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	<title>Isabelle Rainaldi, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Isabelle Rainaldi, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Un soleil pop à Porquerolles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 07:50:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’exposition estivale Sea, Pop and Sun est consacrée au pop art, mouvement dont les figures tutélaires, Roy Lichtenstein et Andy Warhol, appartiennent depuis longtemps à l’imaginaire collectif. Mais à Porquerolles, la proposition des curateur·ices va au-delà de ces deux figures tutélaires en convoquant notamment des artistes féminines qui donnent une tournure plus politique aux œuvres [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’exposition estivale <em>Sea, Pop and Sun</em> est consacrée au pop art, mouvement dont les figures tutélaires, <strong>Roy Lichtenstein</strong> et <strong>Andy Warhol</strong>, appartiennent depuis longtemps à l’imaginaire collectif. Mais à Porquerolles, la proposition des curateur·ices va au-delà de ces deux figures tutélaires en convoquant notamment des artistes féminines qui donnent une tournure plus politique aux œuvres présentées. La scénographie se décline en trois parties : «&nbsp;Sea&nbsp;», «&nbsp;Pop&nbsp;» et «&nbsp;Sun&nbsp;», chacune subdivisée en espaces nommés d’après un morceau culte de la période. L’immersion se fait également par le son, qui enrobe la spectatrice dans l’atmosphère colorée et hédoniste des années 1960/70.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sérigraphies d&rsquo;Andy Warhol, variations chromatiques autour d’un coucher de soleil, ouvrent le parcours. Dans la salle suivante, la célèbre <em>Crying Girl</em> de Roy Lichtenstein demeure enfermée dans sa bulle émotionnelle tandis que les reproductions gonflables des <em>Nanas</em> de <strong>Niki de Saint Phalle</strong>, punaisées au plafond, incarnent une féminité conquérante. Cette réappropriation du corps féminin traverse également les œuvres d’<strong>Evelyne Axell </strong>et de <strong>Marjorie Strider</strong>. Chez cette dernière, l’érotisme assumé de <em>Welcome</em> — tableau en trois dimensions où une bouche rouge monumentale semble prête à engloutir le ou la spectateur·ice — donnent corps à une féminité maîtresse de son désir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Piscine et coquillages</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre de l’exposition, <em>In the Year 2525,</em> ouvre une parenthèse plus contemplative autour d’une monumentale sculpture de sable de <strong>Théo Mercier</strong> qui associe des coquillages à des éléments issus de l’industrie et des loisirs pour composer un paysage figé sous la lumière du plafond d’eau de la Villa</p>



<p class="wp-block-paragraph">La galerie Desire dévoile une lithographie de <strong>David Hockney</strong> représentant une piscine après un plongeon, où l&rsquo;absence du corps n&rsquo;en rend que plus sensible sa présence. Roy Lichtenstein met en scène un baiser entre deux femmes, traité dans son langage graphique caractéristique des points Ben-Day.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;étage, la salle Respect met en lumière les combats des femmes pour leur émancipation. Les œuvres d&rsquo;Evelyne Axell, révélation de cette édition 2026, <em>La Belle Endormie</em> et <em>L&rsquo;Herbe tendre</em>, célèbrent une femme sujet de sa propre jouissance… <strong>Keith Haring</strong> y revendique avec une énergie communicative un puissant désir homosexuel. La galerie voisine, You Don&rsquo;t Own Me, poursuit cette réflexion. Les performances de <strong>Judy Chicago</strong> affirment la présence féminine dans l&rsquo;espace public comme un geste politique, tandis que <strong>Martha Rosler</strong> détourne les codes de la publicité pour dénoncer la marchandisation et l&rsquo;hypersexualisation des corps féminins véhiculées par les médias.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours s&rsquo;achève avec The Times They Are A-Changin&rsquo; qui célèbre une époque de profondes mutations culturelles et sociales. Entre mer, soleil et culture pop, Sea, Pop &amp; Sun montre que le pop art n&rsquo;est pas un mouvement figé dans les années 1960, mais un langage toujours vivant, capable d&rsquo;interroger notre rapport aux images, au désir et à la liberté.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br><strong> Sea, pop &amp; sun<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 1er novembre<br></mark></strong>Villa Carmignac, île de Porquerolles</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/"><em>Arts Visuels</em> ici</a></p>
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		<title>Forêts endormies et portes ouvertes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 07:36:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un vent brûlant traverse les rues d&#8217;Arles en ce début juillet. C&#8217;est avec un véritable bonheur, teinté d’éco-anxiété, que l&#8217;on rejoint LUMA, refuge de fraîcheur installé sur l&#8217;ancienne friche industrielle du Parc des Ateliers pour le deuxième volet de son nouveau cycle d&#8217;expositions. Première halte avec Amanat, La Forêt sacrée, de l&#8217;artiste ouzbèke Saodat Ismailova, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un vent brûlant traverse les rues d&rsquo;Arles en ce début juillet. C&rsquo;est avec un véritable bonheur, teinté d’éco-anxiété, que l&rsquo;on rejoint LUMA, refuge de fraîcheur installé sur l&rsquo;ancienne friche industrielle du Parc des Ateliers pour le deuxième volet de son nouveau cycle d&rsquo;expositions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première halte avec <strong>Amanat, La Forêt sacrée</strong>, de l&rsquo;artiste ouzbèke Saodat Ismailova, dont le travail explore les mémoires enfouies d&rsquo;Asie centrale. Le film qui donne son titre à l&rsquo;exposition suit trois générations d&rsquo;hommes dans une forêt. Lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;endorment, leurs songes se confondent, abolissant les frontières du temps. Des matelas sont disposés dans la salle afin que chacun puisse s&rsquo;allonger et se laisser porter par cette lente dérive. Le mot <em>amanat</em>, issu de l&rsquo;arabe <em>amanah</em>, signifie « confiance », mais renvoie aussi à l&rsquo;idée d&rsquo;un héritage confié aux générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forêt traverse plusieurs œuvres de l&rsquo;exposition. Dans <em>Seven Sleepers</em>, Saodat Ismailova revisite la légende des Sept Dormants, ces jeunes croyants réfugiés dans une grotte pour fuir les persécutions avant de se réveiller plusieurs siècles plus tard. Avec <em>Sharshar</em>, elle filme une cascade sacrée à différents moments de l&rsquo;année, révélant un paysage où le temps semble suspendu. L&rsquo;artiste célèbre une nature que le pouvoir soviétique a longtemps tenté de domestiquer, à l’image du tigre de Turan, aujourd’hui disparu, mais dont la mémoire persiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En immersion avec Patti</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La visite se poursuit vers l&rsquo;un des temps forts de ce nouveau cycle : <strong>Correspondences</strong>, installation monumentale conçue par le <em>Soundwalk Collective</em> avec Patti Smith, qui investit la Grande Halle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patti Smith elle-même était présente pour accompagner les premiers visiteurs. Présentée pour la première fois en Europe, son œuvre immersive réunit huit films réalisés entre 2023 et 2026, auxquels s&rsquo;ajoutent plusieurs créations produites par LUMA Arles et tournées sur le territoire camarguais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit, explique l&rsquo;artiste, de constituer l&rsquo;archive sensible d&rsquo;un monde en train de disparaître, peuplé de traces fragiles. Une œuvre hantée par l&rsquo;absence autant que par la présence, rythmée par la scansion envoûtante de la poétesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rimbaud et Artaud traversaient déjà une précédente exposition du collectif au Centre Pompidou en 2022. A l’instar de ses modèles, l’artiste se pose elle-même en voyante capable d&rsquo;ouvrir d&rsquo;autres perceptions du monde. À l&rsquo;issue de la visite, quelques mots sont échangés autour de la place des femmes dans la création. Patti Smith s&rsquo;en réjouit : les artistes femmes occupent aujourd&rsquo;hui une visibilité nouvelle. Malgré les tentatives de retour en arrière portées par les courants conservateurs américains, elle reste confiante. « Les femmes ont désormais mis un pied dans la porte », sourit-elle. Et cette porte, assure-t-elle, ne se refermera plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À voir également<strong> Bodies Never Lie </strong>de Stan Douglas à la Mécanique Générale, <strong>Offprint Arles</strong> au Magasin Electrique et Diane Arbus : <strong>Constellation/ Redux</strong> à l’auditorium de la Tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ISABELLE RAINALDI</p>



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		<title>Au Pavillon Noir, Trajal Harell danse le « Köln Conert »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:26:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « solo de piano le plus célèbre de tous les temps » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « <em>solo de piano le plus célèbre de tous les temps</em> » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord une voix féminine qui ouvre la soirée, celle de la chanteuse canadienne Joni Mitchell, comme une invitation à pénétrer un espace de mémoire avant que les premières notes du concert ne viennent envahir le plateau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>Trajal Harrell</strong> lui-même qui accueille le public et initie la performance. Sur scène, les interprètes sont assis sur de simples bancs, blancs et noirs, hommes et femmes ensemble, traversés d’émotions mouvantes et contradictoires. Puis vient le défilé, porté par la musique de Joni Mitchell. Habillés de tissus soigneusement choisis par le chorégraphe, les danseurs transforment peu à peu le plateau en un catwalk sensible et mouvant. La gestuelle singulière de chacun affirme des présences autonomes oscillant entre vulnérabilité et puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une seconde partie, les danseurs vêtus de noir semblent surgir d’un espace suspendu entre rêve et réminiscence. On pleure, on rit sur ce plateau, parce qu’il est ici question de notre humanité commune. Depuis plusieurs années, le chorégraphe explore le corps comme réceptacle de mémoire et terrain de spéculation historique. Figure majeure de la danse contemporaine internationale, invité dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon en 2023, il s’est imposé en faisant dialoguer deux histoires que tout semblait opposer : le voguing né dans les ballrooms queer new-yorkaises et la postmodern dance américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette nouvelle création, Trajal Harrell poursuit son travail de tissage esthétique et historique en y intégrant des influences du butō japonais et des premières formes de danse moderne. Une danse d’apparition et de disparition, d’une élégance rare, qui laisse le spectateur dans un état de suspension bien après la fin du spectacle. Pari réussi pour un chorégraphe qui confie : «&nbsp;Je ne sais pas comment faire une danse, je commence et je recommence.&nbsp;» On retrouvera Trajal Harrell au Festival d’Avignon 2026 du 22 au 24 juillet, au Cloître des Carmes.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 28 mai </mark>au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a>, Aix-en-Provence.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Ben Duke, un mythe aux Salins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 07:26:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ruination, le dernier opus de Ben Duke et de sa compagnie Lost Dog raconte « la véritable histoire de Médée ». par la puissance de corps dansants et incarnant des personnages en mouvement. En ouverture, on découvre Hadès, maître des Enfers, s’affairant autour d’un corps inerte, enveloppé de plastique. Il s’agit de Jason, fraîchement arrivé [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Ruination</em>, le dernier opus de <strong>Ben Duke</strong> et de sa compagnie Lost Dog raconte « la véritable histoire de Médée ». par la puissance de corps dansants et incarnant des personnages en mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouverture, on découvre Hadès, maître des Enfers, s’affairant autour d’un corps inerte, enveloppé de plastique. Il s’agit de Jason, fraîchement arrivé dans l’au-delà, bientôt délivré de sa gangue et rejoint par son ex-femme. Coincé dans un purgatoire absurde, entre une porte d’entrée qui accueille les ombres sous des confettis et une sortie sous un néon jaune inquiétant, ce dernier décide de porter plainte contre Médée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mythe est ici littéralement réinterprété à travers une cour de justice infernale. Perséphone et Hadès, vêtus de rose fuchsia éclatant, président ce tribunal d’outre-tombe où Médée comparaît. On y découvre un Jason lâche et opportuniste, dont l’héroïsme repose en réalité sur les actes sombres accomplis par Médée. Si Médée trouve en Perséphone une forme d’alliée, cela ne suffit pas à infléchir le cours du jugement. Malgré ses tentatives d’expiation, l’ombre de l’infanticide demeure, et tout porte à croire qu’elle franchira inéluctablement la porte des Enfers, avant d’avoir bu à la fontaine (une véritable fontaine à eau) de l’oubli.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Œuvre totale</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans un opéra, la bande originale fait partie intégrante de <em>Ruination</em>, avec la directrice musicale et pianiste <strong>Yshani Perinpanayagam</strong> sur scène aux côtés du brillant contre-ténor <strong>Keith Pun</strong>. Les interprètes, tous danseur·euse·s, mêlent au texte des moments de pure poésie, incarnant les forces de la luxure, du pouvoir, de l’attraction, de l’obstruction, de la lutte et du destin. Entre humour noir, esthétique décalée et réflexion sur la culpabilité et la mémoire, <em>Ruination</em> offre une expérience théâtrale singulière, saluée par une longue standing ovation.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br>Spectacle donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 et 30 avril</mark>, au <a href="https://les-salins.net/" type="link" id="https://les-salins.net/">Théâtre des Salins</a>, Scène nationale de Martigues.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/critiques/on-y-etait/">On y était</a></p>
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		<title>Transe frontale et communion électrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 07:18:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une file ininterrompue de voitures converge vers Aix-en-Provence, pour le retour très attendu de Kompromat. En 2025, le duo signait PLДYING / PRДYING sur Warrior Records, le label de Rebeka Warrior, frontwoman du duo. La tournée qui avait suivi avait très vite affiché complet. En 2026, le projet reprend la route avec Vitalic, son alter [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Une file ininterrompue de voitures converge vers Aix-en-Provence, pour le retour très attendu de <strong>Kompromat</strong>. En 2025, le duo signait <em>PLДYING / PRДYING</em> sur Warrior Records, le label de Rebeka Warrior, frontwoman du duo. La tournée qui avait suivi avait très vite affiché complet. En 2026, le projet reprend la route avec Vitalic, son alter ego électronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre-temps, Rebeka Warrior a publié un livre récompensé par le prix de Flore, dans lequel elle retrace l’accompagnement de sa compagne dans son combat contre le cancer, jusqu’à devenir veuve à 38 ans. Une dimension qui éclaire la portée quasi sacrée des concerts de Kompromat, non sans rappeler l’intensité de The Cure, une de ses influences revendiquée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle, l’esthétique est déjà là : flyers dark electro, silhouettes gothiques. En première partie,<em> Das Kinn</em> transforme le lieu en sous-sol berlinois, saturé de beats efficaces. Le public s’échauffe : parents échappés grâce à la baby-sitter, pogoïstes déterminés, et gardiens anti-smartphones cohabitent dans une agitation bon enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une courte pause, le « groupe accident », selon Vitalic, entre en scène. L’ouverture est quasi liturgique : Rebeka apparaît, crâne rasé, silhouette sombre, tandis que sa voix claire s’élève en prière païenne sur les nappes d’orgue de Vitalic.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un K à part</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le son est d’une précision implacable, le light show respire avec la musique, porté par un light jockey qui improvise en temps réel. Chaque morceau devient une expérience totale. Le « K » de Kompromat, central dans la scénographie, se détache comme un symbole de «&nbsp;K-hole&nbsp;» sonore, une plongée hypnotique et immersive (on pense aux écrits de Rebeka Warrior sur ces états de bascule que provoquent les paradis artificiels).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tension déborde :<em> stage dives</em>, mur de la mort, toute l’armada du <em>set </em>post-punk est déployée lors d’une transe dionysiaque. Portée à bout de bras à plus de deux mètres de haut, le fil de son micro comme cordon ombilical, la chanteuse hilare semble renaître sous nos yeux. Puis elle invite sur scène des jeunes filles à partager l’expérience de la plongée dans le public traditionnellement réservée aux garçons, les invitant elle aussi à occuper l’espace, n’en déplaise aux machos pogoteurs. On ressort du 6mic un peu hébété mais comme libéré du poids d’un monde devenu si lourd à porter, la catharsis à bien fonctionné.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Concert donné<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 23 avril </mark>au 6mic, Aix-en-Provence.</pre>



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		<title>Hamadouche et Tighidet : duo de soleils</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 09:23:55 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Avant d’importants travaux de rénovations qui vont obliger le théâtre à fermer ses portes jusqu’en janvier 2028, il y a encore de la vie au Théâtre de l’Œuvre. Ce 17 avril, il accueille <strong>Hakim Hamadouche</strong> et <strong>Nadia Tighidet</strong> pour un concert aux accents de jazz, de rock et d’Orient. Habitué des lieux – il y présentait déjà une carte blanche il y a deux ans – Hakim Hamadouche joue ici à domicile. Fidèle à lui-même, coiffé de son éternel chapeau qu’il soulève avec l’aisance d’un vieux routier de la scène, il s’avance mandoluth électrique en main. Charismatique, le regard vif et malicieux, il livre une performance libre, vibrante, sans frontières. « Algérien à déclarer », selon la formule de Rachid Taha, avec qui il a tourné pendant 28 ans, il incarne une musique en mouvement, ancrée dans le chaâbi algérien traditionnel, aux accents de jazz et de rock.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est accompagné de la remarquable percussionniste d’origine kabyle <strong>Nadia Tighidet</strong>, née dans les quartiers Nord de Marseille. Solidement ancrée sur le plateau, elle fait vibrer la matière sonore, en osmose parfaite avec Hakim, qui prend son élan et virevolte comme un jeune homme sur scène avec son mandoluth. La soirée se pare d’invités surprises – <strong>Gil Aniorte Paz</strong>, <strong>Sylvie Paz</strong>, <strong>Squaaly Baba</strong>, <strong>Ed Hoskidian</strong>, <strong>Marien</strong> – pour une célébration habitée, traversée de chants andalous, de trilles de saxophone déchaîné et de poésie. On notera le beau poème <em>La Grève des fleurs</em> de Philippe Forcioli, dit par Marien, émouvant à souhait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entouré de ses amis, une toile de sa période Beaux-Arts en fond de scène, Hakim Hamdouche offre ainsi une traversée musicale intense, guidée par un esprit de liberté et un goût affirmé pour le dialogue des cultures. Marseille, telle qu’on l’aime.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Concert donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 avril</mark> au Théâtre de l’Œuvre, Marseille.</pre>



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		<title>Les Déviantes sont à l’œuvre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 09:10:15 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce 22 aavril, la scène alternative s’est donnée rendez-vous à Belsunce, pour la première soirée d’un festival qui allait en embraser deux autres. Pour ouvrir les festivités, c’est la <strong>Famille Mutantes</strong> et ses artistes invitée·és qui ont été convié·es. La notion de famille irrigue l’ensemble de la soirée. Famille choisie, famille queer, famille éclatée : les interprètes en déconstruisent les contours à coups de performances radicales et d’humour acéré. Ce sont d’abord les sitcoms américaines qui en prennent pour leur grade, dans une parodie jubilatoire. La Famille Mutantes – <strong>Anzar Anzar</strong>, <strong>Ash</strong>, <strong>Marie Rose Cheddar</strong>, <strong>Novembre</strong> et <strong>Patti La Boule</strong> – livre un lip-sync aussi millimétré que déchaîné. Autour d’une dinde de Thanksgiving, les stéréotypes explosent dans un éclat de rire collectif : la satire tourne au jeu de massacre libérateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les performances invitées prennent ensuite le relais. Le playback s’invite à nouveau avec une relecture du culte <em>The Rocky Horror Picture Show</em> par <strong>Vesper Void</strong>. <strong>Nicky la Merguez</strong> propose des numéros à la fois énergiques et émouvants, évoquant l’absence du père avec un remix de <em>Papaoutai</em> de Stromae, puis convoquant la figure de George Michael à travers <em>Freedom</em> pour célébrer la puissance de la famille choisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> <strong>Alcaline Cheval</strong> livre, quant à elle, deux propositions d’une précision redoutable, entre poésie et politique, autour d’un parcours de PMA. Corps engagé, parole incarnée, l’artiste transforme l’intime en manifeste. Moment culminant de la soirée : une performance sidérante sur la congélation des ovocytes et le droit des personnes trans à fonder une famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Magie du mix</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>GUI</strong>, de son côté, développe un univers punk et DIY, peuplé de figures hybrides, créatures à mi-chemin entre Ziggy Stardust et fantômes d’opéra, dans une esthétique aussi déjantée que maîtrisée. <strong>Marilyn Monvier</strong> pousse la caricature de la défunte BB jusqu’à l’absurde, gonflée à l’hélium en icône pop déglinguée. Plus loin, l’artiste fait surgir une prière punk, quelque part entre Johnny Cash remixé et les fulgurances contestataires de Pussy Riot : une collision sonore et politique qui secoue la salle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, la famille est tout sauf un refuge figé : elle devient champ de bataille, terrain de jeu, parfois « <em>sac de pierres</em> » que l’on traîne ou que l’on réinvente. Dans cette énergie collective, les Déviantes affirment une conviction essentielle : la norme est une matière première à déconstruire pour mieux la réenchanter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux soirées suivantes ont vu surgir les créatures du Cabaret Jean Moulin Rouge, dont le répertoire dénonce les normes d’une société capitaliste, patriarcale et hétéronormée, puis <em>Le Cercle des Lopettes Disparues</em>, un cabaret artisanal, burlesque et résolument engagé.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br>Les Déviantes s’est tenu du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 au 24 avril </mark>au Théâtre de l’Œuvre, Marseille.</pre>



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		<title>La nuit est andalouse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 12:38:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marseille prend, en ce début de vacances scolaires, des airs d’Andalousie. Les terrasses débordent, baignées d’une douceur méditerranéenne retrouvée, tandis que la chaleur gagne aussi l’intérieur du Centre Solea. Sous ses lustres en cristal, ce haut lieu du cante jondo accueille le festival Flamenco Azul, dont toutes les soirées affichent complet pour cette édition 2026. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Marseille prend, en ce début de vacances scolaires, des airs d’Andalousie. Les terrasses débordent, baignées d’une douceur méditerranéenne retrouvée, tandis que la chaleur gagne aussi l’intérieur du Centre Solea. Sous ses lustres en cristal, ce haut lieu du <em>cante jondo</em> accueille le festival <strong><em>Flamenco Azul</em></strong>, dont toutes les soirées affichent complet pour cette édition 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tablao de ce vendredi ne fait pas exception. Fidèle à la tradition, on s’y attable comme dans une bodega aux murs d’azulejos. Sangria, paella et <em>pan con tomate</em> circulent entre des tables serrées, propices aux conversations spontanées. Le public mêle aficionados de longue date et néophytes curieux, parfois venus de loin, attirés par la renommée de <strong>José Maldonado</strong>, tête d’affiche de la soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Un tablao se construit ensemble. Ce soir, vous n’allez pas assister à un simple spectacle. Le geste flamenco exige silence et recueillement</em> », prévient <strong>Maria Pérez</strong>, directrice du centre et du festival, avant d’ajouter, non sans humour : « <em>N’essayez pas de taper des mains en cadence, c’est un vrai métier.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières notes de la guitare de <strong>Manuel Gómez</strong> s’élèvent, accompagnant la lente tombée de la nuit marseillaise. Les voix de <strong>Justo Eleria</strong> et <strong>Emilio Cortés</strong> s’y entremêlent bientôt, portées par le cajón de <strong>Juan Luis Fernandez</strong>. Puis José Maldonado entre en scène, silhouette tendue dans un somptueux costume de torero. Né à Barcelone, le danseur se revendique « plastique », nourri par l’ensemble des arts de la scène. Son écriture chorégraphique, profondément ancrée dans la tradition, s’ouvre pourtant à une recherche formelle audacieuse. Sa présence, à la fois gracile et incisive, découpe l’espace et transforme le tablao — ces planches vibrantes sous ses talons — en véritable territoire sensoriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La puissance de son engagement, portée par les encouragements des musiciens, saisit le public, suspendu, parfois proche de l’extase. À la virtuosité du danseur répond celle des chanteurs, dont les voix expriment une urgence presque vitale. L’entracte survient comme une nécessité, une respiration après l’intensité de la première partie. Les verres s’entrechoquent de nouveau, les conversations reprennent, avant que chacun ne regagne sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la seconde partie, Maldonado apparaît en costume trois-pièces, jouant avec sa cravate comme d’un accessoire dramatique, à mesure que la tension et la chaleur montent. Le public, entièrement conquis, se lève finalement pour accompagner les artistes dans un même élan.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br>Spectacle donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 et 11 avril</mark> au Centre Soléa, Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Le théâtre est punk !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 08:05:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans le cadre enchanteur du site de Châteauvallon, à Ollioules, que l’on embarque dans l’aventure de Punk.es. Car ce qui se joue ici est bel et bien une épopée, qui débute comme dans une pièce de William Shakespeare, lors de « l’hiver du mécontentement » de 1976. Le Royaume-Uni, dans cette ère pré-thatchérienne, connaît [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est dans le cadre enchanteur du site de Châteauvallon, à Ollioules, que l’on embarque dans l’aventure de <em>Punk.es</em>. Car ce qui se joue ici est bel et bien une épopée, qui débute comme dans une pièce de William Shakespeare, lors de « l’hiver du mécontentement » de 1976. Le Royaume-Uni, dans cette ère pré-thatchérienne, connaît une crise économique sans précédent et un chômage massif touchant une partie de la jeunesse ouvrière. Dans cette atmosphère crépusculaire émergent des jeunes gens en colère, dont l’histoire a surtout retenu les figures masculines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <em>Punk.es</em> se concentre sur le parcours de The Slits, formation initialement exclusivement féminine, composée notamment de Ari Up (chant), Tessa Pollitt (basse) et Viv Albertine (guitare). C’est d’ailleurs le cheminement de cette dernière, inspiré de ses mémoires, qui sert d’épine dorsale au spectacle. Sur scène, son incarnation évoque tour à tour Courtney Love et Debbie Harry, comme une hybridation entre Marilyn Monroe et une guitare électrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Riffs rageurs</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scénographie restitue l’atmosphère brute d’une salle de répétition ou de concert, à mille lieues des stades rutilants où évoluent aujourd’hui Beyoncé ou Lady Gaga. La musique y est jouée en direct par six comédien·nes talentueux·ses. On y entend, outre <em>Typical Girls</em>, le titre le plus connu des Slits, leur reprise déjantée de <em>I Heard It Through the Grapevine</em>, ainsi que les morceaux emblématiques de l’époque. De Patti Smith, figure tutélaire, à Iggy Pop, le spectacle se clôt sur un <em>I Wanna Be Your Dog</em> surpuissant, en passant par les Sex Pistols et The Clash, les riffs rageurs s’enchaînent pour le plus grand bonheur d’un groupe de lycéens venus assister au spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La génération X reconnaît au passage Mick Jones, compagnon de Viv Albertine, Sid Vicious ou encore Budgie, futur membre de Siouxsie and the Banshees. Pour la metteuse en scène <strong>Justine Heynemann</strong>, qui cosigne le spectacle avec <strong>Rachel Arditi</strong>, convoquer ces figures rebelles revient à offrir « <em>des figures inspirantes aux jeunes générations, revigorantes pour les moins jeunes</em> ». À en juger par l’enthousiasme du public, le pari est pleinement réussi. <em>Punk.es, </em>comme l’indique le point médian de son titre, rappelle surtout combien, dans la musique comme ailleurs, les femmes ont toujours dû lutter pour s’imposer.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 3 avril</mark> à Châteauvallon, Scène nationale d’Ollioules.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Été 1958 : des histoires contemporaines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 09:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La littérature et le théâtre ont toujours été des espaces privilégiés pour dire l’intime jusqu’à toucher à l’universel. Mémoire de fille est le récit au scalpel de celle que l’autrice nomme « la fille de l’été 58 ». Annie Ernaux y explore les souvenirs de ses dix-sept ans, ceux d’une jeune femme projetée hors de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La littérature et le théâtre ont toujours été des espaces privilégiés pour dire l’intime jusqu’à toucher à l’universel. <em>Mémoire de fille</em> est le récit au scalpel de celle que l’autrice nomme « <em>la fille de l’été 58</em> ». Annie Ernaux y explore les souvenirs de ses dix-sept ans, ceux d’une jeune femme projetée hors de son milieu lors d’une colonie de vacances. Elle y connaît sa première expérience sexuelle qui la fige dans le regard des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’entrée dans la salle, le public découvre une scénographie composée autour d’un vaste miroir modulable qui sera tour à tour miroir social, miroir du souvenir, miroir du corps scruté. Lorsque <strong>Suzanne de Baecque</strong> entre en scène, comme un écho contemporain de la fille de 1958, elle évoque ses complexes, son corps de femme et de comédienne sans cesse évalué et jugé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Effacer les frontières</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant 1h40, elle impose sa présence magnétique, jouant, riant et dansant. Au micro, elle fait surgir des récits d’autres femmes avant de revenir à la sienne, créant un chœur dont elle serait le coryphée. Puis revient le récit de l’été 1958 : celui des « sur-pats », de Brigitte Bardot, des chansons de Dalida diffusées à la radio. Ce décor d’époque contraste avec la modernité brûlante du propos. Achevé par Annie Ernaux à l’âge de 76 ans, le texte résonne aujourd’hui avec une acuité troublante. Il décrit avec une précision clinique les traumas des premières expériences sexuelles, la violence diffuse de la domination patriarcale, la honte d’être née femme dans un monde qui observe, classe et condamne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, loin de se réduire à une dénonciation, le spectacle laisse vibrer la voix de l’écrivaine dans toute sa justesse et sa valeur inestimable. En effaçant les frontières entre littérature et théâtre, cette équipe de femmes réussit un geste artistique fort : porter sur scène une lauréate du prix Nobel et faire du plateau un espace de mémoire, de réparation et de puissance. À ce titre, le spectacle est une véritable réussite. Le théâtre accomplit pleinement sa mission : faire entendre ce qui fut tu, rendre visible ce qui fut enfoui, et rappeler que l’intime, lorsqu’il est dit avec cette exigence, devient une affaire collective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 février</mark> au <a href="https://les-salins.net/" type="link" id="https://les-salins.net/">Théâtre des Salins</a>, Scène nationale de Martigues.</pre>



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