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Danse avec les pauvres

Rumba d’Ascanio Celestini au Théâtre de La Joliette : une relecture débridée du mythe de Saint François d’Assise, et une performance impressionnante de David Murgia.

Rumba est le dernier volet de la « trilogie des pauvres diables » de l’auteur italien Ascanio Celestini, dont le Théâtre Joliette a accueilli les deux premiers, Laïka et Pueblo, en 2022. Toujours interprété par le comédien belge David Murgia, dans le même dispositif : un seul en scène frontal, décor minimal, accompagné par un musicien en live, en l’occurrence Philippe Orivel, au clavier et à l’accordéon. Un texte dense, un déluge de mots dit par un David Murgia au débit hallucinant, emportant le public dans ces histoires de gens de peu, qui rebondissent les unes sur les autres, tour à tour amusantes, poétiques, déchirantes, métaphysiques, traversées par l’évocation de la vie de Saint-François d’Assise.

Une attente sous les étoiles

Le spectacle se déroule la nuit de Noël, sur un parking désert de la périphérie d’Assise, en Italie : le narrateur et son acolyte musicien décident de préparer un petit spectacle religieux autour de la vie de Saint François d’Assise, imaginé à partir d’une page d’un prospectus piqué dans une église, en espérant que des cars de pèlerins viendront les voir, sans certitude que cela arrive.

La scène n’est occupée que par un rideau rouge et un portique. C’est par le récit et la voix de l’acteur que surgissent les lieux et les personnages, les « invisibles » : une femme « à la tête embrouillée », Job, le manutentionnaire illettré, « qui ne parle pas, il fait », Joseph le clochard, ancien gardien de cimetière en Afrique, qui chantait la vie des morts qu’il enterrait, huit enfants migrants qui se noient, sans comprendre ce qu’il leur arrive, dans la traversée de la Méditerranée, …

Trivial et métaphysique

Une suite de récits emboîtés, de fragments qui s’agrègent et se répondent dans un puissant raz-de-marée verbal, des jeux de narration où des personnages se croisent et se recroisent, où passé, présent et fable se mêlent. Des moments de comédie suivis de tragédies déchirantes, avec en contrepoint le récit de la vie de Saint François d’Assise, image de dépouillement radical et de proximité avec les démunis.

Un spectacle qui questionne ce que signifie l’humanité hier et aujourd’hui, ici et ailleurs, interroge le sacré et le marchand, conjuguant naturalisme et âpreté sociale à une écriture poétique à l’oralité débridée.

MARC VOIRY

Rumba était présenté le 17 janvier au Théâtre de la Joliette, Marseille

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