Zébuline. Pourquoi la Friche a-t-elle souhaité s’inscrire dans cet événement national ?
Lucie Duriez. Nous avons été contactés par Francky Blandeau, le directeur adjoint à l’Institut français en charge de la saison et par la directrice de l’Institut ukrainien. Il nous a semblé qu’il y avait là une façon tout à fait intéressante de venir porter d’autres récits sur la situation ukrainienne, et de montrer comment la culture et les lieux culturels peuvent être des endroits de résistance et de résilience, où les personnes peuvent se ressourcer en temps de guerre. La Friche a une habitude de coopération au niveau international assez forte, avec des structures résidentes qui ont développé, notamment avec des structures ukrainiennes, des liens depuis longtemps.
Cela se traduit par deux jours de programmation. Comment ont été conçues ces deux journées ?
La Friche, dans le paysage culturel national, est à l’endroit de ce qu’on appelle les lieux intermédiaires, où se trouvent des projets culturels mais où se passent aussi énormément de choses en termes de débats d’idées, et autour de l’économie sociale et solidaire. On a donc eu envie de faire un temps fort sur la question de ces lieux intermédiaires et de comment ils pouvaient se positionner dans le cadre de ce conflit : ça va être deux journées de rencontres professionnelles, qui ne sont pas ouvertes au public, où des acteurs culturels ukrainiens, européens et français vont venir dialoguer et travailler sur leur coopération. Autour, on agrège un certain nombre de propositions artistiques, élaborées dans un aller-retour entre les expertises notamment des curateurs et curatrices qui travaillaient depuis l’Institut ukrainien, en dialogue avec les résidents de la Friche.
Il va y avoir une exposition, une table ronde ouverte au public, liée aux deux journées de travail que vous venez de mentionner, de la musique avec un concert, des Dj sets, un grand dîner ukrainien, mais pas de spectacle vivant. Pourquoi ?
Dans le champ du spectacle vivant, la question de la découverte artistique passe beaucoup par des voyages de repérage. Et en l’occurrence, le producteur de spectacle vivant qui peut-être aurait pu se positionner à cet endroit n’avait pas la possibilité de faire cette découverte-là. C’est peut-être différent sur les scènes musicales où on a la possibilité de rencontrer l’univers artistique de certains artistes par d’autres moyens que le fait de voir les choses en direct. La temporalité extrêmement resserrée de la saison ne l’a pas forcément permis.
ENTRETIEN REALISE PAR MARC VOIRY
Les rendez-vous
Vendredi 30
À partir de 17h - Vernissage de l’exposition Le Gué – Culture sous guerre
17h - Rencontre publique La culture contre-attaque
19h - Émission radio en public et en direct : Cuisine et culture
contre-attaquent !
De 22h30 à 4h00 - Lives et DJ sets
Samedi 31
Concert Les Oreilles d’Aman et orchestre klezmer – 19h
Grand dîner ukrainien – 20h30
Le voyage en Ukraine
30 et 31 janvier
Friche La Belle de Mai, Marseille
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