Zébuline. Vos textes sont souvent portés par des sujets de société, du féminisme à la géopolitique. Qu’est-ce qui vous plaît dans les textes à caractère engagé ?
Faustine. À la base, je suis artiste plasticienne et je fais du documentaire, milieu dans lequel nous travaillons déjà ensemble. Encadrer les thèmes de nos morceaux nous permet de rester ancrés dans la réalité, sans partir dans des limbes musicales autocentrées. On a ce rapport à la réalité crue, aux questions territoriales ou de migration, d’identité. Le féminisme est une lutte indispensable que je tiens au corps, un enragement. Cela me permet de m’affirmer en tant que femme et de tirer un fil depuis le texte jusqu’à la scène, d’essayer d’y mettre un coup de pied dans les codes de la chanteuse en la transformant parfois en monstre.
Votre univers musical est singulier : les riffs techno, EBM, synthwave s’habillent d’un chant pop qui tire vers le lyrique. Comment est née cette pâte ?
Tim : Faustine vient du chant lyrique, et j’étais plutôt un rockeur guitariste et chanteur dans mes jeunes années. On a eu envie de se retrouver dans ce projet et je me suis mis aux machines et au synthé, car c’est l’électro et la techno qui nous réunissaient. On s’est pas mal cherchés sur l’équilibre pop/techno et je pense qu’on s’est trouvés, à l’image des deux derniers titres de l’album : Queen of tyrannie et Megalo.
Dans le clip de Queen of Tyrannie – comme souvent dans votre direction artistique – on retrouve à la fois l’univers du drag, du gothique et des allusions au gore. Quelles sont vos inspirations ?
F. Le classique, le baroque, le métal… J’adore la question du genre brouillé, de l’entre-deux, d’où le drag : la performeuse trans russe Gena Marvin ou le groupe punk Fecal Matter m’inspirent beaucoup. On a aussi une fascination pour le monstre, la figure ambivalente, le personnage en mutation par différentes phases, comme la nymphose, qui nous passionne.
Côté vidéos, vous semblez prendre beaucoup de plaisir à imaginer et varier les ambiances de vos clips, que vous réalisez en grande partie vous-mêmes. Comment l’expliquez-vous ?
T. C’est notre métier et on a trouvé un endroit où l’on peut faire ce qu’on veut et nous-mêmes. Chaque single a un clip, c’est notre côté MTV des années 1990, Michel Gondry etc. On aimerait casser les murs entre les disciplines, et nous adorerions le faire à la release party du 7 février.
Quels sont vos projets et désirs pour 2026 ?
T. On veut avancer sur le deuxième album, et trouver un tourneur pour jouer plus. On veut se focaliser sur la scène, après avoir bossé les clips et la promo à fond pendant plusieurs mois. On va jouer au Nouveau Casino [à Paris, ndlr] avec un collectif, et on adorerait monter nous même une asso réunissant les artistes techno live de Marseille.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUCIE PONTHIEUX BERTRAM
Mega Lune (release party)
7 février
SoMa, Marseille
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