vendredi 18 septembre 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour en savoir plusspot_img
Cliquez sur l'image pour vous abonnerspot_img
AccueilCritiquesOn y étaitBen Duke, un mythe aux Salins

Ben Duke, un mythe aux Salins

À Martigues, Ruination revisite le mythe de Médée dans une version chorégraphique mêlant à la danse humour noir et musique live

Ruination, le dernier opus de Ben Duke et de sa compagnie Lost Dog raconte « la véritable histoire de Médée ». par la puissance de corps dansants et incarnant des personnages en mouvement.

En ouverture, on découvre Hadès, maître des Enfers, s’affairant autour d’un corps inerte, enveloppé de plastique. Il s’agit de Jason, fraîchement arrivé dans l’au-delà, bientôt délivré de sa gangue et rejoint par son ex-femme. Coincé dans un purgatoire absurde, entre une porte d’entrée qui accueille les ombres sous des confettis et une sortie sous un néon jaune inquiétant, ce dernier décide de porter plainte contre Médée.

Le mythe est ici littéralement réinterprété à travers une cour de justice infernale. Perséphone et Hadès, vêtus de rose fuchsia éclatant, président ce tribunal d’outre-tombe où Médée comparaît. On y découvre un Jason lâche et opportuniste, dont l’héroïsme repose en réalité sur les actes sombres accomplis par Médée. Si Médée trouve en Perséphone une forme d’alliée, cela ne suffit pas à infléchir le cours du jugement. Malgré ses tentatives d’expiation, l’ombre de l’infanticide demeure, et tout porte à croire qu’elle franchira inéluctablement la porte des Enfers, avant d’avoir bu à la fontaine (une véritable fontaine à eau) de l’oubli.

Œuvre totale

Comme dans un opéra, la bande originale fait partie intégrante de Ruination, avec la directrice musicale et pianiste Yshani Perinpanayagam sur scène aux côtés du brillant contre-ténor Keith Pun. Les interprètes, tous danseur·euse·s, mêlent au texte des moments de pure poésie, incarnant les forces de la luxure, du pouvoir, de l’attraction, de l’obstruction, de la lutte et du destin. Entre humour noir, esthétique décalée et réflexion sur la culpabilité et la mémoire, Ruination offre une expérience théâtrale singulière, saluée par une longue standing ovation.

ISABELLE RAINALDI

Spectacle donné les 29 et 30 avril, au Théâtre des Salins, Scène nationale de Martigues.

Retrouvez nos articles On y était

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

Adèle Haenel

Voilà déjà six ans qu’Adèle Haenel a claqué – avec fracas – la porte du cinéma français. Elle n’a pas pour autant déserté la...

Les Nuits Occupé·es à Nîmes : L’heure de reprendre la nuit 

Créé en 2005 et implanté à Nîmes, Basse Cour est un collectif qui réunit une dizaine de compagnies circassiennes. Il organise depuis ses débuts...