Pour leur premier évènement de l’année, le Pôle culturel Miremont au Plan de Cuques proposait une création particulière : Monte-Cristo revisité. Créé en 2024 dans le cadre du festival Oh les beaux jours, ce spectacle immersif allie spoken-word et composition musicale électronique (Fred Nevché) aux illustrations d’Alfred (Lionel Papagalli), auteur de bande dessinée.
La disposition scénique est simple : une table où s’installe Fred Nevché, avec son ordinateur et un micro, et pour accompagner en images, une projection où le public observe les dessins réalisés sous caméra. Entremêlant passages du roman et extraits des mémoires d’Alexandre Dumas, le musicien-poète bascule entre la vie fictive d’Edmond Dantès et la vie, réelle, d’Alexandre Dumas, et tente par là d’explorer les origines de ce grand roman français.
Des illustrations pour accompagner la performance
Les premières images débutent par la page blanche, mais ce schéma (un peu répétitif à la troisième reprise) est changé lors de la fuite de Dantès. Lorsqu’il se retrouve jeté à la mer, le dessinateur utilise des techniques de sérigraphie de différentes couleurs et un montage vidéo pour insuffler du mouvement à l’illustration. Plus tard, lors de la découverte du trésor, l’illustrateur place ses mains devant la caméra avant d’en dégager une aperçue, comme si le spectateur se retrouvait à la place de Dantès qui le découvre. Côté musique, la page ne l’emporte jamais sur la voix, rythmée et théâtrale, si bien qu’on a tendance à l’oublier. Malheureusement les passages qui sont seulement instrumentaux laissent à désirer : les beats électroniques sont redondants, de manière générale, les éléments musicaux ne ramènent pas à l’histoire racontée, et ne traduisent pas la nature épique de l’œuvre.
L’homme derrière le Comte
Loin de s’étaler sur l’histoire que l’on connaît déjà si bien, l’artiste multiple dirige notre regard vers un homme mystérieux derrière le rideau. On y découvre les débuts d’un homme « aux yeux bleus » et aux « cheveux crépus ». Fils du Général Dumas, il est descendant du surnommé « marquis » de La Pailleterie et de Marie Cessette Dumas. Cette dernière, achetée en tant qu’esclave par le marquis, puis affranchie, sera par la suite vendue – avec ses enfants. Alexandre de La Pailleterie rachète enfin son fils, et tous rentrent de l’île Saint Domingue en Normandie. Mais lors de son entrée dans l’armée, le futur Général décide de garder le nom de sa mère, Dumas, et son fils (l’écrivain) honorera cette tradition. Le roman serait-il alors un clin d’œil, voire un hommage à Marie Cessette Dumas, née à Monte Cristi – une région de l’île de Saint Domingue – et qui fut la matriarche du Général Dumas, Dumas, l’écrivain, et son petit-fils, le dramaturge ? Fred Nevché pose la question : et si l’art révélait une partie de l’histoire cachée ?
LAVINIA SCOTT
Spectacle donné le 16 janvier au Pôle Culturel Miremont.
Retrouvez nos articles Musiques ici




