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	<title>Elise Padovani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Elise Padovani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Melpomène, le labyrinthe de la folie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 03:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un film-énigme, un film-traversée, un film funambule. Hypnotique, par la beauté de ses plans, la sensorielle partition musicale de Michel-Ange Merino, mélodique et dissonante, jouant avec les silences, les respirations et l’apnée. Lancinant comme la douleur qui mine l’héroïne,&#160; l’enlise lentement et dissout certitudes et réalité. La réalisatrice &#8211; qui produit son film et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un film-énigme, un film-traversée, un film funambule. Hypnotique, par la beauté de ses plans, la sensorielle partition musicale de <strong>Michel-Ange Merino,</strong> mélodique et dissonante, jouant avec les silences, les respirations et l’apnée. Lancinant comme la douleur qui mine l’héroïne,&nbsp; l’enlise lentement et dissout certitudes et réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalisatrice &#8211; qui produit son film et y incarne le rôle principal, déclare avoir voulu «&nbsp;<em>explorer les confins de la solitude existentielle</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marthe est une trentenaire, professeure d’Art à Paris. Elle a été opérée d’un cancer du sein. Trente ans auparavant, sa mère s’est suicidée dans des circonstances restées mystérieuses. Marthe part sur la&nbsp; Côte d’Azur et s’installe aux Roches Rouges. Elle revient sur les lieux du «&nbsp;crime&nbsp;» pour comprendre ce qui s’est réellement passé, ce que lui a caché sa famille de la haute bourgeoise corsetée, incarnée par son élégante grand-mère ( <strong>Marisa Berenson</strong>) . &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marthe rencontre l’inquiétant&nbsp; psychiatre de sa mère, le docteur Rozère ( <strong>Pascal Greggory</strong>). Un jeune patient rieur, Georges ( <strong>Finnegan Oldfield</strong>) qui disparaît inexplicablement. Hannah ( <strong>Anouk Grinberg)</strong> qui a bien connu la mère de Marthe et parle de son agitation, de ses «&nbsp;intuitions&nbsp;» et de ses hallucinations. Une sculptrice mystérieuse (<strong>Andie MacDowel</strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enquête catalyse les propres angoisses de Marthe, croise les thèmes de la filiation, du corps des femmes, du rapport social et politique à la folie, de la collusion du pouvoir médical et familial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charlotte Dauphin titre son film <em>Melpomène</em>, en référence à la mythologie grecque. Fille de Zeus et de Mnémosyne, Melpomène préside au chant, à l’harmonie et à la tragédie qui exprime la souffrance&nbsp; humaine à travers des destins funestes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thriller psychologique rejoint l’esprit tragique. Marthe semble se débattre en vain contre l’enfermement, épouser la schizophrénie diagnostiquée pour sa mère. On lui répète si souvent qu’elle lui ressemble trait pour trait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chœur de ceux qui ont connue la suicidée, voix supposées de la raison, lui devient hostile. Elle se heurte à leurs mots comme à leur silence. Dans le domaine où elle s’est réfugiée, les coups de fusil claquent à l’improviste. Les gardiens de l’ordre traquent, tuent, dépècent les sangliers, sauvages agents de désordre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sans angle droit</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film multiplie les allégories. Il se déroule presque entièrement à Théoule-sur-mer dans le Palais Bulles, racheté en 92 par Pierre Cardin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manifeste architectural signé <strong>Antti Lovag</strong> qui proscrit lignes et angles droits,&nbsp; s’inspirant de la morphologie humaine. Rotondité cellulaire, boyaux organiques et labyrinthiques qui effacent les rassurants repères orthonormés. Hublots s’ouvrant sur le bleu de la mer et du ciel, tandis que les rouges ocrés de l’Estérel, le sang de l’opération mammaire et les enduits terra cotta des bétons, s’affirment en motifs plastiques et symboliques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film trop «&nbsp;arty&nbsp;» , trop «&nbsp;conceptuel&nbsp;» ont reproché certains après sa projection cannoise. On se croirait par moments dans un épisode de la série culte des sixties <em>Le Prisonnier</em>. Ou chez Hitchcock. Ou chez Cocteau, la couleur en plus. Ou encore dans une proposition de Resnais avec des dialogues distancés à la Rohmer. Mais c’est bien un film de Charlotte Dauphin et un objet de cinéma identifié. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Melpomène</em> de <strong>Charlotte Dauphin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 30 septembre</p>
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		<title>Memory of Princess Mumbi : Love Story à Umata</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 08:51:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel drôle de film qui se projette dans un futur et revient sans cesse sur le passé&#160;! Qui se procrée de scène en scène, se clone sur les écrans, passe du documentaire à la romance, du film d’action au conte indo-africain, du clip musical pop au péplum&#160;! D’une Afrique fantasmée à une Suisse devenue une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quel drôle de film qui se projette dans un futur et revient sans cesse sur le passé&nbsp;! Qui se procrée de scène en scène, se clone sur les écrans, passe du documentaire à la romance, du film d’action au conte indo-africain, du clip musical pop au péplum&nbsp;! D’une Afrique fantasmée à une Suisse devenue une Nordanie tout aussi fantaisiste. Du vrai-faux au faux-vrai. Un film qui perd ses couleurs pour les retrouver et se retourne comme un gant&nbsp;! Making of des tâtonnements à la recherche d’un arc dramatique et d’une perspective. Un film kaléidoscopique qui, tenant à la fois du bricolage poétique et du savant montage, déroute -au sens premier du terme en s’échappant des sentiers battus ou en les rebattant joyeusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est en 2099. Après la grande guerre de 2073 à l’issue de laquelle les technologies modernes ont été prohibées, et d’anciens royaumes ont ressuscité. Un monde rétro-futuriste. Kuve (<strong>Ibraham Joseph</strong>) se souvient de 2093. Il voyage alors dans le royaume d’Umata aux villes aériennes, agglomérats de structures en bois sur pilotis, comme si une intelligence artificielle avait réinterprété les villages africains de pêcheurs, en châteaux dans le ciel, version Miyazaki. Kuve et Damien veulent faire un doc sur la guerre et récolter les témoignages des anciens combattants. Damien parfois interpellé, restera toujours hors champ. Kuve sera au premier plan. Il tiendra le premier rôle avec Mumbi (lumineuse <strong>Shandra Apondi</strong> ) qu’il rencontre sur le casting. Elle a été promise dès son enfance à un prince qui s’appelle Prince, mais se rêve actrice. Elle change le projet cinématographique initial. Il s’agira désormais de réaliser un film qui rende heureux. De l’amour, de l’action et tant de jolies choses. Sans l’aide de l’Intelligence Artificielle qu’elle déteste. Kuve et Damien trichent. Et intègrent dans leur montage des images générées par des logiciels que le générique citera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien vite, la vie double la fiction. Les baisers de cinéma deviennent de vrais baisers. Et Kuve et Mumbi, des Bonnie and Clyde en cavale. Les amants se sépareront. Se retrouveront. Dans le tourbillon de la vie et des scenarii. La guerre dont l’humanité ne semble pas pouvoir se passer, les rattrapera au Royaume de Pesa. A nouveau réunis, en trio cette fois, avec l’époux princier de Mumbi. Pour un nouveau tournage mené par un autre réalisateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne s’attardera pas sur cette trame rocambolesque. Alternent scènes filmées, projections des rushes, extraits de faux films jalonnant la carrière de Kuve devenue au fil des années, une star internationale. Les films s’emboîtent en poupées russes. Les écrans dans l’écran se multiplient.&nbsp; Résolument méta, fourmillant d’inventions visuelles, <em>A la Mémoire de la Princesse Mumbi</em> n’est en rien un exercice purement formel. Damien Hauser qui dédicace son film à son frère disparu, interroge la vérité du cinéma, et s’émerveille de son pouvoir de transformer des larmes de chagrin en larmes de joie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Memory of Princess Mumbi</em> de <strong>Damien Hauser</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 26 août 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>On the sea : Eaux profondes</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Gris bleu. Bleu gris. Teintes sombres, froides, sourdes, avec une courte parenthèse en rose et azur&nbsp;: le film d’<strong>Helen Walsh</strong> pourrait se lire par la couleur de la photo dirigée par <strong>Sam Goldie.</strong> Le film est d’atmosphère. On est au nord du Pays de Galles, sur une côte sauvage. Jack (<strong>Barry Ward</strong>) la cinquantaine et son frère Dylan (<strong>Celyn Jones</strong>) sont associés dans une petite entreprise mytilicole, fragilisée par les grandes pêcheries concurrentes. Un travail d’hommes, physique, éreintant, qui ouvre le film en mode documentaire&nbsp;: ratissage des bancs de moules dans l’eau glaciale, mise en caisses et chargement dans les camions, sous le ciel gris. Jack est marié depuis des décennies à la douce Maggie (<strong>Liz White</strong>), rencontrée au lycée. Leur fils Tom (<strong>Henry Lawfull</strong>) refuse de travailler avec son père et son oncle comme ses trois cousins germains et a de mauvaises fréquentations. Jack est en rémission d’un cancer et n’a que peu d’autorité sur Tom. D’emblée les tensions entre les frères et dans le couple sont palpables. Dans ce milieu fermé où tout le monde se connaît depuis des générations, entre la mer, le pub et l’église, les vies semblent déjà écrites et les rôles distribués. On y est solidaire et quand le vieux pêcheur de coquilles St Jacques, Bernie (<strong>Danny Webb</strong>) est amputé à la suite d’un accident provoqué par les amis de Tom, Jack s’en occupe comme on s’est occupé de lui pendant sa maladie. Il est enraciné dans ce lieu. «&nbsp;<em>Je suis d’ici</em>&nbsp;» répète-t-il à Daniel (<strong>Lorne Mac Fadyen</strong>) le jeune matelot itinérant, homosexuel, dont il tombe amoureux. Jack accepte peu à peu ce désir-là, cet amour-là. Malgré l’homophobie ambiante, le mépris de son frère qui veut en profiter pour l’éjecter de leur affaire, malgré la peur de perdre sa famille et Maggie qu’il aime sincèrement, il va accepter de ne plus mentir et d’être ce qu’il a toujours été.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le personnage ne verbalise pas ses sentiments, fermé comme les moules qu’il récolte. Mais sur le beau visage buriné de l’acteur qui l’incarne -l’excellent Barry Ward qu’on a vu dans le <em>Jimmy’s Hall</em> de <strong>Ken Loach</strong>, se lisent en gros plans, toutes les nuances de ses déchirements. Le film avance par touches délicates, prévisibles mais justes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le scénario du coming-out tardif d’un homme marié n’est pas d’une grande originalité, la prégnance des lieux et l’approche des personnages font naître une réelle émotion. Le bruit des vagues accompagne le drame. Symbolique des eaux profondes, noires, tumultueuses qui peuvent devenir claires et luminescentes pour un baptême et une renaissance<em>. On the sea</em> – dont le titre français <em>Face à la mer</em> n’est pas tout à fait la traduction, est bien immersif. A la fois violent et d’une grande douceur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Face à la mer</em> d’<strong>Helen Walsh</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 26 août</p>
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		<title>Home Stories : quelque chose de très spécial</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 09:28:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On est à Greiz, en Thuringe. La ville du grand père de la réalisatrice. En ancienne RDA. Léa (Frida Hornemann) a seize ans. Elle a un petit frère adorable. Se rebelle contre sa mère Reike (Gina Henkel), récemment divorcée de son père Matze (Max Riemelt), et qui attend un enfant de son nouveau compagnon Arthur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On est à Greiz, en Thuringe. La ville du grand père de la réalisatrice. En ancienne RDA. Léa (<strong>Frida Hornemann</strong>) a seize ans. Elle a un petit frère adorable. Se rebelle contre sa mère Reike (<strong>Gina Henkel</strong>), récemment divorcée de son père Matze (<strong>Max Riemelt</strong>), et qui attend un enfant de son nouveau compagnon Arthur (<strong>Florian Lukas</strong>), le directeur du lycée où la jeune fille étudie. Ses grands-parents paternels, Friedrich et Christel (<strong>Peter René Lüdicke</strong> <strong>et Rahel</strong> <strong>Ohm</strong>)&nbsp;peu adaptés au nouveau régime capitaliste, ont bien du mal à tenir à flot leur hôtel restaurant. Ce domaine, au cœur de la forêt, qui accueille conférences, colloques et chevaux, périclite. Sa tante Kati (<strong>Eva Löbau</strong>) qu’elle admire, travaille à la création d’un musée d’histoire locale dans le château de la région, fleuron de la monarchie passée, divisé en logements populaires et flanqué d’une usine sous le régime communiste. Projet patrimonial financé par les capitaux de l’Ouest au grand dam de la grand-mère qui trouve cette dépense scandaleuse au vu des difficultés économiques des entreprises locales. Léa fait du théâtre avec ses camarades de classe, de la musique avec Bonnie, sa meilleure amie et la fête avec son cousin Edgar en pétard contre la société et la montée des idées nazies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Matze a inscrit Léa en cachette de son ex-femme à une émission de télécrochet, The Voice of Germany. Elle vient d’être retenue. C’est ce concours, de la sélection initiale aux auditions et étapes éliminatoires à Cologne, qui réunira la famille et servira de trame narrative. Une trame ténue brodée de fils de traverse, qui se croisent, se nouent, remontent le temps ou dessinent délicatement des motifs inachevés. Les traces des fractures est-ouest, le sentiment de dévalorisation des Allemands de l’Est après la réunification, l’individualisme face au collectif, la société du spectacle triomphante, la place de chacun parmi les siens. Et la quête d’identité. Le titre allemand <em>Quelque chose de très spécial</em> reprend la question d’un journaliste à Léa&nbsp;: <em>Qui es-tu&nbsp;? qu’est-ce qui fait de toi quelqu’un de spécial&nbsp;?</em> L’adolescente ne saura quoi répondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home, c’est la maison mais aussi la patrie. Stories est au pluriel&nbsp;: ce sont les histoires bidonnées pour les shows télévisés, celles toujours un peu opaque des romans familiaux, celles plus secrète d’une intimité qu’on ne partage pas, celles du récit national qui se modèle au gré des politiques, et enfin celle parcellaire, sans narrateur principal que nous propose ici la réalisatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film, tout à la fois, fragmente et tisse des liens. Un bestiaire le jalonne : le paon, le cheval malade, le chat, les oiseaux tués, les massacres aux murs de la salle à manger, les rats morts dans les assiettes d’hôtes indésirables. «&nbsp;<em>Ce n’est pas dans mes habitudes de prendre les spectateurs par la main de manière paternaliste</em>, <em>et de faire comme si j’avais une réponse à leurs questions</em>.&nbsp;» dit Eva Trobisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Servi par un casting impeccable, <em>Home story</em> n’est pas un film confortable. Il travaille sur les tensions, le malaise, le mal être mais n’exclut jamais ni la tendresse, ni l’espoir. Un enfant naît et le chant bouleversant de la lumineuse Léa fait presque l’unanimité du jury.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home Stories d’Eva Trobisch</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 29 juillet 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Météore Film Distribution</p>
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		<title>Les Matins merveilleux : les fantômes qui dansent en nous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:08:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Charlie (India Hair) emmitouflée dans son manteau, une boîte de gâteaux à la main sur le balcon d’un appartement parisien, enjambe maladroitement la rambarde pour atteindre le balcon voisin et entrer chez sa grand-mère qui ne répond plus. La vieille dame, qui l’a élevée après le décès de sa mère, est morte dans son lit [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Charlie (<strong>India Hair</strong>) emmitouflée dans son manteau, une boîte de gâteaux à la main sur le balcon d’un appartement parisien, enjambe maladroitement la rambarde pour atteindre le balcon voisin et entrer chez sa grand-mère qui ne répond plus. La vieille dame, qui l’a élevée après le décès de sa mère, est morte dans son lit -ou presque. Gesticulation burlesque et ironie d’un Printemps de Vivaldi en boucle sur le répondeur des Pompes funèbres. La scène initiale donne le ton&nbsp;: on gardera cet équilibre fragile entre le sourire et les larmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques ellipses plus tard, voilà notre héroïne trentenaire au cimetière&nbsp;: «&nbsp;pas de thune, pas de mec, pas d’enfant, mais une tombe&nbsp;» et une mission&nbsp;: exécuter les dernières volontés de la défunte pour distribuer ses icônes religieuses et ses vinyles disco. Les disques sont destinés à un certain Titou résidant à Cavalaire. S’en suit un road trip en Twingo vers le sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la petite ville de la Côte d’Azur, Charlie rencontre Marina (<strong>Raya Martigny</strong>), une barmaid trans, un peu cabossée par la vie, qui l’héberge et la prend sous son aile. Un copain d’école de Marina. Une ado rebelle et amoureuse. Un vieil homme mourant et le fameux Titou (<strong>Eric Cantona</strong>, toujours improbablement juste, en professeur de danse dans une cave ou sur la piste d’une boîte de nuit, vêtu d’une veste rose à paillettes). Titou, fan de disco, a connu autrefois Florence la mère de Charlie sur le dance floor. L’orpheline Charlie entre dans cette famille «&nbsp;élective&nbsp;», dénoue la raideur de son corps. Pour elle, c’est un voyage libérateur et intime. Elle retrouve via d’anciennes cassettes vidéo, les chorés de sa mère, belle et jeune, en robe à sequins. Les générations se télescopent. La mort, la vie, l’amour&nbsp;aussi. En contrepoint, les chansons populaires -qui disent toujours la vérité, comme écrivait Truffaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Feel good music</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Les matins merveilleux</em> » du titre en référence à « <em>Notre histoire »</em> de Dalida, « <em>Ah que la vie est belle</em> » de Brigitte Fontaine en épilogue et comme une moralité à ce conte. Et puis « <em>Piensa en mi</em> » de Luz Casal pour un clin d’œil peut-être au mélo almodovarien. Sans oublier le bouleversant karaoké de Charlie interprétant « <em>Mon amie la Rose ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">India Hair confirme ici son incroyable talent&nbsp;pour incarner toutes les facettes d’un personnage&nbsp;: candide ou audacieuse, forte ou fragile, engoncée ou libérée, enfantine ou sensuelle, désarmante de sincérité, ouverte à la vie qui vient, et attentive aux blessures des autres.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film d’Avril Besson, dédié « <em>à tous les fantômes qui dansent en nous</em> », est un feel good movie. Il n’y a pas de méchants. Les gens y sont bienveillants pour peu qu’on s’ouvre à eux. Les relations se tissent fil à fil, sans grand discours à travers des petits riens. On accepte la maladresse ou la réserve de l’autre. Et si à la fin de cette comédie romantique tendre et attachante, les amant.e.s ne se marient pas et n’ont pas d’enfants, ils-elles essaieront de vivre ensemble pour le meilleur !</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Matins merveilleux</em> d’<strong>Avril Besson</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 29 juillet 2026</p>
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		<title>Festival Phare : ciné, humour et polar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 14:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival Phare, comme tous les étés, revient avec une belle sélection de courts métrages à partager sous les étoiles, mais aussi de la musique, offrant, en clôture, le 31 juillet, un ciné-concert porté par Clément Doumic, un des musiciens de Feu&#160;! Chatterton coréalisé avec Antoine Fabry&#160;: Tout un fromage. Un road trip gourmand à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le festival Phare, comme tous les étés, revient avec une belle sélection de courts métrages à partager sous les étoiles, mais aussi de la musique, offrant, en clôture, le 31 juillet, un ciné-concert porté par <strong>Clément Doumic,</strong> un des musiciens de <em>Feu&nbsp;! Chatterton</em> coréalisé avec <strong>Antoine Fabry&nbsp;</strong>: <em>Tout un fromage</em>. Un road trip gourmand à la recherche du producteur d’une exceptionnelle tomme de chèvre, arlésienne, bien sûr&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au menu de ces cinq jours, la rencontre de cinéastes chevronnés mais aussi la promotion des créations de l’école du film d’animation MoPA. Deux thématiques structureront le programme : humour et polar. Ce sera d’ailleurs le sujet du <em>ciné-causerie</em> de <strong>Robert Pujade</strong> au Musée Arlaten, le 28 juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année focus sur Taïwan. En partenariat avec le Bureau Culturel de Taïpei à Paris, le prélude inaugural du 6 juillet proposera : <em>The Egret River</em> (<strong>Wan-Ling Liu)</strong>, immersion dans une ville extensible de gratte-ciel et le doc expérimental, <em>Amateur in the moon</em> (<strong>Chunni Lin</strong>, <strong>Pang-Chuan Huang</strong>). Et la soirée d&rsquo;ouverture, le 27 juillet, à l&rsquo;Eden Cinéma de Fontvieille, laissera carte blanche au cinéma taïwanais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29, au Théâtre antique, projection du césarisé<em>&nbsp; Au Bain des dames</em> de <strong>Margaux Fournier</strong>. Suivi par cinq autres films qui font sourire&nbsp;: <em>Je veux danser</em> de <strong>Lomane de Dietrich</strong> autour de l’art subtil de la séduction&nbsp;; <em>Veuillez patienter</em> de <strong>Solal Bouloudnine</strong> autour du montage d’un berceau&nbsp;; <em>We were here</em> de <strong>Pranav Bhasin</strong> autour du grand remplacement par l’IA. Un drôle d’accouchement d’ovaires (<em>Ovary-Acting </em>de <strong>Ida Melum</strong>) ou une double rencontre en forêt entre chienne-chien et maîtresse-maître (<em>Saillie</em> de <strong>Aude Thuries</strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30, toujours au Théâtre antique, ce seront six fictions explorant l’univers du polar et de l’humour noir&nbsp;: la comédie musicale <em>Rose Tulipe et Pétunia</em> de <strong>Rokhaya Marieme Balde</strong>. Ou <em>Coffin Thérapy,</em> la satire de <strong>Zéré Turlykhanova</strong> dont le personnage principal met en scène ses propres funérailles. Ou encore l’animation taïwanaise de <strong>Joe Hsieh</strong>, <em>Prying Mantis</em> qui imagine une mante religieuse mutante et ses obscurs secrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq prix seront attribués&nbsp;: public, étudiants, cinéastes, prix Alice Guy et Prix de la Réplique ( interprétation masculine ou féminine) à l’issue de ce parcours cinéphilique et festif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>
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		<title>Hanami, sous le sable noir du Cap-Vert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Hanami, ça ne s’explique pas. Il faut le voir&#160;» dit un vulcanologue japonais à son ami capverdien, en buvant un thé dans un champ de lave noire. Hanami, c’est regarder les fleurs printanières des cerisiers, abricotiers ou pêchers, de leur éclosion à la dispersion de leurs pétales, en pluie rose et blanche. Un rituel célébrant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Hanami, ça ne s’explique pas. Il faut le voir</em>&nbsp;» dit un vulcanologue japonais à son ami capverdien, en buvant un thé dans un champ de lave noire. Hanami, c’est regarder les fleurs printanières des cerisiers, abricotiers ou pêchers, de leur éclosion à la dispersion de leurs pétales, en pluie rose et blanche. Un rituel célébrant un miracle éphémère, renouvelé de saison en saison, une poésie de l’instant fragile et éternel. Ici, sur l’île aride de Fogo, au sud de l’archipel du Cap-Vert, on est bien loin du Japon pourtant. De pluie il n’y en a pas. Ni florale ni liquide. Les racines nourricières ne trouvent plus l’eau et les paysans migrent vers d’autres pays. L’Atlantique, frère lointain du Pacifique, bat les plages de sable gris. Mais le rapport au monde de ces insulaires qui vivent de peu, fraternise avec celui de leurs homologues japonais&nbsp;: la brisure, la séparation se mettent en scène comme un Kintsugi, cette technique ancestrale qui répare les porcelaines brisées à la poudre d’or pour en faire des objets plus beaux, plus riches d’histoire que les originaux. Les paysages sont d’une sidérante beauté. L’abstraction voisine le prosaïque comme dans un haïku. Le titre du film est programmatique&nbsp;: contemplation, fragilité, cassure, reconstitution, sublimation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre, le regard grave et perçant de Nana, fillette (<strong>Dalima Mendes</strong>) puis adolescente ( <strong>Sanaya Andrade</strong>). Le film s’ouvre sur le départ de sa mère, Nia (<strong>Alice da Luz</strong>) vers une vie meilleure loin du sol natal. Et sur «&nbsp;l’abandon&nbsp;» ritualisé&nbsp;de sa fille : le bébé passe de bras en bras dans une file de femmes de plus en plus âgées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nana grandit entourée et aimée par sa famille maternelle&nbsp;: une existence de gestes domestiques simples. La lessive, les repas, les œufs prélevés dans le poulailler qui devient son refuge. Son oncle fait des gâteaux au coco et rêve d’un tiramisu dont aucun des ingrédients n’est disponible sur l’île. Il y a ceux qui sont partis et ceux qui sont restés. La mémoire familiale en photos de pères, mères, enfants, endimanchés pour poser en studio, devant un décor peint. En sourdine et basse continue, la déchirure de l’exil, de l’absence. Les dangers des migrations des hommes et des tortues qui viennent pondre sur les plages de Fogo et dont beaucoup d’œufs puis de bébés sont dévorés par les prédateurs. Le retour des Exilés pour les vacances, déracinés à jamais, étrangers à leur propre culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le chant du monde</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nana garde ses larmes, apprend à tout faire, joue avec les enfants du quartier, s’applique à l’école&nbsp;; plus tard, elle aidera son oncle qui a réussi à ouvrir une boulangerie. Enfant, son mal intérieur se concrétise par des accès de fièvre et elle ira seule près du grand Volcan chercher auprès d’une guérisseuse, le «&nbsp;savon des sorcières&nbsp;». Un rite de passage suivi d’une ellipse, qui lui ouvre l’adolescence et l’enracine dans son identité capverdienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue, les contes anciens où se côtoient pêcheurs et sirènes, le grondement permanent des vagues de l’Océan, la musique des mots créoles, de l’air dans les coquillages collés à l’oreille, ont façonné son imaginaire. La caméra observe Nana qui observe le monde&nbsp;; elle la duplique en jeux de miroirs quand la jeune fille retrouvera Nia, sa mère revenue pour quelques semaines sur l’île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effet immersif du film s’opère grâce à une BO subtile et lancinante, aux plans fixes d’une incroyable beauté plastique, composés comme des tableaux par la directrice de la photographie espagnole <strong>Alana Mejía González</strong>. Grâce aussi à un rythme lent et envoûtant qui semble suspendre le temps entre rêves et matérialité essentielle du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hanami</em> de <strong>Denise Fernandez</strong> Fernandez</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 1er juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, Abu Bakr Shawky, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984. Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, <strong>Abu Bakr Shawky</strong>, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une légende se tissant avec celle des grands événements politiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire</em> est celle d’un microcosme. Elle commence en 1967. Dans un quartier populaire du Caire. L’été. Il fait chaud. Ahmed (<strong>Amir El-Masry</strong>) joue sur un vieux piano. Le voisin du dessus frappe le sol pour manifester son mécontentement. Le lustre se balance, les murs tremblent. Dehors des supporters de foot cherchent la bagarre. On s’invective d’un balcon à l’autre. Le chaos de la rue prolonge celui des intérieurs étroits. On reçoit les oncles, les voisins. A la télé, toujours allumée, outil de propagande gouvernementale, Nasser Hussein parle de la «&nbsp;grande nation arabe&nbsp;». Le barrage d’Assouan se construit. Les hommes regardent les matchs de football, en respectant, par superstition, une place attitrée dans l’exigu salon. Le verbe est haut. On rit. On râle. Tout le monde se connaît et s’engueule. Chacun tient son rôle. Le père d’Ahmed, Ragheb (<strong>Ahmed Kamal</strong>), modeste fonctionnaire plante des arbres dans le désert et s’est peut-être compromis en prononçant à la télé le mot tabou de corruption. Sa mère Fairouz (<strong>Nelly Karim</strong>), s’occupe du foyer et de sa gazinière récalcitrante, elle est enceinte d’un quatrième fils qui naîtra le jour de la défaite de la guerre des six jours. Son frère jumeau Hassan ( <strong>Ahmed El Azaar</strong>) ne lui ressemble pas&nbsp;; on le surnomme «&nbsp;Hasanov&nbsp;» parce qu’il aime l’URSS et apprend le russe&nbsp;; il attend, inquiet, sa mobilisation pour partir à la guerre. Le cadet Sharaf (<strong>Khalid Mokhtar</strong>), peu doué pour le foot, est fan de ce sport et du club de Zamalek .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed rêve de devenir concertiste et correspond avec Elisabeth (<strong>Valérie Pachner</strong>), une jeune autrichienne. Muni d’une bourse, il ira à Vienne en 1973 la rencontrer. Un amour jugé impossible par le père autrichien, entre «&nbsp;un poisson et un oiseau&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le maëlstrom politique qui verra la démission d’Hussein, les émeutes contre les réformes libérales, l’assassinat d’El-Sadate en 81, et le début de l’ère Moubarak. Malgré les drames personnels, le deuil d’un frère soldat, la séparation, la concurrence de Sham (<strong>Karim Kassem</strong>) pianiste arriviste piétinant l’honnêteté d’Ahmed, cet amour-là tiendra avec ses rêves «&nbsp;parce qu’il n’est jamais trop tard.&nbsp;» Pour vivre un concert d’Ahmed radiodiffusé et la victoire du football égyptien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chapitrée en cinq volets, ces chroniques suivent au plus près des gens attachants que le réalisateur regarde avec une tendresse communicative. Les rides se creusent, la calvitie gagne. La télé prend des couleurs. La vie et la mort vont. On pense aux mélodrames égyptiens des années 50-60, à la comédie populaire italienne, parfois même à Pagnol pour les personnages typés, hauts en couleur, à la fois extravertis et pudiques. Un cinéma populaire sans que l’adjectif soit péjoratif, avec ces lieux communs du sentiment où chacun finalement se retrouve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire, Chroniques du Caire</em> de <strong>Abu Bakr Shawky</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En salle le 1<sup>er</sup> juillet</strong></p>
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		<title>Miss Mermaid, crevettes et paillettes</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 06:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pauline Brunner est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest. Marion Verlé, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&#160;: Miss Mermaid. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Brunner</strong> est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marion Verlé</strong>, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&nbsp;: <em>Miss Mermaid. </em>L’histoire incroyable mais vraie de la cousine de Pauline, Alexia, femme de ménage à Fécamp. Contre une condition qui l’assigne à une vie grise et normée et malgré ceux qui la jugent «&nbsp;excentrique&nbsp;», la trentenaire s’entraîne dur pour devenir une sirène professionnelle et participer au concours de Miss Sirène France. Ce sujet, traité dans la lignée de la célèbre émission Strip-tease devient en 2025, le premier long métrage de fiction de Pauline et Marion. Elles reprennent tous les éléments du documentaire source mais le développent en comédie sociale populaire et poétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est au Havre. C’est la fête carnavalesque du hareng, jeux de foire lourdingues comme deviner le nombre de harengs nécessaires pour arriver au poids de la grosse Barbara, beuveries et chants folkloriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des amies se retrouvent pour un enterrement de vie de jeune fille. Autour de la promise : une femme enceinte, une mère de trois bambins, et Fanny, s’autorisant dans leur quotidien, l’ivresse d’un soir. Fanny (<strong>Aloïse Sauvage</strong>) divorce et ne croit plus trop à la conjugalité comme accomplissement d’une vie de femme. Plus en colère que triste. Elle vit chez ses parents, travaille la nuit dans une usine de crevettes. C’est dégueulasse, pas suffisamment payé pour rembourser ses dettes. Quand elle découvre par hasard à la télé, l’interview d’une sirène professionnelle, Anémone (<strong>Alison Wheeler</strong>), la voilà qui se prend à rêver. Pourquoi ne ferait-elle pas comme elle ? Elle suit alors assidûment les tutos de la star des bassins sur le Net.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Boat movie solidaire</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un concours doit se tenir à Bilbao. Aidée par Paulette (<strong>Annie Mercier</strong>) une collègue de travail, ayant passé l’âge de la retraite depuis longtemps, et par Martin (<strong>Thomas VDB</strong>), un marin pêcheur en lutte contre la pratique industrielle du métier, engagé à l’usine après avoir perdu son permis de pêche, Fanny va acheter une queue écaillée à crédit, tourner des vidéos You tube et suivre un entraînement sportif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trio solidaire est tour à tour émouvant et ridicule, uni dans ce rêve qui, dans un contexte économique et social impitoyable, fait exploser la réalité triviale, et ouvre les possibles. On passe de la saleté d’un appartement à récurer aux ondulations gracieuses des corps immergés parmi les poissons. Des charlottes de protection de l’usine aux couronnes fleuries et aux sequins chatoyants. Le rêve de Fanny, n’est en rien celui d’une midinette&nbsp;: la petite sirène ne souffre pas pour l’amour d’un homme, encore moins d’un prince&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario tend et détend les situations, jusqu’à un boat movie improbable et joyeux. Les réalisatrices s’attachent aux personnages secondaires, cabossés et généreux. Et font de leur héroïne, incarnée avec punch par la comédienne Aloïse Sauvage &#8211; artiste pluridisciplinaire, chanteuse, musicienne, parolière, danseuse, formée aux arts du cirque, une sirène féministe des plus convaincantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Miss Mermaid de <strong>Pauline Brunner</strong> et <strong>Marion Verlé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie&nbsp;: 1er juilllet 2026</p>
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		<title>ENTRONCAMENTO : Les yeux de Laura</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 08:14:34 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Entroncamendo est une toute petite ville du centre du Portugal à la croisée de deux lignes ferroviaires où les anciennes communautés ouvrières du chemin de fer ont vu arriver d’autres populations fuyant la cherté de Lisbonne. Le réalisateur y a grandi&nbsp;; il en fait le cadre et le substrat de son deuxième long métrage. Un lieu clos de tragédie où on n’échappe pas à son destin. Où s’exacerbent les tensions entre Portugais et Gitans – une guerre entre pauvres attisée par une extrême droite conquérante. Où les rivalités commerciales entre dealeurs se règlent à l’arme blanche, au coup de poing ou de feu. Et où, surtout, triomphent le conservatisme, les préjugés racistes, la misogynie, la masculinité toxique de gros durs sans cervelle. C’est là qu’arrive Laura (<strong>Ana Vilaça</strong>). Visage rond, moue boudeuse, un sourcil coupé et des yeux qui semblent en avoir trop vu. Une maturité qui lui fait voir les mâles du cru, tels qu’ils sont&nbsp;: des gosses inconséquents. Peu de mots. Pas d’effusions. Laura pratique la boxe et ne s’en laisse pas conter. Des ecchymoses sur le corps, entr’aperçues au miroir, laissent imaginer la violence récente qu’elle fuit. Elle est accueillie par son cousin Bruno ( <strong>Sergio Coragem</strong>), père d’une fillette, et séparé de la mère de l’enfant, Nadia ( <strong>Cleo Diára</strong>), une «&nbsp;Noire&nbsp;» qui s’est «&nbsp;mise&nbsp;» avec un Gitan, Gilinho (<strong>Henrique Barbosa</strong>). Le couple est ostracisé par le quartier tout entier, rejeté par leur propre famille. Nadia et Laura se rapprocheront inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la cité, tous dealent hasch ou coke. Cash compté à l’euro près, comptes-rendus aux boss et règlements de compte quand le compte n’y est pas. «&nbsp;<em>Tout est permis/La loi de la</em> <em>rue/une lame sur la nuque</em>&nbsp;» rapent les jeunes du quartier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laura essaie un travail « honnête » : magasinière dans un supermarché pour 450 € par mois. Bien vite elle rejoindra le trafic de la dope.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Immersion et distanciation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce sujet exploré par nombre de documentaires et de fictions, le jeune réalisateur de 33 ans, assume ses références&nbsp;: &nbsp;<em>Le Prophète</em> de Jacques Audiard, le <em>Shéhérazade</em> de Jean-Bernard Marlin, les plans de Cristian Mungiu et le cinéma guérilla, caméra à l’épaule, laissant une part d’improvisation. Il y apporte son expérience et sa singularité&nbsp;: <em>Entroncamendo</em> est un film de gangsters, sociologique et féministe, qui joue à la fois de l’immersion documentaire et de la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plongée dans la vie du quartier et de cette jeunesse portugaise se fait par le choix du&nbsp; casting mêlant pros et non pros, par la multiplication des trajectoires des personnages, par le réalisme des conversations ordinaires de bistrot ou de discothèque, xénophobes et sexistes. Le réalisateur précise que la présence de gitans sur les plateaux a dû parfois être cachée pour obtenir les autorisations du tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville se découvre surtout grâce à Laura, venue de l’extérieur. La mise en scène travaille les cadrages, fenêtres ou portes, dans des espaces resserrés. Ou ouvre la nuit interlope aux lumières diffuses. Beau travail de la chef op <strong>Leonor Teles</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend la musique des quartiers&nbsp;: techno, rap et morceaux populaires mais c’est Debussy qui accompagne la jeune femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entroncamento</em> de <strong>Pedro Cabeleira</strong> en salle le 1<sup>er</sup> juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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