La nouvelle exposition de la Villa Théo, en proposant des tableaux de différentes époques parcourant la variété des paysages varois, invite le visiteur à considérer à la fois la singularité des œuvres et leur appartenance à une même histoire picturale localisée.
À l’entrée de l’exposition ont été placées une dizaine d’œuvres de la fin du XIXᵉ siècle et du début du XXe, signées de quelques représentants du néo-impressionnisme et du fauvisme : Henri-Edmond Cross, Maximilien Luce, Henri Manguin, Louis Valtat, Charles Camoin ou encore Théo Van Rysselberghe lui-même, dont la Villa, qui porte son prénom, célèbre cette année le centenaire de la disparition.
Des œuvres montrant notamment comment la lumière varoise a été traduite sur la toile par des touches de couleurs pointillistes, divisionnistes. Par exemple Cross avec Retour de baignade, Van Rysselberghe avec Les anthémis en fleurs ou Valtat avec Nocturne (Effet de lune) fragmentent la touche, cherchant à restituer la vibration lumineuse propre au littoral méditerranéen.
D’autres, comme Maximilien Luce avec ses rouges, ses violets et ses verts puissants dans Coup de vent à Saint-Clair, montrent une émotion chromatique plus directe, avec des aplats francs, des contours simplifiés et une palette saturée. L’affirmation d’une subjectivité picturale, que l’on retrouve dans la plupart des œuvres contemporaines exposées dans la grande salle.
Contrastes et voisinages
La nature varoise, dans les tableaux des artistes contemporains présentés, est explorée comme un champ formel, expressif, frôlant parfois l’abstraction. Notamment chez Caroline Vicquenault avec son monumental Dans le Verdon, Solange Triger avec Lys des sables, Presqu’île de Giens ou Jean-Pierre Maltèse, avec Harmonie jaune, orange et vert : des toiles où la couleur s’émancipe du strict motif paysager, explorant les rapports entre surface, matière et lumière.
D’autres, tels que Patrice Giorda avec La Chapelle Saint-Clair, Marie Astoin avec Retour de pêche ou Bertrand de Miollis avec Le premier bain, mettent plutôt l’accent sur la matérialité de la peinture : leurs œuvres se caractérisent par des empâtements, des superpositions et un travail du geste pouvant évoquer une certaine rugosité du territoire varois. La couleur y est parfois assombrie, parfois étouffée par la matière.
Une exposition en forme de jeux de contrastes et de voisinages entre l’historique et le contemporain, entre la mémoire locale et l’universel de la couleur.
MARC VOIRY
Couleurs du Var
Jusqu’au 30 mai
Villa Théo, Le Lavandou
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