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	<title>Archives des Robyn Orlin - Journal Zebuline</title>
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		<title>Afflux d’émotions du monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jun 2024 14:13:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le public est là, le cœur serré, et l’angoisse est palpable dans les salles pleines. Que va t-il nous arriver demain&#160;? La conversation politique est sur toutes les lèvres, et la programmation de cette première semaine y a apporté des réponses décalées, sensibles, pleines d’une humanité faite d’identités multiples et de réponses à l’oppression. Au [&#8230;]</p>
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<p>Le public est là, le cœur serré, et l’angoisse est palpable dans les salles pleines. Que va t-il nous arriver demain&nbsp;? La conversation politique est sur toutes les lèvres, et la programmation de cette première semaine y a apporté des réponses décalées, sensibles, pleines d’une humanité faite d’identités multiples et de réponses à l’oppression.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au Nord de l’Afrique du Sud</mark></strong></p>



<p>À La Criée, <strong>Robyn Orlin</strong>. La chorégraphe Sud Africaine qui a commencé sa carrière alors que l’Apartheid régnait encore, sait fabriquer des images chocs, des rapports d’humanité queer qui renversent les dominations. Son spectacle <em>How in salt deserts it is possible to blossom</em> (<em>Comment il est possible de fleurir/ s’épanouir dans un désert de sel</em>) ne se pose pas comme une question mais comme une affirmation, forcenée, de la résilience et de la vie. De la guérison possible.</p>



<p>Les «&nbsp;coloured&nbsp;» d’Okiep, ancienne cité minière dont la population, pas assez blanche et pas assez noire, est laissée à sa pauvreté, voit chaque année le désert fleurir après les torrentielles pluies de juillet. La chorégraphe est allée à leur rencontre, et les cinq danseurs du <strong>Garage Dance Ensemble </strong>et les trois musiciens de <strong>uKhoiKhoi </strong>font véritablement fleurir la scène. Couverts d’épaisseurs de tissus ternes ils s’en dénudent peu à peu révélant leurs couches internes, colorées, leurs mouvements souples, puissants et tendres.</p>



<p>Des scènes se dessinent qui disent les dominations et les libérations. Celle d’un viol, brutal, sans regard complaisant, qui laisse la victime inerte dans les bras consolateurs de sa mère, est la plus violente&nbsp;; mais tout aussi fortes sont celle de la transfiguration d’un homme qui se colore, s’assouplit et se féminise, ou l’épanouissement magique de la figure de la mère rendue belle, vivante, par ses enfants. La musique, à la fois joyeuse et grave, puissante et subtile, faite de loops et de samples vocaux, de souvenirs mélodiques et d’inventions, accompagne et précède souvent cette affirmation d’une confiance dans la force vitale, dans les paysages les plus arides, les histoires les plus sanglantes, les dénuements les plus extrêmes.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Destins jumeaux</mark></strong></p>



<p>À Klap, <strong>Hanin Tarek</strong> et <strong>Amina Abouelghar</strong> dansent en parallèle, ce qui est toujours fascinant. Les deux artistes égyptiennes, en un court duo, font la synthèse de gestuelles différentes, que les classements de la danse nommeraient orientale baladi, hip-hop waving, contemporaine slow motion&#8230; Exécutant la plupart du temps les mêmes mouvements, leurs corps pourtant assez similaires révèlent leurs différences, au creux d’un geste qui s’incurve différemment, d’une main qui s’ouvre davantage, d’un cou qui s’incline plus longtemps. Les deux femmes enchaînent dans des cercles de lumière, puis viennent saluer, un keffieh palestinien sur les épaules.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au cœur de la tendresse</mark></strong></p>



<p>C’est à un voyage autrement émouvant que nous invite <strong>Malika Djardi</strong>. Si la relation des fils à leur mère est le sujet de la plupart des autobiographies, celle des filles est plus récente et s’inscrit rarement dans ces temps adultes où la mémoire s’éteint et où la disparition est proche. La mère de la danseuse chorégraphe était déjà au cœur de son spectacle précédent, qui alliait vidéo et performance : Marie-Bernadette, épouse d’un Algérien, convertie à l’Islam, est une mère courage attachante préservant ses enfants d’une famille raciste avec qui elle a coupé les ponts. On la retrouve ici en Ehpad, Martyre, malade d’Alzheimer, inventant des gestes, des danses, que sa fille attentive filme et reprend, comprend, et dont elle s’inspire pour sa danse. Les gestes échangés, mains qui s’étreignent, caresses sur une joue, rires et paroles, cœur qui se serre quand la mémoire disparaît trop vite, sont des moments d’une rare humanité. Le spectacle est trop long, la danseuse trop bavarde, mais Malika, enceinte, trace les lignes et les cercles, toujours au bord, d’une transmission de tendresse, de gentillesse, de bienveillance, d’amour, qui persiste au-delà de la maladie, comme une indélébile empreinte fondatrice. La musique joue aussi sur les souvenirs, de début de Schubert, d’un bout de Carmen, de chansons populaires. Une mémoire partagée qui reste, bribe sur bribe, la seule relation possible, encore et toujours désirée, d’une fille avec sa mère.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>Fêtes, combats et fiertés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jun 2024 13:40:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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<p>L’affiche du <strong><em>Festival de Marseille</em></strong> annonce le programme. Elle nous place face à trois personnages queers, fier·e·s, aux vêtements et accessoires chatoyants et marins, devant la Méditerranée de tous les échanges. Même si Marie Didier, directrice du festival, l’a visiblement élaboré comme un antidote aux identitarismes qui montent, elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’ouvre juste après la dissolution de l’Assemblée nationale, l’appel d’Éric Ciotti à une alliance avec le RN, pour se clore la veille du second tour de législatives qui vont changer le visage du pays. Pourtant le programme du <em>Festival de Marseille</em> se décline sans ambiguïté dans un espace de lutte et d’affirmation de nos cultures plurielles.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au programme</mark></strong></p>



<p>La première semaine expose clairement la belle et nécessaire complexité du monde. Dès l’ouverture, <strong>Robyn Orlin</strong> chorégraphe sud africaine qui a construit son univers chorégraphique militant à la fin de l’Apartheid, se demande avec six danseurs du <strong>Garage dance ensemble</strong> et deux musiciennes de <strong>uKhoiKhoi</strong> <em>Comment il est possible de fleurir dans un désert de sel.</em> Une question qui se pose aux populations de la région minière d’Okiep, où les binarités de genre et d’origine, Blancs et Noirs, Hommes et Femmes, continuent de discriminer et violenter les individu·e·s. (La Criée les 14, 15 et 16 juin).</p>



<p>En ouverture le premier soir (14 juin) en entrée libre, un événement&nbsp;à la Vieille Charité : avec <em>Aïchoucha </em><strong>Khalil Epi</strong>, musicien et cinéaste tunisien, nous invite à croiser la mémoire de sa grand mère Aïcha, sa musique tissée de souvenirs et d’électro pop, et mille paysages tunisiens, des rives au désert. Puis <strong>Benjemy </strong>livrera un DJ set tout aussi tunisien, où l’électronique se mêle à un piano et à des percussions orientales.</p>



<p>Fête encore, participative et gratuite, en partenariat avec ARTE, sur la place Bargemon le 15 juin au coucher du soleil. La journaliste DJ <strong>Aline Afanoukoé </strong>et <strong>DJ Da Vince </strong>proposent un karaoké où chacun pourra chanter sur une playlist de concerts live aussi éclectiques que cultes…</p>



<p>Dans <em>L’âge des idées</em> <strong>Yan Duyvendak, Matthieu La-Brossard et Antoine Weil </strong>explorent les relations entre les générations Z et Y et les boomers, une performance toute en dialogues et apaisements. (La Criée, les 15 et 16 juin)</p>



<p>Au Klap, Maison pour la danse, un double programme les 17 et 18 juin&nbsp;: un collectif féminin <strong>Nafaq 4</strong> de hip-hop contemporain venu du Caire, puis <em>Martyre </em>de <strong>Malika Djardi</strong> où elle filme sa mère, en Ehpad, et danse avec elle.</p>



<p>Puis le festival donnera toute sa place aux créations d’Emanuel Gat, Benjamin Dupé, Dorothée Munyaneza. Coproducteur, diffuseur, compagnon des artistes du territoire, qui nous parlent d’ici et du monde, loin des identitarismes qui nous menacent.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Festival de Marseille</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 14 juin au 6 juillet</mark><br>festivaldemarseille.com</pre>
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