« Si vous ne croyez pas au pouvoir infini de l’amitié, cette histoire n’est pas pour vous ! Vous pouvez encore quitter la salle ! Et on aurait tort car ce que nous raconte Caroline Deruas Peano, dans son nouveau film, Les Immortelles, vaut qu’on « ouvre grand notre cœur, nos oreilles et nos yeux » comme nous le conseille une voix sur écran noir avant même que l’histoire ne commence. Celle racontée en voix off par Charlotte ((Léna Garrel) amie depuis l’enfance avec Liza (Louiza Aura), qui lui a promis que rien ne les séparerait jamais. On est dans les années 90 dans une ville au bord de la Méditerranée. C’est leur dernière année au lycée et elles rêvent de conquérir Paris, l’endroit de tous les possibles, avec leur duo, « Les culottes sales », Charlotte au clavier, Liza chantant. A 17 ans, la découverte des Rita Mitsouko les a électrisées et elles passent leur journée à parler de Catherine Ringer, leur déesse. Liza est amoureuse de leur professeur de gym, M.Collato (Aymeric Lompret), Charlotte, elle, aime les filles, à une époque où l’homosexualité est une anomalie comme l’affirme sur les ondes, Jean- Marie Le Pen dont le père de Charlotte approuve les idées..L’ambiance familiale est tendue. Mais ensemble, les deux amies sont ailleurs, là où il fait bon vivre : images oniriques de nature, reflets et scintillements, chansons des Rita Mitsouko. Entre cours de philo où la prof (Agnès Berthon) leur fait connaitre Merleau-Ponty et Spinoza, séances de basket où Liza peut voir son prof et répétitions de musique, la vie s’écoule joyeuse, remplie de rires, de musique, de rêves jusqu’au jour où tout s’effondre. La vie peut être aussi cruelle et violente. Charlotte perd Liza : comment survivre à cette perte ? « Je te jure de te protéger toute ma vie et toute ma mort » lui avait promis Liza enfant. C’est dans cet univers imaginaire qu’elles avaient construit ensemble, poétique, surréaliste que se réfugie Charlotte., un monde où elle retrouve Liza mais où elle se laisse parfois engloutir, malgré le soutien de sa mère (Emmanuelle Béart)
Dédiè à Elizabeth, Les Immortelles, baigné de chansons, celles des Rita Mitsouko et de musique, celle de Calypso Valois, est né d’une amitié. « Le point de départ, c’est le souvenir d’une amitié adolescente très forte et de la disparition de cette grande amie à 17 ans. Le film vient de là, du désir de lui rendre hommage et de rendre hommage à notre amitié. » précise Caroline Deruas Peano. Léna Garrel et Louiza Aura interprètent avec conviction et talent ces deux adolescentes qui se sentent immortelles.
Annie Gava






