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Un samedi pluvieux à l’Opéra 

Ce 17 janvier, l’Opéra accueillait un concert de musique de chambre pour clarinette et cordes

C’est un public marseillais échaudé par la pluie qui s’est retrouvé au foyer de l’Opéra ce samedi, pour assister au concert de musique de chambre avec au premier plan, la clarinette, autour d’un répertoire qui mêle Baermann, un jeune Webern et Brahms. Pour interpréter ce programme, Valentin Favre – qui occupe le poste de clarinette solo à l’Orchestre de l’Opéra de Marseille depuis 2014 – se trouve aux côtés des violonistes Quentin Reymond et Cécile Freyssenède, de l’altiste Brice Duval et du violoncelliste, Etienne Beauny.

Le concert débute par une pièce, longtemps attribuée à Wagner, mais qui est en réalité une création de Heinrich Joseph Baermann, clarinettiste virtuose et compositeur allemand :  l’Adagio pour clarinette et quatuor à cordes (1821). L’instrument est alors une nouveauté, et les compositions fondatrices de Baermann inspireront les grands compositeurs comme Mendelssohn ou Carl Maria Weber. Sereine, malgré le fait d’être un adagio, l’œuvre est caractérisée par l’ambiance contemplative d’un matin de rosée où la nature s’éveille. Douce et lyrique, la clarinette s’élève, poétique, au-dessus de la formation à cordes qui déploie de légers trémolos atmosphériques. Sa beauté s’y trouve reflétée par la fresque illuminée qui survole les têtes du public : Orphée charme le monde par la musique de sa lyre d’Augustin Carrera.

L’œuvre suivante, Langsamer Satz, écrite à Vienne presque un siècle plus tard, est une pièce d’étude d’Anton Webern, alors élève d’Arnold Schönberg. L’œuvre est empreinte de lyrisme, a contrario de ce qu’il pourra écrire plus tard – plus concis, atonal, sériel et contrapuntique. Marquée par la jeunesse, l’amour, l’optimisme et la candeur du jeune compositeur autrichien, la musique est également marquée par les tourments qui l’accompagnent. Ce sentiment d’être emporté dans plusieurs directions se retrouve dans l’emploi des nuances, du lyrisme des mélodies et les passages pizzicati qui accentuent ce mouvement fluctuant. Composé dans la tradition du compositeur romantique allemand, le Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 de Johannes Brahmssuit celui de Webern et clôture le concert.

LAVINIA SCOTT

Concert donné le 17 janvier au Foyer de l’Opéra

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