L’île de la Réunion, anciennement nommée île Bourbon, reste inhabitée jusqu’au milieu du XVIIe siècle, avant d’être progressivement peuplée par des colons français et des esclaves venus d’Afrique. Elle est alors aussi un repaire pour de nombreux pirates qui sillonnent l’océan Indien, et dont certains sont encore bien vivants dans la mémoire des Réunionnais.
À partir de la figure centrale de Léone, dite le diab (diable), et de son époux Jo, chasseur infatigable du trésor mythique d’un célèbre pirate nommé « La Buse », Léa Arthémise dresse le portrait d’une famille réunionnaise en marge de la bienséance imposée.
L’autrice aborde de manière indirecte les problèmes politiques et sociétaux qui imprègnent l’île : les tentatives de « blanchiment » des femmes créoles dans le but de monter dans la hiérarchie sociale, la violence inouïe des stérilisations forcées dans les années 1960 et 70, « l’exotisation » des personnes créoles dans l’Hexagone encore aujourd’hui.
L’originalité de l’ouvrage tient à sa langue, poétique et sensible, mêlée de créole, ainsi qu’au va-et-vient constant entre l’histoire et la fiction, le passé et le présent, l’île regrettée et l’Hexagone rêvé. Le lecteur est bercé, souvent remué, par ce flux et reflux qui transforme les légendes en histoire et la réalité en mythes.
GABRIELLE BONNET
Une île à l’envers, Léa Arthemise
Héliotrope - 18 €





