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	<title>Archives des Vanessa Springora - Journal Zebuline</title>
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		<title>La rage de dire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2022 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà déjà deux ans que Vanessa Springora a signé son entrée fracassante en littérature avec Le Consentement. Deux ans que ce récit levant le voile sur les violences sexuelles et pédo-criminelles perpétrées au nom de l’art, et sur l’impunité d’écrivains prédateurs, a jeté un pavé dans la marre des lettres françaises. Porté à la scène [&#8230;]</p>
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<p>Voilà déjà deux ans que Vanessa Springora a signé son entrée fracassante en littérature avec <em>Le Consentement</em>. Deux ans que ce récit levant le voile sur les violences sexuelles et pédo-criminelles perpétrées au nom de l’art, et sur l’impunité d’écrivains prédateurs, a jeté un pavé dans la marre des lettres françaises. Porté à la scène par <strong>Sébastien Davis</strong>, ce texte âpre et troublant trouve en <strong>Ludivine Sagnier </strong>une interprète idéale. Car si la comédienne est aujourd’hui quadragénaire, elle convoque sans peine, par sa blondeur, son grain de voix et sa sensibilité, la puberté et ses tourments. Le portrait-robot esquissé par l’autrice de sa propre jeunesse était implacable&nbsp;: <em>«&nbsp;Un père aux abonnés absents qui a laissé dans mon existence un vide insondable. Un goût prononcé pour la lecture. Une certaine précocité sexuelle. Et, surtout, un immense besoin d’être regardée. Toutes les conditions sont maintenant réunies.&nbsp;»&nbsp;</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Enjouée et poignante</strong><br></mark>Tour à tour enjouée et poignante, la comédienne donne du corps et de la voix à cette adolescente flétrie, dont elle célèbre avant tout l’appétit de vivre et l’intelligence. Face au Gabriel Matzneff qu’elle incarne parfois, au détour d’une réplique, d’un ton doucereux assez pétrifiant, Ludivine Sagnier campe une Vanessa Springora moins dupe de ses stratagèmes que complètement inapte, émotionnellement et psychologiquement parlant, à se défaire d’un des rares amours qu’on lui destine. De temps à autre, au détour d’un regard, d’une inflexion, d’un silence, le masque se fissure et ne laisse émerger qu’une tristesse insondable. Qui se métamorphose, au contact de la musique conçue par <strong>Dan Lévy </strong>et interprétée en live par <strong>Pierre Belleville</strong>, en une boule de rage salutaire et contagieuse. Plus encore que bouleversant : le spectacle se révèle nécessaire.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<p><em>Le Consentement</em> a été joué du 3 au 8 octobre au Liberté, scène nationale de Toulon</p>
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		<title>Ludivine Sagnier : « J’ai été foudroyée par cette parole »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2022 10:17:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Le Consentement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment vous est venue l’idée, l’envie, d’adapter le texte de Vanessa Springora pour la scène&#160;? Ludivine Sagnier. J’ai découvert Le Consentement, sur conseil du metteur en scène Sébastien Davis, en janvier 2020. Tout comme lui, j’ai été foudroyée par cette parole. Par le courage qu’il a fallu à Vanessa Springora pour écrire ce texte. [&#8230;]</p>
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<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Zébuline. Comment vous est venue l’idée, l’envie, d’adapter le texte de Vanessa Springora pour la scène&nbsp;?</mark></strong></p>



<p><strong>Ludivine Sagnier.</strong> J’ai découvert <em>Le Consentement</em>, sur conseil du metteur en scène <strong>Sébastien Davis</strong>, en janvier 2020. Tout comme lui, j’ai été foudroyée par cette parole. Par le courage qu’il a fallu à Vanessa Springora pour écrire ce texte. Mais aussi et surtout par son talent d’autrice, sa capacité à transformer ce témoignage personnel en œuvre artistique et littéraire.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avez-vous eu l’occasion de la rencontrer&nbsp;? D’échanger avec elle autour du projet&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Bien sûr&nbsp;! Elle est évidemment très enthousiaste. Elle a cependant mis du temps à céder ses droits à la fiction, ce que je peux aisément comprendre. La sortie du livre a été un véritable choc. Et je crois que nous n’avons pas mesuré à quel point elle a pu être douloureuse, plus douloureuse que ce qu’on avait imaginé, pour Vanessa Springora en premier lieu.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comment s’y prend-on pour rendre justice à un tel témoignage&nbsp;? Pour l’adapter sans le dénaturer&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Nous avons décidé dès les débuts du projet que nous ne voulions ajouter aucune parole supplémentaire, aucun regard autre que celui de l’autrice sur le texte, sur les événements qu’il décrit. Sébastien s’est attelé à cet exercice avec beaucoup de délicatesse. Nous avons gardé l’essentiel, et pris soin de conserver une galerie de personnages qui interviennent au fil du récit&nbsp;: Gabriel Matzneff, donc, mais aussi la mère de Vanessa, son père…&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Le Consentement </em>relate des faits d’une rare violence tout en recourant à une écriture délicate, à un style épuré. Comment s’empare-t-on d’un tel mode de narration&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Avec difficulté&nbsp;(rires)&nbsp;! J’ai eu beaucoup de mal à m’emparer de cette rage contenue, de cette horreur tenue à distance. Il m’était difficile, presque impossible, de me séparer de l’empathie que je ressentais pour ce personnage. Certaines paroles me bouleversaient. Pour les dire sans affect, j’ai dû me contraindre à un travail de distanciation indispensable. Car Vanessa Springora ne pose plus sur ce qu’elle a traversé un regard de colère. Elle est presque guérie de cette histoire lorsqu’elle l’écrit.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vous avez entamé une carrière cinématographique très prolifique dès votre plus jeune âge mais vous vous êtes faite plus rare sur les planches. Est-ce un hasard&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Je n’ai que rarement eu l’occasion de monter sur scène&nbsp;: c’est un exercice qui me plaît pourtant beaucoup&nbsp;! Les quelques projets qui m’ont portée ont été des expériences très fortes. Elles impliquaient un investissement total, au long cours, une écriture de plateau – c’était notamment le cas pour le <em>Nouveau Roman </em>de Christophe Honoré.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Ludivine-Sagnier%C2%A9-Christophe-Raynaud-de-Lage-2.jpg?resize=534%2C797&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116766" width="534" height="797"/><figcaption>© Christophe Raynaud de Lage</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Nous savions que la pièce serait très éprouvante à jouer&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vous n’y revenez pas avec l’exercice le plus facile&nbsp;: un seule en scène…</mark></strong></p>



<p>En effet&nbsp;(rires)&nbsp;! Le seule en scène est un exercice très intimidant, une montagne que je gravis peu à peu, non sans difficulté. J’ai heureusement la chance d’être merveilleusement entourée pour le faire. Par Sébastien Davis à la mise en scène mais aussi <strong>Dan Levy</strong> à la partition musicale. C’est un compositeur hors pair, qui a notamment été récompensé par le César de la meilleure musique de film, et qui avait créé le groupe The Dø. Sébastien et Dan sont également des amis de très, très longue date – on se connaît depuis l’enfance&nbsp;! Il y a cette évidence entre nous&nbsp;: une complicité, une connaissance très instinctive de ce que l’autre a dans le ventre. Notre processus créatif est très harmonieux. Je pense que, sans cette proximité-là, il ne nous aurait pas été possible d’aborder ce texte si intime, si délicat, de cette façon. Notre implication n’a rien d’artificiel.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Votre collaboration avec Sébastien Davis est d’ailleurs antérieure à ce projet&nbsp;: vous êtes tous deux des membres de l’école Kourtrajmé. Quelle est votre implication au sein de cette formation&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Le réalisateur Ladj Ly est un proche. Après le succès de son film <em>Les Misérables</em>, il a voulu réaliser ce rêve qu’il chérissait depuis longtemps&nbsp;: ouvrir une école de cinéma à côté d’où il a grandi. Une formation sérieuse, gratuite, accessible à tous sans restriction d’âge. J’ai suivi de très près la création de cette école et, une fois qu’elle a abouti, Ladj m’a proposé d’être la directrice artistique de la section «&nbsp;Acteur&nbsp;». Sébastien s’occupe, lui, de la formation théorique.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Avant d’être joué au théâtre de la Ville à Paris, à Annemasse puis à la Croix-Rousse, votre spectacle sera créé à Châteauvallon-Liberté. Pourquoi ce choix&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Nous savions que la pièce serait très éprouvante à jouer, et ce d’autant plus si elle était montée directement à Paris. J’ai rencontré Charles Berling [directeur du théâtre, ndlr] il y a plus de vingt ans. J’ai énormément d’admiration pour lui, au théâtre comme au cinéma, comme comédien mais également et surtout comme directeur artistique. Il n’a toujours fait preuve que de bienveillance à mon égard. C’est lui qui m’a proposé de faire la création du spectacle à Toulon. Et j’en suis très heureuse&nbsp;!</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SUZANNE CANESSA<br></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Le Consentement</em></strong><br>Du 3 au 8 octobre au Liberté, scène nationale de Toulon&nbsp;</pre>
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