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	<title>Archives des Zita Hanrot - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Zita Hanrot - Journal Zebuline</title>
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		<title>Travelling(s) : Dans les voyages de Sharon Tulloch</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2024 14:31:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Depuis que cette histoire m’est arrivée, il se passe des surprises toutes les semaines ». L’histoire, c’est celle qu’a commencée Sharon Tulloch le 6 mars 2019, quand on lui a demandé de rassembler ses affaires en deux heures et de quitter son logement mis en péril. Les « surprises », c’est toutes les embûches [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Depuis que cette histoire m’est arrivée, il se passe des surprises toutes les semaines </em>». L’histoire, c’est celle qu’a commencée <strong>Sharon Tulloch</strong> le 6 mars 2019, quand on lui a demandé de rassembler ses affaires en deux heures et de quitter son logement mis en péril. Les « surprises », c’est toutes les embûches et les joies que l’illustratrice a connues depuis ce chamboule-tout dans sa vie : la petite chambre d’hôtel, les logements provisoires, mais aussi son livre intitulé <em>Un voyage accidentel</em> paru en janvier 2024, puis une lecture musicale, et aujourd’hui une pièce de théâtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vendredi 6 décembre – jour de son anniversaire – cette marseillaise d’origine jamaïco-britannique est en plein préparatifs pour sa résidence qui commence le lendemain : « <em>C’est drôle, je n’ai jamais été aussi </em>busy<em> de ma </em>life». Pendant une semaine, elle va monter la pièce <em>Travelling(s)</em>, qu’elle présentera vendredi 13 décembre à la Distillerie d’Aubagne, bien aidée par son « <em>groupe de </em>badass ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Plein de choses à voir »</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce groupe, il y a notamment <strong>Déborah Nambodokana</strong>, son amie – « <em>il faut bien la mentionner</em> » –, avec qui elle a cofondé la compagnie Déraciné, à l’initiative de cette pièce. <strong>Emmanuel Reymond</strong> également, à la contrebasse et à la composition musicale, déjà présent avec elle pour les lectures musicales présentées ces derniers mois. Des figures de la scène contemporaine participent aussi au projet : l’autrice et metteuse en scène <strong>Eva Doumbia</strong> proposera son regard extérieur, la chorégraphe <strong>Adina Secretan</strong> aidera à la dramaturgie, et la comédienne <strong>Zita Hanrot</strong>, sa fille, passera pour l’occasion à la mise en scène : « <em>Là on met vraiment le paquet </em>», tranche-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du contenu de la pièce, elle préfère ménager le suspens : «&nbsp; <em>ça, il ne faut pas le dire… </em>» Mais elle entend voyager « <em>entre plusieurs histoires de déracinement. Pas forcément liées à la rue d’Aubagne, pas forcément liées au [s]ien. Il y aura aussi des allers retours historiques, sociaux, et politiques</em> ». On y entendra de la musique avec Emmanuel Reymond, des images seront projetées, et Sharon jouera les textes&nbsp;: «&nbsp;<em>Je ne sais pas ce que ça va donner, mais il y aura plein de choses à voir&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sera en tous cas dans le prolongement du travail qu’elle a commencé en 2019, en crayonnant «&nbsp;<em>sa famille de déracinés&nbsp;</em>» pour un article dans le magazine <em>Marie-Claire</em>. Le premier pas d’un long chemin créatif qui lui a permis de prendre la parole, et la donner aux personnes concernées par ces délogements&nbsp;: «&nbsp;<em>Tout ce qu’on se disait entre nous, je l’ai documenté et archivé</em>&nbsp;». Alors le passage du livre à la scène était déjà une évidence&nbsp;: «&nbsp;<em>Les mots dans le livre sont écrits pour être lus à haute voix</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la représentation à la Distillerie d’Aubagne, Sharon espère qu’elle pourra la présenter ailleurs à Marseille&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est important que ces choses-là soient entendues&nbsp;</em>». D’autant plus important que se déroule en ce moment le procès des effondrements de la rue d’Aubagne, que Sharon suit avec attention, et auquel elle assistera dans quelques jours. Un drôle d’écho des planches d’Aubagne jusqu’au prétoire du tribunal correctionnel de Marseille d’ailleurs, mais comme Sharon le dit elle-même&nbsp;: «<em> un voyage ça peut t’emmener… waouh&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Travelling(s)</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 décembre<br></mark><a href="https://ladistillerieaubagne.fr">La Distillerie, </a>Aubagne</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Événements</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Sous le signe du désir : un théâtre érotique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 13:11:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">« Pourquoi vous me regardez comme cela&nbsp;?&nbsp;», nous interpelle&nbsp; Elody, regard caméra. Et de poursuivre&nbsp;: «&nbsp;vous avez l’air de chercher quelque chose…&nbsp;j’espère que ce n’est pas l’amour. Ce n’est pas ici que vous le trouverez. » En lettres d’un rose éclatant, s’inscrit le nom du club de strip-tease, <em>à mon seul désir. </em>Du nomdu dernier film de la cinéaste <strong>Lucie Borleteau</strong> dont on avait a déjà apprécié <em>Fidelio </em>ou<em> l’Odyssée d’Alice</em>&#8230; <em>À mon seul désir,</em> sixième toile, de la tapisserie médiévale <em>La Dame à la licorne.</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Vous n’avez jamais été dans un club de strip-tease ? Mais vous en avez déjà eu envie. Au moins une fois&#8230; vous n’avez pas osé, c’est tout. » Celle qui a osé, qui veut faire un essai, c’est Manon, une jeune étudiante sans aucune expérience, qui plonge dans cet univers souterrain. Ce sont aussi&nbsp; les spectateurs qui, peut être, ont quelques idées préconçues voire quelques préjugés. Durant près de deux heures, <strong>Lucie Borleteau</strong> nous emmène dans ce club, nous faisant découvrir les coulisses, les spectacles et les corps des femmes. Corps effeuillés, lentement, car la lenteur captive l’auditoire&nbsp;! Corps découverts par les yeux de Manon (<strong>Louise&nbsp;Chevillote</strong>) qui a choisi comme pseudo Aurore&nbsp; comme la Belle au bois dormant. Corps regardés par des hommes, émerveillés, subjugués qui, parfois, se paient en plus un «&nbsp;salon&nbsp;»&nbsp;: un moment en tête à tête avec Mia (<strong>Zita Hanrot</strong>), Elody (<strong>Laure Giappiconi</strong>), Savannah (<strong>Sieme Milady</strong>) ou Sati (<strong>Yuliya Abiss</strong>).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Libres et sans craintes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ont choisi ce qu’elles font, par curiosité. Parce que cela paye mieux qu’un emploi de caissière, parce qu’elles aiment être regardées pour se préparer à jouer sur d’autres scènes. Comme Mia, comédienne qui prépare le conservatoire et qui monte un soir un spectacle de strip-tease, sur un extrait de <em>Platonov </em>de Tchekhov. Elles sont joyeuses, s’entraident, se confient. Elles préparent leurs prestations, seules ou à deux, choisissant leur stripteaseuse comme on trouve son clown. Certaines sont très drôles. Elles se sentent libres, nous laissant libres de les observer sans voyeurisme. Sans crainte, elles se regardent dans les nombreux miroirs qui, dans leur loge, reflètent leurs dessous, orange, roses, rouges, leurs maquillages, leurs accessoires colorés, tout ce qui les rend belles et désirables. Et dans ces pièces, décorées avec soin, éclairées de tons chauds, on parle, on se donne des conseils, on rit. Rien de glauque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra d’<strong>Alexis Kavyrchine </strong>semble caresser les corps, superbement éclairés, que les spectateurs présents aimeraient bien approcher. La musique de <strong>Pierre Desprats</strong> ainsi que les chansons qui ponctuent le film dont celles de <strong>Rebeka Warrior</strong> participent de cette ambiance. Et malgré l’avertissement d’Elody au début du film, on peut trouver l’amour. Dans l’entrée du club, une reproduction de tableau de Courbet, <em>Le Sommeil </em>ou <em>Les Deux amies,</em> comme un signe. Aurore va tomber amoureuse, pour la première fois, de Mia. Et le film, choral au départ va ainsi nous conter l’histoire initiatique d’une femme, et d’une vie qui prend un autre tournant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;À mon seul désir est une ode à la liberté (..). Je crois à un monde où les femmes peuvent prendre tous les risques sans être punies pour cela. Je suis pour un féminisme pro-choix, polyphonique, complexe. Je n’ai pas de leçon à donner. L’art est là pour rendre compte de la complexité du réel et pour nous faire nous poser des questions, nous bousculer, et, le cas échéant, nous faire changer d’avis.&nbsp;» Lucie Borleteau.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute est- ce chose faite…<em><br></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>À mon seul désir, </em>de<strong>Lucie Borleteau
</strong>Sorti en salle le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 avril</mark></pre>



<pre class="wp-block-verse">Ce film a été présenté en avant-première le 10 mars au Gyptis en présence de la réalisatrice et de Zita Hanrot. Une rencontre animée par Marie Hermann, éditrice et fondatrice de Hors D’atteinte, maison d’édition féministe.</pre>
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		<title>Une saine colère </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2022 11:46:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où un peu partout dans le monde des mouvements militent contre le droit à l’avortement durement acquis par la lutte des femmes, où, en juin dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a enterré le droit constitutionnel à l&#8217;avortement, où le parlement européen est présidé par une opposante à l’IVG – la Maltaise Roberta [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au moment où un peu partout dans le monde des mouvements militent contre le droit à l’avortement durement acquis par la lutte des femmes, où, en juin dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a enterré le droit constitutionnel à l&rsquo;avortement, où le parlement européen est présidé par une opposante à l’IVG – la Maltaise Roberta Metsola -, on ne peut que se réjouir de l’arrivée en salle du troisième long métrage de <strong>Blandine Lenoir</strong>, <em>Annie colère.</em> Dans ses deux précédents films, <em>Zouzou </em>(2014) et <em>Aurore </em>(2017), elle abordait le sort réservé au corps des femmes et à leur statut dans la société.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Histoire collective</mark></strong><br>Aujourd’hui, Blandine Lenoirest en colère tout comme son personnage, Annie, incarné par la fabuleuse <strong>Laure Calamy</strong>. Annie, ouvrière dans une usine textile, mère de deux enfants, se retrouve enceinte. Nous sommes en février 1974 et l’avortement est illégal. Elle s’adresse donc au Mlac (Mouvement pour la liberté de l&rsquo;avortement et de la contraception), participe à une réunion d’information où, tour à tour, des femmes prennent la parole. Informée, pas encore complètement rassurée, Annie peut avorter par la méthode par aspiration dite « Karman » alors que chante, à ses côtés, une des femmes de la permanence du Mlac, Monique, incarnée par <strong>Rosemary Standley</strong>.Une séquence magnifique. Un moment déterminant dans la vie d’Annie qui, reconnaissante et admirative du travail de ces femmes, de cette solidarité, va s’impliquer dans cette lutte et changer ses habitudes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers l’histoire d’Annie, c’est l’histoire collective que nous raconte Blandine Lenoir, qui veut montrer «&nbsp;la tendresse qui existait pendant ces avortements – comment on se parle, comment on se regarde, comment on se touche dans un moment pareil.&nbsp;» Les six scènes d’avortement sont filmées avec beaucoup de pudeur. Si la caméra de <strong>Céline Bozon</strong> montre l’acte, elle s’attarde aussi sur le visage des femmes. Surprises&nbsp;car elles ne souffrent pas, soulagées, heureuses d’être libérées. Les femmes sont aussi dans la rue. On en parle dans les médias et une archive nous montre <strong>Dephine Seyrig</strong> débattant à la télé avec des hommes farouchement opposés au droit à l’IVG. Aux côtés de Laure Calamy, qui a su à merveille montrer l’évolution d’Annie, femme plutôt soumise qui prend son envol, on retrouve <strong>Zita Hanrot</strong>, <strong>India Hair</strong>, <strong>Florence Muller</strong>&nbsp;ainsi que <strong>Yannick Choirat</strong> et <strong>Damien Chapelle</strong>… Tous excellent·es.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Annie Colère</em>, de <strong>Blandine Lenoir</strong><br>Sorti le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">30 novembre</mark></pre>
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