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	<title>Archives des Tribune - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Tribune - Journal Zebuline</title>
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		<title>Hommage : Sous l’autre coupole</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 16:20:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alain Fourneau nous a quittés ce jeudi 19 mars.&#160; Il était un des fondateurs de La Friche en 1995, de sa liberté, de son désordre, de ses errances souvent magnifiques. Car il aimait par dessus tout le théâtre, avec un esprit particulier, celui d’un scientifique de formation qui connaissait les vertus créatives de l’expérimentation, et [&#8230;]</p>
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<p>Alain Fourneau nous a quittés ce jeudi 19 mars.&nbsp;</p>



<p>Il était un des fondateurs de La Friche en 1995, de sa liberté, de son désordre, de ses errances souvent magnifiques. Car il aimait par dessus tout le théâtre, avec un esprit particulier, celui d’un scientifique de formation qui connaissait les vertus créatives de l’expérimentation, et de l’erreur.&nbsp;</p>



<p>Entre 1987 et 2015, il a dirigé avec Mireille Guerre, metteuse en scène, et Suzanne Joubert, autrice, un lieu dont la singularité a orienté la vie théâtrale marseillaise et ouvert de très nombreuses vocations. Car il aimait accueillir, laisser tenter, explorer les&nbsp; silences et l’immobilité souvent, le verbe et la frénésie d’autres fois, le mouvement toujours, les mythes, et la musique de création.&nbsp;</p>



<p>Pendant ces presque 30 ans tous les artistes émergents sont passés sur cette scène, sous la coupole. Pendant ces presque 30 ans il a accueilli les journalistes et reçu avec douceur les critiques négatives sur les spectacles parfois ennuyeux ou ratés qu’il proposait, chagrin pour ses artistes bien plus que pour lui-même.&nbsp;</p>



<p>Pendant ces presque 30 ans il a remercié&nbsp; les spectateurices de leur présence, commenté et précisé, accueilli des propositions que d’autres refusaient, des amateur·es, des lycéen·nes, des étudiant·es. Pendant ces presque 30 ans il retrouvait chaque soir artistes et spectateurs au bar, pour partager encore.&nbsp;</p>



<p>Précurseur, il a soutenu et ouvert sa scène à un très grand nombre de metteuses en scène singulières, d’Angela Konrad à Marie Vayssière en passant par Eva Doumbia. Il était, chose si rare chez les directeurs de sa génération, dans un rapport sain et égalitaire avec les femmes, une attitude qui laissait éclore leurs œuvres à une époque où les festivals et les scènes n’en produisaient que peu.</p>



<p>Critique, il percevait les limites du théâtre public lorsqu’on le soumet à des objectifs économiques plutôt qu’artistiques, se méfiait des institutionnalisations, des emplois du temps et rétros plannings, et des taux de remplissage.</p>



<p>Défenseur d’esthétiques radicales mais porteur d’attitudes bienveillantes, il a ouvert la voie à d’autres expérimentateurs, mais a dû céder à la rationalisation des moyens et aux regroupements de théâtres qui ont abouti, à Marseille, à une raréfaction des plateaux et de la diversité des scènes. Dont la ville souffre aujourd’hui encore.</p>



<p>Diminué, malade, il travaillait ces dernières années à l’édition d’un livre sur cette expérimentation si précieuse, rongé par un cancer qu’il combattait avec une énergie exceptionnelle, et l’aide sans faille de Mireille Guerre, et de leurs fils Antonin et Thomas, dont ils étaient si fiers.&nbsp;</p>



<p>La coupole qui lui rendra hommage ne sera pas celle d’une quelconque académie, mais celle de son théâtre, la Chapelle des Bernardines dont le mur du lointain s’était orné, au fil des années, d’une fente large et sourde. Que la Ville, propriétaire des lieux, n’a enfin colmatée qu’après son départ, et la reprise du lieu par Les Théâtres de Dominique Bluzet.</p>



<p>AGNES FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>La cérémonie d’adieu aura lieu au Parc mémorial d’Aix en Provence le samedi 28 mars à 11h30</p>
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		<title>TRIBUNE : Éducation aux Médias et à l&#8217;Information en PACA : une priorité sans moyens ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:58:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des années, les pouvoirs publics affichent une ambition : former à l&#8217;esprit critique, lutter contre la désinformation, accompagner les jeunes et moins jeunes en prise avec les nouveaux usages numériques. Mais dans notre région, en PACA, l’un des principaux dispositifs qui permettait de rendre ces objectifs concrets – l&#8217;Appel à projets en Éducation aux [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis des années, les pouvoirs publics affichent une ambition : former à l&rsquo;esprit critique, lutter contre la désinformation, accompagner les jeunes et moins jeunes en prise avec les nouveaux usages numériques. Mais dans notre région, en PACA, l’un des principaux dispositifs qui permettait de rendre ces objectifs concrets – l&rsquo;Appel à projets en Éducation aux Médias et à l&rsquo;Information (EMI) porté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles – a soudainement disparu en 2025, sans un mot de l&rsquo;institution. Sans doute présume-t-on que le sud n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;EMI : les préjugés feraient déjà très bien le travail.</p>



<p>La suppression de ce dispositif a pourtant des effets immédiats : arrêt de dizaines d&rsquo;ateliers prévus dans des structures sociales, éducatives et culturelles à travers tout le territoire, disparition de centaines d&rsquo;heures d&rsquo;intervention auprès de bénéficiaires, et pour certains opérateurs, perte jusqu&rsquo;à plus de 50 % des budgets d&rsquo;action en EMI, et interruption de programmes construits depuis des années. Ce recul touche particulièrement les zones rurales, les quartiers prioritaires et les lieux de relégation ou d&rsquo;enfermement, où l’EMI joue un rôle unique, garantissant une présence sociale déterminante dans des espaces souvent éloignés des grandes institutions culturelles.</p>



<p>Cette décision par omission, prise à bas bruit en fin d&rsquo;année suite à des revirements politiques et gels budgétaires successifs, n&rsquo;est pas qu&rsquo;un détail administratif : elle ôte un pilier structurant, fragilisant tout un réseau d&rsquo;acteurs de terrain – associations d&rsquo;éducation populaire, radios et médias associatifs, journalistes, éducateur·ices – qui mènent depuis parfois plus de vingt ans des actions régulières dans les collèges, lycées, bibliothèques, maisons d’arrêt, EHPAD, lieux de soin, centres sociaux ou structures de quartier en lien avec la population.</p>



<p>À cela s&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres mesures qui, prises ensemble, sapent un écosystème déjà malmené par ailleurs : baisse drastique du Pass Culture, balayé comme un simple effet de mode après avoir été présenté un temps comme l&rsquo;alpha et l&rsquo;oméga d&rsquo;une politique volontariste en matière d&rsquo;éducation artistique et culturelle, menaces répétées sur la pérennisation du Fonds de soutien aux radios associatives, morcellement et risque de disparités régionales quant au Fonds de soutien aux médias de proximité, incertitudes sur les financements pluriannuels.</p>



<p>Ces éléments finissent par dessiner un paysage inquiétant, qui dans le même temps voit grandir l&rsquo;écart entre des citoyen·nes de plus en plus défiants, pris entre un système médiatique toujours plus concentré et une accélération de flux informationnels où s&rsquo;engouffrent les discours populistes. Dans ce vide grandissant, nous puisons pourtant la vigueur de poursuivre notre action dont la nécessité fait d&rsquo;autant plus jour : en maintenant des projets qui s’appuient sur une pluralité d&rsquo;acteurs professionnels, investis dans la durée auprès des publics pour renforcer la participation et la capacité d&rsquo;agir.</p>



<p>Au-delà des objectifs décrétés sur un plan national – de « souveraineté informationnelle face aux ingérences étrangères » ou encore de « lutte contre la radicalisation et le complotisme » – notre travail patient, inventif, profondément ancré localement, construit chaque jour de la confiance : entre jeunes et médias, entre citoyen·nes et institutions, entre territoires et information.</p>



<p>L&rsquo;éducation aux médias et à l&rsquo;information ne se résume ni à des injonctions ni à des campagnes de communication. Elle se vit dans des ateliers où l&rsquo;on apprend ensemble, où l&rsquo;on crée des podcasts, des images, où l&rsquo;on visite un média local, où l&rsquo;on débat, où l&rsquo;on rit, où l&rsquo;on fabrique du commun et des formes médiatiques qui appartiennent et s&rsquo;adressent à celles et ceux qui les produisent et les diffusent. Ces moments nourrissent une appétence, une écoute, une capacité d&rsquo;analyse, une attention à l&rsquo;autre, un plaisir de comprendre et de pratiquer l&rsquo;expression collective, qui sont au coeur de notre démarche. C&rsquo;est cela qui fait la différence : la présence, la créativité, et la continuité d’interventions cohérentes, suivies, construites avec les publics.</p>



<p>Face à une situation d’abandon paradoxale au regard de l&rsquo;importance de ce champ d’intervention, pourtant essentiel à la vitalité démocratique, nous appelons les pouvoirs publics – État, Région et collectivités – à une prise de position claire et à un engagement réel. Cela implique un financement pérenne de l&rsquo;EMI, enfin aligné sur les ambitions proclamées ; une politique coordonnée, permettant aux acteurs de travailler ensemble plutôt que dans un enchevêtrement de dispositifs mal assortis ; et un soutien affirmé aux pratiques de terrain qui créent du lien et donnent aux citoyen·nes les outils pour comprendre, pratiquer le monde de manière plus inclusive, et en transformer les représentations.</p>



<p>En s&rsquo;engageant dans cette voie, nous aurions ainsi le choix, depuis le sud, de représenter une exception – cette fois pour le meilleur plutôt que le pire. Ou plus modestement, de nous mettre au diapason de la dynamique à l&rsquo;oeuvre dans d&rsquo;autres régions ; car sans cohérence publique, aucune avancée n&rsquo;est durable pour la démocratie.</p>



<p>Pour signer cette tribune et vous tenir informe : collectif.emi.paca@gmail.com</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Signataires :</strong></h2>



<p><strong>Médias et structures :</strong></p>



<p><a href="https://www.1538mediterranee.com">15-38 Méditerranée</a><br><a href="https://lagedefaire-lejournal.fr">L’âge de faire</a><br><a href="https://ancrages.org/diasporik/">Ancrages – Diasporik</a><br><a href="https://www.google.com/search?client=safari&amp;rls=en&amp;q=Anonymal+TV&amp;ie=UTF-8&amp;oe=UTF-8">Anonymal TV</a><br><a href="https://journal-labreche.fr">La Brèche</a><br><a href="https://telemouche.com">Com’etik Diffusion</a><br><a href="http://etbaam.com">Et Baam</a><br><a href="http://euphonia-atelierstudio.com">Euphonia</a>, producteur sonore à Marseille<br><a href="https://www.fakeoff.fr">Fake Off PACA</a><br><a href="https://www.lafap.net">La FAP</a>, organisme de formation de la Fédération de l&rsquo;Audiovisuel Participatif<br><a href="https://www.ligne16.net">Ligne16.net</a>, le média participatif et citoyen<br>La Ligue de l’enseignement des Alpes de Haute Provence &#8211; <a href="https://tematv.fr">TEMA TV</a><br><a href="https://mouais.org">Mouais</a><br><a href="https://mode83.net/site/">MODE 83 / Canal D</a><br><a href="https://associationlorage.blogspot.com">L’orage</a>, association de documentaristes son à Marseille<br><a href="https://pressepapiers.org">Presse-Papiers</a>, collectif de journalistes indépendants à Marseille<br><a href="https://quivive.fr">Qui vive</a>, le média écolo fabriqué en Provence<br><a href="https://www.radiogrenouille.com">Radio Grenouille</a><br><a href="https://radio-verdon.com">Radio Verdon</a><br><a href="https://www.rembobine.info">Rembobine</a>, le média qui lutte contre l&rsquo;obsolescence de l’information<br><a href="https://www.revuesilence.net">Revue Silence</a><br><a href="https://www.syndicatdelapressepaspareille.org">SPPP</a> Syndicat de la presse pas pareille<br><a href="https://lestetesdelart.fr">Les Têtes de l’art</a><br><a href="https://www.tabascovideo.com">Tabasco Vidéo</a><br><a href="https://www.transrural-initiatives.org">Transrural initiatives</a><br><a href="https://urbanprod.net">Urban Prod</a>, association au service de l&rsquo;inclusion et de la médiation numérique<br><a href="https://journalzebuline.fr">Zebuline,</a> association Culture et Pluralisme</p>



<p><strong>Journalistes et éducateur·ices aux médias et à l&rsquo;information :</strong></p>



<p>Raphaël Badache<br>Sophie Bourlet<br>Samia Chabani<br>Coline Charbonnier<br>Luc Chatel<br>Gaëlle Cloarec<br>Tania Cognée<br>Malorie D’Emmanuele<br>Kevin Derveaux<br>Macko Dràgàn<br>Agnès Freschel<br>Lisa Giachino<br>Juliette Harau<br>Nina Hubinet<br>Jide<br>Caroline Langlois<br>Natacha Lê-Minh<br>Myriam Léon<br>Alexandra Lopis<br>Léonor Lumineau<br>Sandro Lutyens<br>Pierre Millet-Bellando<br>Jean-Baptiste Mouttet<br>Marius Rivière<br>Grégoire Triau<br>Timothée Vinchon<br>Valérie Vrel<br>Samuel Wahl</p>



<p></p>
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		<title>Extraits de la Nouvelle déclaration d’Avignon</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:08:47 +0000</pubDate>
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<p>Nous, femmes et hommes&nbsp;du spectacle, réunis à Avignon parce qu’un tel festival est aussi celui de la parole publique et des exigences civiques, ne nous résignant pas à l’impuissance, ni à l’invisibilisation du crime, déclarons notre solidarité avec le peuple palestinien.</p>



<p>Nous exigeons la cessation du massacre de masse en cours ayant déjà tué un nombre effroyable d’enfants. Nous dénonçons la politique destructrice de l’État d’Israël. Nous appelons à la reconnaissance de l’État palestinien, à l’application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l’accord d’association UE-Israël, et à l’arrêt de la criminalisation des prises de parole et des associations soutenant la cause palestinienne. Nous appelons enfin toutes et tous à rejoindre les mobilisations en cours.<br>[&#8230;]<br>En&nbsp;1995, la Déclaration d’Avignon avait été saluée par le président de la République, [&#8230;] trente ans plus tard, il est douloureux&nbsp;mais absolument fondamental&nbsp;de devoir rappeler qu’une vie palestinienne&nbsp;vaut une vie israélienne et toute autre vie humaine.<br>[…]<br>Nous sommes contemporains, après des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires, de ce qui se dessine comme la disparition programmée d’un peuple, et notre responsabilité collective à toutes et tous est engagée.&nbsp;</p>



<p>Lire la déclaration en intégralité sur <a href="https://www.telerama.fr/theatre-spectacles/festival-d-avignon-nous-femmes-et-hommes-du-spectacle-declarons-notre-solidarite-avec-le-peuple-palestinien-7026456.php"><em>telerama.fr</em>.</a></p>
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		<title>États généraux de la culture : tribune prononcée à Avignon </title>
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		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 14:31:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Nous vivons une période exceptionnelle, une période dans laquelle on en appelle à la démocratie et à l&#8217;État de droit contre des décisions de justice. Une période dans laquelle on bombarde&#160; continuellement des populations civiles en prétendant résoudre des conflits. Une période pendant laquelle une austérité budgétaire sans précédent empêche de faire fonctionner dignement les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;Nous vivons une période exceptionnelle, une période dans laquelle on en appelle à la démocratie et à l&rsquo;État de droit contre des décisions de justice. Une période dans laquelle on bombarde&nbsp; continuellement des populations civiles en prétendant résoudre des conflits.</p>



<p>Une période pendant laquelle une austérité budgétaire sans précédent empêche de faire fonctionner dignement les services publics de la santé, de l&rsquo;éducation ou de la culture. Une période où on se retrouve comme sidérés face à cette actualité ultra-violente.</p>



<p>Précisément dans ce moment, face à l&rsquo;obscurantisme, l&rsquo;autoritarisme et la banalisation des idées d&rsquo;extrême droite, la culture devrait nous servir de boussole. Or cette dernière est violemment mise en péril. Personne ici, de son vivant, n&rsquo;a vécu de coupes budgétaires aussi drastiques que celles qui ont lieu actuellement.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes dans un lieu exceptionnel où fut inventée et expérimentée la culture de service public par un des pionniers du théâtre national populaire, Jean Vilar. Citons-le, juste pour le plaisir «&nbsp;<em>Le théâtre </em>[et par extension la culture]<em> est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin. La culture est donc au premier chef un service public, tout comme le gaz, l&rsquo;eau, l&rsquo;électricité</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Nous sommes nombreuses et nombreux à partager cette conviction. Les arts et la culture ne sont pas un lien comme les autres, ils ne doivent pas répondre à la logique du marché, de l&rsquo;industrie ou de la rentabilité. Pour garantir la diversité des œuvres et développer la pratique artistique nous devons défendre avec force la nécessité d&rsquo;un service public de la culture et du spectacle vivant.&nbsp;</p>



<p>Qu&rsquo;en est-il dans notre territoire ?</p>



<p>Dans le cadre de <a href="https://avignon2025.fr">Terre de Culture 2025,</a> la ville d&rsquo;Avignon consacre un budget annuel particulièrement important à la culture. Le Grand Avignon, quant à lui, a voté un budget de culture à la hausse cette année et le département du Vaucluse a rassuré le secteur en maintenant finalement sa dotation au niveau de l&rsquo;année précédente.</p>



<p>Mais dézoomons un peu. Cette année, une baisse de 7,7% du budget de la culture a été votée par la Région Sud. Petite joueuse, comparée à la région Pays de la Loire, et ses 73% de baisse ! Christelle Morançais est élue tronçonneuse d&rsquo;or de l&rsquo;année 2025 [<em><a href="https://journalzebuline.fr/pays-de-la-loire-la-culture-mise-en-coupe-reglee/">Lire ici</a></em>]. </p>



<p>Vous pouvez, collectivement, ne pas l&rsquo;applaudir, sans oublier Kléber Mesquida, tronçonneur d&rsquo;argent, le président du Conseil départemental de l&rsquo;Hérault qui reste sur le podium&nbsp;: il était parti sur un chiffre record de 100% de baisse mais a dû se contenter de 25% suite à la forte mobilisation des travailleuses et des travailleurs.</p>



<p>Et que dire des 150 millions de baisse dans le budget du ministère de la Culture qui sont annoncés pour 2025 et sont accompagnés des 2,5 milliards d&rsquo;économies demandées par l&rsquo;État aux collectivités territoriales&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Alors, nous aimerions réaffirmer à Rachida Dati que la culture est essentielle, car c&rsquo;est notre bijou et nous savons que madame la ministre aime ça… la culture.</p>



<p>Quant à notre ministre de l&rsquo;Éducation nationale, madame Borne, si elle cherche des idées innovantes pour permettre aux plus jeunes élèves de trouver la voie, nous lui proposons non seulement de dégeler la part collective de la culture, mais également de l&rsquo;étendre… jusqu&rsquo;à la maternelle&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Plus sérieusement&nbsp;: nous sommes des centaines de milliers d&rsquo;artistes, techniciens, personnels administratifs et d&rsquo;accueil à œuvrer collectivement pour que le spectacle soit un bien commun. Derrière les œuvres, il y a des professionnels engagés qui continuent, malgré les difficultés actuelles, à faire vivre ce projet politique essentiel.</p>



<p>Que vont devenir nos métiers ?</p>



<p>Que dire à tous les jeunes qui rêvent encore de devenir artistes, techniciens, techniciennes du spectacle vivant ? Que les conditions de travail sont de plus en plus précaires ? Que les plannings se vident ? Que malgré l&rsquo;inflation, les salaires n&rsquo;augmentent toujours pas ?</p>



<p>Qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, financer une création est devenu un parcours du combattant ? Car oui, c&rsquo;est la réalité pour une grande partie des travailleurs et des travailleuses de la culture, l&rsquo;avenir devient moins désirable que le passé. Et nous n&rsquo;avons pas envie de dire que c&rsquo;était mieux avant.</p>



<p>Nous voulons crier « ce sera mieux que demain ».</p>



<p>Pour que ce soit le cas, voici nos revendications&nbsp;:</p>



<p>Refinancement immédiat des services publics de l&rsquo;art et de la culture.&nbsp;</p>



<p>Préservation, sanctuarisation et prolongement du Fonpeps.&nbsp;</p>



<p>Abrogation de la réforme de l&rsquo;audiovisuel public.&nbsp;</p>



<p>Et pour aller plus loin&nbsp;: engagement financier de l&rsquo;État dans les écoles d&rsquo;art territoriales, et entrée des artistes-auteurs dans la caisse commune de l&rsquo;assurance chômage.&nbsp;</p>



<p>Pour que la culture ne devienne pas un privilège mais demeure un droit accessible à toutes et à tous, restons mobilisés.&nbsp;»</p>



<p>Jérémy Bourges et Marie Hurault, CGT spectacle de Vaucluse</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em>, Éditos et Tribunes</a> ici </p>
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		<title>Coupes budgétaires : Brecht, Foucault… et Le Maire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 13:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Face à Rachida Dati et devant les téléspectateurs, vous parlez de plan de licenciement massif dans la culture. À quoi faites-vous allusion&#160;?&#160; Régis Vlachos. À l’amputation de 204 millions du ministère de la Culture. Qui entre dans un plan global qui ampute aussi l’écologie de 2 milliards, le travail et l’emploi de 1 milliard… [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Face à Rachida Dati et devant les téléspectateurs, vous parlez de plan de licenciement massif dans la culture. À quoi faites-vous allusion&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Régis Vlachos.</strong> À l’amputation de 204 millions du ministère de la Culture. Qui entre dans un plan global qui ampute aussi l’écologie de 2 milliards, le travail et l’emploi de 1 milliard… Le 22 février un décret au <em>Journal officiel</em> est venu nous dire qu’il fallait économiser 10 milliards sur le budget de l’État. Un serrage de vis qui est venu s’ajouter aux 16 milliards déjà soustraits au budget 2024. Précisément, la création, le programme 131 du ministère de la Culture, est amputée de 96 millions. Concrètement des centaines de spectacles ne verront pas le jour.&nbsp;</p>



<p>Mais ce n’est pas tout&nbsp;: de nombreuses scènes conventionnées n’arrivaient déjà plus à boucler leur budget et ont dû annuler, avant même ces coupes, une grosse partie de leur programmation. Le constat est unanime, aujourd’hui, des compagnies doivent renoncer à la moitié de leurs représentations ; d’autres mettent la clé sous la porte. Des milliers d’emplois&nbsp; artistiques et techniques sont menacés. Sans décision immédiate et un plan d’aide à la diffusion et à la création, nous vivons effectivement un plan de licenciement massif qui ne dit pas son nom.</p>



<p><strong>Mais le gouvernement assure que ces économies sont nécessaires. Pensez-vous que la culture ne doit pas en prendre sa part&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Ce sont de petits mensonges entre amis riches. «&nbsp;<em>Celui qui ne connaît pas la vérité, celui là est un imbécile&nbsp;; mais celui qui la connaît et la nomme mensonge celui ci est un criminel&nbsp;!</em>&nbsp;»&nbsp; écrivait Brecht dans <em>La Vie de Galilée</em>. Soyons clairs&nbsp;avec la dette publique, l’idée qu’il faut faire des économies, qu’il ne faut pas faire fuir les capitaux ni créer de nouveaux impôts est un mensonge.Bruno Le Maire sait très bien que des centaines de milliards d’euros de crédits d’impôts versés aux entreprises sont allées directement aux actionnaires. Les profits capitalistes sans précédent de 2023 ont été construits avec de l’argent public. Bruno le Maire connaît la vérité, ceux qui répandent l’idée de nécessaire coupe budgétaire pas toujours. Ils se distribuent, selon Brecht, entre criminels et imbéciles. Mais le plan de licenciement massif est loin de reposer sur cette seule coupe budgétaire, qui ne concerne que la culture publique financée par l’État.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="321" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=696%2C321&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124213" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1024%2C473&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=300%2C139&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=768%2C355&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1536%2C709&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=2048%2C946&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=150%2C69&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=696%2C321&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1068%2C493&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1920%2C887&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=909%2C420&amp;ssl=1 909w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Screenshot</figcaption></figure>



<p><strong>En quoi le théâtre privé est-il concerné par le recul des financements d’État&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Quand le public est sans fric le privé se retrouve privé… de financements&nbsp;! Pour le spectacle vivant privé, c’est à dire l’ensemble des lieux et compagnies qui ne touchent pas de subventions, ou de manière anecdotique, la survie dépend uniquement des recettes. Et seuls un certain nombre de lieux et de compagnies vivent très bien de leur billetterie, notamment pour les grands succès parisiens, les one wo·man show ou les boulevards formatés pour faire de l’argent. Mais l’immense majorité des compagnies de théâtre privé n’ont pour vivre que les cessions faites aux communes de France. Une compagnie qui pouvait faire 30 dates de tournée dans l’année, faire de bons cachets aux artistes et techniciens et dégager sur chaque cession de quoi rembourser les frais de création du spectacle, est aujourd’hui autour de 10 dates. Et encore…</p>



<p><strong>Pourquoi&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Les communes et les collectivités n’ont plus d’argent :l’État se dégage sur elles de ses compétences et réduit leurs possibilités de recettes. Résultat, elles se concentrent sur leurs compétences obligatoires et réduisent ce qui leur semble superflu. Evidemment, cela tombe souvent sur le budget culturel et notamment l’achat de spectacles pour la saison culturelle. Tous les ingrédients d’une faillite massive sont réunis.&nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce une volonté selon vous, une stratégie&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Peut être s’agit-il, comme le disait Michel Foucault sur tout autre chose, d’une stratégie sans stratège&nbsp;: on liquide au maximum les compagnies et les créations théâtrales jugées trop nombreuses et souvent trop engagées par cet assèchement des budgets culturels. On rend impossible ainsi l’intermittence d’artistes et techniciens qui vont abandonner et se tourner vers d’autres métiers. Et ne resteront dans le privé que des spectacles rentables aux thématiques consensuelles qui seuls peuvent se passer des subsides de l’État et des collectivités.&nbsp;</p>



<p><strong>Une culture rentable qui se soustrait à la notion d’utilité publique&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, avec des aides publiques réorientées vers la consommation, et non la création et la diffusion. Bien évidemment, on n’a pas touché au Pass Culture qui coûte 200 millions d’euros, soit deux fois la coupe de la création ;&nbsp; les jeunes s’en servent essentiellement pour aller à Cultura, s’abonner à Spotify, acheter des mangas et voir des succès du box office… et très peu pour aller au théâtre&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>Mais pour ce qui est de l’utilité publique, le spectacle vivant et celleux qui le font vivre ne sont pas juste le signe de l’exception culturelle française et le moteur d’émancipation de l’imaginaire&nbsp;: les gens remplissent les salles de théâtre, le festival Off d’Avignon a connu une fréquentation historique l’an dernier&nbsp;; le spectacle vivant est aussi une économie dynamique et novatrice&nbsp;: laissons les artistes travailler et vivre de leur métier&nbsp;!</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<p>* La CGT Spectacle, ou Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l&rsquo;audiovisuel et de l&rsquo;action culturelle (FNSAC-CGT), regroupe 12 syndicats professionnels&nbsp;: acteurs, musiciens, techniciens, administratifs, audiovisuel, etc.</p>
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		<title>Pas d’effacement pour Charles Berling</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jan 2024 10:48:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Signataire de la tribune du <em>Figaro</em> qui défend une France où il faudrait se taire face aux exactions des grands hommes, il a très vite exprimé de vifs regrets et s’est excusé auprès des victimes. «<em>&nbsp;J’ai fait une énorme erreur, que je m’explique mal d’ailleurs. J’ai donné mon accord, sans savoir que cela allait être publié le lendemain, sans m’être renseigné sur l’auteur, sans avoir lu le texte attentivement. Je suis très souvent sollicité pour des textes communs, des signatures. Ce soir-là j’étais fatigué par une longue journée d’une longue semaine, j’ai vraiment eu tort, mais je ne pensais pas que cela paraîtrait dès le lendemain sans que je puisse le relire, l’amender, y réfléchir. Oui, j’ai le sentiment d’avoir été manipulé</em>.&nbsp;»</p>



<p>Ce revirement après l’aveuglement est emblématique du séisme qui saisit le monde du cinéma, et avec lui la société qui se construit par ses images. Comment un homme qui, dans le théâtre qu’il dirige, lutte contre toutes les discriminations, en particulier la transphobie, l’homophobie, les racismes, qui programme des artistes exilés, des mémoires plurielles, dans une ville marquée par le FN, comment Charles Berling a-t-il pu signer une tribune pareille qui fait fi du droit des victimes de s’exprimer, du droit des médias de relayer les informations, du droit des spectateurs d’admirer ou de prendre des distances&nbsp;?&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;J’ai le sentiment d’avoir été manipulé&nbsp;</em>»</p>
</blockquote>



<p>«&nbsp;<em>Il est évident que je n’ai pas bien lu. La raison, qui ne justifie en rien ma signature, est que je suis contre la cancel culture, l’idée de l’effacement du passé, que je la trouve dangereuse, parce qu’elle peut précéder une réécriture totalitaire de l’histoire. Je crois que toute personne qui est entrée au Théâtre Liberté sait que les couleurs LGBT animent notre hall, que l’égalité homme femme s’affiche sur nos murs, que notre programmation reflète le combat de tous les opprimés, les discriminés, les violentés, et notre volonté de les rendre visibles et dignes. C’est ce théâtre et mon équipe qui peuvent souffrir des annulations annoncées, le travail que nous y menons pour faire avancer ces causes, qui risque de pâtir de cette signature idiote qu’on m’a soustrait à la va-vite, parce qu’on sait que je n’aime pas l’effacement.&nbsp;</em>»</p>



<p>Laurène Marx et Fanny Sintès ont effectivement annulé leur venue à Châteauvallon, dans des termes violents, sur Intagram, juste avant que Charles Berling ne se rétracte publiquement&nbsp;: «<em>&nbsp;nous n’irons pas dans le théâtre de Charles Berling, signataire de cette immonde tribune</em>&nbsp;[…]&nbsp;<em>Sachez simplement que nous viendrons vous chercher et qu’on n’a qu’une hâte, c’est que vous disparaissiez et soyez oubliés.&nbsp;</em>[…]<em>&nbsp;Nous serons là pour applaudir au moment de votre chute. A très vite.&nbsp;</em>» &nbsp;</p>



<p>Une violence que Charles Berling comprend, «<em>&nbsp;parce qu’elle est celle des victimes&nbsp;</em>»mais dont il souffre visiblement, d’autant qu’il est tout autant attaqué, et moqué, depuis qu’il s’est rétracté. «<em>&nbsp;Je suis classé soudainement dans le camp des réactionnaires, on veut ma chute, celle de mon théâtre. Je demande simplement qu’on m’accorde un droit à l’erreur&#8230;</em>&nbsp;» Le comédien, la voix tremblante, explique sa position.<em> «&nbsp;Oui je pense qu’il faut conserver la culture, même coloniale, même phallocrate, en la contextualisant, en la critiquant, en favorisant la naissance et la reconnaissance des autres histoires. Une œuvre théâtrale, un spectacle, un film, n’existe que dans un contexte, </em>Madame Butterfly<em> n’est pas que l’histoire du capitalisme et de la prostitution au Japon. Nous devons continuer à montrer en contextualisant. Sans guerre entre nous, sans reniement de ce que nous avons aimé. Attention, cela n’excuse en rien ma signature, mais cela explique sans doute pourquoi je me suis laissé avoir</em>&nbsp;».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em> Je demande simplement qu’on m’accorde un droit à l’erreur »</em></p>
</blockquote>



<p>Effectivement que faire de notre culture, traversée par des images de domination masculine et de culture du viol&nbsp;? Le dernier rôle de Charles Berling dans<em> Après la répétition,</em> (mise en scène d’Ivo van Hove d’un film d’Ingmar Bergman) repose sur les relations problématiques d’un metteur en scène avec ses comédiennes, liant intimement théâtre, séduction et domination.&nbsp; «&nbsp;<em>Je pense que ce film de 1984&nbsp; fait partie de l’histoire. Ce qui intéressait Van Hove et l’a poussé à l’adapter à la scène, c’était les possibles qui étaient évoqués dans ce film, et qui n’advenaient pas. Le film s’inscrit dans une époque révolue mais le personnage que je joue renonce à sa relation avec une toute jeune actrice. Il sait qu’il faut changer les choses, c’est ce renoncement qui m’intéresse. L’acteur suédois le jouait en force, je ne le voyais pas comme ça. Son questionnement intérieur l’ouvre à de nouveaux possibles pour les relations entre les hommes et les femmes, en particulier dans le milieu du théâtre</em>.&nbsp;»</p>



<p>Un sujet qui est au cœur de la programmation de la scène nationale pour les prochains mois, qui questionne le couple&nbsp;: «&nbsp; <em>Je crois fondamentalement au couple, mais je sais aussi que c’est un travail de construire un couple sans domination. Je crois aussi qu’il n’existe pas sans amour, c’est l’amour qui le fait et le défait, un couple n’est pas forcément durable, le mariage n’est qu’un contrat, il ne fait pas les couples. Il y a mille façons de parler du couple, et j’aime particulièrement les photos d’Arianne Clément, le regard qu’elle pose sur des couples aux corps imparfaits, vieillissants, marqués par les épreuves. Comment ils sont beaux, parce qu’ils s’aiment, et que cela se voit.</em>&nbsp;»</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>TRIBUNE : Le milliard des intermittent.es.s ou encore une réforme pour en finir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 08:22:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les intermittents quezaco&#160;? Ce sont des artistes et technicien.ne.s dans les secteurs du spectacle ; intermittent.e n’est pas un statut juridique&#160; défini, maisune situation particulière d’emploi autorisée par la loi pour certaines professions et caractérisée principalement par sa précarité, c’est à dire le recours fréquent et dérogatoire au CDD. Cette situation est compensée par une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les intermittents quezaco&nbsp;? Ce sont des artistes et technicien.ne.s dans les secteurs du spectacle ; intermittent.e n’est pas un statut juridique&nbsp; défini, maisune situation particulière d’emploi autorisée par la loi pour certaines professions et caractérisée principalement par sa précarité, c’est à dire le recours fréquent et dérogatoire au CDD. Cette situation est compensée par une protection sociale particulière passant principalement par l’affiliation à un régime spécifique d’assurance chômage &#8211; annexes 8 et 10 de l’assurance chômage&nbsp;, 8 pour les technicien.e&nbsp;.s et 10 pour les artistes. Voilà pour la définition.</p>



<p>Et le milliard&nbsp;? non rassurez vous ce n’est pas leur nombre, il sont en tout 110.000&nbsp;; ni leur magot, même si l’UNEDIC affiche un excédent de 4,3 milliards. Le milliard c’est ce chiffre balancé, ressassé, répété depuis des années concernant le coût des intermittents du spectacle pour la collectivité. Il est faux, truqué et défie toutes les lois de la logique et de la comptabilité. Sans cesse déconstruit par la science &#8211; soyons modeste, pas par des physiciens, mais par des sociologiques et économistes – démenti par les faits, il est ressorti tous les quatre ans pour reformer l’indemnisation des travailleur.se.s du spectacle et de l’audiovisuel.</p>



<p>Concrètement, et pour l’exemple d’un artiste, iel doit travailler 507h dans l’année pour bénéficier de ce régime spécifique qui lui compensera les jours ou iel ne travaillera pas. Générant des revenus modestes -les «&nbsp;stars&nbsp;» n’en bénéficient pas et le taux journalier d’indemnisation chômage compris entre 38 et 65€- ce régime spécifique offre une protection unique dans le monde.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;Comptabilité truquée&nbsp;»</mark></strong></p>



<p>Comment parviennent-ils alors au fameux milliard, puisqu’il est dit et répété que ce régime couterait un milliard d’euros par an à la collectivité&nbsp;?&nbsp; Pour en venir à bout et faire apparaître les professions du spectacle comme privilégiées, le Medef et les gouvernements successifs ont fabriqué un faux déficit&nbsp;! Comment&nbsp;? Par une comptabilité truquée.&nbsp;</p>



<p>Ce milliard, surestimé qui plus est, met en recettes les cotisations des intermittents et en dépenses les indemnités dont ils bénéficient. Or le régime de l’UNEDIC ne permet pas ce calcul&nbsp;: il se fonde sur une solidarité interprofessionnelle, il n’y a pas en son sein des caisses distinctes. Et même si on voulait sortir de la solidarité interprofessionnelle&nbsp; et estimer le coût du seul secteur culturel, il faudrait y ajouter les recettes des salariés qui&nbsp; travaillent pour le spectacle et la culture et sont en CDI&nbsp;: eux cotisent&nbsp; à l’assurance chômage et&nbsp; ne bénéficient pas de l’assurance chômage&nbsp;!</p>



<p>&nbsp;Or ce milliard ne tient compte que des cotisations&nbsp; de personnes bénéficiaires de l’allocation chômage. La supercherie est manifeste&nbsp;: on veut dégager de l’assurance chômage les travailleur.se.s enchaînant les CDD puisque lorsqu’ils sont au chômage ils coûtent de l’argent, sans&nbsp; tenir compte des travailleurs du secteur en CDI, qui ne sont pas au chômage et cotisent. Et qui ne pourraient pas travailler sans les artistes et technicien.ne.s intermittent.e.s, nécessaires pour les festivals, la création, la production artistiques et culturelles qui par nature s’organisent en grande partie dans des durées déterminées. En CDD successifs.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;Et on y retourne&nbsp;!&nbsp;»</mark></strong></p>



<p>Ces lignes auraient pu être écrites en 2003, en 2013..mais ce milliard n’a pas bougé, on le ressort encore, malgré tous les démentis, malgré les conséquences sociales de la remise en cause régulière du statut, la précarisation de nos métiers, l’appauvrissement de la vie culturelle.</p>



<p>Et on y retourne&nbsp;! Le gouvernement vient le 3 octobre 2023 d’envoyer une lettre de cadrage aux partenaires sociaux pour résorber ce déficit, avec obligation de se mettre d’accord avant le 27 octobre&nbsp;! Ben voyons&nbsp;! Mais ce n’est pas tout. Dans toute négociation il y a un comité d’expert.e.s&nbsp;; depuis plus de 10 ans participait aux négociations Mathieu Grégoire, sociologue spécialiste des questions de l’emploi et de l’intermittence en particulier. Ces analyses fines et précises remettaient les choses à leur place&nbsp;; et ses prospectives étaient validées les années qui suivaient.&nbsp;</p>



<p>Le gouvernement&nbsp; vient de le dégager du comité d’expert.e.s. Il est remplacé par Pierre-Michel Menger, ultralibéral, qui s’est trompé depuis 2003 dans toutes ses prévisions sur le régimes des intermittents. La plus fameuse était que des accords plus protecteurs et moins restrictifs pour les bénéficiaires conduiraient à l’explosion du déficit et à une croissance exponentielle du nombre&nbsp;de bénéficiaires : tout s’est avéré faux.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">&nbsp;«&nbsp;L’intermittence, modèle social de conjuration de la précarité&nbsp;»</mark></strong></p>



<p>On aurait pu parler de tout ce qu’apporte le travail des intermittents et des travailleur.se.s de la culture à l’économie&nbsp;; c’est 7 fois le PIB de l’industrie automobile, c&rsquo;est&nbsp; plus de 50 millions d’euros sur le territoire d’Avignon pour le Festival. Mais ce n’est pas dans la comptabilité&nbsp;: un milliard de déficit on vous dit&nbsp;!</p>



<p>On aurait pu parler d’un régime spécifique qui apporte protection aux travailleur.se.s et efficacité économique et sociale car il n’est pas déficitaire, et dont les produits s’exportent remarquablement.&nbsp;</p>



<p>On aurait pu parler d’un régime spécifique qui pourrait être étendu à tous les métiers discontinus, à la restauration, au tourisme, au soin à la personne, etc… On aurait pu y trouver un modèle. Mais non, on trafique les chiffres pour dégager le débat, truqué dès l’entrée. On veut enfin imposer une réforme et baisser de 15%&nbsp; les allocations et faire sortir du statut ceux qui ont survécu aux restrictions précédentes.</p>



<p>L’intermittence, c&rsquo;est&nbsp; à dire les annexes 8 et 10, sont un modèle social de conjuration de la précarité, extensibles à toutes et tous. C’est cela qu’ils veulent détruire. Résultat du massacre ou de la énième controffensive gagnée&nbsp;: début novembre.</p>



<p>RÉGIS VLACHOS</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/tribune-le-milliard-des-intermittent-es-s-ou-encore-une-reforme-pour-en-finir/">TRIBUNE : Le milliard des intermittent.es.s ou encore une réforme pour en finir</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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