jeudi 1 décembre 2022
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Chemins de traverse

Le concert d’ouverture de la Convention Internationale de la Flûte a rassemblé la fine fleur de l’instrument à vent

Reflet des récitals de Jean-Pierre Rampal, à qui l’édition 2022 de la Convention de la flûte traversière est dédiée -le génial interprète aurait eu cent ans cette année-, le concert d’ouverture de la Convention Internationale de la Flûte offre un large spectre temporel, de l’époque baroque à la nôtre. « Mon père était un rassembleur et un susciteur de talents », rappelle son fils, Jean-Jacques Rampal, luthier et expert en instruments du quatuor, « il aimait les flûtistes, transmettre son savoir, partager. » Digne héritier de cet état d’esprit, l’immense flûtiste Emmanuel Pahud partage la scène avec Philippe Bernold, alternant les pièces ou duettisant avec élégance. Dialogue fluide sur la Sonate en trio en mi mineur pour deux flûtes et basse continue (violoncelle continuo de Frédéric Lagarde) de Telemann, final enlevé grâce à la spirituelle Sonate en ré majeur pour deux flûtes et piano (Fuminori Tanada) de Mozart… La subtilité des Trois romances de Clara Schumann invite l’auditoire au cœur de ses bulles poétiques, ruisseau du piano sur lequel la ligne mélodique de la flûte dessine ses orbes, rêveries aériennes, tableautins finement croqués dans le frémissement du vibrato naturel de la flûte (E. Pahud). La création de la Deuxième Sonate pour flûte et piano (originellement pour violon) de Guillaume Connesson frappe par l’équilibre de sa composition. Ici, le piano n’est pas seulement l’accompagnateur de la flûte (P. Bernold) mais joue à égalité avec elle, en un véritable duo où s’établit un ample dialogue à l’écriture ferme, solidement articulé. Autre création, aussi en présence du compositeur, commande de La Traversière, Association française de la flûte, la Sonate n° 3 Op. 156 pour flûte et piano de Nicolas Bacri est sublimée par l’interprétation de Pahud. La flûte rend sensible l’impalpable tandis que le piano complice décline ses cadences. Phrases suspendues, amples mélodies lumineuses, solo de flûte ébouriffant (un temps suspendu que chacun trouve bien trop court), art des nuances, émotions exacerbées, concourent à une conclusion exaltée. À la sortie, les musiciens sont acclamés comme des rock-stars, groupies, selfies, rires. Oui la musique classique ça peut être ça aussi !  

MARYVONNE COLOMBANI

Concert donné le 26 octobre au conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence
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