À la demande de ce metteur en scène engagé, Simon Grandgeat a enquêté auprès des jeunes d’un collège de Haute Marne. En immersion durant trois mois, il a observé, interrogé élèves, professeurs, pour écrire au plus vrai. L’équipe de la compagnie La Paloma l’a rejoint en résidence. Le résultat : un spectacle enlevé, vivant, touchant. Les deux jeunes interprètes, finalement encore très proches de l’adolescence, se sont investis avec ferveur au service du texte de l’auteur. Le plateau est astucieusement occupé par trois espaces de jeu. Trois lieux de vie, successivement éclairés ou pas en fonction des besoins. Au début, le père parle de la disparition de Garçon (l’auteur ne lui a pas donné de prénom) à une personne qui pourrait être une psychologue mais qui se révèlera être plutôt de la police. Veuf et médecin surchargé de travail, il ne peut s’occuper de son fils de 15 ans. Démissionnaire, il l’a confié à sa sœur, Camille, célibataire, qui vit à la campagne.
Se tromper pour mieux se trouver…
L’adolescent a changé de collège, a perdu ses copains de la ville. Isolé, déboussolé, très vite, il devient violent, griffe ses camarades, cesse rapidement d’aller au collège. Camille le prend en charge, essaie de l’intéresser à la chasse dans cette région montagneuse, lui propose des cigarettes et lui procurera une vieille bécane. Pour le viriliser ? Une copine de classe lui apporte les devoirs. Peu à peu, un lien se crée entre eux, même s’il se méfie. Il lui parle de son malaise, de son refus d’obéir, de sa volonté de se mettre à la muscu. Malgré son attirance, il est violent avec elle. Il prend conscience qu’il est allé trop loin…Joseph Lemarignier joue les deux rôles masculins, Sophie Claret les trois autres rôles. Les changements de costumes se font rapidement à vue : jeu avec les cheveux de Joseph, blousons différents pour Sophie. Leurs jeux sont parfaits, les changements de situation sont fluides. Le public, dont plusieurs jeunes, est séduit par cette histoire touchante qui se déroule à un rythme soutenu, souligné de musiques dansantes.
CHRIS BOURGUE
Garçon, mise en scène de Thomas Fourneau, s’est joué au Théâtre Massalia les 16 et 17 janvier et sera en tournée dans les établissements scolaires en novembre
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