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	<title>Archives des Vauvenargues - Journal Zebuline</title>
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		<title>De  Gaveau à la Sainte-Victoire </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jul 2024 08:49:04 +0000</pubDate>
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<p>Point commun entre les trois œuvres au programme, elles ont été créées à Paris, dans la mythique salle Gaveau. En ouverture, histoire de «&nbsp;se chauffer les doigts&nbsp;», la&nbsp;<em>Sonate en sol mineur L.140</em>&nbsp;de Claude Debussy déclinait la mosaïque de ses thèmes. Le compositeur, alors très malade, écrivant pendant la guerre, voulait obtenir un «&nbsp;joyeux tumulte&nbsp;», parcouru de frémissements douloureux, «&nbsp;comme si on écoutait une âme quittant son corps en agonie&nbsp;», commente Bilal Alnemr.&nbsp;</p>



<p>Autre drame en trois actes, la&nbsp;<em>Sonate FP 119</em>&nbsp;de Francis Poulenc éblouissait par sa précision d’orfèvre. Créée en juin 1943,&nbsp;&nbsp;malgré sa détestation pour cette forme dont il disait «&nbsp;<em>le violon prima donna sur piano arpège me fait vomir</em>&nbsp;», Poulenc la composa à la demande insistante de la&nbsp;&nbsp;violoniste Ginette Neveu. Hommage à Lorca, la partition très contrastée avec des passages rythmiques violents et des mélodies proches de la chanson donne à voir une Espagne fantasmée nimbée d’une poésie onirique. Les sanglots du violon sont aussi ceux de Poulenc qui écrit en exergue du deuxième mouvement le vers du poète assassiné «&nbsp;<em>la guitare fait pleurer les songes</em>&nbsp;». Le «&nbsp;presto tragico&nbsp;» semble être une véritable course à l’abîme en une technique de collages où l’on retrouve des emprunts à Rachmaninov, Tchaïkovski et un délicieux pied de nez à «&nbsp;<em>tea for two</em>&nbsp;» avant le couperet final, terrible, où les derniers pizzicati du violon scellent la sentence de mort du poète et résonnent dans le dernier accord du piano comme un coup de feu.&nbsp;</p>



<p>Enfin, symbole d’une passion fatale d’après Tolstoï, était jouée la pièce maîtresse par sa taille, la célèbre&nbsp;<em>Sonate n° 9 en la majeur</em>&nbsp;de Beethoven, dite&nbsp;<em>Sonate à Kreutzer</em>&nbsp;. Le ton fougueux, parfois déclamatoire, la force dramatique de l’ensemble, sa capacité à peindre les mouvements d’une âme, la multiplicité des registres, trouvaient dans l’interprétation très juste et fine des deux musiciens un écrin particulièrement sensible.&nbsp;</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Le 21 juin, parvis de la mairie de Vauvenargues</p>
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		<title>Échos classiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 05:05:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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<p style="max-width:600px">Décidément, Vauvenargues détient le secret pour attirer les artistes&nbsp;! Célèbre pour son château de Picasso, ce village niché aux pieds de la Sainte-Victoire ajoute une nouvelle dimension à son aura artistique grâce au jeune et talentueux violoniste <strong>Bilal Alnemr</strong>. Ce dernier, en remerciement de l’accueil réservé à sa famille exilée d’une Syrie en guerre, a conçu un festival de haute volée unissant les cultures classiques des deux bords de la méditerranée.&nbsp;</p>



<p style="max-width:600px">L’espace communal «&nbsp;La Caserne&nbsp;» – un comble – écoutait avec recueillement la fantastique oudiste classique, <strong>Waed Bouhassoun</strong> et ses musiciens, <strong>Merve Salgar</strong> (tanbûr) et <strong>Neset Kutas</strong> (percussions). «&nbsp;<em>Il me tient à cœur cette rencontre entre un orchestre syrien et un public occidental. Ces ponts sont essentiels&nbsp;</em>», expliquait le jeune violoniste lors de sa présentation, et d’ajouter «&nbsp;<em>il est aussi important de donner et de rendre</em>&nbsp;».</p>



<p style="max-width:600px">Peu d’explications étaient formulées pour présenter les pièces interprétées, situation géographique de l’origine de tel ou thème, son siècle, son compositeur. Que ce soit a cappella ou soutenu par le jeu subtilement orchestré des instruments, les chants nous conduisent dans leurs univers propres, content les adieux, les envoûtements soufis, les récits amoureux, les sagas familiales, les constructions de villes ou de villages… «&nbsp;<em>peu importe que l’on comprenne ce qui est dit, l’essentiel est cette confrontation avec ces paysages musicaux, ces rythmes, ces accords. Comme il y a beaucoup de textes anciens, il y a des termes que moi-même je ne comprends pas&nbsp;»,</em> sourit Bilal Alnemr, «&nbsp;<em>l’important c’est la rencontre avec cet univers, cette invitation au voyage</em>&nbsp;», explique-t-il. On se laisse emporter par les introductions rêveuses du tanbûr, cet élégant instrument à cordes pincées, auxquelles le oud répond, multipliant variations et volutes tandis que les percussions dessinent un cadre irisé de nuances.&nbsp;</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color" style="max-width:600px"><strong>Des cigales en Écosse&nbsp;</strong></p>



<p style="max-width:600px">En écho au classicisme oriental, le classicisme occidental trouvait dans l’écrin montagneux du Vallon des Sports un délicat accomplissement grâce au concert symphonique offert par la ville d’Aix-en-Provence et le Pays d’Aix joué par le <strong>Nouvel Orchestre Symphonique du Pays d’Aix</strong> <strong>(NOSPA)</strong> dirigé avec précision par la jeune cheffe <strong>Jane Latron</strong>. Seule, cette belle formation composée des professeurs des conservatoires et écoles de musique et de leurs meilleurs et anciens élèves livrait son interprétation de l’ouverture «&nbsp;<em>Les Hébrides&nbsp;»</em> de Mendelssohn, si descriptive, puis, pour clore le concert la somptueuse <em>Symphonie n° 7 en A major op. 92</em> de Beethoven. Entre ces deux œuvres auxquelles Jane Latron apportait un décryptage précis et imagé, le <em>Concerto en E mineur Op. 64 pour violon et orchestre</em> de Mendelssohn conviait en soliste Bilal Alnemr dont la passion sembla décupler la puissance expressive de l’orchestre. Nuances perlées, sons étirés, empâtements creusés dans la matière sonore, aigus bouleversants, graves larges ourlés d’onirisme. Le subtil violoniste conviait ensuite à jouer en duo avec lui le premier violon de l’orchestre, M.D. Mabire, qui, à Damas, lors des rencontres ÉCUME, avait repéré et encouragé le jeune musicien à venir en France se perfectionner, réussissant à convaincre la mère de ce dernier de le laisser partir à treize ans à Aix-en-Provence, un pas décisif pour sa carrière, cela ne s’oublie pas&nbsp;! Un enchantement bercé par le chant des cigales. </p>



<p style="max-width:600px">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size" style="max-width:600px">Concerts donnés le 2 juillet dans le cadre des<strong><em> </em></strong><em>Rencontres Musicales de Vauvenargues</em>.</p>
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