Dans la lignée – plus pop et entraînante – d’Angélica Liddell, la chorégraphe Marina Otero creuse depuis 2020 un sillon passionnant, où les ambiguïtés de l’autofiction se heurtent à un rapport radical au corps et à la douleur. Troisième volet de son projet autofictionnel Recordar para vivir (se rappeler pour vivre), Kill me interroge une fois de plus, après Fuck me et le seule en scène Love me, la folie amoureuse, la crise intime et les lignes de fracture entre sincérité et performance. Sur scène, vidéos, témoignages, mouvements et retournements s’enchaînent pour donner vie à un alter ego dont les pulsions suicidaires n’ont jamais été aussi criantes.
Sincérité toute nue
Une fois de plus, la danseuse et chorégraphe s’incarne sur scène sans concession. Le récit débute sur un nouveau diagnostic psychiatrique, tombant comme un couperet : un trouble borderline. Les trois danseuses et la musicienne qui se joindront ensuite à elle – Ana Cotoré, Myriam Henne-Adda, Natalia Lopéz Godoy, Javiera Paz –, en souffrent également.
Tomás Pozzi, émanation d’un spectre de Nijinsky, est quant à lui atteint de schizophrénie. La mise à nu se fait ici aussi bien littérale que psychologique, dans un dispositif où les corps deviennent à la fois surfaces de projection, preuves vivantes et champs de bataille. Et la fragilité de se faire, plus que jamais, une inépuisable matière chorégraphique.
SUZANNE CANESSA
Kill me, Marina Otero
6 février
Pavillon Noir, Aix-en-Provence
10 février
Les Salins, Scène nationale de Martigues
13 février
Les Hivernales, CDCN Avignon
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