C’est dans une Mesón pleine comme un œuf que se réunissaient de nombreux férus de jazz pour assister à ce concert très attendu. Arrivé tôt pour se restaurer et avoir une place de choix (et assise), le public languissait avec une impatience palpable le trio, mené par le saxophoniste guadeloupéen Jacques Schwarz-Bart et augmenté par le batteur guadeloupéen Arnaud Dolmen et le contrebassiste américain Reggie Washington.
Les trois musiciens entrent en scène dans une décontraction coutumière de la salle intimiste. Quelques mots de présentation suffiront à comprendre, que, ce soir, nous découvrirons en avant première le fruit live de l’album Résistance, à peine enregistré, pour le plus grand plaisir de l’auditoire venu pourtant entendre leur précédent opus, The Harlem suite.
Métissage esthétique
Le premier morceau, éponyme, pose l’ambiance d’un jazz singulier. Si les codes du jazz tantôt contemporain, tantôt emprunté aux années 1950 ou teinté de blues, sont lisibles, les thèmes, chantants et entêtants joués d’un souffle de maître par le saxophoniste, sont soutenus par une session rythmique voyageuse et très pointue. De manière remarquable, le batteur Arnaud Dolmen insuffle dans sa batterie des rythmiques percussives afro-caribéennes. Cette capacité impressionnante, exécutée avec une aisance et un sourire accrocheurs, ne manquera pas d’époustoufler le public, conquis. Jacques Schwarz-Bart n’hésite d’ailleurs pas à le présenter comme le « meilleur batteur au monde ».
Hommage(s)
Le deuxième morceau, Sarabande, hommage à la résistante guadeloupéenne des années 1960 Sarah Maldoror, permet au saxophoniste un remerciement appuyé à Sarah Lepetre, directrice de la Mesón. Une mise en abîme d’hommages dans l’hommage à l’image de nombre de morceaux de l’album, qui sont autant d’opportunités pour Jacques Schwarz-Bart d’honorer ses origines et racines ; de saluer son père, « plus jeune résistant de France, à 12 ans », l’écrivain primé André Schwarz-Bart. De se souvenir aussi, ému, de la « magicienne de la cuisine » guadeloupéenne Violetta, amie de se mère, et, bien sûr, de rendre un hommage vibrant à sa guadeloupe natale.
Si le concert fut marqué par ces nouveautés, il donna tout de même l’occasion d’entendre certaines des anciennes œuvres du trio. Il se terminait sur deux encore dont l’un permettait de découvrir la voix du batteur Arnaud Dolmen, laissant ainsi un public ému et ravi, que le trio rencontrait quelques minutes plus tard, près du bar. Un grand moment.
LUCIE PONTHIEUX BERTRAM
Concert donné le 6 février à La Mesón, Marseille.
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