À quelques jours de sa première et forte de plusieurs mois de résidence et de répétitions, Balkis Moutashar présente Nous n’arrivons pas les mains vides, pièce pour douze jeunes interprètes qui sera jouée le 22 janvier au Pavillon Noir, et le 24 à Klap – Maison pour la danse. C’est d’ailleurs dans cette même salle marseillaise que le projet est né il y a six ans, quand la chorégraphe a été amenée à travailler avec des jeunes danseurs en fin de formation.
« À ce moment-là, j’avais imaginé un protocole qui tient à la fois de l’enquête et de la composition. Je leur ai posé des questions simples : la première fois qu’ils ont dansé, la première fois qu’ils sont montés sur scène… et je leur ai demandé d’y répondre par le mouvement », explique la chorégraphe.
Rencontres de prototypes
Plutôt que d’imposer un vocabulaire unique, Balkis Moutashar a rassemblé des danseurs aux parcours très divers : certains ont suivi des formations institutionnelles, d’autres ont appris en dehors de ces cadres, dans des pratiques variées comme le hip-hop ou la danse électro. « Je voulais un groupe presque sociologiquement représentatif des jeunes danseurs et danseuses d’aujourd’hui, avec leurs propres histoires corporelles, sociales et culturelles. »
Les douze interprètes, tous au début de leur parcours professionnel, viennent ainsi d’horizons variés : écoles supérieures, autodidaxie, danse contemporaine, classique, hip-hop ou électro. Certains ont commencé très jeunes au conservatoire, d’autres ailleurs, parfois « sur la plage ! ».
Son travail de composition s’appuie sur cette hétérogénéité : « Ce qui m’intéresse, c’est qu’ils fassent groupe et que tout le monde fasse tout. Que chacun soit, à certains endroits, extrêmement brillant, et à d’autres presque vulnérable. »
Pour la chorégraphe qui, depuis son parcours de danseuse, navigue entre les genres et les disciplines, cette création est aussi une manière d’interroger ce que signifie faire groupe sans effacer les singularités. Attachée de longue date aux questions de diversité sociale, culturelle et stylistique, Balkis Moutashar inscrit cette création dans une réflexion plus large sur la rencontre. « Ce spectacle parle de rencontre. Ce sont des rencontres d’histoires les unes avec les autres. »
SUZANNE CANESSA
ChoreograpHER au Pavillon Noir
Cette semaine, deux chorégraphes sont également invitées au Pavillon Noir, dans le cadre de son cycle ChoreograpHER. La chorégraphe chilienne Marcela Santander Corvalán propose le 23 janvier une plongée dans l’élément aquatique avec Agwuas. Inspirée par des rituels et instruments liés à l’eau, la pièce explore les notions de flux, de mémoire et de résonance, dans une relation étroite entre geste, voix et matière sonore.
Solène Wachter présente quant à elle le 26 janvier une soirée en deux volets, For you / not for you et Logbook, qui interrogent la place du regard et la fabrication du spectacle. Jeux de points de vue, écriture fragmentée, adresses directes au public : deux pièces qui brouillent les cadres habituels de la représentation et revendiquent une danse proche de la performance, consciente de ses propres dispositifs. S.CA.
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