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	<title>Archives des Théâtre de l’Archevêché - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Théâtre de l’Archevêché - Journal Zebuline</title>
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		<title>Charpentier revisité, Louise enfermée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 09:33:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 1900, cette fresque musicale de Gustave Charpentier est aujourd’hui rarement donnée. Pourtant cet opéra, considéré avant l’heure comme féministe et socialiste, reste d’une grande actualité. Il raconte l’histoire d’une jeune couturière qui tente de s’émanciper de l’aliénation familiale pour vivre la bohême dans le Paris de la Belle époque.&#160; La structure de l’œuvre est binaire : [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Créée en 1900, cette fresque musicale de Gustave Charpentier est aujourd’hui rarement donnée. Pourtant cet opéra, considéré avant l’heure comme féministe et socialiste, reste d’une grande actualité. Il raconte l’histoire d’une jeune couturière qui tente de s’émanciper de l’aliénation familiale pour vivre la bohême dans le Paris de la Belle époque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La structure de l’œuvre est binaire : une première partie étouffante, lente et confinée, est suivie d’une seconde partie exaltée où la liberté s’embrase comme la baguette incisive et alerte de <strong><a href="https://giacomosagripanti.com/">Giaomo Sagripanti</a></strong> dirigeant l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Lyon. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers actes se déroulent dans un huis clos oppressant dont on ne sait trop s’il a pour cadre l’appartement familial de Louise ou un hôpital psychiatrique. La jeune héroïne, soumise à l’autorité paternelle, vit dans l’attente d’un possible ailleurs.<strong> </strong><a href="https://elsadreisig.com/"><strong>Elsa Dreisig</strong>,</a> dans le rôle-titre, campe une Louise fragile, presque éteinte, traduisant avec justesse l’état de latence du personnage. Son timbre chaleureux, sa diction fine et sa présence scénique procurent chez le spectateur une empathie immédiate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à elle, le Père, ouvrier rude, aimant – beaucoup trop aimant – incarne l’ordre patriarcal. La basse&nbsp;<strong>Nicolas Courjal</strong>,<strong>&nbsp;</strong>lui donne corps et dans ses silences comme ses supplications, impose une intensité dramatique constante. À ses côtés,&nbsp;<strong>Sophie Koch</strong>, joue à merveille une mère violente et complice de ce père toxique et manipulateur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Fragile échappée</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième acte est un basculement. Les fenêtres s’ouvrent sur Montmartre, espace coloré, vivant dans lequel Julien, l’amant poète et bohème de Louise, représente l’appel de l’ailleurs. Le ténor britannique&nbsp;<strong>Adam Smith&nbsp;</strong>livre une interprétation aérienne de l’idéalisme de la jeunesse. Dans cet environnement, la voix de Louise, qui se rêve en «&nbsp;muse de la butte&nbsp;» se libère. Et lorsque vient le célèbre air&nbsp;<em>Depuis le jour où je me suis donnée</em>, Dreisig atteint un sommet d’émotion.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette fuite est fragile. Le quatrième acte ramène Louise au foyer. Le père attendrissant, joue de la corde affective pour récupérer sa fille. Courjal éblouit, modulant sa voix avec subtilité, mêlant culpabilisation et douleur. Louise hésite, vacille… explose. Dans une scène finale d’une violence orchestrale et vocale saisissante, elle crie, hurle, son désir d’indépendance face à ce père pervers qui la maintient sous emprise.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si Charpentier avait choisi, en&nbsp;<em>happy end,&nbsp;</em>la liberté pour Louise, ce n’est pas le parti pris de Loy qui la ramène à la maison et l’assigne à résidence.&nbsp;Tragiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 13 juillet </mark><br>Théâtre de l’Archevêché </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>
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		<title>Angelin Preljocaj: La vie sous les pâles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 14:52:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’était en 2001, à La Criée.&#160;Angelin&#160;Preljocaj&#160;créait&#160;Helikopter&#160;sur le bruit infernal de la pièce de Karlheinz Stockhausen&#160;: les quatre musiciens du Quatuor Arditi, embarqués dans quatre hélicoptères, décollent puis stagnent. Eux, sonorisés, jouent, de longues glissades ascendantes ou descendantes, stridentes la plupart du temps, lyriques par instants, rappelées par le compte des mesures&#160;eins,&#160;zwei,&#160;drei,&#160;viiiier…&#160; Les danseurs se placent [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’était en 2001, à La Criée.&nbsp;Angelin&nbsp;Preljocaj&nbsp;créait&nbsp;<em>Helikopter</em>&nbsp;sur le bruit infernal de la pièce de Karlheinz Stockhausen&nbsp;: les quatre musiciens du <a href="https://ardittiquartet.com">Quatuor Arditi</a>, embarqués dans quatre hélicoptères, décollent puis stagnent. Eux, sonorisés, jouent, de longues glissades ascendantes ou descendantes, stridentes la plupart du temps, lyriques par instants, rappelées par le compte des mesures&nbsp;e<em>ins,&nbsp;zwei,&nbsp;drei,&nbsp;viiiier</em>…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les danseurs se placent dans l’espace et combinent eux aussi leurs mouvements dans des lignes mouvantes projetées au sol, des codes numériques, des cercles concentriques que leurs corps semblent perturber… Une illusion, ces perturbations faisant en fait partie de la vidéo, et les danseurs inscrivant leurs pas, au millimètre et à la microseconde,&nbsp;dans les lignes tracées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exploit technique qui se double de phrases chorégraphiques complexes exécutées à l’unisson, de gestes amples et souples, d’équilibres précaires, de &nbsp;corps&nbsp;qui combinent leurs membres dans des passes inédites, de changements rythmiques : bref une partition d’une difficulté extrême, que les danseurs de 2025 exécutent avec plus d’évidence encore que les créateurs de 2001.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abstraction&nbsp;? Rien n’est plus peuplé d’émotions que ces corps qui se battent contre les éléments, les lignes numériques, que ce quatuor qui lutte contre les pâles et s’impose, vivant, vibrant, jusqu’à l’atterrissage. Jusqu’au solo final, tranquille, imposant son ultime rotation en silence.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Après la mort</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Après&nbsp;<em>Helikopter</em>, avant&nbsp;<em>Licht</em>, le chorégraphe projette les&nbsp;images d’un entretien qu’il a eu avec le compositeur quelques mois avant sa mort. Ils y soulignent les points&nbsp;communs de leurs œuvres, faites de&nbsp;combinatoires infinies, d’aléas régulés, de superpositions abstraites&nbsp;qui visent pourtant unemystique reflétant un ordre transcendant loin des limites humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Mehr</em><em>&nbsp;</em><em>Licht</em><em>&nbsp;</em>»<em>&nbsp;</em>(«&nbsp;plus de lumière&nbsp;»)&nbsp;aurait dit Goethe en s’éteignant, entrevoyant un au-delà qui traverse souvent les œuvres du chorégraphe.&nbsp;<em>Licht</em><em>&nbsp;</em>est un parcours lumineux et comme désincarné, où les douze&nbsp;danseur·euses&nbsp;heureux·ses&nbsp;évoluent sur la musique de Laurent Garnier qui est comme un hommage pulsé à l’électronique bricolée de Stockhausen.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-129222" style="width:568px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?w=1800&amp;ssl=1 1800w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/04/licht_credit-yang-wang_99i0638.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Licht © Yang Wang</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">D’abord en joggings colorés, ils se débarrassent de leurs oripeaux pour apparaître dans des voilesminimales couleur chair et enchaînent des séquences où ils dansent, solitaires, en lignes, en couples répétés ou en groupe uni pour former des combinaisons nouvelles. Comme dans&nbsp;<em>Helikopter</em>&nbsp;les ensembles&nbsp;et les unissons sont parfaits, mais laissent aussi&nbsp;surgir comme des bribes d’individus, les «<em>&nbsp;âmes des corps</em>&nbsp;» qui apparaissent, comme le dit souvent le chorégraphe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la danse, jamais, n’est abstraite, pas plus qu’une interprétation musicale. Que l’on y perçoive une quête mystique ou un souvenir plus ou moins conscient&nbsp;:&nbsp;Angelin&nbsp;Preljocaj&nbsp;a parfois raconté comment il a rejoint&nbsp;Vermosh,&nbsp;le village albanais que ses parents avaient quitté clandestinement avant sa naissance.&nbsp;En hélicoptère, en 1994, survivant sous le bruit des pâles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Helikopter/Licht</strong></em> est joué jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 juin</mark> au <a href="https://theatre-lacriee.com/programmation/evenements/2024-2025/Helikopter-licht">Théâtre de la Criée</a> </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Du monument à l&#8217;anecdote</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 05:05:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Festival d’Aix-en-Provence]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre de l’Archevêché]]></category>
		<category><![CDATA[Tobias Kratzer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant le spectacle, une petite conférence donnée dans une cour voisine précise les conditions de la conception de l’opéra, les étapes qui l’ont mûri. On suit ainsi l’œuvre composée à Naples, remaniée pour Paris, traduite en français, assortie d’un ballet (passage dont raffolait le public parisien) et développée en quatre actes. On nous rappelle les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Avant le spectacle, une petite conférence donnée dans une cour voisine précise les conditions de la conception de l’opéra, les étapes qui l’ont mûri. On suit ainsi l’œuvre composée à Naples, remaniée pour Paris, traduite en français, assortie d’un ballet (passage dont raffolait le public parisien) et développée en quatre actes. On nous rappelle les mots d’Honoré de Balzac qui fait dire à l’héroïne éponyme de sa nouvelle <em>Massimilla Doni</em> à propos de l’opéra de Rossini «&nbsp;<em>ici la terre et ses puissances essaient de combattre contre Dieu&nbsp;</em>». Quel programme&nbsp;! Aisément déçu. Mettre en scène des miracles n’est pas chose facile et malgré la belle imagination du metteur en scène <strong>Tobias Kratzer</strong>, on peut douter qu’une scène d’épilepsie ou de délirium tremens (au choix selon que l’on cherche à évoquer le haut mal de César ou la mort de Copeau dans <em>L’assommoir</em> de Zola) soit convaincante pour présenter la réception céleste des tables de la loi par un Moïse qui retrousse ses manches pour en montrer les tatouages…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Le spectaculaire a lieu cependant grâce aux vidéos de <strong>Manuel Braun</strong> lors du passage de la mer Rouge mais s’engonce parfois dans l’accessoire avec des images qui semblent tirées des <em>news</em> télévisées dont le ressassement a détruit la force ou des passages allégoriques qui frôlent la parodie (course des Égyptiens en costumes de ville dans le désert et leur noyade dans des ondes calmes). La fresque épique est réduite par son manichéisme&nbsp;: le plateau scindé en deux montre d’un côté les Hébreux sous l’aspect de migrants actuels et de l’autre les Égyptiens, figures aseptisées du libéralisme derrière leurs bureaux et leurs ordinateurs. Forcer le symbole le perd. Il est difficile de plaquer l’antique sur le contemporain sans lourdeur, le simplisme devient alors faute de sens. Le phénomène des migrations liées aux excès du capitalisme, pourquoi pas, et les plaies d’Égypte muées en feux, pollutions, guerres, mais si l’on va jusqu’au bout, la dimension religieuse d’un Moïse qui demande à imposer son «&nbsp;<em>vrai Dieu</em>&nbsp;» face aux faux dieux barbares, nous conduit sur un terrain plus que contestable, voire dangereux…&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115241" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color wp-block-paragraph" style="max-width:600px"><strong>Terre promise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">La tentative de jouer entre le réel et l’espace scénique est intéressante cependant, de même que la distanciation au mythe par l’intrusion du costume de Moïse qui semble tiré du peplum de Cecil B. DeMille. Le recours aux réseaux sociaux pour trouver une fiancée digne de ce nom au fils de Pharaon, Aménophis (<strong>Pene Pati</strong>, à peine remis du covid) ne manque pas d’humour. Emprunter des bateaux gonflables pour traverser la mer ajoute un goût d’Odyssée et une référence sans filtre aux tragédies méditerranéennes d’aujourd’hui. Lorsque le bâton du guide des errants est retrouvé sur la plage où une population décontractée et consumériste se prélasse au soleil (finalement le modèle capitaliste l’emporte&nbsp;?) on se croit à la fin du film <em>Jumanji</em> de Joe Johnston (1995). Heureusement, la jeune fille qui découvre l’objet, inquiète de ses décharges électriques le lâche, fin de l’histoire. Ouf&nbsp;! Les quatre actes sont bien longs malgré la belle direction de <strong>Michele Mariotti</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, la beauté des <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong> (à souligner le moment prenant où, sauvés des eaux, leur foule disséminée parmi le public entonne des cantiques). Si Moïse (<strong>Michele Pertusi</strong>), malgré sa stature manque parfois de l’aura du prophète, Pharaon (<strong>Adrian Sâmpetrean</strong>) impose son personnage hautain. Rossini aimait écrire pour les femmes, c’est bien connu et les plus belles partitions leur sont réservées, que ce soit la douce Anaï (<strong>Jeanine De Bique</strong>, dont c’est une prise de rôle réussie) ou Sinaïde (somptueusement interprétée par <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong>)… Manque à l’œuvre une homogénéité qui dessinerait une ligne de force et tiendrait en haleine par une tension que demande ce drame biblique. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size wp-block-paragraph" style="max-width:600px"><em>Moïse et Pharaon</em> a été donné au Théâtre de l’Archevêché du 7 au 20 juillet dans le cadre du <em>Festival d’Aix-en-Provence.</em></p>
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