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La Friche repense son environnement

Le tiers-lieu culturel de la Belle de Mai a inauguré ce 5 mars le LaboFriche. Une nouvel espace pour croiser art, science et écologie

Dans les anciens locaux du groupe dunes, la Friche la Belle de Mai a installé son LaboFriche, « lieu ressource ouvert à tous ceux qui s’intéressent aux transitions », selon les mots du directeur, Alban Corbier-Labasse. Congratulé, lors de l’inauguration officielle le 5 mars, par l’adjoint à la Culture de la Ville de Marseille, Jean-Marc Coppola, pour qui cette initiative démontre le dynamisme de la Friche, « pionnier des tiers-lieux culturels en France », plus de 30 ans après sa création. 

Redirection écologique

L’idée est d’accueillir dans cet espace scientifiques, artistes, entreprises et énergies citoyennes pour « faire face collectivement aux enjeux contemporains, particulièrement en matière d’écologie et de droits culturels ». Depuis juin 2023, s’y tiennent des laboratoires pluridisciplinaires ; à l’automne, une session abordait par exemple la gestion de l’eau en milieu urbain, amenée à changer radicalement de stratégie pour s’adapter au contexte climatique. Débétonniser afin de limiter les risques d’inondation, végétaliser comme recours contre la canicule… La Friche, à mesure qu’elle se distancie de son héritage industriel très minéral – c’est une ancienne manufacture de tabac, construite dans les années 1860 – donne l’exemple. En s’inspirant de trois chercheurs, le philosophe Alexandre MonninDiego Landivar, économiste et anthropologue, et le géographe Emmanuel Bonnet, à l’origine du concept de « redirection écologique », la structure repense sa consommation d’eau ou d’énergie et ses déchets, en tentant de les maintenir dans les limites de l’habitabilité de la terre.

Reverdie culturelle

Parking du pôle Friche la Belle de Mai à Marseille par Kristelle Filotico

Si le LaboFriche a été aménagé pour recevoir des rendez-vous réguliers autour de ces urgences contemporaines (ateliers, conférences, journées d’étude, projets de recherche-action…), c’est toute la Friche qui muscle son engagement écologique. Avec une programmation culturelle au diapason :  certains résidents s’y sont mis depuis longtemps, comme le Théâtre Massalia qui attire régulièrement l’attention de son jeune public sur ces thématiques, mais d’autres s’en emparent, y compris l’art contemporain [lire le retour sur l’exposition en cours Âmes vertes].

Lauréate d’Alternatives Vertes 2, dispositif de l’État visant à accélérer la transition écologique des entreprises culturelles*, La Friche renature à tour de bras ses 45 000 m2 au sol (imperméabilisé à 92 %) avec l’ambition de « créer une zone refuge pour les habitant·e·s d’un quartier fortement urbanisé au sein de l’îlot de chaleur marseillais ». Pour les humains, mais pas que : l’objectif est aussi de devenir un havre de biodiversité pour les oiseaux, les insectes et les petits mammifères. Un endroit où il fera bon vivre et se cultiver, en somme, sous l’influence bénéfique des arbres.

GAËLLE CLOAREC

*Le financement apporté à la Friche par le dispositif AV2 est de 1 300 000 euros pour 3 ans.

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