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	<title>Elise Padovani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Elise Padovani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, Abu Bakr Shawky, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984. Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, <strong>Abu Bakr Shawky</strong>, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une légende se tissant avec celle des grands événements politiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire</em> est celle d’un microcosme. Elle commence en 1967. Dans un quartier populaire du Caire. L’été. Il fait chaud. Ahmed (<strong>Amir El-Masry</strong>) joue sur un vieux piano. Le voisin du dessus frappe le sol pour manifester son mécontentement. Le lustre se balance, les murs tremblent. Dehors des supporters de foot cherchent la bagarre. On s’invective d’un balcon à l’autre. Le chaos de la rue prolonge celui des intérieurs étroits. On reçoit les oncles, les voisins. A la télé, toujours allumée, outil de propagande gouvernementale, Nasser Hussein parle de la «&nbsp;grande nation arabe&nbsp;». Le barrage d’Assouan se construit. Les hommes regardent les matchs de football, en respectant, par superstition, une place attitrée dans l’exigu salon. Le verbe est haut. On rit. On râle. Tout le monde se connaît et s’engueule. Chacun tient son rôle. Le père d’Ahmed, Ragheb (<strong>Ahmed Kamal</strong>), modeste fonctionnaire plante des arbres dans le désert et s’est peut-être compromis en prononçant à la télé le mot tabou de corruption. Sa mère Fairouz (<strong>Nelly Karim</strong>), s’occupe du foyer et de sa gazinière récalcitrante, elle est enceinte d’un quatrième fils qui naîtra le jour de la défaite de la guerre des six jours. Son frère jumeau Hassan ( <strong>Ahmed El Azaar</strong>) ne lui ressemble pas&nbsp;; on le surnomme «&nbsp;Hasanov&nbsp;» parce qu’il aime l’URSS et apprend le russe&nbsp;; il attend, inquiet, sa mobilisation pour partir à la guerre. Le cadet Sharaf (<strong>Khalid Mokhtar</strong>), peu doué pour le foot, est fan de ce sport et du club de Zamalek .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed rêve de devenir concertiste et correspond avec Elisabeth (<strong>Valérie Pachner</strong>), une jeune autrichienne. Muni d’une bourse, il ira à Vienne en 1973 la rencontrer. Un amour jugé impossible par le père autrichien, entre «&nbsp;un poisson et un oiseau&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le maëlstrom politique qui verra la démission d’Hussein, les émeutes contre les réformes libérales, l’assassinat d’El-Sadate en 81, et le début de l’ère Moubarak. Malgré les drames personnels, le deuil d’un frère soldat, la séparation, la concurrence de Sham (<strong>Karim Kassem</strong>) pianiste arriviste piétinant l’honnêteté d’Ahmed, cet amour-là tiendra avec ses rêves «&nbsp;parce qu’il n’est jamais trop tard.&nbsp;» Pour vivre un concert d’Ahmed radiodiffusé et la victoire du football égyptien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chapitrée en cinq volets, ces chroniques suivent au plus près des gens attachants que le réalisateur regarde avec une tendresse communicative. Les rides se creusent, la calvitie gagne. La télé prend des couleurs. La vie et la mort vont. On pense aux mélodrames égyptiens des années 50-60, à la comédie populaire italienne, parfois même à Pagnol pour les personnages typés, hauts en couleur, à la fois extravertis et pudiques. Un cinéma populaire sans que l’adjectif soit péjoratif, avec ces lieux communs du sentiment où chacun finalement se retrouve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire, Chroniques du Caire</em> de <strong>Abu Bakr Shawky</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En salle le 1<sup>er</sup> juillet</strong></p>
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		<title>Miss Mermaid, crevettes et paillettes</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 06:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pauline Brunner est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest. Marion Verlé, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&#160;: Miss Mermaid. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Brunner</strong> est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marion Verlé</strong>, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&nbsp;: <em>Miss Mermaid. </em>L’histoire incroyable mais vraie de la cousine de Pauline, Alexia, femme de ménage à Fécamp. Contre une condition qui l’assigne à une vie grise et normée et malgré ceux qui la jugent «&nbsp;excentrique&nbsp;», la trentenaire s’entraîne dur pour devenir une sirène professionnelle et participer au concours de Miss Sirène France. Ce sujet, traité dans la lignée de la célèbre émission Strip-tease devient en 2025, le premier long métrage de fiction de Pauline et Marion. Elles reprennent tous les éléments du documentaire source mais le développent en comédie sociale populaire et poétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est au Havre. C’est la fête carnavalesque du hareng, jeux de foire lourdingues comme deviner le nombre de harengs nécessaires pour arriver au poids de la grosse Barbara, beuveries et chants folkloriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des amies se retrouvent pour un enterrement de vie de jeune fille. Autour de la promise : une femme enceinte, une mère de trois bambins, et Fanny, s’autorisant dans leur quotidien, l’ivresse d’un soir. Fanny (<strong>Aloïse Sauvage</strong>) divorce et ne croit plus trop à la conjugalité comme accomplissement d’une vie de femme. Plus en colère que triste. Elle vit chez ses parents, travaille la nuit dans une usine de crevettes. C’est dégueulasse, pas suffisamment payé pour rembourser ses dettes. Quand elle découvre par hasard à la télé, l’interview d’une sirène professionnelle, Anémone (<strong>Alison Wheeler</strong>), la voilà qui se prend à rêver. Pourquoi ne ferait-elle pas comme elle ? Elle suit alors assidûment les tutos de la star des bassins sur le Net.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Boat movie solidaire</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un concours doit se tenir à Bilbao. Aidée par Paulette (<strong>Annie Mercier</strong>) une collègue de travail, ayant passé l’âge de la retraite depuis longtemps, et par Martin (<strong>Thomas VDB</strong>), un marin pêcheur en lutte contre la pratique industrielle du métier, engagé à l’usine après avoir perdu son permis de pêche, Fanny va acheter une queue écaillée à crédit, tourner des vidéos You tube et suivre un entraînement sportif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trio solidaire est tour à tour émouvant et ridicule, uni dans ce rêve qui, dans un contexte économique et social impitoyable, fait exploser la réalité triviale, et ouvre les possibles. On passe de la saleté d’un appartement à récurer aux ondulations gracieuses des corps immergés parmi les poissons. Des charlottes de protection de l’usine aux couronnes fleuries et aux sequins chatoyants. Le rêve de Fanny, n’est en rien celui d’une midinette&nbsp;: la petite sirène ne souffre pas pour l’amour d’un homme, encore moins d’un prince&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario tend et détend les situations, jusqu’à un boat movie improbable et joyeux. Les réalisatrices s’attachent aux personnages secondaires, cabossés et généreux. Et font de leur héroïne, incarnée avec punch par la comédienne Aloïse Sauvage &#8211; artiste pluridisciplinaire, chanteuse, musicienne, parolière, danseuse, formée aux arts du cirque, une sirène féministe des plus convaincantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Miss Mermaid de <strong>Pauline Brunner</strong> et <strong>Marion Verlé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie&nbsp;: 1er juilllet 2026</p>
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		<title>ENTRONCAMENTO : Les yeux de Laura</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 08:14:34 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Entroncamendo est une toute petite ville du centre du Portugal à la croisée de deux lignes ferroviaires où les anciennes communautés ouvrières du chemin de fer ont vu arriver d’autres populations fuyant la cherté de Lisbonne. Le réalisateur y a grandi&nbsp;; il en fait le cadre et le substrat de son deuxième long métrage. Un lieu clos de tragédie où on n’échappe pas à son destin. Où s’exacerbent les tensions entre Portugais et Gitans – une guerre entre pauvres attisée par une extrême droite conquérante. Où les rivalités commerciales entre dealeurs se règlent à l’arme blanche, au coup de poing ou de feu. Et où, surtout, triomphent le conservatisme, les préjugés racistes, la misogynie, la masculinité toxique de gros durs sans cervelle. C’est là qu’arrive Laura (<strong>Ana Vilaça</strong>). Visage rond, moue boudeuse, un sourcil coupé et des yeux qui semblent en avoir trop vu. Une maturité qui lui fait voir les mâles du cru, tels qu’ils sont&nbsp;: des gosses inconséquents. Peu de mots. Pas d’effusions. Laura pratique la boxe et ne s’en laisse pas conter. Des ecchymoses sur le corps, entr’aperçues au miroir, laissent imaginer la violence récente qu’elle fuit. Elle est accueillie par son cousin Bruno ( <strong>Sergio Coragem</strong>), père d’une fillette, et séparé de la mère de l’enfant, Nadia ( <strong>Cleo Diára</strong>), une «&nbsp;Noire&nbsp;» qui s’est «&nbsp;mise&nbsp;» avec un Gitan, Gilinho (<strong>Henrique Barbosa</strong>). Le couple est ostracisé par le quartier tout entier, rejeté par leur propre famille. Nadia et Laura se rapprocheront inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la cité, tous dealent hasch ou coke. Cash compté à l’euro près, comptes-rendus aux boss et règlements de compte quand le compte n’y est pas. «&nbsp;<em>Tout est permis/La loi de la</em> <em>rue/une lame sur la nuque</em>&nbsp;» rapent les jeunes du quartier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laura essaie un travail « honnête » : magasinière dans un supermarché pour 450 € par mois. Bien vite elle rejoindra le trafic de la dope.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Immersion et distanciation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce sujet exploré par nombre de documentaires et de fictions, le jeune réalisateur de 33 ans, assume ses références&nbsp;: &nbsp;<em>Le Prophète</em> de Jacques Audiard, le <em>Shéhérazade</em> de Jean-Bernard Marlin, les plans de Cristian Mungiu et le cinéma guérilla, caméra à l’épaule, laissant une part d’improvisation. Il y apporte son expérience et sa singularité&nbsp;: <em>Entroncamendo</em> est un film de gangsters, sociologique et féministe, qui joue à la fois de l’immersion documentaire et de la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plongée dans la vie du quartier et de cette jeunesse portugaise se fait par le choix du&nbsp; casting mêlant pros et non pros, par la multiplication des trajectoires des personnages, par le réalisme des conversations ordinaires de bistrot ou de discothèque, xénophobes et sexistes. Le réalisateur précise que la présence de gitans sur les plateaux a dû parfois être cachée pour obtenir les autorisations du tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville se découvre surtout grâce à Laura, venue de l’extérieur. La mise en scène travaille les cadrages, fenêtres ou portes, dans des espaces resserrés. Ou ouvre la nuit interlope aux lumières diffuses. Beau travail de la chef op <strong>Leonor Teles</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend la musique des quartiers&nbsp;: techno, rap et morceaux populaires mais c’est Debussy qui accompagne la jeune femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entroncamento</em> de <strong>Pedro Cabeleira</strong> en salle le 1<sup>er</sup> juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Seuls les Rebelles gagnent : romance dans l&#8217;entre-deux</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Six ans après Une Passion Simple, adapté du roman d’Annie Ernaux, la réalisatrice française invente une histoire d’amour et propose un film politique en résonance avec nos temps troublés par les haines. L’action se passe à Beyrouth. Impossible de tourner dans ce pays dont le sud est bombardé par Israël. Impossible pour la réalisatrice de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Six ans après <em>Une Passion Simple</em>, adapté du roman d’Annie Ernaux, la réalisatrice française invente une histoire d’amour et propose un film politique en résonance avec nos temps troublés par les haines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’action se passe à Beyrouth. Impossible de tourner dans ce pays dont le sud est bombardé par Israël. Impossible pour la réalisatrice de créer un Liban de carton. Elle imagine alors un dispositif spécifique&nbsp;: les lieux sont filmés par une équipe sur place qu’elle dirige depuis Paris. Ces images rétroprojetées se combineront dans le plan, aux images réelles. Joli travail opéré avec la directrice de la photo <strong>Céline Bozon</strong> qui rend tangible la fragilité d’une ville que la réalisatrice craint de voir disparaître. Un artifice du cinéma ancien qui donne écrin au mélodrame façon Douglas Sirk.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suzanne (incarnée magistralement par <strong>Hiam Abbass</strong>) est une Palestinienne installée depuis longtemps à Beyrouth. Elle est veuve, a deux enfants adultes et un petit-fils. Chrétienne, intégrée dans la société libanaise mais toujours dans le no man land de l’exil. Entre son pays d’origine et celui où elle a dû faire sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Osmane (<strong>Mohamat Amine Benrachid</strong>) est un émigré soudanais sans papier, qui veut gagner l’Europe. En transit, entre le pays qu’il fuit et celui qu’il espère. La rencontre de ces deux-là, est de hasard et de nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle le défend alors qu’il est agressé dans la rue. Scène ordinaire d’un racisme endémique, filmée en musique et en très gros plans dans une chorégraphie qui refuse le réalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suzanne a plus de 60 ans, il en a 27. Une histoire d’amour naît entre eux. Le jeune Africain s’installe chez elle au grand dam de ses voisins et de ses enfants. Pourtant jamais il ne profitera d’elle qui retrouvera par lui, sa rébellion originelle, constitutive de son histoire. Contre l’ostracisme, les préjugés, la mesquinerie, la bêtise. Contre l’obscurantisme d’une société libanaise fermée, les amants tissent une relation complexe et solaire, dansent sur l’abîme que promettent les informations à la télévision. «&nbsp;Un jour, tu ris, un jour tu pleures/ Un jour tu ris, un jour tu meurs&nbsp;» chante Julios Iglésias</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Danielle Arbid, peu importe que cet amour soit improbable. C’est sur une dualité, conflictuelle ou fusionnelle, que se construit son film auquel elle refuse un épilogue, heureux ou malheureux, le laissant en suspens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Seuls les Rebelles gagnent </em>de <strong>Danielle Arbid</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 24 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Fraises et cerises</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:13:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Très gros plans sur un vinyle qui tourne, sur une feuille de cannabis dessinée sur un mug et des mains tavelées. Un casque, un micro, le visage tanné de <strong>Philippe Rebbot</strong>. On est dans un studio radiophonique. Ambiance feutrée, intime, jazzy, le medium grave de la voix de l’acteur raconte l’origine.&nbsp;Serge Pomalovski qui ressemblait à Don Quichotte, a rencontré des années auparavant Jeanne Bergère, pourfendeuse d’injustices, guerrière comme Jeanne d’Arc, mais ni pucelle, ni royaliste. Elle a donné un micro à Serge qui ne l’a plus quitté. Amour fondateur, disparu mais qui sourit encore sur la photo, incarné par la jeune <strong>Ariane Ascaride </strong>en égérie des luttes. Pourtant les haut-parleurs diffusent le message&nbsp;: «&nbsp;<em>Aujourd’hui, pas de météo&nbsp;: tout est gris, tout est noir au camping</em> <em>Le temps des Cerises&nbsp;»</em>. On est en juin mais le printemps des utopies a du plomb dans l’aile. Les seuls auditeurs de cette radio libre très très locale, abritée dans un petit bungalow délabré, sont les six résidents à l’année qui vont être expulsés. Le lieu, niché en montagne près d’un lac idyllique va fermer pour laisser place à une base nautique de loisirs. Les activistes cagoulés en mode FNLC auprès desquels Serge, guidé par un drone diffusant tour à tour l’Internationale et la chevauchée des Walkyries, cherche de l’aide, le renvoient à sa ringardise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est dans un monde clos, à la marge, quoiqu’hétéronormé. Les personnages sont&nbsp; précaires,&nbsp;fragiles et attachants : il y a le jeune Manu (<strong>Quentin Dolmaire</strong>) qui construit sa cabane en lisant <em>La vie dans les bois</em> d’Henri Thoreau. Lana del Vélo (<strong>Kim Higelin</strong>) la nomade qui «&nbsp;<em>a quitté le troupeau&nbsp;»</em> et dont Manu tombe amoureux comme autrefois Serge de Jeanne. Il y a Léa (<strong>Estelle Meyer</strong>) auxiliaire de vie dans un ehpad, enceinte de son compagnon Karim (<strong>Oussama Kheddam</strong>), un homme angoissé, passionné de biologie végétale qui ramasse les poubelles avec Raymond (<strong>Grégory Montel</strong>). Il y a surtout Jocelyne (excellente <strong>Florence Loiret-Caille</strong>), manutentionnaire dans une supérette, qui traîne sa jambe comme ses désillusions, et dont le cœur se voudrait de pierre face au tendre Raymond, «&nbsp;l’homme-camion&nbsp;», ancien humoriste, transi d’amour pour elle. Ce cœur qui fait boum boum et dont le battement se slamera triomphalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les chevaliers des ondes</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;A défaut de changer la société, ces personnages dans leur routine construisent un collectif, et dans l’adversité, retrouvent la force et la fierté d’être «&nbsp;les chevaliers des ondes&nbsp;» -plutôt positives et résolument libres. Leur choral se structure en chapitres, flanqués d’un prologue et d’un épilogue. Comme les différents morceaux d’un album. Les séquences se suivent, se superposent, patinent à l’instar des discours de vœux des présidents de la République successifs, vendus en DVD au supermarché. On revient en arrière. On mixe. Les dialogues au lyrisme assumé se font drôles, émouvants, décalés. Le réalisateur réinterprète la comédie romantique avec inventivité et espièglerie. S’aventure dans un <em>La La Land</em> en réfectoire. Son naturalisme social se mâtine de poésie, d’onirisme, d’un surréalisme d’irruptions incongrues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie ici n’est pas réactionnaire. Elle ouvre sur des utopies renouvelées. Le titre, hommage ouvert à l’inoubliable et étrange chanson de <strong>John Lennon</strong> <em>Strawberry Fields Forever,</em> célèbre la force de l’imagination et son éternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un Champ de fraises pour l&rsquo;éternité</em> d&rsquo; <strong>Alain Raoust</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 1er juillet</p>
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		<title>Nightborn (YÖN LAPSI) : Lorsque l&#8217;enfant paraît</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:12:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Saga (<strong>Seidi Haarla</strong>) et son mari Jon (<strong>Rupert Grint</strong>) arrivent par une route de terre à une maison abandonnée au cœur d’une forêt nordique&nbsp;: il est anglais, elle est finlandaise et enceinte. <em>Fuck London</em>&nbsp;! ils ont décidé de fonder leur foyer là, en harmonie avec la nature. De construire une famille parfaite. Saga rêve d’avoir un enfant aussi adorable que sa nièce si blonde et si angélique. «&nbsp;<em>Tu es trop romantique&nbsp;</em>» ironisera la mère de Saga, aussi peu maternelle que possible et peu disposée à jouer la grand-mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les désirs normés de Saga virent au cauchemar. Le bébé naît en la déchirant, se montre agressif, suce le sang de ses seins, produit des sons gutturaux, pleure à la lumière… Il est laid et poilu. La réalisatrice se garde longtemps de le montrer de face mais on perçoit la surprise gênée de la famille et des amis venus célébrer la naissance. Tous font comme si de rien n’était.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour expliquer le comportement de plus en plus étrange de Saga et de son fils, ils se réfèrent à la dépression postpartum &#8211; car «&nbsp;<em>c’est toujours la faute de la mère&nbsp;</em>». Jon pourtant bienveillant craque. Le couple se défait. Et Saga se retrouve seule pour affronter la monstruosité de ce petit troll que la forêt environnante protège comme son fils.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;Né de la Nuit</em> est un film de «&nbsp;mauvais genre&nbsp;» non dénué d’humour noir. Le sang gicle sur les visages, la viande se dévore crue. Le monde «&nbsp;civilisé&nbsp;» est pulvérisé par les forces occultes de la forêt. La maison, qui se transforme au fil des étapes du drame, et la chambre d’enfant «&nbsp;idéale&nbsp;», explosent. La peau de Saga se fait écorce. Les racines des arbres reprennent possession des lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Horreur, gore et fantastique dynamitent les repères rationnels. Les contes de Grimm et d’Andersen ne sont jamais loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <em>Nightborn</em>, c’est surtout une fable sur la maternité, sur la pression sociale que subit une néo-mère, sur la complexité de ses sentiments pour son bébé. Un être tiers qui déstabilise les relations du couple, un « <em>étranger qui vient de l’intérieur&nbsp;</em>», un être nouveau qui ne répond pas forcément aux attentes de ses parents et qu’on apprend peu à peu à connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né de la nuit de <strong>Hanna Bergholm</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En compétition officielle à la 76è Berlinale</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 17 juin 2026</p>
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		<title>L’Etrangère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 13:44:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. L’Etrangère &#160;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (Zar Amir Ebrahimi ), une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. <em>L’Etrangère </em>&nbsp;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (<strong>Zar Amir Ebrahimi</strong> ), une Syrienne qui fuit le régime de Bachar al-Assad, laissant derrière elle, un mari dont elle n’a plus de nouvelles depuis son arrestation par les sbires du régime, sa mère et son petit garçon, Rami.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrêtée en Hongrie, Selma devrait selon les accords européens y rester. Mais professeur de français, elle a choisi la France. La voilà sans papier, cumulant les boulots non déclarés, à la plonge dans un resto bordelais, femme de ménage dans des bureaux, hébergée par des compatriotes qui la protègent autant qu’ils la surveillent. Étrangère, illégale, invisibilisée mais ne perdant jamais espoir. Déterminée à régulariser sa situation, à faire venir son fils auquel elle téléphone tous les jours, elle se soumet à des procédures que là encore les cinéastes nous ont rendu familières. La réalisatrice se démarquera de ces récits en traitant son sujet comme un mélodrame, une tragédie romantique et un parcours d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selma rencontre Jérôme (<strong>Alexis Manenti</strong>), un avocat installé dans une confortable conjugalité bourgeoise qui ne le satisfait plus. Entre eux, naît un amour impossible, mais libérateur pour les deux. Se donner l’espace de vivre. S’autoriser le bonheur. Ou comme le mari de Selma (<strong>Amr Waked</strong>) revenu des terribles geôles syriennes, le soulagement coupable devant la mort d’un codétenu parce qu’il laisse plus de place pour déplier ses jambes. Le film explore le sentiment de l’exil, met en scène avec délicatesse et pudeur le déchirement de Selma entre son passé et son avenir, son mari et son amant. Une des plus belles scènes du film les met tous trois en présence. Sans éclat, par le truchement d’une traduction inutile, assurée par Selma, le mari entre arabe et anglais, malgré sa détresse, justifie au-delà de la culpabilité, ce besoin légitime de respirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Film pudique, délicat servi avec intelligence par la musique originale de <strong>Valentin Hadjadj</strong>, qui épouse le rythme de la narration et se glisse dans ses silences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exil suppose un déplacement physique mais aussi un déplacement mental et émotionnel. Pour aller de l’avant, c’est sans doute Rami qui a la bonne solution. Il a laissé à Damas bombardé, Nani, l’ami imaginaire qui l’aidait à supporter confinement et solitude. A sa mère qui lui demande pourquoi il ne l’a pas emmené avec lui, Rami répond que Nani est mort sous les décombres du quartier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film en compétition officielle a été présenté le 2 avril 2026 au cinéma Artplexe en présence de <strong>Gaya Jiji</strong> et de <strong>Valentin Hadjadj</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 17 juin</p>
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		<title>COCOTTE, les tribulations d’une poule en Grèce</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout est affaire de point de vue et pourquoi ne pas adopter celui d’un animal pour regarder le monde sous un autre&#160;angle ? Le Polonais Jerzy Skolimowski l’avait fait avec un âne (EO, 2022), dans Cocotte, le Hongrois György Pálfi le fait avec une poule&#160;! Gros plan sur un cloaque en pleine action de ponte [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Tout est affaire de point de vue et pourquoi ne pas adopter celui d’un animal pour regarder le monde sous un autre&nbsp;angle ? Le Polonais <strong>Jerzy Skolimowski</strong> l’avait fait avec un âne (<em>EO</em>, 2022), dans <em>Cocotte</em>, le Hongrois <strong>György Pálfi</strong> le fait avec une poule&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gros plan sur un cloaque en pleine action de ponte et d’expulsion d’un œuf&nbsp;: le film commence par une «&nbsp;origine du monde&nbsp;», version gallinacée. Puis, élargissant les plans, révèle un élevage industriel&nbsp;intensif : poules pondeuses immobilisées et encagées, milliers d’œufs puis de poussins entraînés sur des tapis roulants, dans des rouages, façon Charlot dans <em>Les Temps Modernes</em>. Images organiques contre univers mécanique. Serions-nous dans un documentaire dénonçant la souffrance animale&nbsp;? Que nenni&nbsp;! Dans l’uniformisation jaune de la masse, un poussin noir se différencie. Il devient une belle poule de même couleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre héroïne sera incarnée par huit spécimens différents – en raison des impératifs du tournage, dont <strong>Feri,</strong> l’Intrépide, <strong>Anett,</strong> l’Imperturbable et <strong>Nóra</strong>, l’Expressive. Vraies stars, plumage sombre soyeux, yeux d’or énigmatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cocotte, éprise de liberté, obsédée par la volonté de couver les œufs qu’on lui vole, échappe à son destin funeste dans des tribulations qui rejoignent les codes du polar – poursuites et suspense à la clé, du burlesque dans l’enchaînement gaguesque de ses sauvetages miraculeux successifs. A hauteur d’yeux de poule, le monde des hommes se dessine. On est en Grèce, sur une côte sauvage, dans une maison-ferme isolée. Un vieil homme l’a recueillie et enfermée dans son poulailler où l’attendent des congénères hostiles au cou déplumé et un vieux coq dominant. Le Grec propriétaire des lieux, veut ouvrir un restaurant sur le site. Il est flanqué, pour son malheur d’une petite-fille figée devant la télé, d’une fille soumise à la violence d’un compagnon qui se sert de l’endroit pour ses trafics illégaux. Ce gendre stupide s’est accoquiné avec de très méchants mafieux impliqués dans le trafic des Migrants clandestins, pas mieux traités que la volaille. Notre poule, s’évadant tous les jours de son enclos, y mettra le bec, et les pattes dans le plat, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que son règne de poule-mère arrive, sur le cadavre des rêves humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Œufs brouillés</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cocotte n’est pas une fable, ne propose aucune morale. Pas un cartoon anthropomorphique non plus. Le défi de faire jouer et cascader de vrais animaux est totalement réussi. Comédie espiègle utilisant la musique en commentaire décalé et humoristique, tragédie par moments, et même love story avec un nouveau coq tout fringuant, le film omnivore comme les poules, picore à droite et à gauche, échappant à toute catégorisation. Les genres et les tonalités coexistent comme les espèces, les éléments et les regards.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cocotte </em>de <strong>György Pálfi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Paname Distribution</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En salle le 27 mai</strong></p>
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		<title>Le Pont : Trois jeunes et un ballot</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ du scénario est un «&nbsp;classique&nbsp;». Un quidam désargenté, plutôt honnête et sans histoire, découvre par hasard un pactole. Il cède à la tentation, le garde pour lui. Et le voilà en butte à de vrais ennuis, comme dans le génial <em>No country for old man</em> des frères Coen. La comédie de <strong>Walid Mattar</strong> ne sera pas aussi sanglante ni aussi grinçante que celle des Américains mais ses protagonistes après avoir cru échapper à leur condition misérable en découvrant 10 kilos de cocaïne, y seront brutalement ramenés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est à Tunis. Foued (<strong>Mohamed Amine Hamzaoui</strong>) est un photographe, vidéaste qui rêve de reconnaissance. Tita (<strong>Seifeddine Omrane</strong>), un vendeur de téléphones qui vit chez sa mère, fait du rap, rêve de gloire. Safa ( <strong>Sarra Hannachi</strong>), une étudiante instagrameuse qui voudrait créer et vendre des bijoux. Chacun galère par manque d’argent. Les voilà réunis sur un terrain vague pour le tournage d’un clip commandé par Tita. Foued filme, Safa, engagée comme comédienne, se perche sur une voiture de sport rouge et Tita chante la rébellion de Pablo Escobar. La scène suivante aurait dû se tourner sur un yacht, une modeste barque fera l’affaire. Mais voilà qu’un ballot de drogue frappe la coque comme le destin. Les jeunes gens n’hésitent pas longtemps et décident de garder la précieuse marchandise. Hélas, ils n’ont aucun réseau et on ne s’improvise pas dealer. Safa écoule la poudre, par petites doses, en boîte de nuit, de l’autre côté du Pont Radès dans les quartiers rupins. Le trio inexpérimenté va se faire racketter par la femme de ménage et le videur de l’établissement, gangsters improvisés, tout aussi losers qu’eux. Et rien ne se passera comme ils l’avaient imaginé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Une jeunesse abandonnée</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">On est à la fois dans une satire sociale, une comédie de mœurs et de caractère. Tita, le vrai pleutre et le faux dur. Foued, l’artiste idéaliste qui fourre son nez dans la poudre. Safa, la fonceuse, impudente et imprudente. Tous trois happés par la mécanique de l’échec. Naïfs et attachants. La tendresse que leur porte le réalisateur est communicative. Sur fond d’une Tunisie minée par la corruption et les inégalités sociales, ils représentent une jeunesse tunisienne frustrée, facilement sensible aux miroirs aux alouettes du capitalisme mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une jeunesse abandonnée dont l’énergie, l’imagination sont gâchées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le hip hop de la&nbsp; B.O, composée par <strong>Mohamed Amine Hamzaoui</strong> et <strong>Nejm Eddine Jelassi</strong>, traduit ce potentiel perdu et une colère latente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Foued filme au début et à la fin des chiens errants comme le symbole d’un abandon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pont est ce qui relie et sépare les quartiers riches des quartiers pauvres où nos dealers amateurs vivent. «&nbsp;<em>La classe moyenne est en train de disparaître, dit Walid Mattar, nous vivons dans une société de plus en plus polarisée, où les jeunes, bombardés par les images de richesse sur les réseaux sociaux, veulent tout obtenir rapidement, parfois au prix de leurs principes et valeurs</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Pont de <strong>Walid Mattar</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Prix du Meilleur Long métrage aux Journées Cinématographiques de Carthage 2024</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Prix du Jury Jeunes au Festival du Film Arabe de Fameck 2025</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salles le 27 mai</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les Goûteuses d&#8217;Hitler : Sept femmes à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Prusse Orientale. Novembre 1943. L’Allemagne est en train de perdre la guerre. Rosa arrive épuisée, affamée, dans la ferme de ses beaux-parents et s’effondre dans les bras de sa belle-mère. Sur les conseils de son mari Gregor qui se bat sur le front russe, elle a quitté Berlin, bombardée par les Alliés. A la campagne, on mange encore à sa faim, malgré les réquisitions de l’armée qui occupe toutes les forêts environnantes. En effet, le village est voisin d’un des QG d’Adolf Hitler&nbsp;: la Wolfsschanze (la Tanière du Loup). Le führer y séjourne très souvent dans ces années-là. Comme tous les autocrates, il craint pour sa vie et dans le sillage des empereurs romains ou de son nouvel ennemi Staline, il redoute l’empoisonnement. Des femmes allemandes du coin vont être «&nbsp;recrutées&nbsp;», sans leur consentement, pour goûter tous les plats qui lui sont servis. Rosa (<strong>Elisa Schlott</strong>) sera l’une d’elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet épisode méconnu a été révélé en 2012 par une des goûteuses d’Hitler, âgée alors de 95 ans&nbsp;: <strong>Margot Woelk,</strong> seule survivante de la guerre. <strong>Rosella Posterino</strong> en a fait un roman. De ce roman <strong>Silvio Sordini</strong> a fait un film. Une fiction historique, donc. Colorée par <strong>Renato Berta</strong> en bleu, gris et brun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film suivra chronologiquement l’expérience traumatisante de ces femmes, de saison en saison, pendant deux ans jusqu’à la débâcle et la retraite allemande face aux Soviétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vraies goûteuses étaient 15. Le réalisateur limite son groupe à 7. Augustine (<strong>Thea Rashe</strong>), Heike (<strong>Olga Von Luckwald</strong>), Leni (<strong>Emma Falk</strong>), Sabine (<strong>Kriemhild Hamann</strong>), Ulla (<strong>Berit Vander</strong>), Elfriede (<strong>Alma Hasun</strong>), Rosa. Ce sont des femmes seules du coin. Sauf Rosa, surnommée avec mépris «&nbsp;la Berlinoise&nbsp;». Veuves de guerre, ou en sursis de l’être, mères de famille privées du père de leurs enfants, jeune fille rêvant d’un mari, célibataire nièce de pasteur, jeune fanatique nazie… Chacune a sa personnalité, et une façon différente de s’adapter à la situation. Entre elles, naissent dissensions, jalousies et amitié. Elles se rejoignent dans cette condition féminine où leur corps ne leur appartient pas&nbsp;: sacrificiel pour leur führer qui en fait des «&nbsp;rats de laboratoire&nbsp;», objet de désir ou procréateur patriotique. Dans la scène récurrente&nbsp;des repas, autour d’une table nappée de blanc, présidée par le chef cuistot qui commente ses préparations sophistiquées et les goûts culinaires d’Hitler, végétarien et amateur de desserts, elles partagent la même peur, entourées de soldats prêts à leur tirer une balle dans la tête si elles refusent de manger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le Mal et ses</strong></mark> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">frontières </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne verra rien de la guerre. On ne verra d’Hitler, que le portrait encadré au mur de la salle à manger de la ferme, et une image de dos, de loin. Comme dans <em>La Zone d’Intérêt</em> de <strong>Jonathan Glazer</strong>, le Mal est là, sans être directement représenté. Dans les faits et les esprits : la propagande radiophonique qui nie la réalité, les camps d’extermination, la suspicion, la délation, la traque des juifs et des avorteuses. Le récit se fait du point de vue de Rosa, l’«Etrangère&nbsp;», venue de la Capitale, vêtue de robes trop élégantes. Le scénario en fait un personnage positif et trouble, faible et fort, perdant peu à peu l’espoir et gagnant en conscience. Se détachant peu à peu d’un mari dont il ne lui reste que quelques photographies, de maigres souvenirs, une voix off, et des lettres. La liaison consentie et secrète qu’elle entretient avec le lieutenant SS Ziegler (<strong>Max Riemelt)</strong> -surnommé à juste titre par ses amies «&nbsp;le Salaud&nbsp;», interroge. Sa naïveté face aux crimes nazis aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De belle facture classique, le film semble parfois se disperser et céder au romanesque, avec une demi-rédemption du Méchant en final. Mais plus que la fascinante fiction et sa signification symbolique, ce qui mérite d’être retenu ici, c’est la question de la participation ou de la résistance à un régime auquel on appartient de gré ou de force. Une question toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 20 mai 2026</p>
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