La région regorge de trésors cachés. À travers leurs clichés, visibles jusqu’à fin janvier, Maxime Briola, Franck Follet, Annabelle Chabert et Laurent Fiol donnent à entrevoir la nature subtile camarguaise.Avec son association Regard du Vivant, Maxime Briola présente une exposition sur l’aigle de Bonelli, à découvrir aux Jardins de la Tour (Port Saint Louis du Rhône). Rapace provençal discret, le prince des garrigues songe souvent sur les rochers ensoleillés lorsqu’il n’est pas dans les airs. La dizaine de clichés le montrant sous divers angles offre une immersion inédite au cœur de ses habitudes et de son mode de vie.
Amoureux de la Camargue, Franck Follet photographie quant à lui les oiseaux aquatiques des lagunes salées. Ses photos, présentées au Domaine de Méjanes, à Arles, plongent le regard dans un univers poétique et s’amuse des contrastes et des silhouettes des flamants roses. Si la nature regorge d’habitants terrestres et aquatiques, elle est également habitée par de multiples phénomènes.
Dans La nature dans tous ses états, au Parc Ornithologique de Pont de Gau (Saintes-Maries-de-la-Mer), Annabelle Chabert arpente collines et bois pour photographier les phénomènes naturels cévenols. Pour elle, la photo est un prétexte à la balade : elle aime se perdre en forêt tout en restant à l’affût des moindres mouvements. Ses clichés immortalisent : forêts givrées, brumes, orages, et partagent sa fascination pour «cette nature qui change, qui évolue au fil des saisons. »
Un outil de sensibilisation
Maxime Briola et Annabelle Chabert soulignent l’importance de préserver les lieux photographiés. Une pensée partagée par Laurent Fiol qui, dans La petite faune du Sud, montre que la Camargue ne se limite pas aux flamants roses et aux chevaux, mais qu’elle abrite une biodiversité foisonnante, à tous les niveaux. « La Camargue sèche est très intéressante, on y retrouve de nombreux insectes : l’empuse, les odonates, le grand fourmilion. »
Pour ce passionné, photographier un sujet, c’est avant tout chercher à le comprendre et à identifier les menaces qui pèsent sur lui. Depuis une vingtaine d’années, Laurent Fiol passe une grande partie de son temps allongé dans l’herbe,« à observer le monde à hauteur d’insectes ». Dans un monde où tout s’accélère et où certaines espèces se font de plus en plus rares voir disparaissent totalement, aller chercher le sensible à travers l’image, créer l’émerveillement, inviter chacun·e à être plus attentif·ve à ce qui l’entoure reste un travail essentiel.
CARLA LORANG
La photographie « nature » a le vent en poupe
Sur les réseaux sociaux, certaines publications comptabilisent des milliers de likes. La baisse des prix du matériel a favorisé l’essor de la pratique. Certains agents de l’OFB constatent toutefois une « pression photographique » dans des territoires abritant des animaux sauvages, parfois protégés. Derrière certains clichés se cachent des mises en scène ou l’utilisation d’appâts. Face à ces dérives qui perturbent la biodiversité, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a publié une charte visant « à ne pas perturber les espèces et les milieux ».
Regard du Vivant, Aigle de Bonelli, Le prince de la garrigues
Jardins de la Tour, Port Saint Louis du Rhône
Laurent Fiol, La petite faune du sud/ Annabelle Chabert, La nature dans tous ses états
Parc Ornithologique de Pont de Gau, Saintes-Maries-de-la-Mer
Franck Follet, Zénitude Crépusculaire
Domaine de Méjanes, Arles
Jusqu’au 31 janvier
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