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	<title>Archives des Sylvie Thénault - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Sylvie Thénault - Journal Zebuline</title>
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		<title>Algérie coloniale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:28:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’association Coudes à Coudes, animée par Michel Poutoudis, propose un cycle de conférences sur la colonisation en partenariat avec la BMVR de l’Alcazar (Marseille). Samedi 21 mars, l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit colonial, offrait un décryptage passionnant de l’ordre juridique mis en place en Algérie pendant plus d’un siècle. L’histoire explique à qui la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’association Coudes à Coudes, animée par Michel Poutoudis, propose un cycle de conférences sur la colonisation en partenariat avec la BMVR de l’Alcazar (Marseille). Samedi 21 mars, l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit colonial, offrait un décryptage passionnant de l’ordre juridique mis en place en Algérie pendant plus d’un siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’histoire explique à qui la faute… </mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de trouver des coupables parmi les groupes sociaux en présence mais de comprendre l’institutionnalisation d’un droit inégalitaire inscrit dans les politiques françaises. L’exposé s’appuie sur les analyses du sociologue Georges Balandier, pour qui la colonie est une « situation totale »&nbsp;: domination politique, hiérarchie raciale, dépendance économique. Dans ce contexte, le droit n’est pas un simple outil administratif, mais un instrument de pouvoir et de distinction qui ne se démentent pas jusqu’à l’indépendance.&nbsp;<br>Le paradoxe colonial s’installe</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1865, les « indigènes musulmans » sont déclarés français, mais restent soumis à la loi islamique. Pour devenir citoyens, ils doivent renoncer à leur statut personnel et adopter le droit civil français. Autrement dit, l’égalité passe par l’assimilation qui oblige à renoncer au statut personnel. Ce texte, présenté par Sylvie Thénault comme la clé de voûte de l’ordre colonial, fonde un système où l’appartenance nationale ne garantit pas la citoyenneté.<br><br>Cinq ans plus tard, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux indigènes israélites d’Algérie.&nbsp;Une avancée pour certains, mais une fracture pour d’autres&nbsp;: les Juifs deviennent Français à part entière, tandis que les musulmans restent exclus.&nbsp;Sous le régime de Vichy, les Juifs seront déchus de leur nationalité comme en métropole,&nbsp;rétablie à la Libération.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thénault y voit la preuve d’une citoyenneté à géométrie variable, dépendante des équilibres politiques notamment de l’obsession démographique de la minorité coloniale qui combat jusqu’au bout le double collège électoral plus que des principes universels. 1954 marque l’aboutissement de ces contradictions&nbsp;: 984 000 colons européens pour 8,5 millions de « Français musulmans », inégaux en droits.&nbsp;Malgré l’abrogation du code de l’indigénat en 1944, les deux collèges électoraux subsistent, consacrant la primauté politique de la minorité européenne. Le droit, rappelle Thénault, a servi à légitimer cette différence, à rendre durable ce déséquilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un lien avec le présent…</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur cette tension centrale, &nbsp;l’Algérie a été administrée comme un territoire français mais gouvernée comme une colonie.&nbsp;La colonisation française en Algérie, crée une société « <em>où les dominés sont majoritaires mais minoritaires dans les faits</em> ».&nbsp;Ainsi, c’est le droit lui-même qui a rendu cette contradiction possible, en hiérarchisant les appartenances et en inventant un « <em>citoyen colonial</em> ».<br><br>Les échanges avec le public ont prolongé la réflexion sur notre rapport à la mémoire et à l&rsquo;exigence de connaissances historiques.&nbsp;Car il ne s’agit pas seulement du passé : revisiter ces textes, c’est comprendre comment l’injustice peut se construire par le droit, et comment la parole historique peut, aujourd’hui encore, redonner sens à la justice et à l’égalité.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br>Lire Sylvie Thénault :<br><br>Les Ratonnades d’Alger, 1956. Une histoire de racisme colonial (Seuil, 2022)<br>Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence (Odile Jacob, 2012)</pre>



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		<title>RENCONTRES D&#8217;AVERROÈS : Marseille 1973 : symptôme d’un racisme anti-algérien systémique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 16:24:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’image d’un orage prêt à gronder, le meurtre du chauffeur de bus Émile Guerlache le 25 aout 1973 par Salah Bougrine, un passager algérien atteint de troubles mentaux, fait éclater les haines raciales à Marseille. En l’espace de dix jours, 17 assassinats sanglants sont perpétrés dans les ruelles marseillaises, dont celui de Ladji Lounes, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À l’image d’un orage prêt à gronder, le meurtre du chauffeur de bus Émile Guerlache le 25 aout 1973 par Salah Bougrine, un passager algérien atteint de troubles mentaux, fait éclater les haines raciales à Marseille. En l’espace de dix jours, 17 assassinats sanglants sont perpétrés dans les ruelles marseillaises, dont celui de Ladji Lounes, jeune algérien de 16 ans, abattu froidement par un brigadier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une intensité des violences qui trouve son point culminant lors de l’attentat au consulat d&rsquo;Algérie le 14 décembre 1973, faisant quatre morts. Ce dernier est revendiqué par le groupe Charles-Martel, des anciens de l’OAS, nostalgiques de l&rsquo;Algérie française. Si l’on parle d’une «&nbsp;flambée raciste&nbsp;», il s’agit en réalité d’un problème déjà latent au sein de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1972, la crise économique marque la fin des «&nbsp;Trente Glorieuses&nbsp;» et encourage la montée de la xénophobie. Les idées simplistes telles que la «&nbsp;menace arabe&nbsp;» ressurgissent : face au chômage, l’Algérien est le bouc émissaire idéal. La circulaire Fontanet en 1973 accentue à son tour la controverse sur l&rsquo;immigration, en réglementant les entrées dans l&rsquo;Hexagone. En parallèle, il ne faut pas oublier l’autre visage des tueries de 73 : l’expression d’une rancœur liée à la guerre d&rsquo;Algérie, présente dans une partie de l&rsquo;opinion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Assez, assez, assez ! »</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="880" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=696%2C880&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-121418" style="width:305px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=810%2C1024&amp;ssl=1 810w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=237%2C300&amp;ssl=1 237w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=768%2C971&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=150%2C190&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=300%2C379&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=696%2C880&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=332%2C420&amp;ssl=1 332w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?w=1003&amp;ssl=1 1003w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archive de la Une de Minute, hebdomadaire d’extrême droite, datant du 5 au 11 septembre 1973. © Fonds d’archives d’Ancrages</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Une surenchère de violences xénophobes étroitement liée au traitement médiatique, de tous bords politiques. À droite, Gabriel Domenech, rédacteur en chef du <em>Méridional</em>, ancien de l’OAS et futur membre du Front national, fait un appel au meurtre dans son éditorial : «&nbsp;<em>Assez de violeurs algériens, assez de proxénètes algériens, assez de fous algériens</em>, <em>assez des tueurs algériens.&nbsp;</em>»À gauche, le <em>Nouvel Observateur</em> publie un sondage avec comme question&nbsp;: «&nbsp;Peut-on vivre avec les Arabes ?&nbsp;».«&nbsp;<em>On vient ethniciser les questions sociales</em>&nbsp;», souligne Samia Chabani, présidente de l’association Ancrages, qui valorise la mémoire des migrations à Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un malaise face aux ratonnades qui s’installe aussi du côté des pouvoirs publics. Le président de la République, Georges Pompidou, adopte une réponse timide. S&rsquo;il met en garde les Français de ne pas tomber dans «&nbsp;<em>l’engrenage du racisme</em>&nbsp;» dans son allocution du 30 août, un mois plus tard il déclare «&nbsp;<em>qu&rsquo;il y a finalement bien peu d&rsquo;actes qui puissent être suspectés, même indirectement, de réaction raciste.&nbsp;</em>» Conclusion de cette passivité, les enquêtes sont bâclées et se terminent pour la plupart par des non-lieux ou de la prison avec sursis. Pour Rachida Brahim, auteure de <em>La</em> <em>race tue deux fois</em>, 73 « <em>n’a pas du tout été traité comme un massacre </em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une réplique des pratiques coloniales </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;indifférence des autorités françaises à l&rsquo;égard des assassinats de 1973 les relègue au rang d’incidents anodins. Il y a une «&nbsp;<em>déracialisation de ces crimes</em>&nbsp;» explique Samia Chabani. La mort d’Émile Guerlache est médiatisée sous le prisme de l’origine raciale du coupable, laissant de côté ses problèmes psychiatriques. Tandis que les crimes contre les Algériens les jours suivants sont traités comme de vulgaires faits divers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ces ratonnades sont le reflet de l’histoire coloniale française en Algérie. Elles perpétuent des schémas de «&nbsp;<em>répliques coloniales</em>&nbsp;» visant à maintenir la marginalisation et la ségrégation des Algériens, tout en portant des connotations raciales héritées de la période de la guerre et de la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De manière frappante, les ratonnades de 1956 à Alger, étudiées par Sylvie Thénault, historienne et spécialiste de la guerre d’indépendance algérienne, suivent le même schéma que celles de Marseille 73. La mort d’Amédée Froger, leader de l’Algérie française, avait conduit à un déchaînement meurtrier sur les musulmans.</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Le saviez vous ? </strong>
Le magnifique bâtiment accueillant la marque japonaise Uniqlo rue Saint-Ferréol abrite en réalité un passé méconnu par les Marseillais. Il fut le siège de la Compagnie algérienne, une banque de dépôt franco-algérienne, témoignage « <em>de l’entreprise capitaliste qu’est la colonisation</em> », explique Samia Chabani, directrice de l’association Ancrages.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La haine anti-algérien tue</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces assassinats continuent de se reproduire inlassablement. En 1983, Habib Grimzi, touriste algérien, est jeté de l’express 343 Bordeaux-Vintimille par trois futurs légionnaires. Simplement parce qu’il est arabe. En 1986, Malik Oussekine et Abdel Benyahia sont tués le même soir dans les rues de Paris à cause de leur origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette posture d’anciens bourreaux-colonisateurs va de pair avec la montée institutionnelle du sentiment anti-algérien incarnée par le Front national, foncièrement xénophobe. En 1995, Ibrahim Ali, un jeune comorien, est tué par des colleurs de ce parti à Marseille. Bruno Mégret, conseiller régional et membre du FN, a attribué ce meurtre à «&nbsp;l&rsquo;immigration massive et incontrôlée&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’imaginaire de la colonisation est plus présent que jamais aujourd’hui en France, accentué par l’insuffisance de poursuites judiciaires pour les crimes raciaux. Bien que les vidéos permettent de montrer aux Français les bavures policières, peu de coupables sont punis par la loi. Pour Amnesty International, «&nbsp;cette impunité de fait et le déni des autorités permettent la répétition des violences&nbsp;». La mort de Zineb Redouane en 2018 et de Nahel Merzouk en juin dernier lors d’un contrôle routier nous poussent à nous demander : quand l’intolérance prendra-t-elle fin ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">APOLLINE RICHARD ET LIZA COSSARD&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">AU PROGRAMME
</mark></strong>Le samedi <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 novembre</mark> à 10 heures, le journaliste de <em>Médiapart</em>, Joseph Confavreux, animera la deuxième table ronde des Rencontres d’Averroès « Jeux d’empires ? ». La question des différences d’administration coloniale et de domination au Maghreb sera discuté par les intervenants présents : Edhem Eldem, professeur d’histoire à Istanbul, Robert Gildea, professeur d’histoire contemporaine, M’Hamed Oualdi, professeur à Sciences-Po Paris et spécialiste de l’histoire du Maghreb moderne et contemporain ainsi que Sylvie Thénault, experte de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne.  </pre>
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