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Quand l’écologie crie justice

La 3e saison des Procès du siècle se poursuit au Mucem, et se penche sur le climat

Le 11 décembre, l’activiste Camille Étienne et Jérémie Suissa, délégué général de l’association Notre Affaire à Tous, étaient invités par la journaliste Paloma Moritz. En s’appuyant sur une Commission d’enquête participative, atelier de réflexion élaborant argumentaires et témoignages, ils intervenaient sur les recours juridiques contre l’inaction climatique. Peuvent-ils réellement changer la donne ? Pas à eux seuls, même si les procès se multiplient contre les États et les multinationales. Pour Jérémie Suissa, faire bouger les lignes implique « une complémentarité des modes de lutte ». Dans cette « grande bataille culturelle à gagner », le soutien des mobilisations populaires étaye les procédures.Camille Étienne, de son côté, pousse à mettre les patrons de Shell, Total et consorts face à leurs responsabilités : « Il ne peut y avoir de justice sans coupable : ces hommes sont certes engagés dans un système, mais ils ont pris des décisions, dissimulé des faits, ce qui affecte la vie de millions de gens ». 

Vues d’artistes

La comédienne Fabienne Jullien, incarnant la Durance, amenait un concept qui serait une avancée majeure s’il se généralisait partout dans le monde : l’octroi d’une personnalité juridique aux écosystèmes tels que les rivières, mis en danger par l’activité humaine. « Si nous devenons des entités à part entière, vous ne pourrez plus vous considérer comme « maîtres et possesseurs » de la nature ainsi que le formulait Descartes. Si vous respectez nos droits, vous n’en vivrez que mieux. » 

Son confrère metteur en scène, Grégoire Ingold, incarnait quant à lui un vrai-faux élu breton, soumis à un procès bâillon pour diffamation de la part d’une ferme-usine installée sur sa commune. Un récit inspiré de faits réels, tant la justice peut aussi être utilisée par le camp des pollueurs, dotés de réserves financières énormes, contrairement à ceux qui s’opposent à leurs agissements. Quand ils ne passent pas directement aux menaces ou pire, en témoignent la journaliste Morgan Large, dont les roues de voitures ont été dévissées parce qu’elle enquêtait sur les algues vertes, ou Paul François, paysan roué de coups par les sbires de Monsanto.

GAËLLE CLOAREC

Les Procès du siècle se tiennent chaque lundi dans l’auditorium du Mucem jusqu’au 11 mars. 
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