences faites aux femmes. Il faut lever le voile sur le complexe militaro-industriel, qui emploie des ingénieurs dont j&rsquo;aurais pu faire partie.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le public attentif, serrés sur les canapés des éditions Wildproject, beaucoup de jeunes, parfois eux-mêmes ingénieurs, se demandent comment bifurquer à leur tour. Faut-il tenter d&rsquo;agir «&nbsp;de l&rsquo;intérieur&nbsp;», dans les rouages d&rsquo;un système capitaliste conduisant l&rsquo;humanité dans le mur&nbsp;? Faut-il montrer l&rsquo;exemple en s&rsquo;investissant dans des alternatives décroissantes&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces choix ne sont jamais faciles, même si, Jeanne Mermet le rappelle, en refusant d&rsquo;être héroïsée, «&nbsp;<em>dans les milieux privilégiés, nous avons des filets de sécurité, pour rebondir socialement&nbsp;; la prise de risque est limitée</em>&nbsp;». Depuis sa désertion, elle a rallié les luttes citoyennes, en commençant par celles menées en Aveyron contre un mega-transformateur, ou contre le nucléaire. «&nbsp;<em>J&rsquo;ai rejoins le camp d&rsquo;en face. Avec mes études, je peux aller lire entre les lignes des projets de RTE*, cela me permet de dire que c&rsquo;est une grosse farce.</em>&nbsp;»</p>



<pre class="wp-block-verse">GAËLLE CLOAREC<br><br>La rencontre avec Jeanne Mermet<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> a eu lieu le 10 décembre</mark> aux éditions Wildproject, Marseille.<br><br>* minerai critique pour nos appareils électroniques<br><br>** Réseau de Transport d'Électricité, filiale d'EDF</pre>
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		<title>Les Rencontres invitent au dialogue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 12:16:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Converser, la première table ronde des Nouvelles rencontres, s’annonçait passionnante, promettant de placer la réflexion politique au cœur de la langue, grâce à la présence de Pierre Chiron, helléniste rhétoricien qui sait que la démocratie naît de l’art d’argumenter, de Lætitia Bucaille spécialiste de Gaza et de l’Afrique du Sud et de Gloria Origgi, épistémologue [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Converser</em>, la première table ronde des <a href="https://www.nouvellesrencontresaverroes.com">Nouvelles rencontres</a>, s’annonçait passionnante, promettant de placer la réflexion politique au cœur de la langue, grâce à la présence de <strong>Pierre Chiron</strong>, helléniste rhétoricien qui sait que la démocratie naît de l’art d’argumenter, de <strong>Lætitia Bucaille</strong> spécialiste de Gaza et de l’Afrique du Sud et de <strong>Gloria Origgi</strong>, épistémologue de la rumeur qui a analysé les processus langagiers de Giorgia Meloni. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant les questions posées par <strong>Jean-Christophe Ploquin</strong>, rédacteur en chef de La Croix, ont longtemps ramené ces intellectuels à de l’anecdotique. C’est en les contournant que Laetitia Bucaille a pu analyser l’importance des paroles prononcées par les Sud-Africains, y compris par les bourreaux, après l’Apartheid, paroles qui ont permis à Mandela d’éviter le bain de sang qui menaçait. Elle pense aussi, peut-être, que&nbsp; la libération de Marwan Barghouti des prisons israéliennes pourrait rappeler celle de Mandela&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et Gloria Origgi d’expliquer que les conflits pouvaient être exacerbés par une conversation, qui nécessite, pour être efficace, la pratique sincère du doute. Et de la dialectique, précisait le rhétoricien, qui permet d’instaurer le droit contre la force, et donc la naissance de,la citoyenneté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Éloge de la traduction</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chloé Camberling</strong> a quant à elle animé le Grand entretien avec le grand <strong>Souleymane Bachir Diagne</strong> avec un art de la médiation fait de la connaissance de son parcours, d’une admiration visible et d’un vrai talent pédagogique. Elle a permis de rendre la pensée du philosophe limpide sans en gommer la brillance. D’approcher la notion essentielle de pluriversalisme, un universalisme qui ne serait plus celui des colonisateurs venus civiliser les peuples inférieurs, mais celui d’une diversité des cultures qui dialoguent et, avant tout, traduisent. D’une égalité des langues, d’une pluralité qui enrichit, du cosmopolitisme. De l’éloge de Saint Louis, sa ville natale du Sénégal, née d’un comptoir français cohabitant avec un village africain et une immigration marocaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au racisme, le philosophe l’a subi partout&nbsp;: seul Noir sur la photo de classe de Louis-le-Grand, accueilli en héros par Senghor quand il a réussi Normale Sup, c’est pourtant aux États-Unis qu’il s’est senti physiquement menacé. Enseignant à Columbia, il est aujourd’hui encore en première ligne des offensives de l’administration Trump contre l’Université.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il reste persuadé, comme Mandela, qu’il faut rechercher l’Ubuntu. La réconciliation, la solidarité, l’humanité commune, non en gommant les différences, mais en les faisant dialoguer, et en les traduisant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<pre class="wp-block-verse">Les <strong><em><a href="https://www.nouvellesrencontresaverroes.com">Nouvelles Rencontres d’Averroes</a></em></strong> se sont déroulées au <a href="https://theatre-lacriee.com">théâtre de la Criée</a> et à l’<a href="https://espace-julien.com">Espace Julien</a> du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 au 23 novembre</mark></pre>



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		<title>Rencontres d&#8217;Averroès : Trinités pour des Rencontres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 11:50:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’y aura qu’un seul grand entretien, mais avec Souleymane Bachir Diagne, philosophe essentiel à la pensée contemporaine d’un universalisme désoccidentalisé [Lire ici]. Un débat préliminaire le 20 novembre sur le parler marseillais réunira le sociologue Médéric Gasquet-Cyrus et la réalisatrice Prïncia Car. Neuf à tables Mais pour cette édition, la Méditerranée veut «&#160;prendre langue&#160;», [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il n’y aura qu’un seul grand entretien, mais avec <strong>Souleymane Bachir Diagne</strong>, philosophe essentiel à la pensée contemporaine d’un universalisme désoccidentalisé [<em><a href="https://journalzebuline.fr/souleymane-bachir-diagne-reinventer-luniversalisme-contre-la-fragmentation-du-monde/">Lire ici</a></em>]. Un débat préliminaire le 20 novembre sur le parler marseillais réunira le sociologue <strong>Médéric Gasquet-Cyrus </strong>et la réalisatrice <strong>Prïncia Car</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Neuf à tables</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour cette édition, la Méditerranée veut «&nbsp;prendre langue&nbsp;», ce qui ne se fait jamais mieux qu’en conversant&nbsp;à plusieurs&nbsp;! Les trois tables rondes réuniront chacune trois participants pour converser, négocier puis traduire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Converser</em>, conçu comme un préambule à la relation, n’en est-il pas plutôt l’aboutissement ? Le 21 novembre à 14h30 la philosophe <strong>Gloria Orrigi</strong> qui travaille sur les nouvelles technologies et leur fabrique de la rumeur (<em>La vérité est une question politique</em>, 2024, Albin Michel), conversera avec l’helléniste Pierre Chiron, spécialiste de l’art rhétorique (<em>Manuel de Rhétorique, Comment faire de l’élève un citoyen</em>, 2018, Les Belles Lettres) et <strong>Laëtitia Bucaille</strong>, sociologue arabophone spécialiste de la sortie de conflits [<em><a href="https://journalzebuline.fr/rencontres-daverroes-peut-on-encore-parler-a-gaza/">Lire ici</a></em>].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 novembre à 14h30, il s’agira de <em>Négocier.</em> Un autre usage de la langue, qui ne consiste pas seulement à prendre contact, mais à obtenir des conciliations, sans compromission, en usant d’une langue rassurante qui habille de coton les rapports de force&nbsp;: la diplomatie est un art pour <strong>Stéphanie David</strong> directrice et représentante à l’ONU de la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) et spécialiste de la Libye, la Palestine et la Tunisie&nbsp;; pour<strong> Julien Vaïsse</strong>, historien fondateur du Forum de Paris sur la paix et spécialiste de la politique étrangère américaine&nbsp;; et <strong>Yves Saint-Geours</strong>, diplomate, ambassadeur de France, spécialiste de l’Amérique latine et observateur du «&nbsp;<em>nouvel ordre mondial</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les négociations, il s’agit de <em>Traduire</em>, de s’élever contre le châtiment de Babel, de considérer que la pluralité des langues et des cultures est notre plus grande richesse&nbsp;; un combat que <strong>Barbara Cassin</strong>, philologue, mène depuis sa connaissance de la Grèce antique, en allant&nbsp; jusqu’à <em>La Guerre des mots de Trump et Poutine</em> [voir page suivante]. Elle discutera avec <strong>Richard Jacquemond</strong>, traducteur de littérature arabe moderne, et avec <strong>Cécile Canut</strong>, sociologue des langues minorisées&nbsp;: celles des Roms, des Maliens, des migrants dans leur pays d’accueil (<em>Provincialiser la langue, langage et colonialisme</em>, 2021, Editions Amsterdam).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trois récits pas magistraux</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouvelles rencontres proposent aussi de nouveaux formats, des masterclass qui mettent en rapport direct l’intervenant·e et le public. Il ne s’agit pas de cours magistraux, mais de récits d’expérience qui se sont, l’an dernier, révélés passionnants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Ben Jemia</strong> ouvrira le seul·e en scène. Le 21 novembre à 17 h. La juriste, militante tunisienne, lutte contre les VSS en Tunisie et défend l’idée que la société civile, les défendeurs des droits, les ONG, sont les gardiens et les garants de la démocratie. <strong>Nabil Wakim</strong> mènera la masterclass du 22 novembre à 11h [voir page suivante] et <strong>Hervé Le Tellier</strong>, l’écrivain, président de l’Oulipo, raconter son match d’écriture contre l’IA… et s’interrogera sur ce nouvel interlocuteur le 23 novembre à 14h30.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trio en soirées</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux <em><a href="https://www.nouvellesrencontresaverroes.com">Rencontres d’Averroès</a></em>, la programmation musicale n’est jamais un simple ornement : elle répond aux débats du jour, prolonge les questions de langue, de mémoire et de circulation des cultures par d’autres voies : celles du rythme, du chant et des corps. Cette année encore, trois soirées composent un triptyque où se déclinent les voix d’une Méditerranée plurielle, indocile et toujours en mouvement. Trois soirées pour faire entendre la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première, le 20 novembre à 19 h à l’<a href="https://espace-julien.com/agenda/nouvelles-rencontres-daverroes">Espace Julien</a>, interroge : « Comment tu parles ? », avant de faire danser. Après un débat sur le parler marseillais – ce laboratoire vivant où se mêlent héritages, inventions et glissements – la scène se transforme en caisse de résonance avec <strong>Temenik Electric</strong>, dont le rock arabe incandescent épousera les pulsations de la ville-monde à partir de 21 h. Une manière de rappeler que Marseille s’écoute autant qu’elle se raconte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 novembre, à 21 h à La Criée, place au concert dessiné <em>Rébétissa</em>. Dans un dialogue rare entre l’encre et la voix, les dessins de <strong>David Prudhomme</strong> redonnent souffle aux chanteuses de rébétiko que la dictature de Metaxás tenta de réduire au silence. Autour de lui, les musiciens <strong>Aggelos Aggelou</strong> et <strong>Maria Simoglou </strong>font vibrer ce blues grec, musique d’exil et de brasier intérieur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le 23 novembre, toujours à <a href="https://theatre-lacriee.com">La Criée</a> et à 17 h, la lecture musicale <em>Et la terre se transmet comme la langue </em>offre un moment de recueillement ardent. La voix d’<strong>Elias Sanbar</strong>, complice et traducteur de Mahmoud Darwich, se mêle à celle de la soprano <strong>Dominique Devals</strong>, sur une composition ample et lumineuse de <strong>Franck Tortiller</strong>. Ensemble, ils tissent une traversée où la poésie palestinienne devient souffle commun, portée par le saxophone, la guitare et les percussions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois soirées, donc, pour dire autrement ce que les <em>Rencontres</em> n’ont cessé d’explorer : que penser la Méditerranée, c’est aussi l’écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Juniors en peau de chagrin</mark></strong><br>Le dispositif <em>Averroes Junior</em> avait pris au fil des années une importance capitale pour de nombreux établissements scolaires et des centaines d’élèves de la région. Il sera très réduit cette année. Les financements spécifiques des collectivités se sont arrêtés ces dernières années puisque le Pass Culture avait pris le relais… Mais en 2025 la part collective de ce Pass controversé est passée brutalement de 25€ par élève à 2€50, réduisant comme peau de chagrin démarche essentielle d’éducation artistique et culturelle.<br>Cette année, <em>Les Nouvelles Rencontres d’Averroès</em> ne peuvent offrir qu’à trois classes de primaires, une de lycée et une de collège, pour certains en option arabe, d’échanger autour de la traduction et d’un karaoké plurilingue, le 18 novembre. Dans un monde aussi fragmenté et fragile, et une académie qui compte plus de 535 000 élèves, ce n’est pas même la part du colibri…  <em>S.Ca</em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<em><a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"> Société ici </a></em></p>
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		<title>Écouter les enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 11:39:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le spectacle, intime, commence comme un conte horrifique&#160;: Chronos dévorant ses enfants parce qu’il a peur d’être remplacé. Que nous dit ce mythe fondateur de notre relation aux enfants&#160;?&#160; Maria Montessori est une figure encore controversée. Parce que comme Rousseau, elle percevait les enfants comme des êtres venus d’un ailleurs naturellement bon, et qu’il suffisait [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle, intime, commence comme un conte horrifique&nbsp;: Chronos dévorant ses enfants parce qu’il a peur d’être remplacé. Que nous dit ce mythe fondateur de notre relation aux enfants&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maria Montessori est une figure encore controversée. Parce que comme Rousseau, elle percevait les enfants comme des êtres venus d’un ailleurs naturellement bon, et qu’il suffisait de les laisser être pour qu’ils grandissent. Et ceci au moment où Freud, son contemporain, psychiatre comme elle, inventait la psychanalyse. Mais aussi parce qu’elle a été soutenue, puis censurée, par Mussolini. Et qu’elle a abandonné, puis retrouvé, son fils Mario, devenu l’héritier et le passeur de sa «&nbsp;méthode&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Expérimentation généreuse</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>Montessori</em>, Bérengère Warluzel a l’intelligence de n’occulter aucune de ces failles, mais de les contextualiser, de les incarner avec hésitation, d’avancer dans l’espace scénique avec peu de certitudes. Première femme médecin italienne au début du XX<sup>e</sup> siècle, dans un pays où les mères célibataires ne peuvent pas travailler, elle met au point sa méthode pour éduquer les «&nbsp;attardés&nbsp;», puis les pauvres des bidonvilles de Rome. L’idée, dans un contexte où les bébés étaient emmaillotés et les enfants contraints au silence et à l’immobilité, était de les laisser jouer, de faire place à leurs corps et à leur désir d’apprendre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La méthode Montessori a largement influencé l’éducation concrète et permis de considérer les enfants comme des personnes et non des êtres en devenir à dresser et redresser. Le seule en scène de Bérangère Warluzel se fonde sur ses écrits, son journal, sa vie, pour donner à voir une femme qui tâtonne, se réjouit de découvrir la soif d’apprendre spontanée des enfants. Elle se bat, en coulisses, sur le terrain, contre une société réactionnaire et pas même paternaliste, puisqu’elle tue les élans de ses enfants récalcitrants. La mise en scène de Charles Berling la place très joliment à hauteur d’enfants, penchée parmi des objets simples et colorés, unis, qui sont aujourd’hui dans toutes les crèches et écoles du monde. <em>Montessori</em> a gagné&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Montessori</em> a été recréé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 novembre</mark> au studio du Baou à Châteauvallon.</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>À venir</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 et 20 novembre<br></mark>Châteauvallon, Ollioules<br><a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Scène Nationale Châteauvallon-Liberté</a></pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>« Soif d’apprendre », une table-ronde</strong><br>« Quelles alternatives pour transmettre la soif d’apprendre ? » Autour d’une table ronde, Michel Ferrandi, professeur de philosophie, Nadia Hamidi, présidente des écoles Montessori, et Sylvain Wagnon, historien et professeur en sciences de l’éducation, explorent les pistes offertes par l’éducation nationale et les pédagogies alternatives pour permettre aux plus jeunes de prendre plaisir à apprendre. De Montessori à Freinet, en passant par l’instruction à domicile et les écoles éco-citoyennes, les invités mettent en lumière les enjeux auxquels cette nouvelle génération est confrontée. Entre intelligence artificielle et innovations pédagogiques, les invité·es entendent réfléchir à la manière de maintenir une «culture commune curieuse » et montrer que ces questions concernent l’apprentissage à tous les âges de la vie. C.L.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 novembre<br></mark><strong>Châteauvallon</strong>, Ollioules<strong> </strong><br><a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Scène nationale Châteauvallon-Liberté </a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était </em>ici</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Quand on parle de L&#8217;Etranger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 10:37:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Albert Camus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 15 septembre, devant une salle comble,&#160; le cinéaste François Ozon et son acteur, Benjamin Voisin sont venus présenter au cinéma Les Variétés à Marseille l’adaptation du roman de Camus, L’Etranger&#160;; Zébuline les a rencontrés. La parole au cinéaste Depuis l’adaptation de Visconti en 1967 personne n’a osé transposer au cinéma L’Etranger. Qu’est ce qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 15 septembre, devant une salle comble,&nbsp; le cinéaste François Ozon et son acteur, Benjamin Voisin sont venus présenter au cinéma Les Variétés à Marseille l’adaptation du roman de Camus, <em>L’Etranger&nbsp;; </em>Zébuline les a rencontrés.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La parole au cinéaste</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Depuis l’adaptation de Visconti en 1967 personne n’a osé transposer au cinéma </em>L’Etranger.<em> Qu’est ce qui vous a donné cette envie&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plein de gens ont essayé et se sont cassé les dents. On m’a dit&nbsp;: «&nbsp;C’est un livre inadaptable, un livre philosophique. Il y a une trame narrative au premier degré mais ça raconte des choses sur la relation au monde, sur la place de l’homme dans le monde. Je me suis lancé de manière un peu insouciante. Je me suis dit que je m’attaquais à un monument de la littérature française et je me suis rendu compte que c’était compliqué. J’ai eu les droits car la fille de Camus, <strong>Catherine Camu</strong>s m’a fait confiance, a compris l’adaptation que je voulais faire&nbsp;: pour moi, c’était important&nbsp; de faire le film avec les yeux d’aujourd’hui. Depuis 1942, il s’est passé beaucoup de choses entre la France et l’Algérie et il me semblait important d’intégrer ça dans le regard sur cette histoire , de contextualiser et raconter aux spectateurs d’aujourd’hui ce qu’était l’Algérie française, des choses du passé que beaucoup ont oubliées et dont on parle très peu. Pour moi, c’était important de commence le film par ces images d’archives qui expliquent comment les Français voyaient l’Algérie française. A partir de là, l’histoire pouvait commencer</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il&nbsp; y a eu&nbsp; une adaptation turque en 2001 de Zeki Demirkubuz ou plutôt une transposition dans la Turquie contemporaine. Vous avez choisi de rester très proche du roman. Comment avez-vous travaillé&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a cette contextualisation et la volonté de développer des personnages féminins. Le personnage de Marie que je trouve très «&nbsp;décorative&nbsp;» dans le livre, je l’ai rendue un peu consciente de ce qui se passe. Pour moi, c’était important après avoir lu le livre de <strong>Kamel Daoud,</strong> <em>Meursault contre enquête</em>&nbsp;: il y est question du frère de l’Arabe. La femme est frappée par Raymond Sintès et je me suis dit&nbsp;: <em>Qui est cette femme&nbsp;?;</em>&nbsp; et j’ai imaginé ce personnage. C’était important pour moi, qu’elle donne la parole aux Arabes qui ne l’ont pas et n’ont pas de nom dans le livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le livre de Camus, les femmes n’ont pas la parole. C’est un monologue intérieur&nbsp;; elles n’existent pas en tant que Personnages. Il y a une pensée philosophique, abstraite. Comment avez- vous articulé cela&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un équilibre entre les deux. En fait quand j’ai lu le livre, je me suis dit que ce livre était un mystère parce qu’il est universel. Il est universel parce qu’il nous échappe. Je pense que les chefs d’œuvre peuvent être interprétés de manière très différente. Chacun a sa vision de Meursault. Je me souviens que lorsqu’on a montré les premières images du film, certains ont dit que Meursault n’était pas&nbsp; cela. Dans le livre, il n’est pas décrit. Chacun a imaginé cette histoire dans sa tête et l’a mise en scène&nbsp;! C’était compliqué&nbsp;! Et la pensée de Camus&nbsp;! Je ne suis pas du tout philosophe mais j’étais passionné. J’ai lu toute sa pensée&nbsp;: j’ai relu <em>Le Mythe de Sisyphe,</em> j’ai lu ses descriptions de l’Algérie. Je me suis nourri de son univers et j’ai essayé de traduire sa pensée. Le livre a quelque chose d’un peu nihiliste à la fin mais quand on discute avec des spécialistes de Camus, ils nous disent que Camus, c’est <em>L’Homme révolté</em>, c’est la révolte. D’où la dernière scène avec le prêtre où il explose, exprime ses émotions et dit «&nbsp;<em>J’ai été heureux.</em>&nbsp;» Il est capable de ressentir le moment présent et se rend compte qu’il a été heureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous citez même par le fantôme de la mère des réflexions sur la guillotine et la peine de mort sur laquelle Camus a beaucoup écrit…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est important que la mère soit incarnée, la mère dont tous les lecteurs parlent car c’est la première phrase du roman. Je savais que tout le monde m’attendait au tournant. J’ai détourné le piège en commençant par une phrase du livre qui est dans la deuxième partie quand il arrive dans la prison,&nbsp; qu’on lui demande ce qu’il a fait et qu’il répond&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;J’ai tué un Arabe&nbsp;»</em>. Et commencer le film ainsi me permettait de donner une vision sur la sœur. En 1942, commencer le livre par «&nbsp;<em>Aujourd’hui, Maman est morte</em>&nbsp;» c’était révolutionnaire. Aujourd’hui, c’est moins surprenant. «&nbsp;J<em>’ai tué un Arabe</em>&nbsp;» est plus choquant pour le spectateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le roman, le personnage de Meursault est énigmatique et on a du mal à le cerner. Il le reste dans votre film. Pour l’incarner, Benjamin Voisin qui incarnait David Gorman, un jeune homme solaire dans </em>Eté 85<em>. Avez-vous pensé à lui tout de suite&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On avait un autre projet ensemble qu’on n’a pas réussi à faire et très vite, j’ai pensé à lui parce qu’en fait, en lisant beaucoup d’interviews de <strong>Visconti,</strong> sur son film, j’ai appris qu’il n’aimait pas son film, produit par Dino de Laurentis, et surtout le casting. On lui avait imposé Mastroianni alors que son choix était Delon. L’Alain Delon de <em>Samouraï </em>et de <em>Plein soleil</em> correspondait beaucoup mieux. C’est bizarre de voir Mastroianni jouer Meursault&nbsp;: avec son coté nonchalant, méditerranéen, il ne correspondait pas vraiment au personnage mutique. Moi, j’avais l’impression que puisque c’était un personnage pour lequel, on n’a pas d’empathie, il fallait jouer sur une forme de fascination. Il fallait un acteur mystérieux, avec une force intérieure, beauté et sensualité. La sensualité, c’était très important pour Camus et j’ai tout de suite pensé à Benjamin. Le filmer en noir et blanc fonctionne bien, me semble t-il</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment l’avez fait travailler&nbsp;? Que lui avez-vous donné comme direction de jeu&nbsp;</em>?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je lui ai donné à lire <em>Notes sur le cinématographe</em> de<strong> Bresson</strong> qui ne parle pas des acteurs mais des modèles. Je lui ai demandé de s’abstraire, de ne pas avoir de réactions, d’être dans son monde intérieur. C’était très compliqué pour ses partenaires qui disaient&nbsp;: <em>«&nbsp;Qu’est ce qu’il est désagréable&nbsp;!&nbsp;</em>» Il était vraiment ce personnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’articulation entre la vie, la sensualité et l’aridité d’une thèse philosophique, se fait par la lumière. Le traitement de la lumière nous impressionnées. C’est ce qui façonne le récit…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soleil est très important pour Camus&nbsp;: c’est le plaisir et ça tue. On a tourné à une période où il n’y avait pas tout le temps du soleil et c’était un peu compliqué. On a fait beaucoup d’essais avec la caméra, pour voir comment filmer avec la pellicule, voir comment rendre la chaleur et le coté aveuglant de cette lumière du soleil. On a tourné au Maroc parce qu’on ne pouvait pas tourner en Algérie. En général, quand on veut décrire Alger à cette époque, on tourne à&nbsp; Tanger. Il y a beaucoup de documents dont on a pu s’inspirer. Je ne connais pas l’Algérie&nbsp; mais on m’a dit qu’on avait vraiment l’impression d’être à Alger.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="465" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=696%2C465&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132628" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=1024%2C684&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=696%2C465&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=1068%2C713&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?resize=629%2C420&amp;ssl=1 629w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Benjamin-2-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La parole au comédien, Benjamin Voisin</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quand François Ozon vous a proposé d’incarner Meursault, quelle a été votre réaction et ce personnage si particulier vous a-t-il fait peur&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On avait le projet d’un film avec François (Ozon) qui ne s’est pas fait pour différentes raisons&nbsp;: c’était un film en trois parties dont une sur un jeune homme un peu désillusionné un peu hors de l’humanité et qui avait un penchant suicidaire. Puis il a relu de son côté l<em>’Etranger </em>et on en a parlé ensemble. &nbsp;Moi c’était un de mes bouquins préférés et dans la continuité des choses on s’est dit pourquoi pas l’imaginer au cinéma. Il a écrit une première version de scénario et voilà. Donc moi je n’ai pas intégré ce film de manière normale. &nbsp;Les choses sont arrivées sans le coup de fil un peu violent <em>«&nbsp;je pense à toi pour ce rôle</em>&nbsp;». J’étais là. J’avais déjà en tête le jeune homme dépressif du projet initial. Glisser dans le rôle de Meursault, ça s’est fait dans une forme de continuité. Après non, je n’ai pas eu peur. J’ai peur quand je monte sur scène et que j’entends la rumeur du public, mais jamais des échéances cinématographiques qui m’exciteraient plutôt. J’adore les responsabilités et j’étais heureux de donner mon corps à Meursault et ma version du personnage</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous avez dit que </em>L’Etranger<em> était l’un de vos livres préférés&nbsp;: en tant que lecteur, imaginiez-vous Meursault sous vos traits&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, si je pouvais m’imaginer en Raskolnikov ou en Lucien de Rubempré, je ne m’identifiais pas du tout au héros de Camus : je l’imaginais plus vieux. En plus, je suis d’un tempérament, très éloigné du caractère premier du jeune Meursault. Plus extraverti, plus dilettante. J’ai travaillé ce personnage sous la surveillance de François qui ne dirige pas beaucoup et se contente de dire oui ou non. C’est Pialat qui disait que 70% de la direction d’acteur, c’est du casting. Et c’est vrai, après ce n’est pas seulement choisir la bonne personne mais c’est encore &nbsp;lui faire confiance pour le trajet qu’il va parcourir de son côté&nbsp; en préparation, en documentation, en rêverie. Et voilà j’ai travaillé et je me suis un peu décalé de moi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En même temps Meursault est un personnage insaisissable dans le roman, comment s’en saisit-on&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben, c’est très dur. C’est très abstrait. J’avais un déclic et j’essayais de voir avec les gens ce qui se passait en étant Meursault. Ça met une tension terrible dans la vie normale&nbsp;: on ne donne pas de réponses, on revient à quelque chose de plus sombre et absurde, on nait, on vit, on meurt. Et je guettais dans leurs yeux ce que moi j’avais ressenti à la lecture du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En jouant l’Etranger, avez-vous découvert des choses qui vous avaient échappé à la lecture du roman&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, j’ai mieux compris la philosophie de Camus. Tout peut être oui, tout peut être non. Quand j’entendais <strong>Rebecca Marder</strong> qui me disait&nbsp;: «&nbsp;<em>Mais tu m’aimes</em>&nbsp;?&nbsp;» et ma réponse&nbsp;: «&nbsp;<em>ça ne veut rien dire&nbsp;</em>», un mois avant, pour moi, ce n’était qu’un texte. Au moment du tournage, c’était vrai&nbsp;! C’est vrai que ça ne veut rien dire «&nbsp;<em>Je t’aime</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment l’Etranger paru en 1942 peut-il être perçu par les Jeunes d’aujourd’hui&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je crois que les jeunes redoutent l’image qu’ils renvoient aux autres, cherchent l’approbation. Les vidéos postées sur les réseaux contribuent à ce conformisme. Meursault leur propose l’image de quelqu’un qui n’est pas ému par ce que pense la société, qui ne joue pas le jeu imposé par le collectif, qui reste vrai et qui malgré tout, devant la mort, sait qu’il a été heureux. C’est quelqu’un qui est normal, qui n’est pas marginal mais qu’on pousse vers la marginalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Est-ce qu’il y a eu des séquences qui ont été particulièrement difficiles à tourner&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La séquence de la prison à la fin quand l’aumônier (<strong>Swann Arlaud</strong>) vient voir le condamné et où tout éclate et dans la confusion, prend sens. François voulait de l’émotion. On l’a tournée de 15 manières différentes, en riant, en pleurant, en criant, en hurlant. Le montage a retenu un peu de chaque manière. Mais je peux vous dire que j’ai bien dormi après&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretien réalisé par Elise Padovani et Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Etranger</em> sort en salles le 29 octobre</p>



<p class="wp-block-paragraph">© A.G.</p>
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