samedi 22 juin 2024
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Amore Mio : survivre au chagrin

Porté par deux admirables actrices, Guillaume Gouix parvient à nous parler avec justesse du deuil, et de la vie qui en déborde

Acteur depuis l’âge de 15 ans, ayant réalisé trois courts métrages, Alexis Ivanovitch vous êtes mon héros, Mademoiselle et Mon royaume, Guillaume Gouix se met au long métrage et ne choisit pas un sujet facile. Comment survivre au deuil d’un être cher. Lola (Alysson Paradis) vient de perdre, dans un accident de moto, l’homme de sa vie, Raphaël (Félix Maritaud). Impossible pour elle de suivre le protocole, endurer les condoléances et même l’enterrement. « Je ne supporte pas la compassion » dit-elle. Elle décide de fuir, d’abord en stop, emmenant avec elle son fils de huit ans, Gaspard (superbe Viggo Ferreira-Redier) qu’elle a du mal à regarder tant il ressemble à son père. « Je veux juste rouler », explique-t-elle à sa sœur ainée, Margaux (Élodie Bouchez) qu’elle n’a plus vue depuis quelques années. C’est en route, vers le Sud, que la blonde Lola, en chemise à fleurs colorées, et la brune Margaux, vont régler de vieux comptes mais aussi retrouver leur enfance complice. 

Un scénario ténu
« Je voulais faire un film sur le deuil qui ne soit pas morbide mais plutôt du côté de la vie. J’avais envie de raconter comment, malgré un deuil, la vie peut encore déborder », précise Guillaume Gouix. Et la vie est là, entre bars et hôtel où on s’arrête parce que la voiture s’est enlisée, entre rires et pleurs, confidences et aveux dans une baignoire, entre mutisme et paroles de l’enfant. « Moi je voulais y aller à l’enterrement de papa !  Est-ce qu’on est encore une famille quand on est deux ? » Dans ce road-movie particulier, le directeur de la photo Noé Bach ne lâche pas les personnages, captant sur leurs visages, souvent en gros plans, leurs émotions, leurs rires, leurs larmes, leur colère. Si le scénario est très ténu, si certains dialogues sont parfois un peu attendus, on doit souligner le jeu des deux actrices : Alysson Paradis a su rendre l’énergie, l’envie de liberté, le désespoir de Lola et Élodie Bouchez l’évolution de Margaux qui, peu à peu, s’ouvre à sa sœur.
« On va où quand on est mort ? », demande Gaspard. « On n’a plus besoin d’aller quelque part. On est là…Une fleur, un parfum, un reste de dentifrice… » répond sa mère. C’est sans doute cela, survivre au deuil.

ANNIE GAVA

Amore mio, de Guillaume Gouix
En salle depuis le 1er février
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