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Rue Malaga  

Le 3e long métrage de la cinéaste marocaine Maryam Touzani en salles le 25 février

Depuis ses premiers opus dont Le Bleu du Caftan, Maryam Touzani filme avec beaucoup de sensibilité, des hommes, des femmes dans leur vie quotidienne. Dans son nouveau long métrage, Rue Malaga, c’est à Tanger qu’elle nous emmène, sa ville natale, une cité où on parle arabe et espagnol.

 Maria Ángeles vit depuis toujours dans la rue Malaga, une rue pleine de couleurs, de sons, d’odeurs. Elle compte bien finir sa vie dans sa maison remplie d’objets, de meubles patinés par le temps, de photos, de souvenirs. Jusqu’au jour où Clara (Marta Etura), sa fille, une infirmière, qui vit à Madrid, en plein divorce et qui ne s’en sort pas financièrement avec deux enfants, lui rend visite, ce qu’elle fait rarement. Elle vient lui annoncer qu’elle vend la maison ; elle en est la propriétaire : c’est ce qu’avait décidé son père, mort il y a une vingtaine d’années. Partir à Madrid chez sa fille ou rester à Tanger dans une résidence seniors : Maria Ángeles doit choisir ! Alors que la maison est vidée peu à peu de ses objets familiers et chéris, vendus à un brocanteur, Marie Angeles décide de rester à Tanger, dans une maison de retraite où elle ne fraie avec personne, ne s’adapte pas du tout. Une scène cocasse avec deux coiffeuses venues dans sa chambre « s’occuper » de ses cheveux, lui fera prendre une décision radicale : elle va retourner vivre dans sa maison, vide, et trouver des solutions pour récupérer ses meubles, ses objets, sa vie. Des solutions de plus en plus étonnantes !

C’est Carmen Maura qui incarne magistralement cette femme reprenant les rênes de sa vie. (La présidente du Jury du Cinemed, Ariane Ascaride lui a d’ailleurs accordé une Mention Spéciale, bien méritée !) Elle est de tous les plans : la caméra de la directrice de la photo, Virginie Surdej, ne la lâche pas, saisissant les émotions qui la submergent, captant les changements qui s’opèrent en elle, l’énergie de cette femme qui renait. La plupart de ses amies ont disparu. Seule son amie d’enfance, Josépha (Maria Alfonsa Rosso) une religieuse qui a fait vœu de silence mais dont le visage parle, reçoit ses confidences. Les visites à Sœur Josépha scandent le film, comme un refrain : des scènes de plus en plus cocasses au fil de la métamorphose de cette « vieille dame » qui revit.

 Maryam Touzani qui a écrit cette histoire à Tanger, pour faire le deuil de sa mère, y a insufflé un vrai souffle de vie. Rue Malaga, tour à tour drôle et émouvant, questionne l’obligation qu’auraient les parents de tout donner à leurs enfants, raconte la vieillesse autrement et sublime les corps qui ont perdu la jeunesse. Un film qui fait chaud au cœur.

Annie Gava

Rue Malaga a remporté le Prix du public dans la section Spotlight à la Mostra de Venise 2025.  Il a été choisi pour représenter le Maroc aux Oscars 2026 et sortira en France le 25 février

Lire ICI un entretien avec Maryam Touzani

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