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À Aix, une histoire de regard

Avec Regards d’un collectionneur, le centre d’art Caumont met en lumière l’imposante collection d’Oscar Ghez. Et avec elle son goût pour la peinture moderne. À découvrir jusqu’au 22 mars

Le parti pris d’une exposition peut être monographique, chronologique, thématique. Elle peut aussi être la mise en lumière du travail d’un mécène, d’un riche collectionneur. La nouvelle exposition du centre d’art Caumont, à Aix-en-Provence, présente une sélection de la collection d’un riche industriel du caoutchouc, Oscar Ghez. 

Né en Tunisie il a constitué à partir de 1955 une importante collection, avant d’ouvrir en 1968, un musée dédié à Genève, le Petit Palais. Un tableau renvoie d’ailleurs à la figure du collectionneur, critique d’art en la personne de Thadée Natanson de la Revue blanche, peint par Vallotton. Et Ghez lui-même, dans la première salle apparait dans le tableau de Trèves comme figure tutélaire de l’événement.

Portrait avant tout 

Le choix des acquisitions dévoile des lignes de force : Ghez aime avant tout les portraits. Portrait de femmes, en liseuse chez Guillaumin, en dame horrifique à la voilette de Manet, en nu chez Vallotton, Lempicka ou Valadon, en pied chez van Dongen, en funambule poétique chez Marie Laurencin. 

Le portrait revient à l’intérieur de scènes familiales dans un jardin ou dans l’œuvre phare de Caillebotte, le pont de l’Europe. Ce grand format structure plusieurs éléments : des personnages isolés comme un ouvrier en blouse, un soldat dans l’arrière-plan et surtout un couple bourgeois qui avance dans la direction du visiteur, au premier plan, cachant en fait un autoportrait de l’artiste, en redingote et haut-de -forme. 

Ghez semble moins sensible au paysage, peu représenté dans la collection. Quelques réalités plus sociales apparaissent comme l’Aciérie de Maximilien Luce. Quant à au cubisme, l’abstraction qui ont marqué l’histoire de l’art des années contemporaines de la vie du collectionneur, ils sont quasiment absents. Le seul et unique tableau non figuratif, est une œuvre d’Artur Segal et les deux Picasso présents à la fin du parcours sont eux aussi rattachés à une représentation humaine, dont l’Aubade. Ghez est donc un collectionneur au goût sûr mais assurément pas un découvreur, ni un aventurier de l’art de son vivant.

MARIE DU CREST

Regards d’un collectionneur
Jusqu’au 22 mars 2026
Centre d’art Caumont, Aix-en-Provence

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