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AccueilÀ la UneTraditions et nouvelle ère à Babel Music XP

Traditions et nouvelle ère à Babel Music XP

Lors de sa 4e édition, le festival Babel Music XP rassemblait 111 artistes à la Plateforme du 19 au 21 mars pour mettre en avant les musiques du monde. Retour sur deux concerts : Rebecca Roger Cruz et Bandua

Babel Music XP, à la fois salon professionnel et festival à rayonnement international, incluait tables rondes, rencontres professionnelles, showcases et concerts. En ce début de week-end, les deux salles de La Plateforme accueillaient un public nombreux – de tous horizons et multi-générationnel – où se chevauchaient concerts tout au long de la soirée. Vendredi, la chanteuse vénézuélienne Rebecca Roger Cruz se trouvait aux côtés de Sylvain Rabourdin (violon), Léonore Grollemund (violoncelle), Léna Aubert (contrebasse) et Juri Caneiro (percussions). Elle conjugue un univers tissé par la chanson latino-américaine et des pratiques musicales qui font la fusion entre musique classique, traditionnelle, flamenco et rock psychédélique. Samedi, le public découvrait le duo Bandua, composé du chanteur Edgar Valente et le musicien et producteur Bernardo d’Addagio – aka Tempura. Ancrés dans les traditions vocales de la région Beira Baixa du Portugal, ils en opèrent une réinterprétation folk électronique.

Un pont entre le passé et le présent

La musique de Rebecca Roger Cruz instaure immédiatement une résonnance traditionnelle, presque médiévale. Dans la pénombre, une polyphonie vocale émerge de tous les instrumentistes auquel s’ajoute l’effleurement du carillon de coquillages. Aux cordes se dégagent des lignes mélodiques modales à l’influence ibérique qui se frottent entre elles, vacillent et ondulent, emplie de trilles et jouant sur les harmoniques et de légers trémolos dans les aigus. Le refrain de Llamarme Mar, chanté en vocalises,remplit la salle grâce à une réverbération poussée au micro pour un rendu mystique. C’est alors que la percussionniste s’installe au cajon avec un tempo plus rapide et la formation suit dans une partie instrumentale où la contrebasse fait un solo entraînant et la chanteuse agrémente le tout d’apports rythmiques aux maracas.

Continuant sur cette épopée à travers le temps, le groupe propose une réinterprétation de la magnifique plainte O Let me weep de Purcell. Ecrit à la période baroque, la chanteuse la transforme, ajoutant aux trilles baroques de légers glissandos avant de faire intervenir un rasp rock qui casse la temporalité du chant avant de se lancer dans des cris festifs.

Un chant traditionnel rythmé à l’ère du temps

De la même manière que Rebecca Roger Cruz navigue à travers le passé, Bandua – dont le nom rappelle la déité celtique – ramène leur tradition vocale au présent. C’est une première pour eux de jouer en France. Et ils proposent d’ailleurs des chansons qui paraîtront dans un nouvel opus à sortir en mai 2026. Vêtus de robes blanches et d’un masque en bois décorés de fleurs : le duo arbore une identité singulière, notamment par leur emploi du tambour en cadre carré traditionnel – l’adufe. Grâce aux machines, ces rythmes frappés à l’adufe sont décuplés et amplifiées, s’accouplant à la production marquée par des kickdrum au tempo rapide, parfois du brokenbeat, des bruitages sonores et des effets psychédéliques. Bernardo d’Addagio y déploie des introductions modulantes au rythme libre alternant la basse et la guitare, ainsi que des harmonies superposés grâce au looping station. Pour terminer le set, Edgar Valente révèle un chant émouvant – introduit comme une prière – allant jusque dans sa voix de faussé où sonne un vibrato touchant faisant applaudir plusieurs fois le public.

LAVINIA SCOTT

Concerts donnés les 20 et 21 mars dans le cadre du festival Babel Music XP, Marseille.

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