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Ceci n’est pas une exposition sur l’environnement

L’exposition La vie climatique vient de s’ouvrir au Mac de Marseille : 133 œuvres issues de plus de 70 collections françaises et internationales, dans un parcours mêlant peinture, vidéo, sculpture, et installation

C’est dans le cadre de la 8ᵉ édition de la Triennale « De leur temps » que vient de s’ouvrir la nouvelle exposition du [mac], associant les Musées de Marseille et l’Association pour la diffusion internationale de l’art français (ADIAF), cette dernière est notamment connue pour organiser depuis l’an 2000 le prestigieux prix Marcel Duchamp.

Intitulée La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées, conçue par Stéphanie Airaud, directrice du Mac et Sandra Delacourt, historienne de l’art, l’exposition interroge le « climat idéal » des musées – environnement stable et contrôlé : lumière, humidité, température – face aux bouleversements écologiques, politiques et sociaux du monde contemporain. Si l’exposition investit tous les espaces du Mac, hall d’entrée, centre de documentation, cinéma, collection permanente, son « noyau dur » se trouve dans les trois premières travées du musée, organisées en trois chapitres.

Vitrines et cloches de verre

La première travée propose plusieurs vitrines et cloches de verre, qui montrent et protègent, telles des métaphores en réduction de l’environnement idéal et protégé du musée. De façon ironique et poétique, avec Béatrice Balcou qui naturalise et encapsule un insecte xylophage, « ennemi historique des collections », ayant endommagé une œuvre de Giuseppe Penone, dont un fragment se trouve toujours dans son « ventre ». Ou un minuscule bâton de verre, exposé au tout début de la travée, contenant des grains d’encens provenant d’une œuvre de Laura Lamiel, placé à côté du grand format explosif et rougeoyant Controlled Burn de l’artiste franco-suisse Julian Charrière, sorte de Big Bang cosmique dans une tour de refroidissement d’un haut-fourneau. Le tout jouant sur l’immensité et le minuscule, le brûlant et le froid.

Une première travée qui interroge également les classifications entre nature morte-objet-vivant, avec par exemple les photographies délicates en noir et blanc de méduses prises dans des sacs plastiques du photographe Jochen Lempert, ou la sculpture de Wilfrid Almendra Nature morte à la figue.

Écologie relationnelle

La seconde travée propose une dimension plus sociale et affective, avec des œuvres qui mettent en jeu des corps en transformation, des identités mouvantes, des récits sensibles. On y trouve notamment une vidéo de la Marseillaise Sara Sadik, Khtobtogone, qui dans une esthétique de jeu vidéo inspirée de GTA, suit un jeune homme s’interrogeant sur son devenir. Ou deux photographies prises en caméra thermique de Smith, visualisant les échanges d’énergie entre êtres et objets, révélant une chaleur partagée, physique autant que symbolique. Ou encore la fragilité et la grâce de portraits signés Françoise Petrovich, jeune adolescent aux cheveux longs, penché sur son mobile, dont la lumière rétro-éclaire le visage, ou d’Edi Dubien avec le portrait d’un jeune garçon associé à un écureuil. Également Double II, une respiration ou un baiser entre deux visages flous, l’un contre l’autre, de Xi Lei, prix Marcel Duchamp 2025.

Ciels et frontières

Dans la troisième travée sont abordées des dimensions plus politiques et historiques, à travers notamment des représentations de ciels, interrogeant le ciel idéal : Cristina Garrido, par exemple, qui dans Local Color Is A Foreign Invention (British Islands), réunit des détails de ciels de peinture du XVIe siècle à aujourd’hui en les classant selon le principe du nuancier Pantone. Ou Tacita Dean avec deux lithographies de couchers de soleil éthérés aux teintes pastels intitulés LA Magic Hour. Dans Colors of grey, Thu-Van Tran propose un ciel où se superposent différentes couches de pigments colorés se référant au code couleur des agents défoliants utilisés par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, dont l’agent Orange. Et juste à côté, Wet Feet – Broken Container. Fig 1 une photographie de Bouchra Kahalili, réalisées dans un cimetière de navire en Floride, inspirée par la « Wet Foot / Dry foot policy » : une loi de cet État concernant les immigrés cubains, faisant le tri avec ceux qui ont les pieds mouillés, interceptés en mer, expulsés, et ceux qui ont les pieds secs, acceptés.

MARC VOIRY

La vie climatique

Jusqu’au 20 septembre

Musée d'art contemporain de Marseille

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