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	<title>Archives des Yuming Hey - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Yuming Hey - Journal Zebuline</title>
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		<title>AVIGNON OFF : Pourquoi imposer un sexe ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jul 2024 09:38:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le questionnement sur le genre a une histoire. Un de ses pans passe par la découverte, par Michel Foucault, du récit autobiographique d’Herculine Barbin, écrit en 1868. Récit qui donna naissance au questionnement du philosophe sur le «&#160;vrai sexe&#160;», à l’idée, reprise par Judith Butler, qu’il est possible, souhaitable, envisageable, de renoncer à l’assignation binaire [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le questionnement sur le genre a une histoire. Un de ses pans passe par la découverte, par Michel Foucault, du récit autobiographique d’Herculine Barbin, écrit en 1868. Récit qui donna naissance au questionnement du philosophe sur le «&nbsp;vrai sexe&nbsp;», à l’idée, reprise par Judith Butler, qu’il est possible, souhaitable, envisageable, de renoncer à l’assignation binaire d’un sexe F ou M à la naissance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>A-t-on vraiment besoin d’un vrai sexe&nbsp;?</em> demande le sous-titre du spectacle, reprenant la préface de Michel Foucault. La question est posée à travers une invitation empathique à partager un récit d’expérience, ouvrant ainsi les portes de l’évidence à celleux qui n’auraient pas compris les souffrances intimes que produisent les assignations inadéquates ou forcées<em>.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Herculine, qui s’appelle Camille dans les <em>Souvenirs</em> qu’iel a laissé avant de se suicider, ne vivait pas dans un corps impossible, mais dans une société inapte à admettre l’hermaphrodisme, l’indécision sexuelle. Une société tout aussi inapte à imaginer qu’une femme, puisqu’il avait été décidé qu’iel en était une, puisse en aimer et en désirer une autre. Plutôt décider qu’il y avait eu erreur et qu’Herculine était en fait Abel, un homme. Une transition et un choix imposé, qui l’a tué·e.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un travail d’orfèvre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettre en scène le récit d’Herculine Barbet 150 ans plus tard nécessite toujours de la délicatesse. Ses <em>Mémoires</em> ont donné lieu à des adaptations romanesques ou cinématographiques qui en manquaient singulièrement, légitimant l’autodétermination de&nbsp; genre et la non-binarité par une «&nbsp;anomalie&nbsp;» physiologique, un hermaphrodisme génital. Adaptations qui rendent aujourd’hui la tâche peu aisée, alors que les trans et les queers revendiquent de tenir une parole située, qu’iels détiennent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces difficultés, la mise en scène de <strong>Catherine Marnas</strong> fait dans la dentelle la plus subtile. La plus solide aussi, portée par une scénographie et une création sonore qui font vibrer l’espace de sensations fugitives. Les deux acteurs sont remarquables. <strong>Yuming Hey</strong> incarne celle qui s’appelle Alexina parfois, Camille souvent, puis Abel, avec tout l’art d’un comédien d’exception. Genderfluid, il rend sensible les émois de cette jeune fille qui ne se connaît pas, aime, au cœur des couvents où elle est élevée, puis de l’école où elle est institutrice, la compagnie de ses compagnes… qu’elle désire. Iel danse ses découvertes et ses élans, ses défaites, jouissances et évanouissements, ses terreurs, ses douleurs. Chaque murmure, inflexion, nuance est délivré comme un joaillier dépose ses feuilles d’or, comme un musicien travaille ses phrases. L’écriture d’Herculine Barbin est précieuse et belle et le récit, au souffle puissant, donne cops à des personnages et devient dramatique dans les bras de <strong>Mickael Pelissier</strong>, qui accompagne <em>Camille</em>, joue sa mère, son amante, les religieuses et les collégiennes, le médecin et le juge, portant Yuming Hey, l’enserrant, le soutenant, le regardant sans cesse, donnant à Herculine la visibilité qui lui a tant manquée avec une attention qui avive celle du spectateur, une empathie qui se diffuse, une justesse qui lui fait croire qu’il est Lisa puis Sara, les jeunes filles tant aimées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis les draps blancs, fluides et doux, protecteurs, disparaissent, laissant place à un déguisement d’homme, comme une absurde castration. Vraiment, décider d’un vrai sexe est une aberration…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS&nbsp; FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Herculine Barbin </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 29 juin au 21 juillet à 17h30</mark><br>Le Palace, Avignon</pre>
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		<title>Les ravages d’Alzheimer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jul 2023 09:45:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman entremêle l’histoire d’Alzheimer, le médecin, des considérations statistiques, cliniques et scientifiques sur la maladie et son importance croissante dans nos vies, et le cas de monsieur T., atteint du syndrome, et de sa femme, qu’il a tenté d’éliminer lors d’une crise de démence. Mathieu Touzé, sans éliminer cet entrelacs, se concentre sur le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le roman entremêle l’histoire d’Alzheimer, le médecin, des considérations statistiques, cliniques et scientifiques sur la maladie et son importance croissante dans nos vies, et le cas de monsieur T., atteint du syndrome, et de sa femme, qu’il a tenté d’éliminer lors d’une crise de démence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mathieu Touzé, sans éliminer cet entrelacs, se concentre sur le couple T., après un prologue où la vidéo projette le texte qui se déroule, tandis qu’une musicienne arpège quelques accords de guitare. Cela pose, un peu longuement, le contexte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Douleur sensible</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis Yuming Hey entre en scène. Et trois personnages avec lui. La narratrice avec sa voix aigüe et posée, Monsieur T. dépassé, révolté, paranoïaque, violent par moments, cherchant désespérément une issue qui n’existe pas. Et Madame T., qui sent qu’elle glisse dans l’oubli de celui qu’elle aime, ou qu’elle a aimé, qui ne la connaît plus, l’appelle du nom de sa première femme, et veut se débarrasser d’elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la douleur des accompagnants est là, dans cette disparition de ce qu’ils furent pour l’autre, dans leur incapacité à le retenir, à le protéger. Yuming Hey, d’un geste du bras, d’une inclinaison légère de la tête, passe de l’une à l’autre, impériale et blessée en Madame, hors de ses gonds et perdu en Monsieur. La douleur de chacun·e devient sensible, celle de ne pouvoir s’échapper vers une Amérique et une femme qui n’existe plus, et celle de disparaitre pour son mari et d’être niée dans son être, tout en devant prendre soin de celui qui la hait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alternativement femme et homme, Yuming Hey semble capable de porter toutes les identités, toutes les douleurs, de son corps de danseur qui pose chaque geste, de sa voix transformiste qui n’a besoin de forcer aucun registre. On en garde l’impression étrange d’avoir vraiment vu tous ces personnages sans qu’un costume, un accessoire, un effet sonore vienne appuyer la transformation. Stupéfiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agnès Freschel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« On n’est pas là pour disparaître » est jouée au Théâtre des Halles jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 juillet</mark>.</em></p>
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		<title>Survivre à la Shoah</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jul 2023 09:29:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au Théâtre des Halles, plusieurs grands textes sont portés magnifiquement par de grands acteurs&#160;: La Question d’Henri Alleg par un Stanislas Nordey exceptionnel, On n’est pas là pour disparaître d’Olivia Rosenthal par Yuming Hey&#8230; La force littérale et littéraire de ces textes demande de grands acteurs, et de la simplicité.&#160; Jean-Baptiste Sastre est indéniablement un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au Théâtre des Halles, plusieurs grands textes sont portés magnifiquement par de grands acteurs&nbsp;: <em>La Question</em> d’Henri Alleg par un Stanislas Nordey exceptionnel, <em>On n’est pas là pour disparaître</em> d’Olivia Rosenthal par Yuming Hey&#8230; La force littérale et littéraire de ces textes demande de grands acteurs, et de la simplicité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Baptiste Sastre est indéniablement un très bon comédien, mais la mise en scène qu’il propose pour <em>L’Écriture ou la vie</em> manque de maitrise, d’espace, et repose sur de fausses bonnes idées. Portant des gants blancs, affublé par moment d’un masque, Jean-Baptiste Sastre est entouré de Hiam Abbas qui ne fait presque rien, sinon chantonner assez mal le kaddish, et d’une autre, masquée également, qui ne fait rien du tout. À ses côtés encore Geza Rohrig, magnifique acteur hongrois, qui au bout d’une heure de silence entre enfin en jeu et incarne Henri, compagnon de camp de Semprun. Très expressif, il s’exprime hélas en hongrois et en yiddish, sans traduction, durant de longues minutes incompréhensibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Effets indélébiles</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que, en dehors de ce parti pris de mise en scène discutable, Jean-Baptiste Sastre lit très bien, un texte essentiel, et magnifique. <em>L’Écriture ou la vie</em> raconte le camp, la libération de Buchenwald, un déporté hongrois qui meurt dans ses bras, les monceaux de cadavres, le refus d’écrire, les années de silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis le suicide de Primo Levi, qui fait renaitre la nécessité de témoigner, mais surtout de ne plus se nier deux fois&nbsp;: comme victime de la Shoah, et comme écrivain. Car le récit, profondément philosophique, ne s’attarde pas sur l’inhumanité des bourreaux, mais sur leurs effets, indélébiles, sur les victimes. Les fantômes qui les traversent n’ont nul besoin d’être évoqués par des acteurs muets et masqués.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agnès Freschel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’Écriture ou la vie » se joue jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 juillet</mark> au Théâtre des Halles.</em></p>
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